Iran : encore une révolution twitter ?

mosaique_picfog_iran

Iran : les meilleures adresses
pour s’informer sur internet

B.F. (lefigaro.fr)
29/06/2009 |

Sélection de blogs, de comptes Twitter et YouTube pour suivre les événements en Iran de plus près.

Depuis ce week-end, nombre de médias ont souligné l’intérêt des blogs et des réseaux sociaux pour les élections iraniennes. Mais entre les mordus de Twitter qui se contentent de relayer du contenu diffusé par les médias et des comptes-rendus d’internautes dont la véracité est mise en doute, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. En complément de notre suivi minute par minute, il existe pourtant bien, sur internet, des informations originales. En voici une sélection.

»Sur Twitter. Une requête dans le moteur de recherche de Twitter le prouvera, les élections iraniennes sont le sujet de discussion du moment. Pour en faciliter le suivi, des sites tels que Monitter affichent en temps réel tous les nouveaux «tweets» consacrés à l’Iran.

Mais attention, la grande majorité des internautes qui s’expriment sur le sujet n’ont jamais mis les pieds dans le pays, et se contentent de relayer des informations des médias.

Il est donc possible de suivre des comptes d’Iraniens, présents dans le pays. Les plus célèbres étant persiankiwi et mousavi1388, suivis par 25.000 et 13.000 personnes respectivement. En remontant dans leurs contacts directs, on peut trouver d’autres comptes actifs en Iran.

Il devient pourtant difficile de trouver de telles adresses. Le compte ShadowAtNight a été supprimé mardi, son auteur expliquant au Guardian qu’il souhaitait se protéger. Un site qui fournissait une liste d’internautes tweetant depuis l’Iran l’a supprimée, pour les mêmes raisons. L’agrégateur twazzup consacré aux événements, s’est lui vidé d’une bonne part de sa substance avec l’interruption de plusieurs comptes.

» Sur YouTube. Ici aussi, le compte mousavi1388, créé par des partisans du candidat réformateur Mir Hossein Moussavi, sort du lot. Certaines de ses vidéos des manifestations ont été vues plus de 300.000 fois.

D’autres utilisateurs, situés à l’extérieur du pays, se sont donné pour mission de mettre en ligne le plus de contenu possible, en agrégeant ce qu’ils peuvent glaner sur Internet. C’est le cas des très populaires saeidkermanshah et irandoost09, situés aux Pays-Bas et en Australie, dont les vidéos ont été vues plusieurs milliers de fois.

Au-delà, des recherches avec les mots-clés «Iran riots», «Iran protests» ou «Iran election» remontent un grand nombre de résultats, la plupart filmés par des amateurs.

» Sur Facebook. Mir Hossein Moussavi dispose de sa page de soutien sur Facebook, où se pressent près de 60.000 «supporteurs». La plupart des textes y sont publiés en farsi. Mais des photos et des vidéos y sont aussi partagées. Pour en voir davantage, il faut explorer les groupes de discussions comme le «I Love Iran», qui compte 65.000 membres.

» Sur les blogs. Dans un rapport publié en 2007, l’OPenNet Initiative, qui étudie le filtrage et la censure sur internet, avait dénombré 400.000 blogs en farsi, notant une véritable explosion «en dépit d’un système de filtrage parmi les plus développés au monde». Une cartographie, mise en ligne il y a peu, donne une idée plus claire des rapports de force.

Concernant les élections, quelques blogs se distinguent là aussi. «Iran after the Election» multiplie la mise en ligne de vidéos et de photos, prises en Iran. Les blogs «Teheran24» et «Revolutionnary Road» adoptent le même fonctionnement.

