L’anthropologie face à la catégorie d’événement – séminaire 2009-2010

SéMINAIRE MENSUEL

p8

Université de Nice-Sophia Antipolis/Université Paris 8

Master d’Ethnologie « Transformations des sociétés contemporaines »

de l’Université de Nice

Master « Villes et Nouveaux espaces de gouvernance »

de l’Université de Paris 8

CIRCPLES (EA. 3159) de l’Université de Nice

FDPCE (EA.4387) de l’Université de Paris 8

L’ANTHROPOLOGIE FACE

A

LA CATéGORIE D’évéNEMENT

JEUDI 5 NOVEMBRE 2009

14h17h

Salle du conseil de l’UFR-LASH

Campus Carlone

SÉANCE N°1

« INTRODUCTION »

DEJAN DIMITRIJEVIC, MCF-HDR, NICE

SYLVAIN LAZARUS, PR, PARIS 8

LE SÉMINAIRE

L’événement et le temps long

La « structure » se situe dans le temps long. Replacer l’événement à cette échelle temporelle permet d’en découvrir les fondements non visibles pour en proposer une procédure explicative, au sens de comprendre et faire comprendre. Cette procédure explicative nécessite, d’une part, de saisir les intentions avec lesquelles les actions sont effectuées et, d’autre part, de reconstituer le contexte de l’action et le champ des possibles de ce contexte. Un des objectifs du séminaire est de mettre en place une réflexion sur le « pensable » et le « faisable » qui constituent le cadre des actions qui font les événements. Dans quelle temporalité se situent-ils ? Quel est leur rapport au passé lointain ? Où s’enracinent les principes actifs de l’événement et de son contexte ? Il s’agit ici de confronter l’événement à la logique de continuité ou, dit autrement, comment se combinent, dans l’événement, structure collective et action individuelle ? Mais l’événement est également rupture.

L’événement comme rupture

Par ailleurs, l’événement se pose aussi comme ligne de partage et rupture d’intelligibilité. Il ouvre sur un nouvel univers de sens. Et si l’événement est ligne de partage entre deux univers, alors cela le situe dans la temporalité d’un présent particulier. La première interrogation porte sur cette temporalité spécifique : Quelle est la qualité de ce présent ?

Ensuite, manifestant le basculement d’un ordre social, que révèle l’événement et qu’est-ce qu’il active ? L’événement éclaire le passage d’un possible improbable au réel. Ce passage est encadré par les structures, mais il est possible du fait des actions humaines. Il s’agit là d’essayer de comprendre pour quelles raisons et à quelles conditions advient de l’improbable.

En tant que rupture, l’événement n’est plus relié à aucun élément du passé, mais se pose au contraire comme source première et unique d’une très nombreuse descendance. Mais son destin est-il, pour autant, de se transformer inévitablement en récit fondateur ?

L’événement et son inscription dans l’histoire et les mémoires

S’il est évident que la rupture caractérise l’événement, il semble tout aussi évident que son avenir est caractérisé par l’incertitude. Non seulement la signification qu’il prend par la suite n’est en aucun cas assuré par l’action originelle, mais la conservation même de l’événement dans les mémoires est incertaine. Et il se peut très bien qu’un événement soit oublié après avoir engendré les conditions d’apparition d’un univers de sens inédit. Il en est ainsi de l’événement qu’a constitué le procès Artukovic en Yougoslavie, qui a paradoxalement permis une véritable rupture avec les fondements yougoslaves issus de la Seconde Guerre mondiale ; mais cet événement de rupture a ensuite été enseveli sous l’abondante production du double mouvement à l’égard du passé yougoslave : négation et idéalisation. Une des questions qui s’imposent est celle du rapport entre la fin la séquence.

Mais plus largement, quelles sont les procédures de l’inscription de l’événement dans

l’histoire et/ou dans les mémoires ?

L’événement et sa médiatisation

L’événement semble fortement lié à la médiatisation ; peut-il même exister sans d’importants moyens qui le font connaître ? Un fait capital est-il automatiquement un événement ou est-il dépendant de la médiatisation pour cela ? Mais la médiatisation n’est jamais neutre, elle ne peut jamais être une simple caisse de résonance, elle agit sur les faits et contribue à les construire. Mais l’événement existe-t-il en dehors de sa construction ?

Comment construit-on avec des mots des moments historiques intenses et imprévisibles qui déroutent la linéarité ?

La reconnaissance de l’événement

Mais en elle-même, la médiatisation n’est pas un facteur suffisent pour la reconnaissance de l’événement. Pour qu’il soit véritablement reconnu, le sens de l’événement doit être durablement stabilisé. Comment passe-t-on du point de vue de l’acteur à l’événement historique ? Ici, il est important d’évaluer le rôle des institutions. L’événement ne peut se stabiliser que si une institution en valide le sens. Est-ce que fait de l’événement une catégorie de l’État ? Est-ce que le dispositif institutionnel, c’est l’État ?

L’événement et le contemporain

Quel est le lien ou quels sont les liens entre événement et contemporain ? Entre événement, séquence et datation ? Examen de la proposition du caractère séquentiel de ce qui se constitue dans une temporalité datable. Deux événements, deux occurrences à étudier : la chute de l’URSS et le 11 septembre. Quelques autres interrogation problématiques : émotion et sens, intelligibilité intellectualité ; la grande peur de l’été 1789 en France pourra être citée et étudiée.

Enfin, l’événement comme indéterminé ou comme indistinct certain : les « événements » de Mai 1968 en France.

~ par Alain Bertho sur 26 octobre 2009.

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