Penser la ville contemporaine

Axe n° 4

Penser la ville contemporaine

coordonné par Alain Bertho

Présentation générale

La mise à l’épreuve des disciplines

L’axe « Penser la ville contemporaine » fédère et croise des programmes de recherche qui se confrontent à l’hypothèse que l’étude de la ville contemporaine met à l’épreuve la constitution des savoirs, les disciplines constituées et leurs paradigmes.

1.     Des mots et des paradigmes

Pourquoi cette hypothèse ? De nouvelles questions émergent dans un champ structuré de longue date par les disciplines, leurs concepts, les objets qu’elles ont pu construire. Elles émergent de situations objectivement et subjectivement inédites. Elles confrontent les sciences sociales et humaines à une triple difficulté.

Chaque discipline est amenée à redisposer ses corpus et ses concepts, à confirmer la continuité historique, voire la permanence, du réel et donc de la production savante qui en rend compte ou au contraire à affirmer la primauté des ruptures et la nécessité d’une révolution paradigmatique : les mots anciens trébuchent et les mots nouveaux nous manquent parfois. Cette confrontation, singulière à la trajectoire de chaque discipline, rend parfois l’interdisciplinarité plus complexe qu’elle ne l’était déjà.

« Mondialisation », « métropole », « ville globale », « gouvernance urbaine », « espace public », « ville portuaire », « banlieue », « périphéries », « ville productive », « villes réseaux », « frontière », « démocratie participative », « ville durable » : les efforts de désignation convergent ou divergent, se croisent ou s’ignorent. La grande circulation transdisciplinaire du vocabulaire  ne donne-t-elle pas l’illusion d’un partage des concepts dont le fondement reste largement à établir ? N’ouvre-t-elle pas à de nouveaux débats, voire à de nouveaux malentendus ? Ne relève-t-elle pas d’une lutte symbolique et de divergences sur les interventions concrètes ?

Les sciences sociales et humaines semblent donc mises en demeure de mettre à jour ces implicites, leurs soubassements théoriques, et de rendre compte des processus suivant lesquels les parties prenantes politiques, économiques, culturelles, habitantes, citoyennes ou techniciennes se forgent leur répertoire et leurs catégories.

2.     Le temps, l’espace, le pouvoir

Les villes sont au coeur d’entrelacements d’échelles (mondiales, nationales, locales) qui bouleversent notre rapport au temps et à l’espace. Les articulations spatiales traditionnelles, réduites à des logiques de juxtaposition, se complexifient de logiques connectives par lesquelles des lieux éloignés, autour du globe, peuvent être mis en relation. De nouvelles logiques temporelles émergent : celles des régimes d’historicité; celles de la responsabilité envers les générations futures, celles des formes de transmission et de réception d’un héritage.

Ce nouveau rapport au temps et à l’espace bouscule les modes de gouvernement des villes et les subjectivités sociales qui s’y déploient. Sur quoi peuvent s’appuyer ces dernières si elles ne sont plus inscrites dans le territoire institutionnel (la commune) ou des lieux extérieurs à l’espace urbain (le travail). Quels possibles peuvent-elles porter ? A quelles frontières s’adossent-elles et se confrontent-elles ? Quelle légitimité démocratique peuvent-elles construire ou conforter ?

La ville contemporaine est une ressource qui est l’enjeu de concurrences sociales, politiques, symboliques pour ses habitants les plus stables comme pour ses usagers les plus mobiles, pour les migrants comme pour les flux financiers, pour les nouvelles formes de travail et de coopération comme pour la rente foncière. Quels dispositifs étatiques locaux, régionaux, nationaux se donnent aujourd’hui pour tâche de les réguler ?

L’espace, le temps, le pouvoir et les mots qui les incarnent tant dans les processus de connaissance que dans les stratégies à l’œuvre seront donc au cœur des recherches qui s’inscriront dans ce programme, à partir de situations localisées et des épistémologies des disciplines mobilisées. Ces recherches seront aussi amenées à s’interroger sur leur propre place dans les enjeux stratégiques. Une telle interrogation conduira à élargir le regard au contexte symbolique contemporain de la ville comme espace de subjectivation et de création, producteur et inspirateur d’esthétiques, de systèmes culturels, de récits et d’énoncés.


