Emeute à Vélingara au Sénégal – mars 2010

Arrestation massive de jeunes suite aux émeutes de Vélingara : Les lycéens et collégiens de la région de Kolda en grève de protestation

Walf.sn

25 03 2010

Parce que les vingt-six jeunes émeutiers présumés de Vélingara ont été placés sous mandat de dépôt après leur inculpation, les lycéens et collégiens de la région ont déserté hier les classes et menacent de poursuivre leur mouvement d’humeur jusqu’à la libération de leurs camarades.

(Correspondance) – L’arrestation de Abdoulaye Cissé, président de la Convention des jeunes de Kolda, dans le cadre de l’enquête ouverte par la gendarmerie suite aux émeutes de Vélingara de jeudi dernier, a provoqué une vive émotion parmi les jeunes de Kolda. Et leur réaction ne s’est pas fait attendre. C’est ainsi que les lycéens et autres collégiens ont profité du moment où M. Cissé était face au procureur, au lendemain de son transfert dans la capitale du Fouladou, en compagnie de vingt-cinq autres jeunes, pour paralyser la ville à travers une grève. Ceux du lycée Alpha Molo Baldé exigent la libération d’Abdoulaye Clissé et de leurs camarades de Vélingara et ont prévenu qu’ils ne reprendraient pas les chemins de l’école tant qu’ils n’auraient pas satisfaction. Cette menace a été brandie par leur porte-parole, lors de leur passage au CEM 2 de Kolda. Une situation qui va porter un sacré coup aux enseignements apprentissages avec l’effritement du quantum horaire déjà malmené par d’autres grèves annoncées.

Même cas de figure au lycée Chérif Samsidine Aidara de Vélingara et dans les différents collèges de la localité où les élèves ont déserté les classes pour exiger la libération de leurs camarades et des autres jeunes interpellés placés sous mandat de dépôt mercredi dernier. Ils doivent de nouveau passer devant le juge lundi prochain, nous précise une source proche de l’enquête.

En attendant, les imams de la commune de Vélingara, le Curée de la paroisse de Vélingara et la Raddho ont entamé une médiation entre les différents protagonistes afin de ramener le calme dans la ville. Après avoir rencontré le maire, le préfet, les responsables du Crédit mutuel et de la station, le porte-parole de ce collectif, Yoro Fall, ancien inspecteur, a déclaré que ‘la gravité de la situation a entraîné une désorganisation du tissu social à telle enseigne que de Dakar à Kolda, en passant par Vélingara, les élèves sont en grève’. Toutes les personnalités rencontrées par le collectif ont adhéré à la démarche et ont pardonné. Ainsi malgré la reprise des activités dans la commune, le climat social reste tendu et la tension reste vive. Cependant, ce comité de médiation a introduit une demande d’audience avec le président de la République, en espérant que celle-ci facilitera la cohésion sociale dans le Fouladou

Apres l’arrestation de jeunes, instituteurs et mères de familles

lequotidien.sn

23-03-2010

Les étudiants de Vélingara à l’Ucad menacent Par Aly FALL

Les étudiants de l’Ucad originaires de Vélingara brisent le silence, suite aux malheureux évènements qui ont secoué leur terroir, la semaine dernière. Ils ont tenu un point de presse hier, pour déplorer l’attitude de l’Etat vis-à-vis de leurs frères, sœurs et mères, violentés et privés de liberté, pour certains. Constituant l’élite intellectuelle de la localité, ils estiment ne pouvoir être de marbre et brandissent des menaces à peine voilées contre les autorités. «Nous exigeons la libération immédiate des mères de famille et des jeunes arrêtés et invitons les autorités compétentes à lever l’etat de siège qui prévaut actuellement à Vélingara», assène Mame Cheikh Mbengue, coordonnateur du collectif des étudiants de Vélingara.