Il coraggio dei ragazzi del web contro Ahmadinejad

di Rachele Gonnelli

29 juin 2009

Chiusi i siti, espulsi i giornalisti esteri, incarcerati quelli iraniani – se ne contano 33, l’Iran è diventato il primo della lista per repressione di giornalisti, sorpassando la Cina -, intercettati e poi bloccati gli sms e ora i blogger. L’ultima mannaia che si abbatte sull’ondata di contestazione al regime che ha su Facebook il volto di Saeed Valadbaygi, con i capelli tirati dal gel e il suo amore dichiarato per la pizza. Sparito. Non è certo il primo. È l’ultimo.

pagina_facebook_saeed_valadbaygi_300x200

La prima vittima acclarata è stata la reporter iraniano-canadese Zara Kazemi, torturata e uccisa nel carcere di Evin. Un caso che ebbe molto risalto perché il fratello si impuntò di chiedere il corpo indietro – un diritto per ogni musulmano – e poi sottoporlo ad autopsia. Era il 2003. Sei anni dopo, il 19 marzo scorso, è stata certificata la morte di Omidreza Mir Sayafi, venticinquenne cybergiornalista. «Morto per troppi farmaci antidepressivi, un suicidio», è stato detto dalle autorità. Era in carcere per quello che scriveva.

Si spera che siano vivi, ma mancano tuttora all’appello anche Hossein Derakhshan e Ali Mazroui. Il primo è il papà della galassia blogger in Iran. Iraniano-canadese anche lui. Arrestato nel novembre scorso appena sceso all’aeroporto Ayatollah Khomeini. Non si hanno più sue notizie da allora, neanche se è stato arrestato e con quali capi d’imputazione. Il secondo, Ali Mazroui, è il presidente dell’associazione giornalisti iraniani. Anche di lui non si hanno notizie da parecchie settimane. Il giro di vite si è nel frattempo stretto ancor di più.

Prima delle elezioni il regime ha oscurato Facebook. Un gesto che, paradossalmente, ha attirato invece che respinto i giovani iraniani verso i social network e la comunicazione via web. Messaggi, video, reportage dalle piazze, foto scattate col cellulare. I testi in lingua farsi vengono poi tradotti in inglese da blogger iraniani espatriati negli Stati Uniti o altrove e rimbalzati sulla Rete. Censurato Facebook, il fiume di notizie si è incanalato sul più agile Twitter. Lì è stato anche trasmesso un sistema per aggirare i controlli: settando i propri interventi, tutti da ogni parte del mondo, sull’ora di Teheran, sembrando cioè tutti iraniani. Messaggi brevi, appuntamenti e uno stringato diario di avvenimenti. L’Onda verde trova ogni canale, ogni fessura nel muro del sistema, per andare avanti. Per darsi appuntamento per le manifestazioni e non correre il rischio di essere intercettati i giovani iraniani ricorrono persino alle scritte sulle banconote. «Oggi tutti a piazza Baharestan», «lo sciopero è andato bene». Certo, niente ha il crisma della verità nel passaparola. Neanche l’identità di Saeed e degli altri. Finché riemergono dalla galera.

Internet fait aussi taire les activistes

http://www.slate.fr

lundi 29 juin 2009

Que s’est-il passé mercredi sur la place Baharestan ? Selon une femme appelant CNN, les forces de sécurité iraniennes ont fait preuve d’une inimaginable brutalité contre quelques centaines de manifestants rassemblés dans le centre de Téhéran. «Ils frappent une femme si sauvagement qu’elle baigne dans son propre sang, et son mari, qui assiste à la scène, vient juste de s’évanouir» crie l’anonyme à l’autre bout du fil. «C’était – c’était très exactement un massacre. Vous devez arrêter ça. Vous devez arrêter ça. Vous devez aider le peuple iranien qui demande la liberté. Vous devez nous aider».

Les images de cet appel ont rebondi un peu partout sur le web et sur les chaînes de télé câblées. Le message a été confirmé sur Twitter où un post de @persiankiwi donnait d’horribles nouvelles de la place Baharestan: «nous avons vu la milice avec des haches taillader les gens comme de la viande – du sang partout -comme des bouchers-  Allah Akbar». Les journaux du monde entier parlaient d’une répression brutale -un Tiananmen iranien.