Thème 1 Ville, mémoire, images et création

Pour penser la ville, faut-il que la ville pense ? Pour pouvoir se représenter la ville, faut-il que la ville se représente ? Le premier thème réunit des projets qui ont en commun le souci de la production esthétique et symbolique liée à la ville. Certains sont des projets de création,  d’autres des projets de recherche en sciences sociales sur la création ou la mémoire, voire la mémoire de la création. Les sons, la musique, les images, l’écriture y sont convoqués pour nous dessiner la ville d’hier et d’aujourd’hui à l’échelle de ceux qui  la vivent. Cette forme et ces supports de présentation de l’urbanité contemporaine, de l’image à la littérature, doivent-ils être inclus dans les protocoles même de l’enquête ?

1.     Esthétique de la mobilité : Ville à échelle 1

Gwenola Wagon, Equipe Art des Images et Art Contemporain, Université de Paris 8

« Esthétique de la mobilité » est un programme expérimental et transdisciplinaire qui vise à produire des projets concrets dans le domaine des médias localisés et leurs implications artistiques et documentaires. Il s’agit de mettre au point des dispositifs géolocalisés pour associer directement au territoire des essais, études urbaines et des projets in situ. Rajouter aux lieux des couches de sens supplémentaires, incorporer des projets, des mutations possibles de la ville, des dimensions futures ou prospectives : un potentiel du territoire en mouvement. « Esthétique de la mobilité » croise les disciplines relevant de l’urbanisme et de l’architecture, de l’art contemporain et des nouveaux médias sur le thème de la ville et des médias localisés, de la mobilité et des formes d’écriture de critique urbaine. « Esthétique de la mobilité » fera l’objet de conférences, d’un symposium et de publications.

2.     Exprimer les contestations noires américaines autour de 1968, des jazzmen aux Jeux Olympiques de Mexico

Alice Cartier, Historienne, Université de Paris IV–Sorbonne, doctorante au Centre de Recherches en Histoire du XIXe siècle

Frédéric Astier, Philosophe, chercheur post-doctorant, Université de Paris VIII

Ce projet propose de travailler les contestations noires américaines autour de 1968 jusqu’aux Jeux Olympiques de Mexico à travers la place des artistes et du corps dans une situation urbaine localisée. Situer la contestation à La Nouvelle-Orléans en 1968 permet de comparer l’évolution d’une ville détruite en 1965 par l’ouragan Betsy et de nouveau dévastée quarante ans plus tard par le passage de l’ouragan Katrina en 2005, de voir la remise en jeu de ses espaces dans ses temporalités spécifiques. Il s’agira de montrer le rôle joué par la ville en tant que territoire, l’identité noire et ses ressentis, ses manifestations, comme inspiration et comme acteur collectif durant cette période. Des entretiens individuels de jazzmen seront effectués aux Etats-Unis, filmés et photographiés, afin de réaliser un documentaire, une exposition, et des publications.

3.     Photographier la ville : une nouvelle dimension de l’enquête

Cécile Cuny et Héloise DIEZ, doctorantes UMR CRESPPA-CSU.

L’objectif principal de ce projet est de constituer un réseau interdisciplinaire et international de chercheurs travaillant sur la ville et souhaitant développer l’usage de la photographie comme instrument de collecte des données. L’hypothèse de ce projet est que l’étude des mutations urbaines contemporaines nécessite de développer de nouvelles méthodes de recherche. En quoi l’usage de la photographie comme instrument de collecte de données permet-il de répondre aux défis méthodologiques soulevés par les mutations des villes contemporaines ? Les échanges porteront sur deux thématiques: les transformations de l’habitat et les rapports au quartier dans les villes européennes.