Selon lui, une quarantaine de détenus est entre les mains de la Gendarmerie dont 4 mères de famille, qui n’ont rien à voir avec les incidents déclenchés, par des jeunes en furie. Et certains sont en phase d’être déférés au Parquet, alors que leur culpabilité n’est pas établie par la Gendarmerie. Mais le plus révulsant, poursuit-il, est que la Police et la Gendarmerie continuent de fouler du pied les règles les plus élémentaires des droits de l’Homme en usant de la torture, pour arracher des aveux aux interpelés. Il faut que cela cesse et tout de suite, tonne M. Mbengue, qui annonce une batterie de mesures, pour faire libérer leurs parents restés à Vélingara. Mais avant, il invite «les autorités compétentes que sont : les ministères de l’Intérieur, de la Jeunesse, de l’Education et des Collectivités locales à s’impliquer dans ce dossier afin de diligenter la situation.» Pour M. Mbengue, certes les jeunes émeutiers ont poussé le bouchon très loin en incendiant la municipalité de Vélingara, mais la réplique des forces de l’ordre est disproportionnée.

Entassés dans un couloir du Pavillon A, où ils ont fini par tenir la rencontre avec la presse en lieu et place du Cyber Campus, initialement prévu, les étudiants de Vélingara déplorent aussi à gorge déployée, la situation de leur terroir. Voilà un département laissé à lui-même, avec zéro réalisation en termes d’infrastructures surtout routières. Jusqu’à présent, s’énerve le porte-parole du collectif, les femmes enceintes de Vélingara continuent de mourir sur la route de Kolda, à cause de l’état très défectueux des routes et autres moyens de locomotion inadaptés. Des choses qui font que les jeunes «désœuvrés» de Vélingara profitent d’une situation de mécontentement, comme celle qui a eu lieu la semaine passée, pour mettre le feu à tous les édifices publics. Sadiouma Camara dit ne pas cautionner les actes des jeunes, mais estime que la compréhension devait prévaloir dans ces troubles. Dans cette veine, il recommande à la Fédération sénégalaise de football de revoir sa position par rapport à la disqualification de l’Asc Kawral, l’équipe par qui tout est parti.

C’est suite à la disqualification de Kawral en Ligue 2 professionnelle, pour cause d’insuffisance du montant de la caution exigée par les instances fédérales, que Vélingara a pris feu. Les jeunes, qui n’ont pas digéré pareille déconvenue, en imputent la responsabilité aux autorités municipales qui n’ont apporté qu’une subvention de 500 000 francs au lieu des 3 millions promis.

Les étudiants assurent que le département est en état de siège, des profs et des élèves sont emprisonnés et le rythme des activités économiques est au ralenti. Pour éviter le syndrome Kédougou, ils exigent que l’Etat  mette un terme à toutes ces exactions avant qu’eux, ne prennent la relève ici… à Dakar.

Actes de vandalisme à Vélingara : La Raddho condamne

Walf.sn

22 03 2010

(Correspondance) – Quelques jours après l’incendie de la mairie, du centre touristique, des domiciles du maire et du sénateur, place est au bilan des dégâts causés par les deux mille jeunes révoltés de Vélingara. L’on estime les dégâts à plus de 500 millions de Fcfa. Deux jeunes sont blessés gravement et 50 arrestations ont été recensées. La tension reste vive dans la ville où les gendarmes ont fini par quadriller les différentes artères. Pendant ce temps, de nombreux jeunes en fuite sont activement recherchés par les enquêteurs.

C’est dans ce contexte que la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) a organisé un point de presse pour dénoncer ces actes de vandalisme. Coordonnateur de l’observatoire des droits humains à Kolda, Pape Thierno Diallo déclare : ‘Nous déplorons l’acte de vandalisme qui a abouti à brûler toute la mémoire collective (les actes d’état civils) de la commune de Vélingara, voire du département. Aucune situation ne saurait justifier un tel acte.’

Selon lui, la Raddho demande à ce que tous les responsables de ces actes insensés soient identifiés et punis. Face à la gravité de la situation, de nombreux jeunes interpellés ont été victimes de sévices corporels. C’est pourquoi, la Raddho invite les autorités ‘à tout faire pour que ceux qui sont interpellés, dans le cadre de l’enquête, ne soient pas maltraités’.