Mais au même moment, d’autres sources suggéraient que la manifestation avait été beaucoup plus calme. Dans un commentaire sur le Lede blog du New York Times, un lecteur disait que la manifestation avait été dispersée par les forces de sécurité dans un minimum de violence. Le blog du Conseil irano-américain, qui suit de près toutes les nouvelles provenant de Téhéran, a publié le compte-rendu d’une «source fiable» disant que si la manifestation était «tendue», elle ne correspondait pas aux descriptions de l’appel de CNN. «Dès que nous nous rassemblions en un endroit, ils venaient nous disperser», disait cette source. «J’ai vu beaucoup de gens avoir les yeux bandés et être arrêtés, mais ce n’était pas un massacre pour autant».

La confusion comme baillon

Ces deux dernières semaines, ceux qui croyaient au pouvoir de transformation de la technologie ont pris l’Iran comme un test grandeur nature -la première fois qu’un régime répressif rencontrait des réseaux sociaux, la première révolution poussée par Twitter. Mais dès les premiers jours d’émeutes, ce scénario tenait plus du rêve que de la réalité, comme l’a montré Jack Shafer de Slate, parmi tant d’autres. Et depuis la semaine dernière, quand l’État a commencé à systématiquement contrôler les journalistes et tous les moyens de communication sortant du pays, il est devenu de plus en plus difficile de croire en ce rêve.

Les compte-rendus contradictoires sur ce qui s’est passé sur la place Baharestan prouvent que la répression médiatique iranienne fonctionne. Chercher à connaître les événements en Iran est synonyme de confusion -tous les jours, les questions sont plus nombreuses que les réponses sur ce qui se passe réellement, sur qui gagne et qui perd, sur ce qui va suivre. La surprise, ce n’est pas voir que la technologie a offert aux manifestants une nouvelle façon de se faire entendre, c’est de voir qu’ils ont été efficacement bâillonnés, et ce malgré toutes les nouvelles technologies.

Plus facile pour l’Iran que pour la Stasi

La répression en Iran montre que, pour des régimes cherchant désespéremment à survivre, il n’est pas impossible d’écraser une dissidence électronique. A de nombreux points de vue, les outils de communication modernes sont plus faciles à contrôler que les méthodes structurantes du passé. Selon le Wall Street Journal, l’Iran possède les réseaux de surveillance parmi les plus avancés du monde. Grâce à un système installé l’an dernier (et construit, entre autres, par Nokia et Siemens), le gouvernement achemine tout le trafic numérique du pays vers un unique point d’étranglement. Grâce au DPI (Deep Packet Inspection ou inspection en profondeur et systématique du trafic), le régime accède à l’omniscience -il possède la capacité technique de contrôler chaque e-mail, chaque tweet, chaque article de blog, et même chaque appel téléphonique passé en Iran.

Comparez cela à la RDA, où la Stasi avait réussi, au maximum, à enregistrer 100 000 lignes téléphoniques -une tâche gargantuesque qui nécessitait  2000 techniciens à plein temps pour surveiller les appels. La force vive de la Stasi comprenait 100 000 officiers, et selon certaines estimations, son réseau de citoyens informateurs s’élevait à un demi-million de personnes. A l’âge numérique, l’Iran peut surveiller ses citoyens grâce à un appareil de sécurité bien moindre. Ils peuvent écouter tout ce que les individus disent -et faire taire tout ce qu’ils considèreraient comme gênant- en appuyant simplement sur un interrupteur.

Nous avons vu ces derniers jours les effets de ce contrôle. Evidemment, quelques images et vidéos ont réussi à passer les filtres du réseau iranien. Mais ce sont des exceptions ; nous n’avons aucun document sur pratiquement tout ce qui se passe depuis le début de la semaine. Comme le montre le Lede, la plupart des vidéos aujourd’hui postées sur Youtube ont d’abord été publiées la semaine dernière, avant que l’Iran ne ferme ses connections avec le monde extérieur. Parce qu’il n’y avait plus de vidéos récentes, les gens ont changé les dates d’anciennes vidéos afin que l’indignation créée par la répression policière reste vive.

