Lycées : affrontements à Lyon – 15 octobre 2010

Lyon : les manifestations des jeunes dégénèrent

leprogres.fr

16.10.2010

A Lyon, les rassemblements des lycéens ont dégénéré en un long face à face très tendu avec les CRS sous le regard médusé des passants. Des incidents ont eu lieu en fin de matinée dans la Presqu’île. La journée se solde par quelques blessés et 28 interpellations

Rendez-vous à 10 heures place Bellecour. Le mot d’ordre a circulé jeudi soir via SMS et Facebook : à l’heure pile, hier, ils sont environ 300. Des militants des jeunesses communistes sont là, assurant la sécurité et prodiguant des consignes de calme. Entre Bellecour et Perrache, l’ambiance reste relativement sereine. Le groupe est surtout constitué de lycéens de Rillieux et d’Oullins. A Perrache, d’autres élèves, venus de Bron et de Lyon 8e, les rejoignent. Ceux-ci ont auparavant provoqué quelques dégâts au passage sur du mobilier urbain. Les lycéens repartent alors sur Bellecour, en empruntant les voies du tramway puis la rive gauche du Rhône devant les universités. Une dizaine de policiers devant, c’est alors un bon millier de jeunes qui traverse de nouveau le pont en direction de la Presqu’île.

Ici, les choses se gâtent. Les slogans deviennent plus durs, ciblant Nicolas Sarkozy. Un fumigène est jeté dans une voiture garée. L’auteur présumé est aussitôt mis à terre par des policiers en civil. Quelques lycéens s’énervent, se mettent à courir. L’un d’eux lance une bouteille en verre. A l’arrivée à Bellecour, l’excitation monte. Des journaux sont brûlés. D’autres jeunes rejoignent le cortège. Selon nos estimations, ils sont environ 3 000 (700 selon la police) à se diriger d’un bon pas vers l’hôtel de ville de Lyon. Au passage, les poubelles sont arrachées. Les affrontements commencent à hauteur de la place de la Bourse. Ici, une vingtaine de CRS attend les manifestants. Un coup de matraque part sur un jeune qui s’approche trop alors que les hommes casqués avancent. Des fumigènes, des cailloux, des poubelles voltigent. « Ne pas intervenir de façon directe, limiter l’usage des flashball et des grenades lacrymogènes », ce sont les consignes strictes données par le patron de la Sûreté publique.

Cassez-vous ! hurle un CRS. « Vous n’avez pas honte ? On est à mains nues, pas vous. On se bat pour vous », tente une lycéenne. Beaucoup de jeunes se sont déjà dispersés, mais il en reste environ 1 200 en face-à-face avec des forces de police qui grossissent. Des poubelles en feu sont balancées en direction du cordon de CRS sous les yeux de quelques passants affolés. Pendant une bonne heure, les CRS font reculer les manifestants jusqu’au pont Lafayette en utilisant à deux reprises des gaz lacrymogènes. Sur le quai, nouveaux jets de lacrymo. Une voiture est retournée et caillassée. Plusieurs lycéens, complètement affolés, courent comme des lapins sur la chaussée alors que la circulation continue.

A 13 heures, il ne reste plus que 500 lycéens vers l’hôtel de ville, qui décident de repartir place Bellecour. Alors qu’ils ne sont plus qu’une centaine à 15 heures, un autre cortège les rejoint venant de la rue de la République. « On va à l’université », lance un meneur dans son haut-parleur. 500 jeunes se retrouveront devant Lyon 2 pour finalement retourner place Bellecour. Le mouvement s’est disloqué à 17 heures sans autre incident.

Selon la préfecture, il y a eu un blessé léger parmi les manifestants, ainsi que trois personnes incommodées par les lacrymogènes. Deux policiers ont également été blessés. Les forces de l’ordre ont interpellé 28 jeunes auteurs d’exactions. Parmi eux, douze sont connus comme délinquants De même source, les débordements sont pour la plupart le fait de casseurs venus en découdre avec les forces de l’ordre.