4.     Mémoires, territoires, littérature: vers la constitution d’un champ de recherche transdisciplinaire

Claire Levy-Vroelant, UMR LAVUE ex CRH-LOUEST

Des enseignants chercheurs appartenant à des universités et des centres de recherches situés dans trois pays d’Europe (France, Autriche, République Tchèque), proposent de constituer un réseau international et transdisciplinaire sur «  la Ville et des lieux de mémoire ». Parler, dire, faire dire, écrire, lire, soit l’ensemble des mécanismes narratifs, entrent en jeu dans la construction des identités d’un lieu comme d’une mémoire. Ces représentations constituent un moment très spécifique de construction des territoires urbains. Dans ce cas,, le matériau et le terrain littéraire fonctionnent comme une forme particulière d’archive de la avec le statut de matériau et de terrain d’étude d’une géographie expérimentale.


Thème 2 : Frontières, périphéries, interstices : enjeux de gouvernement et subjectivités urbaines

La ville contemporaine, comme « ville globale » dispose en son sein et à son échelle, les conflits, les tensions, les violences du monde contemporain. Elle nous donne à voir dans des situations urbaines singulières, les mutations de la politique et de l’Etat. Entre la singularité locale et l’ouverture au monde, entre les nouvelles centralités et l’explosion des périphéries, entre la gouvernance et la guerre, entre la recherche du lien social et l’érection de nouvelles frontières, les villes semblent être des laboratoires inépuisables pour l’identification de la nouvelle donne sociale, culturelle et politique mondiale dans des dispositifs toujours localisés et marqués par les contextes nationaux. C’est sans nul doute pour cette raison que les projets qui s’inscrivent dans ce thème ont pris la posture du comparatisme international et de la mise en place de réseaux de recherches.

1.     Les frontières de la ville

Frédérick Douzet, GRAG Université de Paris 8

Dans les sociétés démocratiques, les frontières de la ville bougent et se redéfinissent en permanence sous la pression de la mobilité de la population, de l’immigration et des projets d’aménagement ou de réorganisation politique. Certaines pourtant résistent et semblent indépassables, tandis que d’autres apparaissent floues et mouvantes tant elles font l’objet de représentations contradictoires. Ces frontières possèdent une fonction politique, souvent une importance symbolique et font l’objet de rivalités de pouvoir. Elles sont aussi un instrument de pouvoir dans les rivalités de territoire. Ce projet consiste en la création d’un séminaire de recherche mensuel sur une période de deux ans dont le but est d’encourager la recherche sur la thématique des « Frontières de la ville » en finançant des études de terrain, de fédérer des équipes de recherche pluridisciplinaires en interne et en externe sur ce. Le séminaire sera clos par un colloque international qui donnera lieu à publication.

2.     Mondialisation, Etat et subjectivités urbaines. Création d’un observatoire

Sylvain Lazarus, EA Forces du Droit, Université de Paris 8

Il s’agit de la mise en place d’un Observatoire International des Villes de Périphérie comme dispositif d’enquête et d’échange sur les nouvelles repésentations subjectives de l’Etat, de la politique, de la violence dans les périphéries des métropoles. Cet observatoire doit associer sur plusieurs continents (Brésil, Québec, Serbie, Espagne, Pays-Bas, Mali)des équipes constituées d’universitaires, d’élus locaux, de professionnels et d’acteurs locaux autour d’enquêtes parallèles multisituées. Cette mise en place passe par une phase d’échanges et de formation appuyée sur la première expérience franco-brésilienne de la démarche, une phase opérationelle, une phase de bilan commun et de publication. Après une période de deux ans, l’observatoire ainsi fondé doit être en mesure de continuer son activité de façon autonome, appuyé dans tous ses sites sur des partenariats institutionnels ou associatifs.

