Lycées : échauffourées à Chambéry – 15 octobre 2010

La manifestation des lycéens dégénère de nouveau

ledauphine.com

16 10 2010

Des affrontements ont à nouveau eu lieu, hier à Chambéry, entre lycéens et forces de l’ordre. Une dizaine de personnes a été interpellée.

1Point de rendez-vous au lycée Monge. La manifestation contre la réforme des retraites conduites par les jeunes s’annonçait tendue après les incidents de la veille. Les jeunes des établissements de l’agglomération s’étaient donné rendez-vous devant le lycée Monge dont ils avaient barré l’accès à l’aide de poubelles et de barrières.

2Direction les voies ferrées. Puis vers 10 h 45, ils ont pris la direction de la gare au pas de charge dans l’intention de se faire entendre. Ils étaient près de 400 à bifurquer pour contourner la gare et accéder aux voies ferrées par l’arrière. Sur les quais, un bataillon de policiers et gendarmes mobiles les attendait, postés derrière un train. Leur objectif : empêcher l’envahissement des rails. Du côté des lycéens, deux groupes se formaient alors. Ceux qui voulaient s’allier aux cheminots dans la contestation contre les réformes. Et les autres, moins pacifistes, armés d’œufs et de pierres. Ces derniers ont souillé sur leur passage voitures et façades, caillassant également un bus. Aux jets de projectiles, les forces de l’ordre ont répondu en tirant des grenades lacrymogènes. Les heurts ont duré jusqu’à 11 h 30. Le groupe des manifestants s’est alors scindé en deux. Une cinquantaine de personnes rejoignait la maison des syndicats cheminots à la Rotonde en assemblée générale. Les autres remontaient en centre-ville.

3Les rues piétonnes saccagées. Ils étaient entre 100 et 200 à emprunter les rues piétonnes semant la terreur sur leur passage. Une vingtaine de manifestants, masqués et munis de barres de fer selon les commerçants, ont vandalisé des boutiques. Des présentoirs ont été renversés, des tables et chaises endommagées, des vitrines bombardées. Les “casseurs” ont également renversé des poubelles dans la rue et ont sauté sur des voitures.

4Le secteur du lycée en état de siège. Le mouvement des lycéens s’est poursuivi dans l’après-midi devant le lycée Monge. Les barricades ont été incendiées et les affrontements avec les forces de l’ordre ont repris de plus belle. Le quartier a été bouclé par les gendarmes, interdisant le passage. C’est un véritable état de siège qu’ont vécu les riverains et passants. C’est seulement vers 16 h 30 que les rues adjacentes ont été rendues à la circulation piétonne et automobile.

Nouvelles échauffourées ce vendredi 15 octobre entre lycéens et forces de l’ordre à Chambéry.

rhone-alpes-auvergne.france3.fr

15 10 2010

Fait marquant de cette journée sur le front social, le regain du mouvement lycéen dans la ville-préfecture de Savoie. En matinée, parents d’élèves et professeurs ont tenté de calmer ces manifestants potentiels devant le lycée Monge, mais un groupe déterminé a sillonné la ville jusqu’à la gare.

D’autres élèves d’établissements chambériens avaient rejoint la manif, ils venaient de Louis Armand et Sainte Geneviève. Le groupe s’était visiblement fixé un objectif, s’allier aux cheminots dans la contestation contre la réforme des retraites.

A proximité de la gare, les gendarmes mobiles ont voulu empêcher l’envahissement des voies. Là, nouveaux échanges violents avec jets de bombes lacrymogènes et de cailloux entre les 2 « camps ».

6 lycéens ont été arrêtés, menottés, et emmenés à la gendarmerie. Les syndicats ont appelé au calme dans la foulée.

Des échauffourées avaient aussi marqué la journée du 14 octobre. Dans un communiqué, le comité lycéen de Vaugelas a fermement condamné ces actes de violence « qui desservent le mouvement des jeunes contre la réforme des retraites ». Cependant, « il s’insurge également du comportement provocateur des gendarmes mobiles et des violences qu’ils ont pu commettre de leur côté ».

Les lycéens ne lâchent pas le pavé, prenant la suite de leurs aînés dans la lutte contre la réforme des retraites. Un mouvement spontané qui déborde parfois. A Chambéry, 11 jeunes ont été interpellés pour dégradations de véhicules. Des pompiers affirment avoir été caillassés alors qu’ils intervenaient sur des feux de poubelles à proximité du lycée Monge.

Dans l’après-midi, toujours autour de cet établissement chambérien, lycéens et forces de l’ordre ont joué au jeu du « chat et de la souris ». Les uns essayant de créer un périmètre de sécurité, les autres essayant d’en sortir. Des échanges de projectiles ont suivi, cailloux et gaz lacrymogènes (voir notre vidéo). Autre lieu, autres actes, à Aix-les-Bains la vitre d’un bus a volé en éclats.

Beaucoup d’établissements sont bloqués par les jeunes manifestants. C’est notamment le cas du lycée des Glières à Annemasse en Haute-Savoie.

