Violences homophobes à Belgrade – 10 octobre 2010

Violents incidents entre militants homophobes et policiers à Belgrade: plus de 120 blessés

CP

10 10 2010

BELGRADE, Serbia — De violents incidents ont opposé dimanche à Belgrade les forces de l’ordre à des centaines de militants d’extrême droite homophobes alors que plusieurs milliers de policiers étaient déployés dans la capitale serbe pour protéger le défilé de la Gay Pride. Plus de 120 personnes ont été blessées et près de 190 ont été interpellées, selon les autorités.

Des milliers de policiers qui bouclaient les rues de la capitale serbe où la marche se déroulait, ont affronté en plusieurs endroits des émeutiers qui tentaient de franchir le cordon de sécurité.

Plusieurs véhicules en stationnement ont été incendiés ou endommagés, des vitrines de magasins brisées, des poubelles retournées et des panneaux de rue détruits. Des magasins ont été pillés avant que la police ne réussisse à rétablir le calme en fin d’après-midi.

Les émeutiers ont également ouvert le feu et jeté des cocktails Molotov en direction du siège du Parti démocratique (DS; pro-occidental) au pouvoir, mettant le feu au garage du bâtiment. Le bâtiment de la télévision publique et d’autres sièges de formations politiques ont été attaqués, nombre de vitres volant en éclats sous l’impact de jets de pierres.

Les auteurs des incidents ont aussi détourné un autobus, ordonnant à tous les passagers et au chauffeur d’en descendre, avant de pousser le véhicule qui a heurté un poteau électrique sur l’une des places de Belgrade.

Scandant « Mort aux homosexuels », les protestataires ont lancé des briques, des pierres, des bouteilles en verre et des grenades assourdissantes sur les policiers anti-émeutes. Ces derniers ont riposté à coups de grenades lacrymogènes et par le déploiement de véhicules blindés afin de repousser les charges des manifestants dans le centre-ville, même après la fin du bref défilé de la Gay Pride.

Selon le ministère serbe de la Santé, plus de 120 personnes ont été blessées. La police a de son côté fait état de l’interpellation de 188 personnes, dont 77 étaient en garde à vue dimanche en fin d’après-midi, soupçonnées de comportements violents.

Le président serbe Boris Tadic a condamné le « vandalisme » dans les rues de Belgrade et s’est engagé à ce que les extrémistes soient arrêtés et sanctionnés. « La Serbie garantira les droits de l’Homme pour tous ses citoyens, quelles que soient leurs différences, et aucune tentative de revenir sur ces libertés au moyen de la violence ne sera autorisée », a-t-il lancé.

D’après le maire de Belgrade Dragan Djilas, les dégâts causés par les émeutiers étaient estimés à plus d’un million d’euros.

Un responsable du ministère de la Justice, Slobodan Homen, a promis une réponse très ferme de l’Etat. Précisant que le centre de Belgrade était couvert par des caméras de surveillance, il a souligné que les émeutiers avaient été identifiés et que nombre avaient déjà été appréhendés. D’après lui, ils pourraient risquer jusqu’à huit ans d’emprisonnement.

Le bon déroulement de la marche des organisations de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) représentait un test majeur pour le gouvernement serbe qui s’est engagé à protéger les droits de l’Homme dans le cadre de sa demande d’adhésion à l’Union européenne. Des groupes d’extrême droite avaient interrompu la Gay Pride en 2001 et forcé les organisateurs à annuler la marche en 2009.

« C’était indubitablement un message politique, une tentative de déstabiliser le pays et ce gouvernement », a estimé l’analyste politique Miljenko Dereta. « Les émeutiers avaient un soutien politique ». De l’avis du spécialiste, le gouvernement serbe pro-européen se heurte encore à une vive opposition des forces conservatrices et nationalistes opposées à la modernisation et à toute réforme dans un pays meurtri par les conflits des années 1990 dans les Balkans.

Ces incidents interviennent alors que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Rodham Clinton est attendue à Belgrade au cours des prochains jours dans le cadre d’une tournée dans les Balkans. AP

Belgrade: violents affrontements en marge de la Gay Pride

Reuters

10 octobre 2010.