3.     Innover la ville – Agir urbain et transformation sociale

Hugues Bazin Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action

Marc Lacreuse , co-fondateur du réseau Éducation populaire & Transformation sociale

La ville est striée d’espaces vacants ou incertains, interstices en attente d’affectation ou espaces intermédiaires logeant un entre-deux socioprofessionnel. L’écologie urbaine de ces espaces reste peu connue. Cela nécessiterait une nouvelle façon d’aborder la ville qui ne se résume pas à la seule description de ses composantes (le sol, la population, les formes, le capital et le temps).  Des associations, collectifs, forums, chercheurs ont initié et portent des modes originaux de construction d’expérience et de savoirs collectifs, notamment par le biais de la recherche-action. L’agir urbain est un de ces modes d’exploration et d’expérimentation de nouveaux espaces sociaux. En quoi participe-t-il à mouvement d’innovation et de transformation sociale ? Existe-t-il une continuité entre ces formes émergentes en situation non pas seulement comme ensemble de micro-réalisations locales mais comme processus transversal structurant les espaces urbains et socio-économiques ? Il s’agit de croiser les dynamiques intersectorielles qui témoignent de l’émergence de cet «agir» dans la façon de résoudre des problèmes sociaux et d’explorer les modalités de diffusion des nouvelles pratiques et compétences transversales. Deux problématiques principales articuleront les expérimentations suivies : la pratique de l’interstice et les espaces intermédiaires socioprofessionnels comme forme d’innovation sociale

4.     Ce que les habitants font à la ville  et comment ils font ville

Caroline De Saint Pierre, Iris UMR 8156 – EHESS

Le projet est d’ouvrir un champ d’investigation comparatif sur ce que les habitants font à la ville et comment ils font ville. L’enquête portera sur  «  l’habiter » dans des secteurs de ville en proie à la gentrification, la patrimonialisation, la bidonvilisation, la création de nouvelles formes architecturales et  urbaines. La configuration  de ces espaces sera interrogée simultanément du point de vue de la fabrication matérielle, de lasphère du symbolique et des usages sociaux. Le programme intègre la confrontation de travaux d’anthropologues, sociologues, historiens, urbanistes, architectes qui travaillent de façon détaillée et sur la longue durée sur différentes études de cas tels que des quartiers réhabilités, des quartiers nouveaux, des quartiers « fermés », des cités-jardins, des bidonvilles, situés à  Buenos-Aires, Moscou, Venise, Paris.


Thèmes 3 : Politiques urbaines : comparaisons internationales

Politiques d’aménagement, politiques de logement, politiques de rénovation urbaine : quelles sont aujourd’hui les nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les pouvoirs locaux et nationaux dans la gestion et le développement des métropoles. Sur la place des fleuves dans l’émergence des métropoles, sur le logement des exclus et sur les enjeux symboliques et sociaux de la rénovation urbaine, les trois projets réunis dans ce thème s’inscrivent tous dans une comparaison internationale.

1.     Le fleuve dans la construction des métropoles

Thierry Baudouin et Michèle Collin, UMR LAVUE ex FRE CNRS 3221

La métropole est ici considérée comme le nouveau territoire productif essentiel du capitalisme cognitif de l’ère post industrielle. On associe donc étroitement le point de vue de sa gouvernance à ses éléments quantitatifs structurels plus souvent analysés. L’investissement des opportunités ouvertes par les fonctions productives et culturelles des fleuves permet de lier les dimensions géoéconomiques de circulation et les affects des citoyens pour l’analyse de la mise en place d’une gouvernance. Il s’agit d’une recherche sur les enjeux portés par le renouvellement des usages du fleuve à Paris en tant qu’instituant d’un territoire métropolitain parisien, au regard des expériences étrangères (New York et Randstad). Seront particulièrement analysés les processus d’interventions et de  coopérations des citoyens , dans leurs diversités urbaine, sociale et culturelle, dans les projets de mise en valeur du fleuve et de ses rivages, ainsi que les freins qui s’y opposent.

