Infirmiers anesthésistes : affrontement à Paris – octobre 2010

Infirmiers anesthésistes: du gaz et des coups, aucune négociation

ActuSoins

1 octobre 2010

Nouvelle journée d’action pour les IADE qui poursuivent la lutte pour l’obtention de véritables négociations. Après avoir envahi les Champs Elysées, les infirmiers anesthésistes ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre sur le trajet qui conduisait le cortège au Ministère de la Santé.

Infirmier est un métier à risques. C’est ce que les IADE ont montré lors d’une nouvelle journée d’action, vendredi 1er octobre. Après avoir envahi, entre autres, la gare Montparnasse au mois de mai, la place de l’Etoile en juin, les infirmiers anesthésistes ont cette fois bloqué la circulation sur l’avenue des Champs Elysées. au niveau du Fouquet’s. Encerclé par de solides cordons de policiers, le cortège de 2000 IADE a fini par renoncer, au très chic restaurant où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire, le soir des résultats aux élections. Mais les Champs Elysées, n’étaient que le début d’une immense partie de chat en plein coeur de la capitale entre les forces de l’ordre et les infirmiers anesthésistes.

C’est ainsi que vers 13h30, une heure à peine après s’être installé sur l’avenue, le cortège a effectué une percée surprise dans le cordon latéral des gardes mobiles. Les centaines d’IADE, vêtus de leurs tenues de blocs, sont donc descendus en trombe sur l’avenue de George V. Objectif: l’Elysée.

C’était sans compter sans la détermination des policiers, bien décidés à empêcher les blouses bleues de passer. Visiblement dépassés par les événements et par les changements de direction incessants du cortège, les forces de l’ordre perdent pied. Un groupe de CRS, devant notre caméra, n’hésite pas à matraquer et bousculer deux infirmières, les jets de gaz lacrymogènes se multiplient sur le trajet, déclenchant l’éclatement du défilé.

Mais les CRS n’apprécient visiblement pas d’être filmé entrain de jouer de la matraque, ils attrapent notre caméraman par derrière, essayant de se saisir de sa caméra. Stéphane refusent de lâcher son outil de travail, les policiers le jettent sur le sol, lui écrasent le visage sur le trottoir tout en lui donnant quelques coups de matraques (dont il porte encore les traces sur le visage). Notre cadreur est finalement menotté et installé manu militari sur le trottoir, son matériel et ses lunettes délibérément cassés par les CRS zélés.Les policiers commencent à se rendre compte qu’ils s’en sont pris à un journaliste, ils finissent par lui dire: « vous pouvez porter plainte, seulement c’est vous qui nous avez agressé ». Ils prennent ses papiers et lui affirment qu’il sera convoqué.  Ils ignorent que notre caméra a continué de tourner pendant l’interpellation et montre clairement l’absence d’agressivité de notre cadreur, mais aussi qu’une autre caméra, celles de TF1, filmait la totalité de la scène un peu plus loin.

Pas de négociations

Les gardes mobiles ayant réussi à disperser superficiellement le cortège, les infirmiers décident de se rendre en civil et en métro, devant le Ministère de la Santé. Vers 16 heures, les IADE arrivent au compte-goutte avenue de Ségur. Slogans, chants et pique-nique, les IADE attendent patiemment sous la pluie que leur délégation soit reçue par le cabinet de Roselyne Bachelot.  Mais vers 17h30, les négociateurs IADE informent par SMS que les discussions ne peuvent s’ouvrir en raison de l’absence de mandat des membres du cabinet. Il n’en fallait pas plus pour déclencher le foudres des infirmiers anesthésistes, fatigués par six mois de lutte. Une dizaine d’entre-eux commencent à secouer les barrières métalliques installées devant les cordons de CRS.

La réaction ne se fait pas attendre, les policiers casqués, sortent les bombes de gaz lacrymogènes. Il ne les rangeront plus beaucoup pendant les heures qui suivront. Quant à la délégation, elle refuse de sortir du bâtiment ministériel tant que les négociations ne s’ouvrent pas. Vers 20 heures, un groupe d’intervention cagoulé est envoyé pour évacuer les élus IADE qui ont utilisé le mobilier de la salle de réunion pour fabriquer des barricades. La fin de cette journée d’action s’est donc finie comme elle avait commencé : pas de négociations, du gaz et des coups.

Incidents pendant les manifestations des infirmiers anesthésistes : Le ministère de la santé occupé a été évacué

lepost.fr

01/10/2010

Après une journée de manifestations agitée, les infirmiers anesthésistes se sont dirigés vers le ministère de la santé, où certains se sont barricadés.

Les infirmiers souhaitent une reconnaissance de leur diplôme au niveau master (bac+5) et une hausse des salaire à ce niveau.

Ils ont été évacués en début de soirée, après quelques incidents avec les CRS qui ont envoyés des gaz lacrymogènes.

« Visiblement la ministre, fidèle à son image, est plus sensible à recevoir les footballeurs, que ces autres bleus qui étaient aujourd’hui dans la rue, sous la pluie ce soir, et qui demandait à être reçus enfin après 7 mois de conflit » déclare un délégué Sud Santé.