Lycéens de nouveau dans les rues : heurts avec les CRS et interpellations

Lyoncapitale.fr

15/10/2010

Actualisé à 16h30 – Entre 100 et 500 lycéens ont manifesté entre 9h30 et 16h dans les rues du centre ville de Lyon. Il y a eu 27 interpellations, selon la Préfecture, 22 jeudi.

La Police a arrêté 27 jeunes vendredi dans les rues du centre ville de Lyon.  » Des casseurs  » qui opéraient « en marge  » des manifestations de lycéens contre la réforme des retraites, selon la Préfecture. Les jeunes interpellés auraient été pris en flagrant délit de  » jets de pierre  » et de  » dégradations de véhicules en stationnement, de vitrines de magasins, de voitures de tramway, certains ont mis le feu à des poubelles « , a indiqué la Préfecture.

Réaction du maire de Lyon

Devant la tournure que prenait les événements, le maire de Lyon, Gérard Collomb, a réagi en envoyant un communiqué à la presse peu après midi :  » […] les manifestations organisées par les lycéens et étudiants de notre ville pour protester contre la réforme des retraites sont entachées par de violents affrontements et d’importantes dégradations […] Il est intolérable que ces rassemblements soient prétextes à de tels débordements. Nous ne pouvons admettre que des groupes organisés profitent de ces manifestations pour porter atteinte aux biens et aux personnes « .

La Préfecture minimise

Réagissant aux questions de Lyon Capitale, la Préfecture a répondu qu’il n’y avait eu ni tirs de flash-balls,  » contrairement à ce qu’ont indiqué certains médias « , ni tirs de grenades lacrymogènes pour disperser les lycéens, vendredi matin. Pourtant, selon nos informations, les CRS ont bien tirés des grenades lacrymogènes, rue de la République, vendredi en fin de matinée.

La préfecture a également précisé que les CRS n’avaient pas chargé les jeunes, une information démentie par le photographe de Lyon Capitale, présent sur place (lire ci-dessous).

Enfin, les chiffres de la Préfecture différaient à 15h de ceux des personnes présentes sur place. La Préfecture parlait à 15h d’une centaine de lycéens présents dans les rues de Lyon, 500 en tout selon nos informations.

Des groupes mobiles du 8e. jusqu’aux Terreaux

Les lycéens sont partis ce matin des 7e. et 8e. arrondissements, selon la Préfecture. Ils ont d’abord convergé, par petits groupes, vers la place Bellecour où un rendez-vous avait été fixé à 10 heures. De là, ils ont emprunté les rues piétonnes, en direction de la place Carnot. Ils étaient plus d’une centaine. A 10h30, ils avaient atteint le lycée Récamier, à proximité de la gare de Perrache. Selon une employée de l’établissement, en voulant rentrer dans le lycée, des manifestants ont frappé un surveillant et un élève “bloqueur” de Récamier qui s’était interposé pour empêcher les gens de rentrer.

Les lycéens sont ensuite retournés en direction de Bellecour. A proximité de la place, une voiture a eu les vitres brisées. Un fumigène aurait été jeté à l’intérieur. Le cortège s’est ensuite dirigé vers les Cordeliers. Les CRS ont barré la rue de la République, empêchant les lycéens de passer. Là, des jets de projectiles ont été envoyés sur les forces de l’ordre qui ont commencé par repousser les lycéens puis les ont chargés, avec des tirs de grenades lacrymogènes. Lors de cette charge un photographe de l’AFP a reçu un projectile.

Repoussés au niveau des quais du Rhône, des lycéens ont retourné une voiture qu’ils ont tenté d’incendier. Nouvelle charge de CRS au cours de laquelle au moins trois lycéens ont été arrêtés (constatation du photographe de Lyon Capitale ). Suite à cette charge, certains manifestants ont traversé le Rhône. Le plus gros a continué en direction des Terreaux par les quais du Rhône. Arrivé place Louis Pradel, deux nouvelles arrestations ont eu lieu.

Devant l’hôtel de Ville, les lycéens ont retrouvé une centaine d’employés des cantines, en grève, qui protestaient contre leurs mauvaises conditions de travail. Les CRS postés devant l’opéra ont reçu quelques projectiles. peu après midi, les lycéens stagnaient entre l’opéra et l’hôtel de Ville. Certains repartaient en direction de Bellecour où un rassemblement général était prévu à 14h.

