Emeute à Zemmouri après la mort d’un jeune – avril 2010

Retour sur les lieux du drame à Zemmouri

letempsdz.com/

24-04-2010

«Hamza a été tué de sang-froid»

Les traces de l’émeute à côté de la cité universitaire de 2000 lits de Zemmouri sont encore visibles. Des barricades et des pneus brûlés font le décor de cette paisible localité située à quelque 50 km à l’est de la capitale.

C’est ici qu’ont eu lieu les affrontements entre les jeunes de la cité et les policiers, secondés par les éléments de garde communale. Des jeunes qui se sont révoltés contre la bavure policière qui a emporté Belarbi Hamza. Le jeune homme avait fêté il y a 10 jours seulement son 22e anniversaire, Moussa est l’ami intime du jeune Hamza. Il était avec lui le jour du drame.

Il raconte : «Nous étions assis à la cafétéria El Bahdja dans la forêt Essahel, c’est un parc qui date des années 1970, où des familles viennent chaque week-end pour prendre l’air. En attendant le café qu’il a demandé, Hamza s’est levé pour se laver les mains.

A ce moment, un homme fait irruption dans la salle et demande à Hamza de s’arrêter.  Ce dernier n’avait rien entendu puisque le bruit de la musique résonnait fort.

L’homme en civil a alors pris son arme, un pistolet, et a tiré un coup de feu en l’air. Comme le bruit de la détonation était assourdissant, tous les gens qui étaient dans le café et en dehors ont pris la fuite, chose qui est légitime, et là l’homme tire une balle dans le dos de Hamza. Ce dernier a couru malgré la blessure, avant qu’un policier posté dehors lui balance une rafale sans savoir de quoi il s’agit…» L’ami de la victime éclate en sanglots.

Il s’arrête un moment pour reprendre son souffle avant de continuer : «Je vous disais donc, le policier ayant tiré le premier coup de feu sur Hamza le poursuit et le crible de balles, à environ 10 mètres de la cafétéria. Hamza tombe et il réussit à articuler péniblement au policier : «Aâlah aâlah, wach dert ?» (pourquoi, pourquoi, qu’est-ce que j’ai fait ?)

De sang-froid, le policier lui loge une dernière balle entre les yeux, le laissant sans vie». Moussa est sans voix, il s’adosse à un mur et tape dessus avec ses mains en pleurant la perte d’un ami cher. Un autre ami de la victime reprend : «Hamza est un sportif, il ne fume pas, il ne chique pas.

C’est un garçon qui est estimé et adoré par tous ceux qui le connaissent à Zemmouri. Pourquoi tuer un garçon comme lui en le criblant de 7 balles dans le corps et la dernière à bout portant entre les yeux ?» Il ajoute :

«En plus, le jour du drame, Hamza était vêtu d’un survêtement, d’un pull serré et une paire de sandales, tout était visible en lui, il n’avait rien. Le pire c’est que même les collègues du policier quand ils sont arrivés ont commencé à crier sur l’assassin en lui disant ‘pourquoi tu l’as tué, il n’a rien fait, il n’a rien d’un voyou’ et le policier assassin lui-même s’est écroulé par terre en pleurant».

La huitième balle !
«Ils ont emmené le corps de la victime et ils ont écrit qu’il était non identifié, pire encore, il a été répertorié sous X avec la mention ‘terroriste non reconnu’ !» La dépouille de la victime a été emmenée en premier lieu au commissariat central de Boumerdès et transférée ensuite à la morgue de l’hôpital de Thenia pour autopsie. Le jeune Hamza Belarbi a été inhumé avant-hier, son enterrement a drainé des milliers de gens venus l’accompagner à sa dernière demeure.

Au parc Es-sahel où Hamza a été froidement exécuté, nous avons rencontré son oncle chez qui il travaille comme serveur dans sa cafétéria. Boualem Belarbi est sous le choc : «One two three viva l’Algérie. Hé oui, Hamza est mort donc je dois prendre le relais non ?»
L’homme était choqué et encore sous l’effet de ce tragique accident qui a emporté son enfant, puisque ce dernier n’a ni femme ni enfant et que le seul être cher pour lui est le jeune Hamza.

