Emeute à Chechar دائرة ششارen Algérie – août 2009

Algerie-Carte-1-30

Colère populaire à Chéchar en raison du blocage du projet d’un nouvel hôpital

http://www.latribune-online.com

31-08-2009

Par Abdelkrim Ghezali

Des émeutes ont éclaté, hier, dans la daïra de Chéchar, située au sud de la wilaya de Khenchela, après que la population eut constaté l’arrêt des travaux de préparation de l’assiette devant servir à la construction d’un nouvel hôpital. Les jeunes notamment qui se sentent exclus et marginalisés en raison de l’absence de toute prise en charge de leurs préoccupations, ont investi les rues de la ville pour saccager commerces et sites administratifs. Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les émeutiers. Jusqu’à la mi-journée d’hier les affrontements se poursuivaient. Si les jeunes de Chéchar ont exprimé violemment leur ras-le bol, la colère est lisible également sur les visages et dans les réactions des plus âgés qui ne comprennent pas les raisons de l’arrêt des travaux d’un projet vital pour une région déshéritée et sans ressources. L’argument tiré par les cheveux avancé serait le refus des services de l’hydraulique de la daïra de Chéchar de déplacer leurs installations situées sur le terrain réservé au projet de l’hôpital. Les autorités locales ont assez de pouvoir pour obliger n’importe quel service public de se soumettre à la décision d’autant plus qu’il s’agit d’un projet d’utilité publique. Samedi dernier, les notables de Chéchar ont sollicité le wali de Khenchela pour leur fournir des explications quant au sort du projet du nouvel hôpital, mais le premier responsable de la wilaya a royalement ignoré cette requête qui aurait pu éviter à la ville une violence de plus.
Ce projet d’hôpital devait soulager l’ancien établissement situé au centre ville, trop étroit pour répondre aux besoins d’une population grandissante. La vox populi parle ouvertement d’un «détournement» caractérisé du projet de l’hôpital au profit d’une autre daïra, en l’occurrence Babar. C’est du moins la thèse qui a provoqué la réaction violente des habitants de Chéchar qui ne supportent plus leur statut de laissés-pour-compte des calculs qui se trament dans la wilaya de Khenchela entre notables de deux tribus puissantes, les N’memcha et les Amamra, qui, selon les autres communauté tribales de Khenchela, s’accaparent tous les projets y compris ceux destinés aux daïras et communes de Chéchar, Khirane, El Oualdja et Djellal… Au moment où les habitants de Chéchar attendaient avec espoir la promotion de leur daïra en wilaya déléguée avec tout ce que ce rêve apporte comme possibilité de développement, elle s’est réveillée hier sur une nouvelle qui a fait déborder le vase d’une colère et d’un désespoir généralisés. Le secteur de la jeunesse est le plus sinistré dans cette daïra qui semble vivre dans un autre âge. De jeunes diplômés universitaires sont livrés à eux-mêmes et ne rêvent que de harga. En attendant l’opportunité d’une évasion à risque, certains jeunes s’enfoncent chaque jour davantage dans la consommation de drogue et autres stupéfiants pour noyer leur misère et oublier leur réalité insupportable. Au-delà des difficultés quotidiennes des populations à subvenir à leurs besoins, l’APC, bloquée depuis plus d’une année, en raison de différends personnels et tribaux entre les membres du conseil, a vu samedi dernier l’installation d’un nouveau conseil, sans que cela ne puisse avoir d’effet sur la commune en raison des luttes intestines persistantes. Chéchar est une daïra essentiellement agro-pastorale qui ne bénéficie d’aucun projet sérieux et viable devant mettre en valeur les potentialités pastorales et agraires de la région. Pourtant, en dépit de son relief accidenté et difficile, elle recèle un couvert végétal pastoral qui nourrit les meilleurs moutons d’Algérie et des essaims d’abeilles qui donnent le meilleur miel au monde. Cette citadelle de la révolution qui a sacrifié plus de trois mille de ses meilleurs enfants pour l’indépendance du pays, paye aujourd’hui le prix de la mauvaise gestion des autorités locales et les calculs tribalistes qui demeurent des paramètres clefs, aussi bien dans les compétitions électorales que dans les planifications et l’octroi de
projets de développement.

DES ÉMEUTES ÉCLATENT DANS PLUSIEURS RÉGIONS DU PAYS. Cette colère qui fait peur

1 Septembre 2009 –
Les élus tournent le dos au peuple, le gouvernement brille par son immobilisme et la classe politique indifférente devant l’absence d’enjeux électoraux très proches.

