Immolations par le feu à Bordj Menaïel, Tébessa et Jijel – 12-14-15 janvier 2011

Trois jeunes tentent de s’immoler par le feu

elwatan.com

16.01.11

Un jeune âgé de 27 ans s’est immolé hier par le feu devant le siège de l’APC de Boukhdra, à 35 km au nord de Tébessa, apprend-on de sources concordantes.

Le dénommé Mohcen Boutarfif, chômeur, s’est aspergé d’un produit inflammable, juste après avoir, nous dit-on, essuyé les insultes du P/APC de ladite commune, où il était allé demander du travail. Le jeune homme, qui a été gravement brûlé, se trouve dans un état critique, a ajouté notre source ; il a été immédiatement transféré à l’hôpital des grands brûlés Ibn Sina, de Annaba. Après ce drame, des attroupements de jeunes de Boukhadra se sont formés dans la rue. Afin d’éviter le pire,  le wali s’est déplacé sur les lieux, il aurait, par ailleurs, limogé le P/APC. Une enquête a été enclenchée afin d’élucider les tenants et les aboutissants de ce drame.

Il en a été de même pour un autre jeune homme de Jijel, répondant aux initiales H. S. Dans la soirée de vendredi dernier, en plein centre-ville, près de la 1re sûreté urbaine (avenue Emir Abdelkader), précisément vers 21h, la victime âgée de 26 ans s’est aspergée d’essence avant d’y mettre le feu. Secouru dans un premier temps par les passants, le jeune, qui souffrait de brûlures du 3e degré, a été évacué vers l’hôpital Mohamed-Seddik Benyahia de Jijel, où il se trouvait jusqu’à l’après-midi au service de réanimation. Les raisons de cet acte désespéré de ce jeune qui réside à la cité des Martyrs Abdi, à Ayouf, sont attribuées à des problèmes sociaux. Bien entendu, la rue jijelienne ne s’est pas empêchée de faire le parallèle avec l’immolation du désormais symbole tunisien, Mohamed Bouazizi.

Par ailleurs, un citoyen répondant au nom de Aouichia Mohamed, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant, mercredi dernier, vers 11h, dans l’enceinte du siège de la daïra de Bordj Menaïel, à 30 km à l’est de Boumerdès. Lire la suite…

Fodil S., Mohamed Fawzi Gaïdi, Lakehal samir, Ramdane Koubabi

Deux jeunes s’immolent à Jijel et Tebessa !

elwatan.com

15.01.11

Deux jeunes empêtrés dans des problèmes sociaux se sont immolés par le feu vendredi et samedi à Jijel et Tébessa. Après s’être aspergé d’essence, ces jeunes ont laissé les flammes dévorer leur corps pour exprimer leur mal-être et leur ras-le-bol contre la précarité et les injustices sociales.

Vendredi soir, à 21 H, un jeune de 26 ans, répondant aux initiales H.S, s’est immolé en plein centre-ville de Jijel, sur l’avenue Emir Abdelkhader  ! Sous le choc, les passants se sont accourus pour secourir ce jeune malheureux qui a voulu en finir avec sa vie pour dénoncer la mal-vie qui le terrasse au quotidien.

Transféré par la suite à l’hôpital de Jijel, le pauvre jeune a été admis au service de réanimation et demeure jusqu’à l’heure actuelle sous surveillance médicale. Souffrant de brûlures au troisième degré, ce jeune semble hors de danger, selon des sources locales. Lire la suite…

A Tébessa, Mohcen B, un chomeur de 26 ans, résidant dans la commune de Boukhadra, 35 km au nord de Tebessa, s’est lui aussi immolé, samedi. Selon des sources locales, c’est le refus du maire de lui donner un poste de travail qui l’a poussé à s’asperger d’un liquide inflammable, au sortir du siège de l’APC et de mettre le feu à son corps. Il a été évacué vers l’hôpital d’Annaba. Son état de santé est très critique. Le maire a été relevé de ses fonctions par le wali qui s’est déplacé sur les lieux.

Abderrahmane Semmar

Crise du logement, chômage, exclusion sociale : Trois Algériens s’immolent par le feu en trois jours

dna-algerie.com

Dimanche, 16 Janvier 2011,

Trois immolations par le feu en moins de cinq jours. Trois citoyens algériens, acculés par des conditions de vie extrêmement difficiles, ont tenté de se suicider par le feu à Jijel, à Bordj-Ménail ainsi qu’à Tébessa. Un est décédé des suites de ses brûlures et les deux autres sont gravement brûlés. Ces actes de désespoir ressemblent à celui du jeune tunisien, Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010 dans la ville de Sidi Bouzid. Son suicide a été le prélude à une révolte populaire qui a provoqué la chute du président Ben Ali.

