Echauffourrées à Sevran après l’électrocution d’un jeune – mai 2010

Incidents dans une cité de Sevran

Le figaro

05/05/2010

Hier soir une vingtaine de jeunes de la cité Rougemont de Sevran, où réside l’adolescent qui s’est électrocuté en fuyant la police à la gare du Nord, ont incendié une voiture et pris d’assaut un 19 tonnes qui traversait le quartier. Le chauffeur a été sorti de force et gazé.

On lui a expliqué qu’il s’agissait de venger « le mort » de la gare du nord, « tué par la police ». Sa cabine a été aspergé d’essence. Les jeunes gens ont indiqué que tout brulerait ces prochains jours. Les effectifs de police ont été renforcés sur le secteur.

Gare du Nord : l’accident au bout de la fuite

liberation.fr

5 05 2010

Caténaire . Après l’électrocution d’un jeune de Sevran poursuivi par la police, des voitures ont brûlé. Hasard ?

Jimmy (1), 17 ans, était toujours entre la vie et la mort hier soir après avoir heurté une caténaire dans la nuit de lundi à mardi. L’accident s’est produit dans l’enceinte de la gare du Nord à Paris, vers minuit, peu après que le jeune a été contrôlé par des agents de la Brigade des réseaux ferrés (BRF) alors qu’il fumait en compagnie d’un petit groupe.

Coma artificiel. Avec un autre mineur, il était conduit par les policiers vers leurs locaux situés dans la gare lorsque, non menotté, Jimmy a réussi à prendre la fuite. Il a ensuite escaladé puis enjambé une traverse de 4 mètres avant de monter sur le toit d’une motrice de l’Eurostar. Des agents de la SNCF et des usagers ont cherché à l’en dissuader. Mais le jeune homme a touché la caténaire de 25 000 volts, provoquant une forte détonation. Brûlé à 80%, il a été transporté à l’hôpital militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine) spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Il a été placé en coma artificiel.

Connu des services de police pour des «vols avec violence» – il a été condamné pour des vols à la portière notamment – le jeune homme, qui serait originaire du Val-d’Oise, avait été placé il y a peu en famille d’accueil dans la cité Rougemont de Sevran. Alain Gardère, directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) a affirmé hier matin en conférence de presse que le mineur était en fugue depuis le 16 février.

Selon les premières informations, il n’y aurait pas eu de dysfonctionnement lors du contrôle. «Deux des jeunes gens étaient mineurs, dont l’un en possession de cannabis et d’un couteau. En raison de leur situation de fugueurs, ils ont été escortés au poste par trois policiers qui ne les ont pas menottés», a expliqué Alain Gardère. Pour lui, «le travail de police a été bien fait». Le responsable a rappelé que «depuis le début de l’année, 2 114 mineurs ont été interpellés de la sorte dans la capitale sans incident notable».

Une enquête a toutefois été confiée à l’Inspection générale des services (IGS, la police des polices). Un policier du syndicat Alliance s’agace : «On nous reproche de menotter et quand on ne le fait pas, on voit comment ça se termine.»

Faut-il établir un lien entre cet incident et l’incendie de voitures qui a eu lieu à Sevran la nuit dernière ? Vers une heure du matin, juste après le drame, 17 véhicules ont pris feu dans cette ville, dans le quartier de la Cité-Basse. De source policière, les flammes se sont développées à partir de deux foyers distincts. Une des automobiles brûlées fonctionnait au GPL, ce qui explique la rapide propagation des flammes et l’intervention tardive des pompiers en raison des risques d’explosion. L’origine criminelle n’est «pas avérée mais très probable», d’après la police.

Contrairement à ce qui a été affirmé dans un premier temps, aucun élément sérieux n’accrédite la thèse d’une corrélation entre les événements. Les voitures ont brûlé à la Cité-Basse alors que Jimmy était domicilié à Rougemont, dans une autre cité de la ville. Par ailleurs, il semble que le moment de la fugue ait coïncidé avec la date du placement de Jimmy dans une nouvelle famille d’accueil à Sevran. Point qui laisse penser que le jeune homme n’a pas eu le temps d’y nouer des contacts.

Trafic. La Cité-Basse est connue comme un lieu où prospère le trafic de drogue. Les incendies de véhicules y sont fréquents et celui d’hier «pourrait être en lien avec une récente intervention contre des dealers», estime un fonctionnaire. Un habitant du quartier a une autre analyse : «Avec la médiatisation des bus vandalisés à Tremblay-en-France, les jeunes de Sevran ont envie de montrer qu’eux aussi peuvent casser». Dans un communiqué, la mairie de Sevran a mis en garde contre une «exploitation de cet événement tragique» et plus globalement des tensions actuelles en banlieue.

~ par Alain Bertho sur 6 mai 2010.

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