L’on rappelle que l’insurrection des jeunes du Kawral est due au fait que leur Asc ait été forclose dans le cadre de la participation à la ligue professionnelle pour n’avoir pas su mobiliser le budget exigé par la Fédération sénégalaise de football.

Aujourd’hui, selon une source judiciaire, les jeunes interpellés par les gendarmes dans le cadre de cette enquête risquent la cour d’assises. Parce qu’ils pourraient être poursuivis pour destruction de biens publics et privés, association de malfaiteurs, entre autres.

Cheikh DIENG

Conséquence de la révolte contre la disqualification de l’équipe de football le KAWRAL UNICIP

lequotidien.sn

«La municipalité de Vélingara ne sera pas fonctionnelle pour longtemps»

Les jeunes insurgés de la commune de Vélingara, en incendiant les locaux de la mairie et ses archives ne pensaient pas faire si mal. En effet, selon le Secrétaire général de la municipalité, faute d’archives la mairie ne pourra pas être fonctionnelle d’ici la fin de l’année.

Par Abdoulaye KAMARA

Le maire et les employés municipaux ne sont plus visibles dans les locaux de la mairie de Vélingara depuis jeudi dernier, date à laquelle la mairie a reçu la visite malheureuse de jeunes supporters de l’équipe de football Le Kawral. L’incendie volontaire des lieux par ces jeunes insurgés a tout ravagé : archives de l’état-civil et du foncier et autres documents de gestion ainsi que ceux de la comptabilité. Une situation que le Secrétaire général de la municipalité analyse : «Aujourd’hui, la municipalité ne peut rien faire pour les populations en matière d’état-civil.» Mamadou Bâ explique : «Nous ne disposons d’aucune archive, ni en papier ni en version électronique ; ce qui veut dire que nous ne pouvons établir aucun acte d’état-civil, que ce soit des actes de naissance, mariage ou décès.» Cet enseignant en est arrivé au constat que toutes les sources de vérification sont détruites. Il ajoute : «Les références des derniers actes enregistrés au cours de l’année étant calcinées, il serait fantaisiste de donner des numéros quelconques à des déclarations ou jugements qui nous seraient éventuellement soumis. Et cela, jusqu’à ce que des voix autorisées nous indiquent la conduite à tenir.» C’est que, selon ce proche du maire Mamadou Oury Baïlo Diallo, «aucune collectivité locale ne peut fonctionner sans archives».

La conséquence immédiate de ces actes de vandalisme est que, selon le secrétaire municipal, «les extraits de naissance faits à partir des audiences foraines pour les élèves dont des candidats à l’entrée en sixième qui ne sont pas encore livrés sont détruits dans l’incendie».
Les locaux de la mairie ne sont pas fréquentables. Les murs fortement fissurés menacent de s’écrouler. D’ailleurs, «il a été demandé aux employés de rester à la maison le temps de trouver un autre local», a informé le secrétaire municipal.

«CES ACTES DE VANDALISME SONT POLITIQUES»

Les évènements malheureux qui se sont déroulés à Vélingara auraient des liens avec la situation politique de Vélingara. C’est du moins l’avis du secrétaire municipal de Vélingara. Mamadou Bâ explique : «Il y a une forte présomption que ces actes de vandalisme aient un lien avec la politique. Les élèves, qui constituaient le gros lot de ses marcheurs, ne peuvent pas être les auteurs de ces actes parce que, par le passé, ils ont prouvé leur civisme.»
Les responsables de Kawral sont aussi connus pour leur sens de la responsabilité. Pour la plupart des enseignants, ils ne peuvent pas cautionner de pareils actes de vandalisme. Pour convaincre, M. Bâ fait référence aux dernières élections municipales qui ont été émaillées d’actes de violence politique entre le camp du maire et celui de ses adversaires. Mamadou Bâ ajoute : «Ce pourrait être le fait d’adversaires politiques qui ont mal digéré la défaite aux dernières Locales et qui veulent en découdre avec le maire.»