Premier acte. Aouichia Mohamed a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant, le 12 janvier dernier, dans l’enceinte du siège de la daïra (sous-préfecture) de Bordj-Menaiel, à 30 km à l’est de Boumerdès indique le quotidien El Watan. (…)

Même scénario à Jijel, à 300 km à l’Est d’Alger, où un jeune homme de 26 ans s’est immolé par le feu vendredi 14 janvier à 21 H, sur l’avenue Emir Abdelkhader, en centre-ville. Transféré à l’hôpital, il a été admis au service de réanimation où il a été placé sous surveillance médicale. Souffrant de brûlures au troisième degré, ce jeune semble hors de danger.

Troisième acte désespéré à Tébessa, 700 km à l’Est d’Alger. Mohcen Bouterfif, 26 ans, marié, père d’un garçon, chômeur résidant dans la commune de Boukhadra, 35 km au nord de Tébessa, s’est lui aussi immolé dans la journée du samedi 15 janvier. Raison du suicide ? Le refus du maire de lui accorder un emploi. En quittant le bureau du président de l’APC, Mohcen s’est aspergé d’un liquide inflammable avant de mettre le feu à son corps. Lire la totalité de l’article…

 

~ par Alain Bertho sur 16 janvier 2011.

2 Réponses to “Immolations par le feu à Bordj Menaïel, Tébessa et Jijel – 12-14-15 janvier 2011”

  1. C’est bien ton site.
    Avec notre Asso, le Cedrate, avec le réseau Frantz Fanon et espaces Marx, nous allons travailler la question des immolations au FSM de Dakar. Au départ , il s’agissait surtout de travailler la problématique du renversement avec les situations de type « aile de papillon ». C’etait avant la tornade maghrébine. Et nous avons été embarqués dans cette problématique à partir d’une histoire qui nous est arrivée, et que j’ai résumée pour la conclusion de mon prochain livre. Je te donne la primeur de ces quelques ligne.

    Nous donnerons ici un exemple fort de cette problématique. Il s’agit de ce que nous nommons le principe d’Eliseo.
    Ce nom, Eliseo, est celui d’un père et d’un fils, militants zapatistes, qui ont été séquestrés et très durement torturés par les policiers de la PEC (policia estatal de caminos) du Chiapas. Ils étaient accusés d’un forfait imaginaire qui aurait pu leur valoir des décénies de prison. En clair ils auraient pu mourir faute de soins sans la coïncidence de leur séquestre avec le passage d’une commission internationale d’observation des droits humains liée aux réseaux juridiques résistants du Mexique. Une expertise médico-psychologique banale en elle-même, mais – salutaire acte de désobéissante – filmée dans des conditions inédites, fit que le Gouverneur de l’État trouva plus d’avantages que d’inconvénients à libérer les Eliseo. Et alors émergea l’impensable. Les Eliseo du fond de leur épuisement, trouvèrent la ressource pour porter plainte. Les juristes militants, la presse nationale de gauche et les radios résistantes du Mexique firent leur travail. Et au terme d’une grève de la faim collective des prisonniers politiques du Chiapas, environ 170 d’entre eux furent libérés. Trois ans plus tard, cet événement est devenu une référence, parfois commentée par des maîtres d’école. Telle est parfois la capacité du travail de resymbolisation.
    Une remarque stimulante est alors venue d’une anthropologue, Adriana López Monjardin professeure dans la prestigieuse École d’anthropologie et d’histoire . Elle écrit, parlant de cet acte de sauvetage : « Il est possible que ce panoptique inversé ait sauvé la vie de Eliseo Silvano Jimenez, mais ce qui ne fait pas de doute, c’est qu’il a permis à lui et à son fils, de retrouver la liberté ». Un panoptique inversé, comme le bouclier de Persée face à la méduse… nous ne savons pas toujours ce que nous faisons, mais avec cette figure du panoptique qui ne marchent plus sur la tête, nous voilà revenus à la problématique du travail.
    Pourquoi l’image du panoptique renversé selon le principe d’Eliseo est-elle importante pour penser des outils neufs pour les soins psychiques ? Parce qu’elle nous incite à penser l’impensable. Comment, en entrant dans cette prison aurions nous pu imaginer la généalogie d’actes déclenchée par une simple désobéissance. Sans le film de cette expertise en elle même banale, rien ne serait advenu du renversement pointé par notre collègue de l’École d’anthropologie et d’histoire. Et l’on aurait taxé de folie celui qui aurait affirmé que la possibilité de ces événements gisait dans la situation lugubre de ce centre pénitencière.

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