Peu après les lycéens se sont scindés en deux groupes, les uns partant pour l’Université Lyon II, quai Claude Bernard, où une interpellation supplémentaire aurait eu lieu; les autres, se dirigeant à nouveau vers les Terreaux. Vers 16h, les 500 lycéens se seraient retrouvés devant l’université Lumière sur les quais du Rhône, avant de se disperser définitivement et de se donner rendez-vous, pour certains, lundi.

Une vingtaine d’établissements scolaires mobilisés

Selon nos informations, les lycées la Martinière-Montplaisir, Lumière (Lyon 8e) et Chaplin (Décines) ont connu des blocages.

Le rectorat de l’Académie de Lyon (Ain, Loire et Rhône) a reconnu « une vingtaine d’établissements perturbés à des degrés divers. Les perturbations ont pris principalement la forme de regroupements d’élèves devant les établissements. Des tentatives de blocage on eu lieu en début de matinée, mais aucun lycée n’a été effectivement bloqué « .

Le recteur, Roland Debbasch, a condamné fermement « les débordements et dégradations observés en marge de certains mouvements et qui sont le plus souvent le fait d’éléments extérieurs aux établissements scolaires « .

Selon Sud Education, certains professeurs étaient en grève dans les lycées Monod de Bron, au collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin, aux lycées Sembat/Seguin de Vénissieux, de la plaine de l’Ain à Ambérieu en Bugey, au collège Maurice Utrillo de Limas et au lycée Brossolette de Villeurbanne.

Les nouveaux blocages et manifestations de vendredi faisaient suite à la journée de jeudi marquée par 22 interpellations.

Manifestations des lycéens : violences et interpellations en série

Lyonmag.com

15-10-2010

Selon la Préfecture du Rhône, 28 personnes ont été interpellées pour des dégradations et des jets de pierre sur les forces de l’ordre. Du côté du lycée Récamier dans le deuxième arrondissment, c’est avec les poings qu’on en a décousu.

Dès 8h, devant certains lycées, les manifestations spontanées s’organisaient. Les quelque 200 élèves présents devant le lycée Juliette Récamier ce matin souhaitaient continuer l’action. « On ne va rien lâcher » assure l’un d’entre eux, avant de prendre la direction de la place Bellecour avec deux de ses amis. Aux alentours de 10h30, des affrontements entre environ 60 jeunes extérieurs à l’établissement et une trentaine d’élèves qui stationnaient à l’entrée ont eu lieu. Les agresseurs étaient armés de bâtons et de couteaux qui n’auraient pas été utilisés, selon les élèves présents au moment des faits. Des tabassages d’élèves et de surveillants sont toutefois à déplorer. Une assemblée générale est en cours, elle rendra sa décision en début d’après-midi quant à la poursuite du mouvement.

Les manifestants à Lyon 2 pour rameuter les étudiants

Aux Cordeliers, ce sont environ 800 jeunes qui ont fait face aux CRS. On a constaté des jets de projectiles tels que des bouteilles de verre. Les jeunes s’étaient préalablement réunis à Bellecour où certains ont commis des dégradations, engendrant un blocage de la desserte de la place par les métros et par les bus. Le trafic des surface des transports en commun lyonnais est encore très perturbé sur l’axe Bellecour – Cordeliers – Hôtel de Ville. Le cortège s’est ensuite rendu du côté de la place Louis Pradel, où les affrontements avec les CRS ont continué. Une partie des lycéens mobilisés s’est fixée à 14h Place Bellecour, avant de prendre le chemin de l’université Lyon 2. Les manifestatnts y sont en ce moment, essayant de rameuter les étudiants pour grossir leur mouvement. Aussi, des dégradations ont été perpétrées dans les 7e et 8e arrondissements : des bus TCL et du mobilier urbains ont notamment été pris pour cible par certains jeunes. Selon la préfecture, une quinzaine d’établissements de l’agglomération a été bloquée vendredi matin. Au niveau national, le ministère de l’Education annonce un chiffre de 300 lycées perturbés.

~ par Alain Bertho sur 15 octobre 2010.

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