Flambée des prix, chômage, baisse du pouvoir d’achat, à ces ingrédients l’on ajoutera le stress des foyers qui doivent faire face à une rentrée sociale très particulière marquée par trois événements principaux: Ramadhan, Aïd et rentrée scolaire. Sans oublier, bien évidemment, la déception de milliers de citoyens demandeurs de crédits de consommation après la décision du gouvernement de supprimer cette formule. D’autres sont rongés par la crainte de perdre leur poste d’emploi suite aux nouvelles mesures prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2009. L’on fera l’impasse sur les soucis quotidiens du citoyen algérien, illustrés notamment par la hogra et la bureaucratie. Un cocktail explosif qui menace la paix sociale chère aux autorités publiques. La rue bouillonne et les signes d’une explosion se manifestent chaque jour que Dieu fait. Parfois, il suffit de rien ou même d’un banal tournoi régional de football pour que le pire se produise. C’est le cas des échauffourées qui ont eu lieu au village Ighil Ouantar à Seddouk (Béjaïa). Alors que deux équipes jouaient les dernières minutes de la rencontre, un individu pénètre sur le terrain. Cela a suffi pour mettre le feu aux poudres. Une bagarre généralisée s’ensuivit. Les supporters des deux équipes en arrivent rapidement aux mains après un moment d’échanges verbaux acerbes. Dans la foulée, on s’en prend au siège de la commune et à la Maison des jeunes. Hier encore, les citoyens de Tirmitine ont organisé un grand rassemblement devant le tribunal de la ville de Tizi Ouzou. (Ndrl lire le papier de Kamel Boudjadi). Mais en Algérie, la révolte est souvent liée à des problèmes de fond ancrés comme une fatalité dans la société et qui se reproduisent chaque année face à une incroyable impuissance des autorités publiques à leur trouver des solutions. C’est le cas de l’éternel problème du logement. Le scénario est le même: l’APC affiche la liste, et le déluge s’ensuit. Pas plus tard que la semaine dernière, des mécontents ayant été écartés, selon leurs dires, de la liste des bénéficiaires de logement dans le cadre de l’évacuation des habitants du site du Bardo, ont protesté devant une école primaire située sur le même site, qui abritait l’opération des recours, en présence du chef de daïra. Les citoyens ont accusé les élus locaux de pistonner leurs connaissances et d’écarter de la liste des bénéficiaires, les personnes qui sont véritablement dans le besoin.
Les élus tournent le dos au peuple qui les a confortablement placés dans leurs sièges. Absence de communication et d’interlocuteur, rupture de contact et surtout grand désarroi poussent jeunes et vieux dans la rue, notamment pour contester, comme ce fut le cas à Khenchela après l’arrêt des travaux de la construction d’un nouvel hôpital.
Les jeunes se sentant exclus et marginalisés en raison de l’absence de toute prise en charge de leurs préoccupations, investissent les rues, saccagent les commerces et bâtiments administratifs. Mais ces messages de la rue peinent à trouver une oreille attentive. La classe politique doit assumer une grande part de responsabilité dans cette situation. Face à l’absence d’enjeux électoraux très proches, les partis se murent dans un silence et n’affichent aucun intérêt pour les préoccupations des citoyens.
Quant aux réponses apportées par le gouvernement, lorsque toutefois il décide de réagir, elles sont en général évasives ne répondant souvent à aucune logique. En Algérie, il y a un mouvement social qui se développe en dehors des partis politiques et des syndicats traditionnels. Ce n’est pas le schéma idéal d’un Etat de droit qui aspire à la paix et à la démocratie.

Informations

Khenchela (en arabe : خنشلة) est une ville (anciennement Mascula), chef-lieu de la wilaya de Khenchela en Algérie. Elle est située dans les Aurès, région des Berbères Chaouis dans l’est algérien. Elle se trouve à 1200 mètres d’altitude. La population de la ville est d’environ 120 000 habitants.

~ par Alain Bertho sur 1 septembre 2009.

Une Réponse to “Emeute à Chechar دائرة ششارen Algérie – août 2009”

  1. Lamentable administration, soit disant l’agriculture et l’elevage ont la priorité, pour qu’un peuple travail, il doit ce nourir, « vivre en travaillant ou mourir en combattant »

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