«Hamza a été à Oum Dormane au Soudan pour supporter les Verts et il préparait son voyage en Afrique du Sud, il travaille chez moi et bricole ailleurs pour réunir la somme d’argent, un tel supporter de son pays peut-il être un terroriste ?», s’est-il exclamé en furie. «Mon neveu est ravi à la fleur de l’âge et à 2 mètre du centre de vacances de Batimatec, y a-t-il un centre de vacances au maquis ? Et au moment où l’assassin lui tire la dernière balle, mon neveu lui parle «Aâlah aâlah, wach dert ?  et ce policier qui lui tire une dernière balle entre les yeux, c’est un film d’horreur.» Sur la situation de ce parc, Boualem explique :

«Je vis ici depuis 20 ans, cet espace a été créé par l’Etat durant les années 1970. Même durant la période du terrorisme des années 1990, jamais, mais alors jamais je n’ai vu de terroriste dans ce parc, à l’époque déjà les familles venaient se reposer dans ce lieu, regardez, c’est un lieu paradisiaque.»

L’âme ne s’achète pas
Après l’odieux assassinat du jeune Hamza et le soulèvement de la population, les éléments de la police ont accentué les descentes de nuit et ont embarqué 34 personnes, toutes jeunes et connaissant la victime. Amar raconte : «Nous avons été embarqués par la police et au commissariat, les policiers nous ont demandé de témoigner comme quoi la victime avait des liens avec les terroristes. Mais nous avons refusé un tel mensonge.

Le lendemain, des cadres de la police sont venus au domicile de la victime et ils ont emmené son père au siège de la wilaya et ils lui ont proposé de l’argent en contrepartie d’appeler les émeutiers au calme !» Fait d’ailleurs que le père de la victime nous a confirmé. Le frère de la victime, Mohamed Belarbi, son père et sa mère nous ont reçu au bas de l’immeuble dans un quartier populaire de Zemmouri, en jurant :

«Nous n’allons pas pardonner, nous allons ester l’assassin de mon frère en justice et nous espérons que la justice algérienne fera la lumière», a déclaré le frère avant que sa mère l’interrompe : «On m’a volé une rose de mon jardin et jamais je ne pardonnerai, mon fils est unique et tout le monde peut en témoigner.»  Les citoyens de la ville de Zemmouri n’arrivent pas à faire le deuil du jeune Hamza. Ils ne demandent qu’une seule chose : que justice soit rendue à sa famille.

Hamza

Émeutes à Zemmouri après la mort d’un jeune tué accidentellement par un policier

liberte-algerie.com

Samedi 24 Avril 2010

Un drame s’est produit mercredi aux environs de 17 h à Zemmouri. Le jeune Belarbi Hamza,  âgé de 22 ans, a été blessé mortellement par méprise, par un policier dans la forêt du Sahel de Zemmouri.

La mort du jeune homme atteint d’une balle a provoqué la colère de nombreux citoyens, notamment des jeunes de la ville. Les émeutes ont éclaté juste après l’enterrement de la victime. Les manifestants, après avoir bloqué la route par des pneus brûlés et des troncs d’arbre, s’en sont pris à l’agence de l’ADE qui sera incendiée. Le siège de l’APC, situé en face du commissariat, aurait pu subir le même sort si les CRS, dépêchés en grand nombre sur les lieux, n’avaient pas usé de bombes lacrymogènes pour dissuader les jeunes émeutiers. Ces derniers arrivent tout de même à saccager plusieurs véhicules appartenant à l’APC. La station de béton de l’entreprise Cosider a été également endommagée et des poteaux téléphoniques arrachés. Les jeunes en colère se sont ensuite dirigés vers le siège de la BMPJ en lançant des slogans hostiles à la police et aux pouvoirs publics, mais là aussi ils seront repoussés par les CRS qui ont usé de bombes lacrymogènes pour les disperser, alors que les manifestants répondent, quant à eux, par jets de pierres.

On dénombre sept blessés, dont trois policiers et quatre citoyens, selon une source hospitalière. Le calme n’est revenu que vers 21h à Zemmouri. Sur les circonstances de la mort du jeune Hamza, la version donnée par son frère et ses amis ne concorde pas avec celle donnée par des policiers. Les premiers affirment que la victime faisait du footing dans la forêt quand il a été surpris par une balle qui l’a touché à la nuque.

