Saint-Denis : Roms expulsés, ville quadrillée, militants arrêtés – juillet 2010

>>Rapport de la Halde sur la situation des Roms<<

LES INTERPELLÉS INTERPELLENT L’ÉTAT, LA MAIRIE et TOUS LES HABITANT(E)S DE SAINT-DENIS

Jeudi 8 juillet, un certain nombre d’habitants, et de militants d’associations, d’organisations politiques et syndicales (RESF, Réseau Solidarité Logement, MRAP, SUD, PCF, NPA, Alternative Libertaire…) animés par des convictions humaines et solidaires sont venus soutenir le camp de réfugiés Rroms dressé en face de la Basilique, les familles étant sans solution de relogement depuis leur expulsion et la destruction du quartier du Hanul où ils vivaient pour certains depuis près de 10 ans.

Aux environs de 21h30, 13 cars de CRS et 10 voitures de police stationnaient sur la place du marché.

Nous avons immédiatement interpellé la mairie afin qu’elle demande à la préfecture de renoncer à l’expulsion. Nous lui avons rappelé que les habitants du Hanul, et plus particulièrement les enfants, avaient déjà subi des violences lors de l’expulsion et la destruction du quartier du Hanul le mardi 6 au matin. Nous ne souhaitions pas revivre de telles violences. Plusieurs élus de la majorité, présents sur place ou contactés par téléphone, ne sont pas intervenus.

Aux alentours de 22h, l’opération policière a commencé.

Les familles Rroms ont tout juste eu le temps de fuir, avant que plusieurs dizaines de CRS n’encerclent un petit groupe de 23 soutiens.

Les CRS ont violemment poussé les 23 personnes dans le car, plusieurs personnes ayant pris des coups au passage. Le car a démarré. Arrivé sur la place du marché, le bus a stoppé, et les CRS se sont rués sur un jeune homme parce qu’il prenait des photos. Ils l’ont frappé et jeté dans le car, inerte. Nous avons aussitôt réclamé les pompiers, qui sont finalement venus le chercher au commissariat pour l’emmener à l’hôpital. Ce jeune homme a ensuite été placé en garde-à-vue, puis poursuivi en justice pour entrave au bon déroulement d’une opération policière.

Au commissariat, les 23 autres ont eu droit à une vérification d’identité. La police nous a expliqué que notre interpellation était liée à une manifestation non déclarée. Nous avons ensuite été enfermés dans une cage de garde-à-vue, avant d’être relâchés vers 2h30 du matin.

Le lendemain, nous avons reçu le coup de massue final, en apprenant par la presse que c’était la mairie qui avait demandé l’évacuation, d’après la préfecture.

À ce jour, les familles Rroms sont pourchassées et traquées par la police. Elles ne peuvent se poser à aucun endroit plus de six heures. Parmi elles, une femme vient de subir une opération, plusieurs sont gravement malades et deux enfants sont atteints d’un cancer.

L’Etat met en place une politique systématique de destruction violente des camps des Rroms, d’expulsion du territoire pour certains, et de harcèlement policier pour tous ! Mais les habitants ne disparaissent pas en même temps que leur bidonville ! Ils se retrouvent à la rue, dans une précarité encore plus grande et à la merci du harcèlement policier. La démonstration de force par l’envoi massif et disproportionné de CRS vise à décourager les soutiens et à affirmer une politique systématique de répression.

Les interpellés et tous les soutiens sont en colère. Nous tenons à dire haut et fort : l’intimidation ne marche pas. La mairie ne peut pas continuer à faire la sourde oreille et à mettre en danger les familles et leurs soutiens, se rendant ainsi complice de la politique grotesquement sécuritaire du gouvernement. Elle ne peut pas admettre que des militants soient embarqués pour avoir exprimé leur solidarité, et que le centre ville de Saint-Denis soit transformé en caserne de CRS.

Au contraire, nous lui demandons de prendre position clairement, de soutenir les familles du Hanul et de leur procurer un hébergement d’urgence dans un lieu sécurisé. Un hébergement temporaire et un soutien clair de la mairie sont indispensables pour protéger les familles de la police, leur assurer le minimum vital (un toit, de l’eau). C’est également la condition indispensable pour que tous ensemble, familles, soutiens et municipalité, nous puissions créer un rapport de force avec la préfecture et l’Etat.

Nous souhaitons que Saint-Denis reste une ville où les valeurs de résistance, de lutte contre les discriminations et de solidarité ne soient pas que des paroles en l’air.