De très violents incidents ont éclaté dimanche 10 octobre à la mi-journée dans les rues de Belgrade à l’issue de la première Gay Pride organisée dans les rues de la capitale serbe. Des hooligans et des militants d’extrême droite ont attaqué la police et détruit le siège du Parti démocratique (DS). Le centre de la capitale est entièrement dévasté.

La première tentative d’organiser une Gay Pride à Belgrade remonte à juin 2001. Le cortège avait été immédiatement attaqué par des militants nationalistes. L’an dernier, les menaces des groupes radicaux avaient conduit à annuler la manifestation au dernier moment. Cette année, le gouvernement avait mis les grands moyens pour assurer la sécurité de la Marche des fiertés homosexuelles, qui a rassemblé 6 à 700 personnes. Pas moins de 6000 policiers étaient mobilisés, et des hélicoptères survolaient le cortège qui est parti vers 10H30 dans le centre de la capitale serbe.

Au même moment, des hooligans et des militants des groupes radicaux d’extrême droite ont commencé à attaquer les policiers aux abords de la place Slavija, jetant des pierres et des cocktails molotov. A l’issue de la marche, tandis que la police évacuait les manifestants vers plusieurs endroits de la ville, les incidents se sont généralisés. Les hooligans se sont dirigés vers les quartiers de Kalenic et de Terazije, dans le centre de la capitale. Ils ont investi et incendié le siège du Parti démocratique (DS), le parti de centre-gauche au pouvoir. Ils ont également attaqué le siège de la télévision d’Etat, la RTS, ainsi que celui du Parti socialiste de Serbie (SPS), partenaire de coalition du DS, en criant aux policiers « d’aller au Kosovo ».

Vers 16 heures, le bilan était extrêmement lourd : plus de 90 blessés, dont 80 policiers, des rues entières de la ville transformées en champs de ruines. La police, qui a fait sortir ses blindés, aurait arrêté plus de 100 personnes.

Les groupes capables d’organiser de telles violences sont parfaitement connus : il s’agit de mouvements comme Obraz, 1389 ou Nasi, dont l’interdiction avait été envisagée l’an dernier, après les menaces proférées contre la Gay Pride et le meurtre du supporteur français de football Brice Taton, lynché en plein centre de Belgrade. Ces groupes entretiennent des relations étroites avec certains secteurs de l’Eglise orthodoxe. Celle-ci avait condamné la Gay Pride, en organisant samedi une « marche des familles orthodoxes », qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

L’homosexualité est toujours mal perçue par l’opinion serbe, fortement attachée aux valeurs patriarcales, mais la Gay Pride cristallise des enjeux qui dépassent de beaucoup cet aspect : les militants d’extrême droite mêlent slogans homophobes, nationalisme et rejet de l’intégration européenne. Pour le gouvernement et les courants libéraux, l’organisation de la Gay Pride et son déroulement pacifique avaient également pris valeur d’enjeu symbolique. Plusieurs diplomates occidentaux ainsi que l’ambassadeur du Conseil de l’Europe à Belgrade ont d’ailleurs pris part à la Gay Pride. Le saccage de la capitale serbe par quelques milliers de hooligans prend donc l’allure d’un terrible désaveu pour le gouvernement.

Près de cent blessés lors de violents heurts à Belgrade lors de la Gay Pride

AFP

10 10 2010

BELGRADE — La Gay pride organisée dimanche à Belgrade, la première depuis près de dix ans, a été marquée par des heurts violents entre forces de l’ordre et éléments homophobes, faisant près de cent blessés, ainsi que par des actes de vandalisme.

Le centre de la capitale serbe a connu des heures durant un climat de haute tension en raison de quelques centaines de jeunes qui ont tenté de s’approcher de la manifestation des homosexuels. Mais en vain.

Des effectifs très importants de la police, avec des équipements anti-émeutes, les ont finalement repoussés après avoir bouclé le quartier où se déroulait la Gay pride.

La manifestation des homosexuels, qui avaient déployé le drapeau arc-en-ciel de leur cause, a réuni un millier de personnes, défilant sans incident dans un périmètre restreint du centre ville.

Le gouvernement serbe était représenté le ministre des Droits de l’Homme et des Minorités, Svetozar Ciplic.