“Hamza avait un walkman et ne pouvait donc dans ce cas entendre les injonctions des policiers qui avaient la possibilité de tirer des coups de sommation ou à la rigueur tirer aux pieds, mais pas directement sur la tête”, affirme un de ses proches voisins. Un autre jeune ajoute que ce n’est pas la première fois que des bavures sont enregistrées à Zemmouri, mais celle-ci est de trop, précise-t-il. Les frères et les amis de la victime avaient déjà manifesté leur courroux  devant l’unité d’urgences médicales (UMC) de Boumerdès où a été transféré le jeune Hamza. Des dizaines de jeunes se sont regroupés devant cette structure pour exprimer leur désapprobation. Ils s’en sont pris aux policiers présents en les accusant de “tueurs”. Le frère de la victime en larmes tente de les calmer, mais les jeunes excités ont continué à exprimer leur colère. Nos tentatives pour avoir la version officielle de la police sont demeurées vaines, mais selon des sources émanant de cette institution, le jeune Hamza était attablé à un café dans la forêt du Sahel et aurait tenté de s’enfuir à la vue   des policiers qui étaient en civil.

Ces derniers avaient une mission commandée de mettre la main sur un terroriste notoire écumant la forêt du Sahel. Mais c’est l’enquête demandée par le procureur près le tribunal de Boumerdès qui va déterminer les circonstances exactes de cette tragédie. C’est ce que nous a indiqué une source judiciaire proche de ce même tribunal. La même source a tenu à rassurer que toute la lumière sera faite sur la mort du jeune Hamza. Le procureur saisi du dossier va entendre toutes les parties concernées, notamment les témoins présents sur les lieux du drame.

Colère et vive tension à Zemmouri suite à la mort d’un jeune de la localité

letempsdz.com

23-04-2010

Des dizaines de jeunes de la commune de Zemmouri ont manifesté avant-hier leur colère après la mort de l’un de leur camarade dans la forêt de Chouicha, sise à quelques encablures du chef-lieu. Certaines sources notent que la victime, B. Hamza (22 ans), aurait été tuée dans la soirée de mercredi, accidentellement, par une patrouille de police qui était en opération dans les environs.

Peu de temps après sa mort, des dizaines de jeunes sont sortis dans la rue pour dénoncer cet acte, en bloquant la RN24 durant la soirée de mercredi. Le lendemain, les jeunes sont revenus à la charge en protestant devant le commissariat de la ville, avant de se disperser suite à l’intervention des forces antiémeute.

Après cette action qui a failli dégénérer, les jeunes en colère se sont dirigés vers la RN24 qu’ils avaient fermée durant toute la matinée à l’aide de pneus brûlés et autres objets hétéroclites. La route n’a été rouverte à la circulation qu’après l’arrivée de certains responsables de la wilaya qui ont tenté de calmer les esprits. Mais cela n’a pas duré longtemps puisque les jeunes ont réinvesti les rues de la ville juste après l’enterrement du défunt et lancé des projectiles en direction du commissariat. Le calme n’est revenu qu’après la prière de vendredi.

Une bavure policière provoque de violentes émeutes à Zemmouri près de Boumerdes

tsa-algerie.co

23 04 2010

Sonia Lyes

Au moins quatre policiers et plusieurs personnes ont été blessés au cours des émeutes qui ont éclaté ce weekend à Zemmouri, à l’est de Boumerdes à la suite de la mort, mercredi soir, d’un jeune de 22 ans tué par des policiers qu’il faisait du jogging dans une forêt avoisinante.

Des édifices publics comme l’Hôtel de ville ou l’agence de la SEEAL ont été brûlés et saccagés par les manifestants.

Selon des sources locales, la victime était en train de faire du sport dans une forêt à la périphérie de la ville lorsque des policiers engagés dans une opération antiterroriste lui ont intimé l’ordre de s’arrêter. N’ayant pas entendu les injonctions policières en raison des oreillettes de son baladeur MP3, le jeune homme a été tué sur le coup de trois balles, selon ces sources.

Vendredi après midi, la tension n’était toujours pas retombée malgré les renforts de brigades antiémeutes dépêchées sur les lieux. Les citoyens exigeaient la présence du premier responsable de la police, selon les mêmes sources.

Il y a près d’un mois un incident similaire a eu lieu à Naciria. En 2001, l’assassinat de Guermah Massinissa dans les locaux de la gendarmerie avait  provoqué de violentes émeutes en Kabylie faisant 126 morts parmi les manifestants.

~ par Alain Bertho sur 24 avril 2010.

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