Les soutiens interpellés : Loïc Baron NPA, Dominique Begusseau NPA, Clément Bonnin NPA, Marie Annick Butez MRAP, Ludovic Carle citoyen solidaire, Jérôme Castell NPA, Malika Chemmah RESF, Laurent Cima citoyen solidaire, Agnès Cluzel, MRAP, Jean-Claude Cluzel militant communiste, Aurore Laborie Chapiteau Raj’Ganawak, Laure Labrosse NPA, Bastien Lambert Chapiteau Raj’Ganawak, Nils Lefevre NPA, Nouria Ouedda Réseau Solidarité Logement, Goulven Schaal NPA, Lucie T. Réseau Solidarité Logement, Stéphane, SUD , Pierre, Christopher, Agathe, Marie-Prune et Yasmina, citoyens solidaires

Saint-Denis : brève installation de Roms face à la basilique Saint-Denis

lci.tf1.fr

8 04 2010

Entre 60 et 80 personnes se sont rassemblés jeudi soir face à la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) afin d’y constituer un « camp de réfugiés » avant d’être évacués dans le calme par la police.

« Nous voulions créer un camp de réfugiés après l’expulsion des familles du campement du Hanul, les CRS sont venus en force pour nous déloger, nous n’avons pas cherché à résister, ça n’aurait servi à rien », a expliqué à l’AFP Saimir Mile, de l’association la Voix des Roms.

La préfecture a confirmé l’interpellation de 25 personnes, ajoutant qu’il ne s’agissait que d’une simple vérification d’identité. L’intervention des CRS s’est faite à la demande de la mairie de Saint-Denis.


Communiqué du NPA. Les Roms de Saint-Denis face au racisme de l’état.

npa2009.org

vendredi 9 juillet 2010

Jeudi 8 juillet, en fin de journée, une soixantaine de Roms expulsés du quartier du Hanul à Saint-Denis mardi matin, ont installé des tentes sur une place publique proche de la Mairie.

Vers 22 h 30, ce sont environ 75 CRS qui sont intervenus pour détruire le campement et obliger les Roms à se disperser. Au cours de l’intervention, 24 personnes, membres d’associations dont le MRAP, militants du NPA et citoyens solidaires ont été arrêtées. L’un d’entre eux qui ne faisait que prendre des photos a été trainé par terre, frappé, puis jeté inconscient dans le car de Police. Les pompiers n’ont pu intervenir que lors de l’arrivée du car au commissariat de Bobigny. L’agression de ce jeune homme par la BAC s’est suivie d’une Garde à Vue.

Au cours de cette soirée, la municipalité a continué à briller par son absence, après avoir déjà refusé tout soutien et tout relogement à ces familles.

Ce déploiement de force totalement disproportionné, qui a transformé le centre ville de Saint-Denis en terrain militaire, est révélateur de la conception policière du préfet Lambert nouvellement nommé par Sarkozy. Il l’avait annoncé d’emblée : il arrive pour « faire le grand nettoyage » et rétablir l’ordre en Seine-Saint-Denis. Et le désordre pour lui, ce sont des familles Roms qui n’acceptent pas de disparaître alors que la préfecture a fait détruire le quartier où ils vivaient depuis près de 10 ans.

Le NPA veut savoir qui a demandé l’intervention des CRS et les arrestations de ceux qui protestaient contre la chasse aux Roms qui se mène depuis plusieurs jours dans les rues de Saint-Denis. Nous dénonçons également la tentative stupide et vaine d’intimidation contre celles et ceux qui les soutiennent.

En effet après cette soirée le NPA appelle à se mobiliser le plus largement pour exiger :

– L’arrêt des pressions policières

– L’abandon de toute poursuite judiciaire

– Le relogement des Roms du quartier du Hanul, citoyen de Saint-Denis

– La fin des mesures restrictives prises par la France et d’autres pays par rapport à la réglementation européenne, qui excluent de fait les Roumains et les Bulgares du droit au séjour et à l’emploi jusqu’en 2013.

Le 9 juillet 2010.

Communiqué de Patrick Braouezec, président de Plaine Commune

Pas de solutions pour les Roms du Hanul, nouvelle expulsion à Bordeaux

L’Humanité

8 07 2010

Après des années de vie sédentaire, les Roms expulsés du Hanul ont passé la nuit de mardi à mercredi dans leur voiture ou dans les rues de Saint-Denis. Le début d’une errance à durée indéterminée. Pour Tamara Lowy, l’avocate mandatée par les associations de soutien, 
les possibilités d’un recours en justice existent : 
« Le tribunal d’instance n’a aucune trace des décisions d’expulsion invoquées par la préfecture, qui pourrait avoir agi hors cadre légal. » Brice Hortefeux, lui, peut continuer de se réjouir : un nouveau campement de Roms a été évacué hier matin, en périphérie de Bordeaux.