2.     Droit au logement opposable : pratiques internationales

Roxana Eleta-De Filippis, UMR IDEES / Cirtai (centre interdisciplinaire de recherche sur les mobilités)

Jacques Chevallier, Cersa (centre de recherches sur les sciences administratives)

Il s’agit d’étudier la mise en œuvre de la loi sur le droit au logement opposable (loi DALO du 5 mars 2007) et ses conséquences pour l’organisation de la ville contemporaine. La première phase de travail proposée doit associer, outre la porteuse du projet sociologue, un juriste spécialiste de droit public, une psycho-sociologue et un économiste. Cette phase porte sur les conditions d’applications concrètes de ce texte d’abord en France et ensuite en Ecosse où le droit au logement opposable existe déjà. Dans un second temps la recherche intégrera d’autres membres du CIRTAI et du CERSA  ainsi que des partenaires de l’Université de Glasgow en vue d’une proposition de programme de recherche d’ampleur (candidature ANR et/ou Union Européenne et/ou mission de recherche Droit et Justice).

3.     Les possibles de la ville contemporaine : les ressources de l’espace dans le processus de transformation des quartiers, Paris et Boston

Susanna Magri et Sylvie Tissot, UMR CRESPPA/CSU

Il s’agit de mener la comparaison des résultats de deux recherches, l’une portant sur l’évolution de l’habitat pavillonnaire en région parisienne, l’autre sur le processus de requalification d’un quartier de centre-ville dans une grande agglomération étasunienne, Boston. Les résistances les résidents voire leurs luttes ouvertes contre le changement, ou au contraire leur assentiment ou leur participation active au processus de transformation urbaine, seront analysés comme révélateurs des ressources multiples dont cette transformation les dote ou, au contraire les prive. Pouvoirs publics , professionnels de la ville et du patrimoine, membres des associations locales sont aussi chacun susceptibles de retirer de leur intervention des ressources de nature et d’ampleur différente. Confronter le cas français au cas américain est particulièrement riche d’enseignements sur les variation des ressources selon le mode d’intervention des pouvoirs publics et l’amplitude de la transformation urbaine visée et réalisée.

4.     Actualité de la renovation urbaine dans les villes internationales

Agnès Deboulet, UMR LAVUE ex FRE AUS

La rénovation urbaine intervient souvent pour parfaire un projet modernisateur et néo-libéral de la ville compétitive. Mais ses modalités et processus communs ou singuliers restent à éclairer dans une double perspective comparative : nord/sud ; logements privés, tissus anciens/logements sociaux, premières périphéries. Il s’agit mettre en place les conditions d’un partenariat de travail consolidé et d’une grille d’analyse commune de ces processus. Les sites choisis ont pour point commun d’être l’objet d’une sollicitation multiple liée à l’internationalisation mais aussi à la métropolisation : Istanbul, Le Caire, Rio de Janeiro, Bangalore. Ce projet balise des étapes de rencontres ciblées pour déboucher sur l’organisation d’un colloque international.  A l’issue des 18 mois, ce travail devrait déboucher sur des formes de coopération plus systématiques (ANR).


Thème 4 : Espace, temps, concepts à l’épreuve de la ville contemporaine

Ce dernier thème de l’axe est le plus réflexif et le plus prospectif. Il réunit surtout des projets de séminaires. Si ceux-ci sont pluridisciplinaires, ils sont souvent marqués par l’interpellation initiale de la discipline qui en prend l’initiative. Telle est la raison principale d’une multiplicité qu’il serait vain de tenter de réduire d’emblée, a priori. Un bilan collectif devrait être organisé au terme de la première phase.

1.     Dire la ville : cognition, problématisation, justification

Gérard Baudin, UMR LAVUE ex AUS

Cette recherche exploratoire vise l’analyse des rapports entre les transformations de la ville contemporaine et celles qui affecteraient les discours sur la ville et les territoires. Les manières de dire la ville, les notions, les catégories, les présupposés présents dans les discours politique, technique, médiatique ou scientifique qui tendent à l’appréhender voire à en attester la compréhension et le contrôle constituent une entrée pour saisir ce qui caractériserait certains aspects de la ville contemporaine.  Les séminaires qui seront organisés permettront la confrontation de travaux concernant la notion de territoire, quelques projets d’aménagement et doctrines urbanistiques. Ces séminaires ainsi que les échanges hors de ces derniers vise à préfigurer un réseau de réflexion sur ce thème.