Internet pas anonyme

La disette de nouvelles images n’est pas surprenante. Internet n’est pas anonyme; dans des lieux comme l’Iran ou la Chine, tout ce que vous faites sur Internet peut être pisté jusqu’à votre ordinateur. Les hackers et les activistes ont trouvé plusieurs moyens intelligents de contourner un tel contrôle, mais pour la grand majorité des habitants, poster des vidéos ou même tweeter ce qu’ils ont vu reste extrêmement périlleux.

Il y a un autre problème quand on attend qu’une protestation digitale renverse des gouvernements répressifs. Structurer les communications virtuelles -utiliser des outils tels les SMS, Facebook et Twitter- demande d’être socialement confiant, un confort rare dans des Etats policiers. Même aux Etats-Unis, nous avons déjà assisté à des remous visiblement puissants sur le Net faire pschiiit dans le réel (Cf. Howard Dean).

Imaginez la difficulté supplémentaire de vivre à Téhéran: vous tombez sur un tweet qui vous informe l’après-midi d’une manifestation sur la place Baharestan. Vous voulez y aller, mais votre tête commence à tourner de peur. «Et s’ils sont en train de me surveiller? Est-ce que cette manifestation a vraiment lieu -ou est-ce de la désinformation? Et si je suis le seul à m’y rendre, que m’arrivera-t-il?»

Désinformation et crowd-sourcing

En plus d’essayer de fermer plusieurs parties d’Internet, nous ne savons pas précisément ce que font les forces de sécurité iraniennes pour contrer le mouvement de protestation en ligne. Ce n’est pas clair: se servent-il d’Internet pour faire de la désinformation ou pour tracer ceux qui sont à l’origine de la publication des vidéos et des images?

Plusieurs fois ces dernières semaines, des rumeurs ont submergé le Web disant que le gouvernement savait très bien se servir de Twitter pour embrumer la protestation avec des fausses informations. Voilà un parfait exemple de cette répression psychologique propre à tous les régimes autoritaires -la peur constante, l’impossibilité de faire confiance à qui que ce soit- et de la façon dont elle peut se renforcer dans un environnement virtuel.

Et en voici un autre. Mercredi, un lecteur a alerté le Lede sur l’existence d’un site créé par le gouvernement iranien, Gerdab.ir, sur lequel les autorités postaient des images de manifestants et demandaient à la population de les aider à identifier les activistes. Et oui -le régime utilise maintenant le crowd-sourcing, le nec plus ultra de la structure du Web 2.0, contre ses opposants. Mais si vous réfléchissez, cela n’a rien de surprenant. Qui a a dit que seulement les gentils avaient le droit d’utiliser à leur avantage la puissance du Web?

Twitter repousse sa mise à jour pour l’Iran

Twitter, le célèbre site de micro-blogging est toujours un service très réactif. Parfois même plus réactif que les médias traditionnaux. En Iran ces temps ci, les journalistes sont expulsés ou suspendus et les médias ne peuvent plus vraiment relayer l’information. Aussi, les habitants utilisent donc Twitter pour faire passer leurs messages et pour donner des informations sur les manifestations. Twitter avait prévu une maintenance de son service, mais pour l’Iran, le site a décidé de la repousser.

Twitter « joue un rôle important » pour la communication des manifestants et annonce aujourd’hui repousser une mise à jour de son service. La mise à jour était jugée de critique, et aurait du durer près de une heure et demie. L’opération aurait du avoir lieu dans la nuit de lundi à mardi aux Etats-Unis et aurait alors coupé le service en pleine journée en Iran. Elle aura désormais lieu ce mardi, à 1h30 du matin, heure de Téhéran.

Rappelons qu’en Iran, les entraves à la liberté de la presse sont nombreuses. Plusieurs sites web ont été infiltrés par l’Etat iranien, des satellites de la BBC sont brouillés et des journaux suspendus.

The Revolution Will Be Twittered

politics.theatlantic.com

Jun 15 2009

by Marc Ambinder

It’s too easy to call the weekend’s activities the first revolution that was Twittered, but when histories of the Iranian election are written, Twitter will doubtless be cast as a protagonal technology that enabled the powerless to survive a brutal crackdown and information blackout by the ruling authorities.