Hanul : expulsion illégale

Saint-Denis, le 6 juillet 2010.

La police a fait irruption ce matin à 6h15 dans le quartier du Hanul à Saint-Denis (93). Les habitants et leurs soutiens ont essayé de s’opposer pacifiquement à cette expulsion illégale (les habitants n’ayant jamais reçu aucune notification d’une décision judiciaire). La police a expulsé les habitants par la force et a immédiatement détruit le camps à l’aide de trois bulldozers. Les habitants ont à peine sauvé quelques-uns de leurs papiers, laissant derrière eux dix ans de leur vie. Cette expulsion s’inscrit dans la longue série orchestrée par le préfet Christian Lambert récemment nommé par Sarkozy en Seine-Saint-Denis.

Nous rappelons que le Hanul existe depuis 10 ans et avait fait l’objet d’une convention avec la mairie, signée en 2003 par Patrick Braouzec, alors maire de Saint-Denis. Les familles avaient respectés leurs engagements et espéraient donc naturellement le soutien de la mairie dee Saint-Denis et l’agglomération de commune de Plaine Commune. Mais toutes deux sont restées injoignables depuis plusieurs jours.

Les familles et leurs soutiens attendent maintenant les solutions immédiates pour un relogement collectif sur un terrain afin de reprendre leur vie et notamment de permettre aux enfants du Hanul de poursuivre leur scolarité à Saint-Denis, où ils ont toujours vécu et où une grande partie d’entre est née; 28 enfants ont d’ailleurs la nationalité française. Les familles aujourd’hui à la rue suite à cette expulsion aussi honteuse que brutale espèrent rencontrer au plus tôt la mairie, Plaine Commune, et les pouvoirs publics pour trouver une solution en urgence.

Signataires : les habitants du Hanul, GIB, la Voix des Rroms, MRAP, NPA, Parada, PG, RESF, Reseau solidarité logement, SNUIPP.

Le camp rom a été rasé

leparisien.fr

Le bidonville du Hanul, à Saint-Denis, a été évacué et détruit hier matin. Les150 Roms, dont certains vivaient là depuis dix ans, ont réclamé un relogement d’urgence à la mairie. En vain.

Nathalie Perrier | 07.07.2010

Le plus vieux bidonville rom d’Ile-de-France a été évacué. Hier, à 6 h 15, une compagnie de CRS a investi le camp du Hanul à Saint-Denis, intimant l’ordre aux 150 habitants présents de quitter les lieux, conformément à deux décisions de justice de 2007 et 2010. A 7 heures du matin, l’expulsion était terminée et, à midi, les petites cabanes de bric et de broc où vivaient depuis dix ans 150 à 200 Roms n’étaient plus qu’un tas de gravats.

« Ça a été très vite, raconte Ramuna, 24 ans. J’étais en train de somnoler quand un policier a poussé la porte de la caravane. On s’est retrouvés dehors, sans rien. Les enfants pleuraient. J’avais acheté la veille du lait pour mon bébé. Même ça, je n’ai pas eu le temps de le prendre. »

Vendredi, les forces de l’ordre étaient venues prévenir les habitants et, depuis, ces derniers vivaient dans la crainte d’une évacuation. « On se doutait que ça serait ce mardi à l’aube, confirme Coralie Guillet, de l’association Parada. Dans la nuit, on a fermé les deux entrées pour essayer de gagner quelques minutes. Quand ils sont arrivés, on a fait un mur humain, mais ils nous ont sortis un par un. On a fini par capituler. » Epuisés, les habitants se sont réfugiés sur le parking du Franprix puis sur le parvis de la mairie. Pendant ce temps, les pelleteuses entraient en action sur l’ancien camp, creusant des tranchées pour éviter toute nouvelle installation.

A sa demande, une délégation de huit habitants et militants associatifs et politiques a été reçue à la mi-journée pendant près de deux heures par Florence Haye, adjointe au maire (PC) à la tranquillité publique, David Proult, adjoint au maire à l’enseignement, et Antoine Bussy, le directeur de cabinet du maire, ce dernier étant absent. Deux enfants se trouvaient parmi eux. « Une des petites filles a posé aux élus une question toute simple : Où vais-je dormir ce soir ? Elle n’a pas eu de réponse », relate, amère, Coralie Guillot à l’issue du rendez-vous. « Nous leur avons demandé de réquisitionner en urgence un gymnase pour la nuit et de nous proposer un nouveau terrain. Ils nous ont répondu que la prise en charge des familles relevait de l’Etat », accuse Laure Labrosse, du NPA.