Vélingara : deux adolescents grièvement blessés par balles après une marche

lesoleil.sn

18 03 2010

Deux adolescents ont été grièvement blessés par balles au cours d’une manifestation de protestation de jeunes, jeudi dans la commune de Vélingara (125 Km a l’est de Kolda), a appris le correspondant de l’APS de source médicale. ’’Nous avons reçu deux jeunes adolescents âgés entre quatorze et quinze ans qui sont blessés par balles, et n’ayant pas de chirurgien au niveau du district, nous avons évacué les deux jeunes vers l’hôpital de Tambacounda, mais ils sont sérieusement touchés’’, précise la même source.

Dans la matinée, des jeunes ont organisé une marche de protestation pour dénoncer la non libération de la subvention de six millions de francs CFA devant permettre à l’ASC Kawral de s’affilier à la Ligue 2 de la Fédération sénégalaise de football.

Des proches des victimes ont confirmé à l’APS l’information, précisant que les blessés s’appellent Ibrahima Diallo et Ibrahima Barry. Au cours de leur marche, les manifestatnts ont mis le feu le campement touristique gérée par la mairie, brulé la voiture d’un élu local, saccagé des édifices publics dont le batîment de l’hôel de ville. Ils aussi mis à sac les deux maisons du maire Woury Baillo Diallo, celles de l’ancien maire et d’un autre élu local, avant de s’attaquer aux locaux de la gendarmerie pour faire libérer certains de leurs camarades arrêtés. Interrogé en début de soirée par l’APS, le maire a dit qu’il espère que la justice fera son travail dans cette affaire. A propos de la subvention – qui serait à l’origine de la marche des jeunes, Woury Bailo Diallo a dit avoir dégagé trois millions sur les six demandés. ’’Et je ne peux donner que je peux’’, a-t-il ajouté sans autre commentaire.

~ par Alain Bertho sur 25 mars 2010.

Une Réponse to “Emeute à Vélingara au Sénégal – mars 2010”

  1. Dakar le 30 septembre 2010

    LIBERATION IMMEDIATE ET SANS CONDITION DES JEUNES DE VELINGARA

    La Coalition des partis politiques non alignés exige la libération immédiate et sans condition des jeunes de Vélingara incarcérés depuis plus de 6 mois à Kolda.
    La CPNA considère que la punition a été sévère et qu’elle a assez duré.
    La CPNA considère qu’il est grand temps de rendre à leur famille, ces enfants trompés par les erreurs de jeunesse.
    Le Saint mois de Carême passé en prison a été pour ces enfants, une période de pénitence mais aussi de réflexion qui aurait du conduire à leur absolution.
    Qui dans son enfance n’a pas été pris par la tentation de l’inconscience ?
    Notre peuple ne peut et ne doit surtout pas plonger dans le cycle de violence incontrôlée contre nos enfants qui demain, sont appelés à nous protéger quand nous serons vieux et eux adultes.
    Si nous ne nous montrons pas compréhensifs et indulgents à leur égard, c’est tout naturellement que nous perdrons leur estime.
    C’est pour toutes ces violences que nous leur offrons que nous avons été allégrement cloués au pilori par la communauté internationale comme peuple faisant souffrir sa propre progéniture.
    C’est pourquoi le Bloc pour le Renforcement de la Démocratie et les partis alignés proposent à l’ensemble de la classe politique et à la société civile, dont les organisations de défense des droits des enfants, d’organiser une campagne nationale et internationale de mobilisation pour exiger la libération immédiate et sans condition de nos enfants.
    Nous invitons la Radho et Amnesty Internationale à être les fers de lance de ce combat qui ne s’éteindra qu’avec la libération des enfants et le retour dans leur foyer : leur mère les y attend. Et nul doute, ce sont ces braves femmes qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, qui souffrent le plus. Nous devons leur porter assistance car leurs enfants sont les nôtres.

    El Hadj Hamidou Diallo
    Secrétaire Général du
    Bloc pour le Renforcement de la Démocratie au Sénégal
    (BRDS) et Coordonnateur de la Coalition des Partis non Alignés
    CPNA

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