« Il s’agit d’un premier pas. Une longue route nous attend, mais je suis heureuse que cela (la Gay Pride) se soit enfin produit », a déclaré à l’AFP Sara, une participante.

« Après avoir vécu dans la peur, nous avions besoin de cette marche afin de devenir visibles. Etre entourés de policiers n’est pas l’idéal, mais c’est une première (Gay pride). Dans dix ans, peut-être, les choses seront différentes », a estimé Nikola.

Il s’agissait de la première Gay pride à Belgrade depuis celle de 2001, qui avait été marquée par des violences de la part d’éléments ultra-nationalistes et de supporteurs d’équipes de football.

Celle de l’année dernière avait dû être annulée en raison des menaces proférées par ces mêmes milieux.

Plusieurs représentants européens avaient souligné ces jours derniers que la façon dont se tiendrait la Gay pride illustrerait le degré de maturité de la démocratie en Serbie.

Vincent Degert, le chef de la délégation de la Commission européenne en Serbie et Constantin Yerocostopoulos, représentant spécial du secrétaire général du Conseil de l’Europe, ont participé à la manifestation de dimanche.

Après un rassemblement festif à l’issue de leur défilé, il était prévu que les homosexuels serbes quittent les lieux à bord de cars de police.

La matinée et le début de l’après-midi ont été marqués par des heurts violents entre la police et des groupes de jeunes très mobiles.

Les policiers ont essuyé des jets de pierres, des cocktails molotov et autres projectiles, avant de charger à plusieurs reprises des groupes de jeunes qui s’enfuyaient en courant.

Les heurts ont fait 78 blessés parmi les policiers et 17 parmi les manifestants, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Cent une personnes ont été interpellées et 53 arrêtées, a-t-on ajouté de même source.

Il s’agit des troubles les plus importants dans le centre de Belgrade depuis l’arrestation, en juillet 2008, de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

« La chasse a commencé », « mort aux p… (homosexuels) », scandaient dimanche de jeunes manifestants.

Un groupe d’éléments incontrôlés a vandalisé le siège du Parti démocratique (DS) du président Boris Tadic, provoquant un incendie vite maîtrisé. D’autres ont incendié des bennes à ordures ou brisé des vitres de voitures.

Le gouvernement serbe a dénoncé les débordements et actes de « vandalisme », annonçant que leurs auteurs seraient traduits en justice.

M. Tadic a également condamné les violences et déclaré que leurs « responsables seraient arrêtés et jugés », dans un communiqué diffusé par la présidence.

« L’Etat est prêt à en découdre avec les hooligans et les vandales qui menacent la sécurité des citoyens », a ajouté M. Tadic.

Gay rights march in Belgrade triggers violent riots

Reuters

Sun Oct 10, 2010

BELGRADE – A gay rights parade in Belgrade erupted in violence Sunday as thousands of police deployed to protect marchers clashed with anti-gay protesters, who rioted and attacked the headquarters of the ruling parties.

In the worst violence in the Serbian capital in over two years, more than 110 police were injured in pitched battles with gangs of nationalists and skinheads, and one of the 1,500 marchers was badly beaten as he arrived home in a nearby suburb, police and officials said.

Pushed back from the parade area by 5,000 police in riot gear, protesters turned to other targets, breaking into the lobby of the state television network, scaling scaffolding to try to enter parliament, smashing windows at the Austrian embassy and burning a car in front of the French embassy.

Firefighters extinguished a blaze at the headquarters of the Democratic Party of President Boris Tadic and the premises of their coalition partner, the Socialist Party, were also attacked before calm was restored by early evening.

Defence Minister Dragan Sutanovac called it a « really sad day for Serbia » and Tadic vowed to bring the people behind the violence to justice.

« Serbia will secure human rights for all its citizens regardless of their diversity. No one will tolerate attempts to threaten them, » said Tadic, who like other top government officials did not attend the march.

The clashes highlighted the intolerance that still pervades Serbian society a decade after the country ousted strongman Slobodan Milosevic, ending the pariah status that dogged it during the Balkan wars of the 1990s.

The parade, the first of its kind in Belgrade in nearly a decade, had been seen as a test of Serbia’s readiness to become a more modern, open society after years of conflict fuelled by ethnic hatred.

 

~ par Alain Bertho sur 10 octobre 2010.

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