Emeute meurtrière à Lomé contre la hausse des prix – juin 2010

Mardi chaud à Lomé, des lendemains mouvementés en perspective pour le Togo

togosite.com

Mercredi, 23 Juin 2010

L’atmosphère politique était déjà tendue depuis l’élection présidentielle du 4 mars dernier. La contestation a pris son envol depuis le 6 mars, le jour même de la proclamation des résultats provisoires. La confirmation par la Cour Constitutionnelle, la prestation de serment de l’« Heureux élu », la nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement n’y ont rien pu faire. Le pouvoir pensait qu’en débauchant certains membres de l’Union des forces de changement (Ufc), il affaiblirait la contestation, mais l’entrée au gouvernement des Amis de Gilchrist Olympio (AGO) n’a pas eu d’effets.

Chaque samedi ils sont plus nombreux, les Togolais à descendre dans les rues pour protester contre le hold-up électoral, décrier la mauvaise gestion du régime en place et réclamer la victoire de Jean-Pierre Fabre, et chaque mercredi à se retrouver au Temple Salem de Hanoukopé pour prier Dieu d’intercéder pour leur cause. A ce climat politique délétère vient s’ajouter la grogne sociale. Le tout a formé un cocktail molotov qui a explosé hier, ou commencé à péter, inaugurant des lendemains surchauffés pour le Togo

Un tel spectacle remonte aux années 90 marquant l’avènement démocratique au Togo. Lomé était en ébullition. Tout d’abord c’était le procès d’Agbéyomé Kodjo. Comme lors des précédentes audiences, et à l’appel des leaders du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), des militants sont sortis nombreux pour suivre le procès qui vise la dissolution de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts). Mais ils en ont été empêchés par des escouades de forces de l’ordre déployées un peu partout aux abords du Palais de Justice, bloquant toutes les voies y menant et armées jusqu’aux dents. Et pourtant la loi dit que les audiences sont publiques et ouvertes donc à toute personne. Des échauffourées ont éclaté. Les éléments armés ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les militants déterminés à les défier. C’était la débandade générale. Dans leur repli, les manifestants ont dressé des barricades un peu partout dans les environs du Palais de Justice. Il s’en est suivi des jets de pierres. Des manifestants ont été pourchassés jusqu’au grand-marché où les éléments ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Pendant ce temps, ça grognait aussi de l’autre côté de la ville. Impossible de circuler. Des barricades étaient dressées partout, troncs d’arbres par-ci, blocs de pierres par-là. Cette manifestation visait à protester contre l’augmentation des prix du carburant décidée vendredi par le gouvernement sans aucun état d’âme. Si la manifestation était organisée par le syndicat des conducteurs de taxi qui prévoient une grève de 72 heures, et devrait juste consister en une simple cessation de travail, ce qui devrait paralyser la circulation en ville, et ainsi pousser les décideurs politiques à revenir à la raison, elle a tourné à l’émeute. C’est tout le monde qui s’est senti concerné. Les quartiers Adidogomé, Agoènyivé, Djidjolé, Nyékonakpoè, Hanoukopé, Bè étaient touchés. Des barricades furent dressées sur les avenues et routes principales pour empêcher la circulation en général. Tous les automobilistes ou motocyclistes qui tentaient le forcing rencontraient la fureur des manifestants. La plupart des passants étaient obligés de rebrousser chemin ou de continuer leur trajet à pied. La circulation était donc paralysée en cette matinée d’hier. Assoiffés de la brutalité et de la force, les gouvernants, au lieu d’écouter les manifestants et revoir leur décision, ont plutôt envoyé des contingents d’éléments des forces de l’ordre à leurs trousses, armés de matraques et autres grenades lacrymogènes. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à enlever les barricades sur certains axes et ainsi dégager la circulation. Mais la répression ne s’est pas faite sans dommages. On signale deux décès dans les rangs des manifestants du côté d’Agoé et un autre à Bè.