Had the revolution not been twitted, we’d still know about the misaligned election results, and given the hard work of traditional journalists — ABC’s Jim Scuitto, the New York Times’s Bill Keller, a legion of correspondents for European newspapers — the West would have some idea of the counter-Ahmadinejad protests.

The Twitter technology added two elements to this. Number one — as Iranian authorities shut down internet servers, it allowed younger protesters, particularly those affiliated with universities in Tehran, to organize and to follow updates by Mir Hossein Mousavi; by spreading the word about the location of government crackdowns and the threat of machine-gun-wielding soldiers, it probably saved the lives of any number of would-be revolutionaries. We don’t know how many Iranians belong to Twitter; there seems to have been about two dozen active voices from Tehran, but if we assume a multiplier effect — these 24 people can coordinate with their 20 friends — the use of the technology as a central organizing hub that circumvented official channels of communication cannot be understated. In this way, Twitter served as an intelligence service for the Iranian opposition. There are even hints that, once Iranian authorities figured this out, they attempted to spread misinformation via Twitter.

The second element is less important but more relevant to politics here at home. Given the popularity of Twitter with American political activists on the right and the left, and given the near-universal language of the Iranian twitterers’ cry from freedom, it was almost inevitable that prominent political activists here would retweet and take up their cause. By the end of the weekend, a whole meta-narrative about media coverage had been created, complete with a #cnnfail hashtag; (CNN’s response: debate the role of twitter.)

There is a now a rare and perhaps tenuous solidarity among left and right about Iran, a conviction that the United States government has to support the protesters, has to declare the election invalid, has to deny the action by the sovereign (albeit corrupt) Iranian government.  The position of the Obama administration is more cautious and calculating. As painful as the images of revolution may be, as heart-rending as the suffering of the Iranian people may seem, the principle foreign policy priority of the United States vis-a-vis Iran is about Iran’s nuclear enrichment program. An administration official said over the weekend that the U.S. would talk to the government of Iran as it was, not the government of Iran that it wanted. Indeed, regime change is not and has never been part of the Obama calculus. In some ways, the public attention (and activist attention) being given to the Iranian opposition may complicate the administration’s public diplomacy efforts.  The public will demand expressions of sympathy for the protestors, when Obama wants a stable government he can deal with.

As with every example of an election and its enabling technology — Nigeria and cell phones, 2008 and the Net, 2004 and affinity organizing — it’s too simplistic to correlate one’s preferred outcome — in this case, the unsheathing of dissent in Iran — with the effect of technology alone. As the sun falls in Iran tonight, there is fresh evidence that the mullahs who run the country are embarrassed at the worldwide outrage over their election. After spending the weekend in denial about the election rigging allegations, they’ve suddenly accepted an « appeal » from two of the challengers and will spend 10 days investigating the results. Perhaps that’s designed to buy the regime 10 days of peace, but it will probably have the opposite effect.

Why hasn’t Mousavi been arrested or killed? Iran’s regime is thuggish, but I don’t think it wants to risk further alienating Europe or China. And I surmise that because the Iranian government knows that the opposition — maybe we should call them the silent majority? — has ways of communicating and organizing outside of their control. Mousavi would become an instant martyr. Twitter, Facebook, blogs — and the mainstream media — are all colluding to keep hope alive for the Iranian people.

Twitter streams break Iran news dam

By by Glenn Chapman – Mon Jun 15, 2009

SAN FRANCISCO (AFP) –

Protestors in Iran on Monday used Twitter for battle cries and to spread word about clashes with police and hardline supporters of President Mahmoud Ahmadinejad.

Twitter messages, some with links to pictures, streamed from Iran despite reported efforts by authorities there to block news of protests over Ahmadinejad’s claim of having been fairly re-elected.

Pictures of wounded or dead people that senders claim were Iranian protestors ricocheted about Twitter and wound up posted at online photo-sharing websites such as Flickr as well as on YouTube.

A protestor was reportedly shot dead during clashes in Tehran as massive crowds of people defied a ban to stage a rally against the disputed re-election of Ahmadinejad.

A local photographer said the protestor had been shot with a bullet to the head and that more were wounded when violence erupted outside a local base of the Islamic Basji militia, which had been set ablaze.