2.     Philosophie et espaces urbains : interférences

Manola Antonioli chercheuse associée au Laboratoire de recherche ETOS (Ethique, Technologie, Organisations et Société) de Télécom & Management Sud Paris

Benoît Goetz Professeur à l’Université Paul Verlaine de Metz , laboratoire « Philosophie et rationalités »

L’expérience de la ville est toujours à la fois imaginaire et physique, un mélange de mental et de bâti : elle renvoie à des réalités matérielles (des rues, des immeubles, des places, des monuments, etc.) mais aussi et surtout à des relations entre des individus amenés à constituer un sujet collectif dans des espaces partagés. Penser l’évolution des territoires et les transformations de l’espace urbain est une tâche de plus en plus urgente dans le monde contemporain, au moment où la mondialisation culturelle, la globalisation économique et l’essor des nouvelles technologies bouleversent profondément nos coordonnées spatio-temporelles. Le projet se propose d’explorer les interférences de plus en plus nombreuses au cours du XXème et du XXIème siècle entre la pensée philosophique et les discours sur la ville et les conséquences éthiques, esthétiques et philosophiques de ces rencontres.

3.     Temporalités des espaces habités.

Philippe Bonnin, Directeur de Recherches CNRS, Directeur de l’UMR LAVUE, ex  FRE AUS

Il s’agit de créer la mise en réseau interdisciplinaire (Architecture, urbanisme, géographie, anthropologie, sociologie, philosophie) de chercheurs travaillant sur les problématqiues de l’entrecroisement des échelles spatiales et temporelles.. Le présent projet a trait à la première phase de ce qui doit être envisagé comme un processus plus long : l’organisation d’une première journée de rencontre initiale, puis celle d’un large séminaire (sur le modèle de celui que nous avons mené durant 8 ans avec un grand succès : « architecture et sociétés »), qui tout à la fois feront s’exprimer les chercheurs les plus avancés et les plus impliqués de ce réseau, et confrontant leurs approches à celles de chercheurs européens (les travaux Italiens voire anglo-saxons étant fréquemment plus avancés qu’en France). La mise en réseau, la création d’un langage et d’une problématique commune éviteront simultanément l’écueil de l’entre-soi, par la mise en risque et l’ouverture internationale.

4.     Questionner l’écart entre « faits urbains » réalisés et conceptions mentales.

Catherine Maumi, Laboratoire « Les Métiers de l’Histoire de l’architecture, » Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble

Bruno Queysanne, Membre de l’équipe de Ch. de Portzamparc pour la consultation du Grand Paris

Les outils de représentation du projet architectural servent à interpréter les villes et leurs relations au territoire. La ville contemporaine, telle que l’entend Bernardo Secchi, est prise dans l’idée du projet tel que l’implique la notion de ville moderne mise en place par la Renaissance italienne à partir d’Alberti. C’est le fait de pouvoir inscrire une infinie pluralité de phénomènes de raisons différentes dans un processus de représentation unique grâce à l’invention de la perspective artificielle qui permet le projet de la ville par l’architecture savante qui lui correspond. Cette pensée, relayée par l’urbanisme du 20e siècle, s’inscrit sur les territoires nationaux à des moments historiques différents par des processus spatiaux variés. Aujourd’hui, l’urbanisation informelle des grandes métropoles à croissance rapide présente des processus totalement nouveaux .  A partir de trois exemples : Paris, Casablanca, Los Angeles, il s’agit, par le croisement de l’interprétation, par le « visible » (représentations graphiques, iconographiques, cartographiques, …), et par le « dicible », d’énoncer des outils spécifiques pour « dire la ville contemporaine » et en « étudier les mutations ».

~ par Alain Bertho sur 19 décembre 2009.

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