Ce même jour de mardi, le personnel de santé devrait commencer sa cessation de travail annoncée pour promesses non tenues par le gouvernement et réclamer de meilleures conditions de travail, à l’appel du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot). Mais ils en ont été dissuadés au dernier moment par les autorités compétentes. Leurs responsables étaient à la table de discussion avec les décideurs. Ce n’est là qu’une suspension du mot d’ordre car ils promettent de mettre à exécution leur menace s’il ne sort rien des discussions. Cela devrait forcément arriver, car c’est le traditionnel dilatoire fait par les autorités pour gagner du temps. Des employés de Togocellulaire et ceux licenciés de l’ex-OTP ont aussi manifesté dans la journée d’hier, de même que les transitaires.

Entre-temps, c’est le monde estudiantin qui grognait. Les étudiants des universités tant de Kara que de Lomé réclament de meilleures conditions d’études : paiement de bourses, construction d’amphithéâtres etc. Ceux de Lomé ont récemment manifesté pour entre autres, dénoncer les difficultés liées au système LMD. C’était juste après l’entrée en fonction du nouveau ministre de l’Enseignement Supérieur, François Galley.

Au demeurant, c’est tout le front social qui est en ébullition, et les lendemains promettent d’être mouvementés au Togo. Il n’y a pas meilleur signe de mauvaise gestion du régime en place.

Tino Kossi

Poursuite des heurts entre jeunes et forces de sécurité

afriquejet.com

23 06 2010

Lomé, Togo – Les heurts entre jeunes et forces de sécurité, suite à l’augmentation du prix des produits pétroliers, ont repris mercredi matin dans la capitale togolaise, Lomé, particulièrement dans le quartier populaire de Bè, a constaté la PANA.

Peu après 7h 30 GMT, des jeunes, ravissant la vedette aux conducteurs de véhicules de transports en commun qui ont déclenché mardi le mouvement de protestation, ont encore érigé des barricades, empêchant toute circulation sur le boulevard Félix Houphouët-Boigny, à Bè.

Les forces de sécurité sont intervenues environ une heure plus tard en usant de grenades lacrymogènes pour dégager les voies.

Les jeunes, parmi lesquels beaucoup de conducteurs de moto-taxi, lançaient des pierres sur les forces de sécurité pour les empêcher d’enlever les barricades.

Peu après 10h GMT, la tension a baissé, mais la circulation restait bloquée sur cette voie.

Par contre, la circulation a timidement repris.

Beaucoup de commerces ont baissé leurs rideaux et les revendeuses se sont terrées chez elles pour éviter d’être victimes de ces heurts.

Mardi dans la matinée, rappelle-t-on, des conducteurs de taxi, de moto-taxi et de véhicule de transport en commun ont déclenché à la surprise générale un mouvement d’humeur pour protester contre l’augmentation samedi du prix des produits pétroliers, qui affecte leurs activités.

Des barricades ont été érigées et des heurts, parfois violents, ont opposé manifestants et forces de sécurité dans plusieurs quartiers et banlieues de la capitale.

Un communiqué du ministre de la Sécurité fait état de blessés sans préciser leur nombre.

Un mort et plusieurs blessés dans des affrontements à Lomé

afrik.com

Mercredi 23 Juin 2010

Une grève des conducteurs de taxi et de taxi moto contre la hausse des prix des produits pétroliers a mal tourné, mardi à Lomé, la capitale togolaise, rapporte Afriscoop. Vendredi, le gouvernement togolais avait revu à la hausse le prix du carburant. Des manifestants ont alors bloqué plusieurs routes avant d’être violemment dispersés par les forces de l’ordre à coup de grenades lacrymogènes et de tirs de projectiles. Bilan : un mort et plusieurs blessés par balles.

Soulèvement populaire à Lomé : un mort et plusieurs blessés

AfriSCOOP Lomé

24 06 2010

La répression d’une grève des transporteurs contre la hausse des prix des produits pétroliers a mal tourné à Lomé mardi, a constaté un journaliste d’AfriSCOOP. Bilan provisoire : un mort et plusieurs blessés.

Ambiance électrique mardi dans la capitale togolaise. Les conducteurs de taxi et de taxi moto ont organisé un mouvement d’humeur contre la hausse des produits pétroliers décidée vendredi par le gouvernement.