Les CRS tiennent à leur discrétion, quitte à s’en prendre aux caméras

Actusoins.com

2 octobre 2010

Au milieu de la manifestation des infirmiers anesthésistes, le cadreur de notre équipe a été violemment arrêté, jeté à terre et menotté, son matériel délibérément détruit. Le motif ? Il filmait la tentative de blocage à coup de matraques de deux infirmières anesthésistes.

L’idée peut paraître tentante: frapper sans trop de mesure et faire disparaitre toute trace de son action en brisant tranquillement et sciemment l’outil de travail de notre caméraman. Seulement voilà : Tout comme un professionnel de santé face à une urgence, un CRS est censé être capable de gérer son stress et d’assumer ses actions.

Ce genre de fait est déjà particulièrement désagréable, mais la suite est à l’avenant: Peut être conscients finalement d’avoir agi avant de se demander si un homme en civil tenant une caméra professionnelle ne ferait pas tout simplement son travail, il est aimablement stipulé à Stéphane notre cadreur qu’en cas de dépôt de plainte de sa part, les policiers déclareront qu’il les a agressés. Gros mensonge, comme le prouve aisément notre vidéo ainsi que celle de LCI (1:15), mais traumatisme supplémentaire et agacement certain devant un comportement qui s’apparente plus à celui de petits délinquants qu’à des professionnels garants de l’ordre public.

Depuis le début du mouvement, il est absolument évident que la présence des caméras limite de façon drastique les éventuels débordements. Les IADE l’ont également compris, dans la mesure où le seul élément motivant une intervention publique de leur ministre semble être l’étendue de la médiatisation. Que les forces de l’ordre empêchent tout accès à l’Elysée et aux autre bâtiments publics en employant des moyens proportionnés, c’est parfaitement compréhensible. Qu’elles fassent payer aux journalistes leurs dérapages et leur manque de professionnalisme est totalement inacceptable.

Des gaz lacrymogènes pour les infirmiers-anesthésistes

leparisien.fr

01.10.2010

Ils avaient déjà envahi la gare Montparnasse au mois de mai, bloquant plus de 100 000 voyageurs, puis la place de l’Etoile en juin. Ce vendredi, plusieurs centaines d’infirmiers-anesthésistes ont perturbé la circulation dans le quartier des Champs-Elysées, avant de défiler devant le siège de l’UMP tout proche.

«Ils ont bloqué à la mi-journée les Champs-Elysées et la rue de Washington au niveau du restaurant Le Fouquet’s», racontait un témoin sur you.leparisien.fr. «Vers 13h00 aujourd’hui, environ 2000 infirmiers anesthésiste ont envahi et bloqué les Champs Elysées à Paris, devant le Fouquet’s, célèbre cantine présidentielle», précisait le site spécialisé Actusoins.

Une heure plus tard, plusieurs centaines d’entre eux, vêtus de blouses bleues, défilaient devant le siège de l’UMP, rue de la Boétie. «Il y a de nombreux CRS et garde mobiles, ça court dans tous les sens», témoignait un journaliste du parisien.fr présent sur place. «La police a utilisé des gaz lacrymogènes sur les manifestants au niveau du métro Saint-Philippe du Roule, et elle bloque désormais la rue du Faubourg Saint-Honoré pour éviter que les manifestants aillent vers le palais de l’Elysée», poursuivait-il.

«Prêts à rester toute la nuit»

Vers 16 heures, le défilé arrivait à proximité du ministère de la Santé, protégé par un cordon de sécurité, où une délégation était reçue environ une heure plus tard. Vers 17h30, la délégation informait les manifestants qu’aucune négociation n’était ouverte. Des échauffourées se produisaient alors près de la place de l’Etoile et devant le ministère, les CRS utilisant des gaz lacrymogènes pour éloigner les manifestants.

En début de soirée, Bruno Franchir, un négociateur de la CGT, indiquait que les manifestants attendaient «un négociateur au niveau du cabinet du ministre» pour mettre un terme au mouvement. «Nous sommes prêts à rester toute la nuit devant le ministère s’il le faut», déclaraient certains manifestants.

Depuis mars, les infirmiers anesthésistes réclament une reconnaissance de leur spécialité au niveau master.Les 7.500 infirmiers anesthésistes en France suivent cinq ans d’études: trois en formation initiale pour le diplôme d’Etat puis après deux années d’exercice du métier, deux nouvelles années de formation. Ils demandent à être reconnus à bac+5 avec revalorisation salariale à la clé, veulent garder l’exclusivité d’exercice, et s’estiment lésés par le protocole Bachelot de février qui permet un accès au métier sans passage par l’école d’anesthésie et resserre le différentiel de salaire entre les IADE et les autres infirmiers. «Mme Bachelot veut faire de l’anesthésie low cost», a dénoncé l’un des manifestants à l’AFP.

~ par Alain Bertho sur 3 octobre 2010.

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