Emeute de l’électricité à Bène Barack (Dakar) – juillet 2010

Emeute à Bène Barack – Mort du jeune Abdoulaye Wade Yinghou : La famille indexe les policiers

lequotidien.sn

16-07-2010

Les émeutes d’avant-hier contre les coupures d’électricité au quartier Bène Barack, de Yeumbeul, ont occasionné la mort du jeune Abdoulaye Wade Yinghou. Ce dernier, né en 1981, a reçu, selon les membres de sa famille, un coup de matraque d’un élément de la Police de Yeumbeul, qui lui aurait valu sa mort dans la nuit du mercredi à jeudi, vers 4h du matin. Par Abdou Latif MANSARAY

C’est une famille triste que Le Quotidien a rencontrée hier à Bène Barack, un quartier situé dans la banlieue dakaroise. Mactar Diop, employeur du jeune Abdoulaye Wade Yinghou, a tenu, dans un état de désolation à retracer le film du drame de son jeune employé. «Le jour de la manifestation, j’ai envoyé le jeune Abdoulaye Wade Yinghou à mon poulailler qui se trouve à Malika, pour me chercher des aliments. Mais vers 18h, il m’a appelé sur mon portable. Et là, j’ai entendu sa voix au bout du fil. Sur un air de quelqu’un qui est brutalisé, il m’a dit : Mactar, les policiers, les policiers. Quand je lui ai dit au bout du fil de quoi il s’agit, la liaison téléphonique s’est coupée», soutient M. Diop.

Un peu essoufflé, notre interlocuteur reprend la parole et poursuit : «Sur ce, j’ai vite repris mon portable, et j’ai tenté de le joindre. Mal­heureusement, je suis tombé sur sa boîte vocale. Après plusieurs tentatives pour le joindre, mes appels sont restés vains.» Ainsi, M. Diop très inquiet, monte vite à bord d’un véhicule et se rend à la Police de Yembeul. «Arrivé sur place, les policiers que j’ai trouvé sur les lieux n’ont pas voulu me parler. Quand je m’approchais d’eux, c’est comme s’il me fuyait. Je leur ai donné l’identité du jeune (Abdoulaye W. Yinghou), ils m’ont fait savoir qu’ils ne l’on pas vu. Il faisait exactement 20h, le mercredi.»

L’oncle de la victime, Lamine Dramé Thienty, attristé, déclare : «Les éléments de la Police ont effectué un déplacement sur les lieux. Au moment où ils (les policiers) transportaient le jeune Abdoulaye Wade Yinghou, des témoins, qui n’étaient pas loin, ont aperçu la victime qui, après avoir reçu un coup de matraque au thorax, a été vite évacué dans le véhicule de la Police», soutient l’oncle de la victime, qui poursuit : «Une voisine, dont on préfère taire le nom, a assisté notre fils au sein de la Police, jusqu’à son dernier souffle. Quant les éléments de la Police transportaient notre fils dans le véhicule, cette dernière les a suivis jusqu’au poste de Police. Sur place, soutient-elle, elle a insisté pour le voir. Mais les policiers ont refusé. C’est après des heures qu’elle a fini par être autorisée à accéder au poste de Police. Cette voisine que nous avons rencontrée nous a expliqué : De la bouche du jeune (Ab­dou­laye W. Yinghou) sortait du sang. Il y avait du sang sur tout son visage, il parlait à peine et disait que c’en était finit pour lui. Assise au sol, j’ai pris sa tête que j’ai posée sur mes jambes. Puis, j’ai pris mon foulard pour lui essuyer le sang. Je suis restée avec lui jusqu’à 4h du matin. Mais, avant de mourir, il m’a dit que : c’est l’inspecteur F… qui me frappait avec sa matraque au thorax», soutient Lamine Dramé Thienty. M. Thienty d’ajouter : «La dame nous a renseignés que notre fils avait le thorax enflé. Et quand le jeune est décédé, le policier F… a menacé la dame en ces termes : Si jamais tu pipes un mot sur ce qui s’est passé, tu es une personne morte. Mais la dame quand elle est rentrée chez elle, elle a enfoui son foulard pour faire disparaître toute preuve».

L’employeur de la victime, Mactar Diop, reprend la parole, puis déclare : «Le lendemain (hier), quand je me suis rendu sur les lieux, le commissaire m’a demandé de rentrer chez moi, pour après revenir vers 10h le matin en compagnie de sa famille. A 10h, quand je suis retourné sur place, il m’a demandé si le gosse était sujet à des crises. Je lui ai répondu non. Puis, il m’a dit : En tout cas, lorsqu’on l’a transporté ici, il avait des crises. Puis, on l’a transporté à l’hôpital de Pikine. Et, là il est décédé. Le procureur, informé des faits, a demandé à ce qu’une autopsie soit faite. Pour le moment, on attend les résultats.»