Dès les premières heures de la journée, des barricades de fortune (pneus enflammés, tables, poubelles…) sont érigées sur toutes les artères de la capitale. La nationale N°1 qui relie Lomé à l’intérieur du pays et au Sahel a été bloquée. Celle menant vers l’Est à la frontière du Bénin a été aussi fortement perturbée.

« Nous n’en pouvons plus de cette situation. Alors que nous tirons le diable par la queue, le pouvoir se permet d’augmenter le prix de l’essence », affirme à AfriSCOOP, un jeune conducteur de taxi moto communément appelé Zémidjan.

Vendredi, le gouvernement a revu à la hausse le prix des pétroliers dans le pays. Désormais, il faut débourser 580 FCFA contre 505 FCFA précédemment pour s’approvisionner en litre du super sans plomb. Le gasoil coûte 575 FCFA contre 500 FCFA auparavant. Le pétrole lampant, 475 FCFA contre 390 FCFA. Seul le gaz butane conserve son prix fixé à 3500 la bouteille de 12,5 kg. D’où le mécontentement général dans ce petit pays de l’Afrique de l’ouest majoritairement pauvre (plus de 60% de la population).

De violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont alors eu lieu à coups de grenades lacrymogènes et de jets de projectiles. En fin de journée, une radio privée de la capitale a annoncé plusieurs morts dans les rangs des manifestants et un blessé grave parmi les gendarmes.

Mais, un communiqué du ministère de la Sécurité parle plutôt d’ « un mort et de quelques blessés par balles dans le quartier Agoè » (périphérie nord de la capitale). Selon ce document officiel, la police a ouvert le feu quand les manifestants ont tenté d’attaquer une agence bancaire.

Dans la matinée, des affrontements ont également éclaté aux alentours du tribunal de Lomé. Les forces de l’ordre ont repoussé les militants de l’opposition venus soutenir le parti Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts). Son président, l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo est poursuivi en justice par deux membres « démissionnaires ». Le procès a été renvoyé sine die.

Pendant ce temps au centre ville, des employés du premier opérateur de téléphonie mobile, Togocel qui ont voulu également manifester à la devanture de cette société pour réclamer des droits, ont été vite dispersés.

Et dire que le personnel hospitalier qui a accordé, mardi, un sursis d’un jour au gouvernement togolais, menace de rentrer lui-aussi en débrayage à partir de mercredi.

Un mort dans des affrontements entre conducteurs de taxi et forces de l’ordre à Lomé

ufctogo.com

Le 23 juin 2010

Des heurts entre les forces de l’ordre et des conducteurs routiers en grève pour protester contre la hausse des prix des produits pétroliers ont fait un mort mardi selon un bilan officiel.

Un communiqué du ministère de la Sécurité et de la Protection civile indique qu’un agent des forces de l’ordre a fait partir « incidemment un coup de feu qui a atteint mortellement un manifestant et blessé grièvement deux autres » dans le quartier d’Agoé, dans la banlieue nord de Lomé.

Des affrontements ont éclaté mardi dans plusieurs quartiers de Lomé entre grévistes et forces de l’ordre, des heurts qui auraient fait plusieurs blessés, selon différentes sources.

Des barricades ont été dressées sur plusieurs routes et des véhicules ont été brulés et le même communiqué indique que les meneurs de ces agitations spontanées ont été interpellés.

Les autorités togolaises ont décidé vendredi une hausse des prix des produits pétroliers au Togo.

Selon les nouveaux prix entrés en vigueur depuis samedi à minuit, l’essence super sans plomb vendu à 505 FCFA le litre passe à 580 FCFA la même mesure.

Le gasoil est désormais vendu à 575 FCFA le litre contre 500 FCFA précédemment. Le pétrole lampant, qui était à 390 est vendu à 475 FCFA et le mélange à 2 temps pour les engins à deux roues passe de 575 à 650 FCFA.

Seul le gaz butane n’a pas connu d’augmentation. le prix de la bouteille de 12,5 kg restant stationnaire à 3500 FCFA.

~ par Alain Bertho sur 24 juin 2010.

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