Pour la ville, il n’est pas question de pérenniser les bidonvilles. « Ils ne sont pas tenables, ni pour les Roms ni pour les habitants, martèle Florence Haye. Il faut créer plus de villages d’insertion et il faut que l’Europe mette fin au régime transitoire qui les empêche de travailler légalement. » Le 8 avril dernier, les maires des huit communes de Plaine Commune avaient exigé la tenue d’une table ronde régionale interministérielle sur le sujet. Hier, ils ont une nouvelle fois écrit au préfet de région.

Dans l’après-midi, les Roms se sont dispersés dans la ville, en quête d’un toit pour passer la nuit.

Le plus vieux camp rom va disparaître

leparisien.fr

06.07.2010

Le campement du Hanul, à Saint-Denis, qui bénéficiait depuis 2003 d’une convention avec la ville, sera évacué. Le démantèlement des camps roms s’intensifie.

«Tous les camps roms de Seine-Saint-Denis vont disparaître, celui du Hanul comme les autres. Les évacuations se feront au rythme de quatre par semaine. » Le message est clair. Pour l’Etat, qui s’exprime par la voix de son sous-préfet, Olivier Dubaut, il ne doit plus y avoir d’exception. Pour preuve? Le camp du Hanul, à Saint-Denis, où les habitants ont signé en 2003 une convention d’occupation avec la ville de Saint-Denis*.

Ce bidonville, qui était jusque-là pour les associations de soutien aux Roms le symbole d’un modus vivendi possible, est désormais lui aussi sous le coup d’une menace d’expulsion. Selon nos informations, l’évacuation serait imminente et pourrait même intervenir ce matin, à l’aube. « Les services de l’Etat mettent en application deux décisions de justice prises par le tribunal de grande instance de Bobigny en 2007 et 2010, indique la préfecture. Il a cependant été décidé d’attendre la fin de l’année scolaire pour que les enfants scolarisés ne soient pas pénalisés. »

De 150 à 200 résidants

Hier matin, sous le regard impuissant des habitants, les forces de l’ordre ont saisi les voitures stationnées à l’arrière de ce bidonville, implanté depuis plus de dix ans sous l’autoroute A 86, le long du boulevard Anatole France. Vendredi, les policiers s’étaient une première fois rendus au Hanul pour, indique la préfecture, prévenir les 150 à 200 résidants d’une évacuation prochaine : « Il s’agissait de les en informer afin qu’ils puissent notamment faire valoir leurs droits selon les situations des familles. » « Ils leur ont intimé l’ordre de quitter les lieux dimanche 4 juillet, raconte Coralie Guillot, de l’association Parada. Mais nous ne sommes au courant d’aucune décision de justice ayant ordonné une évacuation. »

Ces derniers mois, les évacuations de camps roms se sont intensifiées dans le département. Lors de sa venue, le 24 juin à Bobigny, Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, s’était félicité du « démantèlement de 35 des 59 camps du département ». Avec l’évacuation du Hanul, aux yeux des associations, un pas de plus va être franchi. « Le quartier du Hanul est le plus vieux quartier rom de France, rappelle Samir Mïle, de la Voix des Roms. Son occupation a été formalisée en 2003 par une convention d’occupation, signée par Patrick Braouezec, alors maire de Saint-Denis. Désormais, l’Etat ne s’attaque plus seulement aux installations de Roms mais aussi aux symboles. » Hier, dans le camp où s’est tenue une conférence de presse, c’était l’abattement. « Nous avons peur, confie Ramuna, une jeune maman de 24 ans. Mes deux enfants sont nés à Saint-Denis. Ils vont à l’école ici. Ma mère, qui est très malade, est soignée ici. Toute ma famille est ici. Je ne veux pas rentrer en Roumanie. »

* La ville de Saint-Denis les a autorisés à rester, elle a installé des sanitaires, des points d’eau et s’est engagée à ramasser les ordures.

~ par Alain Bertho sur 11 juillet 2010.

Une Réponse to “Saint-Denis : Roms expulsés, ville quadrillée, militants arrêtés – juillet 2010”

  1. Bravo à ceux qui osent s’interposer, ça sauve l’honneur ! Pour ma part j’ai fait un blog sur le génocide (samudaripen) qui atteint les 850 en dix jours, ce qui prouve à quel point les gens sont indignés ! Une excellente chose! http://tziganes2.blogspot.com
    Hélène Larrivé

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