La famille du défunt compte déposer une plainte contre l’inspecteur F… qu’elle accuse d’être le principal responsable des faits qui ont valu la mort au jeune Abdoulaye Wade Yinghou.

Encore des émeutes contre la SENELEC : Bène Barack casse la baraque

lequotidien.sn

15-07-2010

La révolte contre les délestages est arrivée hier dans la banlieue dakaroise, où les habitants de Yeumbeul et Bène Baraque sont descendus dans la rue, incendiant des pneus et bloquant la route nationale, pour crier leur amertume face aux privations d’électricité et d’eau.

Par Abdou Latif MANSARAY

Fatigués des délestages de la Senelec qui, perturbent leur mode de production depuis un certains temps, les tailleurs de Bene Ba­ra­que, appuyés par une  population très remontée, se sont levés hier, et ont montré leur colère a travers les artères et les ruelles de leur quartier, avant de bloquer la route nationale qui mène a Yeumbeul. La foule, très en colère, a incendié des pneus et d’autres objets sur la voie publique, barrant ainsi le passage aux automobilistes pendant plus de 4 heures.

Hommes, femmes et enfants, tous sur la route criaient en chœur : «Nous voulons que ce régime in­compétent quitte le pouvoir.» Sur les raisons qui on produit cette mo­bi­lisation en force,  S. M. Dème, l’un des responsables des associations des jeunes de Bène Baraque dé­clare : «Nous sommes fatigués. De­puis un certains temps, nous ne travaillons plus, surtout nous qui sommes des tailleurs. L’eau stagnante passe devant les portes de nos maisons, et viennent s’y ajouter des moustiques. Maintenant, c’est la Senelec qui se moque de nos préoccupations. Et tout ce que les mairies font, c’est nous taxer plus de 1 000 francs pour les patentes.»

La foule qui l’encadrait, très remontée, criait à l’unanimité sa vo­lon­té de voir le Président Ab­dou­laye Wade quitter le pouvoir, et surtout, avant même le président de la République, voir accélérer le départ de Seydina Kane, le directeur de la Senelec. «Et c’est la même remar­que du côté de la Sde qui, depuis un certains temps nous prive également d’eau. Le Président Wade et ses collaborateurs ne peuvent plus faire grand-chose, ils n’ont qu’à quitter le pouvoir. En tout cas, nous la population de Bene Baraque, que vous voyez ici, nous demandons le changement de ce régime», assure Mme Aïda Gningue, la représentante des femmes de la localité. Mme Gnigue ajoute : «Nous sommes fatigués, nos enfants ne peuvent plus travailler. Le gouvernement nous a abandonnés,  nous et nos enfants. Ces derniers n’ont pas d’emploi, et sont obligés de se débrouiller avec peu de moyens. La majorité est soit des tailleurs ou des menuisiers métalliques. Nous in­ter­pelons ici le Pré­sident pour lui dire que L’O­fej­ban (Office pour l’emploi des jeunes de la banlieue. Ndlr) de Boubacar Ba a laissé en rade nos enfants de Yeumbeul. Nous lui demandons de faire partir le directeur Seydina Kane de la Senelec, qui a montré depuis son installation, qu’il ne peut pas la gérer.


La Police bat en retraite

Il a fallu attendre jusqu’à 20 heures passées, soit environ 4h après le début des hostilités, pour voir intervenir la Police. Quand ses éléments se sont présentés, pour disperser la foule, des personnes, en particulier des jeunes gens, très surexcités ont répliqué en ramassant des pierres qu’ils ont lancé contre les forces de l’ordre.  Cela a obligé la petite troupe de policiers à battre en retraite.

Mais c’était pour revenir en force. Une heure  plus tard, aux environ de 22 heures c’est un renfort de deux véhicules L 200 de la Police rem­plis de policiers, armés de lacrymogènes, qui vont venir disperser la foule, et éteindre le feu sur la chaussée.
6 manifestants on été interpelés et embarqués dans les véhicules de la Police, pour cause de trouble a l’ordre publique. Malgré tout cela, le calme n’est revenu qu’aux environs de 22 heures. Mais la population de Yeumbeul et de Bène Baraque ne semble pas en avoir fini avec des mouvements de ce type, car plusieurs individus ont déclaré que si la Senelec n’en finit pas avec les délestages la casse de son agence dans la zone sera programmée dans les jours à venir.

~ par Alain Bertho sur 16 juillet 2010.

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