Emeute anti salafiste à Tizi Ouzou – août 2010

Alors que le conflit dure depuis plusieurs mois à Tizi Ouzou, violents affrontements autour de la construction d’une mosquée

letempsdz.com

11-08-2010
Le conflit engagé entre les habitants du village Aghribs et les membres de l’association religieuse locale à propos de la construction d’une nouvelle mosquée au sein du village n’est pas près de connaître son épilogue.

Bien au contraire, le conflit se corse. Il a même tourné à l’affrontement entre les villageois et les membres de l’association religieuse qui tiennent coûte que coûte à bâtir une nouvelle mosquée, refusant de fait de faire leur prière à la mosquée de Sidi Djaffar, vieille de près de trois siècles, et inaugurée il y a quelques jours après avoir connu des travaux de rénovation.

En effet, avant-hier, en fin de journée, des heurts ont éclaté entre les deux parties après que des dizaines de jeunes eurent décidé de saccager le nouveau chantier à l’aide d’un engin de l’APC pris de force du parc. C’est alors qu’un violent affrontement a éclaté entre les deux parties.

Certaines sources indiquent que des blessés légers sont à déplorer de part et d’autre. La journée d’hier a été plutôt calme mais la tension était encore vive.

Pour rappel, au mois de janvier, des affrontements ont opposés les belligérants et plusieurs blessés ont été enregistrés. Ensuite, les villageois ont fait appel aux différents ârouch de la Kabylie maritime en vue d’une réunion de règlement du conflit avec les membres de l’association religieuse.

Ces derniers ont boycotté ladite réunion. Quant aux villageois qui doutaient déjà de la  provenance des fonds destinés à la construction de la mosquée, ils ont continué à s’opposer farouchement à sa réalisation puisque le village est déjà doté d’une mosquée.

Tizi Ouzou : violents affrontement autour de la mosquée d’Aghribs

tsa-algerie.com

10 08 2010

Imene Brahimi

De violents affrontements ont éclaté, mardi 10 août, VERS 18 heures, au village Aghribs, 0 45 km au nord-est de Tizi Ouzou, entre les villageois et les membres de l’association religieuse qui a pris l’initiative de construire une nouvelle mosquée sans l’aval de l’assemblée du village, a appris TSA de sources sûres.

Des centaines de jeunes du village ont démoli les poteaux du nouveau chantier qui devait servir de mosquée. C’est à l’aide d’un engin pris de force dans le parc communal que les jeunes ont entrepris de démolir ce que les membres de l’association religieuse ont voulu continuer de construire, malgré le refus du village et l’avertissement du chef de daïra de surseoir aux travaux, selon les explications du maire.

Au moins deux blessés ont été enregistrés lors de ces affrontements, provoqués par la persistance des membres de l’association à vouloir continuer les travaux du chantier sans tenir compte de l’avis de la population. Cette dernière a inauguré, jeudi dernier, l’ancienne mosquée Sidi Djaffar que les citoyens ont restaurée en respectant son architecture à l’ancienne. Une grande waâda y a été organisée.

Algérie: La Kabylie se réapproprie l’Islam ancestral

dz.com

10.08.10

Algérie – L’indispensable réappropriation de cet Islam convivial, pratiqué par nos anciens, donne toute sa symbolique à ces évènements que sont les inaugurations de mosquées échappant au contrôle des salafistes.

Deux évènements d’apparence anodins ont restitué à la Kabylie l’image d’une région qui a pratiqué de tout temps un Islam convivial et rassembleur : la restauration d’une mosquée à Aghribs et l’inauguration d’une autre au village Lbour de Redjaouna le week-end dernier. Partie de ces deux villages, symboles de la résistance contre l’islamisme et le terrorisme, la campagne de réappropriation de l’Islam ancestral donne toute leur symbolique à ces deux évènements qui sont loin d’être anecdotiques.

Ce sont deux villages que le salafisme a tenté de pénétrer avec parfois quelques dégâts, après avoir été des bastions de la résistance citoyenne contre le terrorisme islamiste. C’est que les salafistes n’ont pas désespéré de s’installer un jour en terre kabyle. C’est ainsi qu’ils ont réussi à imposer par endroit leur diktat à la société. Dans certains villages, les partisans de l’obscurantisme ont pris possession des lieux de culte qu’ils gèrent comme bon leur semble.

Un nouveau rituel de la prière est imposé par ces nouveaux prophètes qui veulent même changer la tradition pratiquée depuis des siècles lors des enterrements. Les “khouan” qui pratiquent le dkir sont déclarés apostats, alors que cette pratique est héritée du soufisme maghrébin. Les citoyens affichent à chaque fois une opposition aux desiderata salafistes.

Pratiquement dans chaque village de la région, des tentatives de caporaliser les citoyens sont enregistrées ; des pratiques de la bigoterie, jamais connues auparavant, font leur apparition dans certains villages.

Les habous sont ainsi concurrencés sur leur terrain. À Aït Yahia Moussa et Aït Aïssa Mimoun, des imams sont “débarqués” par les barbus qui installent les leurs à la tête des mosquées pour officier le prêche du vendredi. Des conflits sont alors nés entre ces groupuscules et les villageois. Et les exemples sont légion. Mais le cas d’Aghribs est symptomatique de la volonté des barbus à imposer leur loi. La restauration d’une mosquée ancestrale a poussé une petite poignée de barbus à ruer dans les brancards.

L’occasion était toute indiquée pour eux de lancer un projet d’une nouvelle mosquée avec bien sûr le soutien financier et idéologique de leurs maîtres à penser. À coups d’esbroufe, leur stratégie a failli être payante ; en deux temps trois mouvements, une association à caractère religieux est créée, un chantier d’une nouvelle mosquée est lancé, prenant de court toute la communauté villageoise. La réaction ne s’est pas fait attendre. Décision est alors prise par les citoyens d’arrêter le projet de construction de la nouvelle mosquée pour contrecarrer les visées hégémonistes des éclaireurs du salafisme et de leurs mentors.

Car, il faut bien le souligner, cette montée au créneau n’est pas fortuite du tout : les salafistes veulent mettre pied dans le village natal de Saïd Sadi, symbole du combat pour la démocratie et contre l’intégrisme islamiste. La présence de ce dernier dans son village à l’occasion de l’inauguration de la mosquée Sidi Djaffar a été une réponse à ceux qui veulent imposer à la société des pratiques religieuses importées. Le leader du RCD a restitué toute sa symbolique à l’inauguration de la mosquée du village, dont l’architecture est typiquement kabyle. Il a suggéré aux jeunes de suivre la voie tracée par l’ancêtre du village au lieu de se fourvoyer dans le chemin sans issue des maquis islamistes. À Redjaouna, dans la commune de Tizi Ouzou, les citoyens ont inauguré une nouvelle mosquée construite grâce à des fonds de bienfaiteurs. L’inauguration s’est faite samedi en présence des autorités locales et des représentants de plusieurs comités de village.

Aucun salafiste n’a pris part à cette activité, avons-nous constaté sur place. Ces deux évènements qui ont vu la mobilisation de milliers de personnes participent de la volonté de la population de ne pas laisser la voie libre au salafisme qui veut mettre pied dans une région qui lui reste hostile. Le greffon de l’obscurantisme ne prendra pas. “Jamais !” Serment villageois.

~ par Alain Bertho sur 11 août 2010.

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