A Echirolles en Isère, blocage « bon enfant » au lycée Marie Curie, les élèves en grève laissent passer les terminales, les autres sont accueillis par des tirs d’œufs.

Dans cet établissement beaucoup de professeurs sont encore en grève. Réunis en assemblée générale en début d’après-midi, ils ont voté à bulletins secrets en faveur de la poursuite du mouvement.

En tout, dans l’académie de Grenoble, 17 établissements voient leurs cours perturbés en ce moment.

A Chambéry, vendredi, la tension reste vive entre lycéens et forces de l’ordre

la-vie-nouvelle.fr

15 10 2010

L’action lycéenne s’est poursuivie aujourd’hui avec pour mot d’ordre l’occupation des voies de la gare de Chambéry avec les cheminots manifestants.

Le mouvement de protestation des lycéens chambériens contre la réforme des retraites s’est poursuivie vendredi 15 octobrei, malgré la tension créée par les heurts de la veille. Vers 10h, le rassemblement est parti du lycée Monge et s’est étoffé en route de lycéens de Sainte-Geneviève, Louis Armand entre autres, direction la gare. Les forces de l’ordre ont occupé l’espace et condamné les portes principales d’accès. Des bombes lacrymogènes ont été jetées sur les quais, et ont indisposé quelques minutes les voyageurs se trouvant dans la gare.

Les lycéens ont alors décidé de passer par le Faubourg reclus, pour atteindre les voies de chemin de fer et rejoindre les syndicats de cheminots qui étaient déjà rassemblés.

L’évènement a quelque peu dégénéré : les gendarmes mobiles sont allés à la rencontre du cortège qui stationnait sur les voies et ont utilisé des fumigènes et des gaz lacrymogènes, à quoi quelques lycéens ont répondu par quelques jets de pierres. « Ils ont lancé des lacrymos et seulement ensuite certains ont riposté avec des cailloux, témoigne une lycéenne. Ils n’ont pas peur de nous foncer dedans. Nous on sait pourquoi on manifeste. » Six lycéens ont été arrêtés, menottés, et emmenés à la gendarmerie.

En fin de matinée, des membres de l’intersyndicale ont lancé un appel au calme afin de temporiser le mouvement. Un rassemblement est prévu cet après-midi devant les Elephants.

Les affrontements de jeudi sont très commentés, surtout par les partis de gauche.

Le NPA évoque, dans un communiqué, un « théâtre de violences policières inacceptables. Au lycée Monge, des élèves ont été chargés à l’intérieur même de leur établissement par la gendarmerie mobile. D’autres lycéens, venant de Monge ou de Louis Armand, ont été frappés et arrêtés au hasard par la BAC, pour la simple raison qu’ils se trouvaient à proximité de la manifestation. Ces violences, dirigées par le chef de cabinet du préfet en personne, font partie de la politique du gouvernement, qui pense briser la mobilisation de la jeunesse par des méthodes policières. Face à cette politique de la matraque et de la provocation, le NPA renouvelle son soutien à la jeunesse en lutte et appelle l’ensemble de la population à témoigner de sa solidarité envers les jeunes victimes des violences policières et leurs familles. »

Le Parti de Gauche revient sur ce qu’il définit comme de « bien tristes images que nous ont livré les manifestations lycéennes de Chambéry (…) La préfecture a délibérément voulu « casser » le mouvement de manière violente. Nous dénonçons clairement les agissements de la section CRS sur les mineurs. Une véritable chasse à l’homme a été effectuée sur les manifestants en rentrant dans l’enceinte même de l’établissement pour procéder à des arrestations. Bombes lacrymogènes et flash ball ont été utilisés sur les jeunes protestataires. Nous refusons ces manières guerrières sur les citoyens, mineurs de surcroit. »

Dans un communiqué publié jeudi soir, le Comité lycéen de Vaugelas raconte la manière dont la situation a failli dégénérer une nouvelle fois davant le lycée Vaugelas : « En début d’après-midi les lycéens ont rejoint le centre-ville (ils étaient plus de 200, avec une ultra-minorité d’individus perturbateurs extérieurs au mouvement). Sur la rue Jean-Pierre Veyrat, ils sont bloqués à 15h devant le lycée Vaugelas par des escouades de gendarmes mobiles. Les militants syndicaux présents sur place ont heureusement évité un sanglant affrontement en évacuant les lycéens.
Le comité lycéen de Vaugelas condamne fermement tout acte de violence qui dessert absolument le mouvement des jeunes contre la « réforme » des retraites. Cependant, il s’insurge également du comportement provocateur des gendarmes mobiles et des violences qu’ils ont pu commettre de leur côté. Des militaires formés et équipés n’étaient-ils pas en mesure d’appréhender seulement les quelques éléments perturbateurs et dangereux, au lieu de s’affronter violemment à des jeunes de 15 ou 17 ans qui manifestaient simplement leur mécontentement face à une politique antisociale ? (…) Nous adressons donc un message aux lycéens de Chambéry : pour enfin gagner, descendons dans la rue non pas comme des casseurs, mais comme des citoyens. Ne leur laissons pas l’occasion de nous faire du mal.

 

~ par Alain Bertho sur 16 octobre 2010.

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