The trouble flared after Ahmadinejad’s defeated rival Mir Hossein Mousavi appeared in public for the first time since an election that has sharply divided the nation and triggered protests and rioting.

« Iranelection » was the top Twitter trend of the day, and a message thread led by « Persiankiwi » appeared to be orchestrating hacker attacks on official Iran websites while firing off updates on developments in the streets.

« We are going offline to get a phone free for calling out, » Persiankiwi tweeted at midday. « We are also moving location — too long here — is dangerous. »

A subsequent Persiankiwi tweet reads « Attacked in streets by mob on motorbikes with batons — firing guns into air — street fires all over town — roads closed. »

Twitter users were also slamming mainstream media outlets for not covering the Iranian election aftermath more intensely.

A « CNNfail » thread at the US-based micro-blogging service critiqued the cable news network’s coverage throughout the weekend.

« This is all seriously power to the people, in more ways than one, » a Twitter member using the screen name « kianarama » tweeted.

Twitter was being used as an international command center by people intent on keeping news from Iran flowing at online social-networking services.

Twitter users such as « bwernson » shared lists of proxy computer servers that could be used to sidestep Internet traffic blocks in Iran.

A Twitter user with the screen name « GeniusBastard » weighed in to make sure collaborators use private feeds and keep proxy server addresses from publicly streamed tweets.

Even if a regime manages to block Internet and mobile telephone communication, there is still « sneakernet, » a reference to taking hard drives or memory sticks loaded with data beyond the reach of the censorship.

« In the end, as long as there is a way to communicate at all there is always a way to make messages move and get them out to the broader world, » said Erik Hersman, who co-founded « crowd-sourcing » mobile telephone platform Ushadidi in Kenya last year.

« There is always a way to make messages move and get them out to the broader world. Of all the mediums, SMS is just the lowest barrier to entry and the easiest to propagate. »

Twitter users can text messages of no more than 140 characters to unlimited numbers of mobile telephones. Tweets can also be read online at Twitter.com.

« Nonviolent resistance movements are typically driven by students, young people who are increasingly born digital natives, » Ushadidi board member Patrick Meier wrote in a presentation posted online at iRevolution.

« Resistance movements are likely to make even more use of new communication technology and digital media in the future. At the same time, however, the likelihood and consequences of getting caught are high. »

Meier explains ways that Internet-age technology-prone revolutionaries can reduce risks of exposure in a presentation titled « How To Communicate Securely in Repressive Environments. »

« Organizational hierarchies are being broken down as youth adopt new technologies, » Meier said.

« Political activists need to realize that their regimes are becoming smarter and more effective, not dumber and hardly clueless. »

En Iran, le conflit passe aussi par le Web

LEMONDE.FR | 15.06.09

La révolution ne sera pas télévisée, elle sera twitterisée. » Le slogan s’est répandu comme une traînée de poudre pendant le week-end du 13-14 juin sur les réseaux sociaux, Twitter en tête, et les blogs occidentaux. La principale cible : CNN. Alors que les événements en Iran prenaient de l’ampleur, la chaîne d’information en continu titrait toujours sur le système de santé américain. A l’opposé, sur Twitter, les élections iraniennes sont rapidement devenues un des premiers sujets de discussion, autour notamment de plusieurs comptes tenus par des Iraniens ou des journalistes présents sur place.

De quoi justifier, pour les adeptes du Web social, la supériorité des réseaux sur les médias. Mais Internet a finalement plus été un lieu de batailles entre partisans des deux camps. Ainsi, les comptes Twitter sont avant tout tenus par des étudiants présents dans les manifestations et farouches soutiens de Moussavi, face à Ahmadinejad. Les blogueurs iraniens semblent issus de l’élite éduquée iranienne, opposée aux conservateurs, et qui peut accéder au Web. Ils prennent ainsi souvent le soin de twitter depuis les manifestations en anglais, manière de s’assurer une audience plus large.

Toutefois, la fiabilité des informations distillées sur Twitter laisse parfois à désirer, comme l’explique le blogueur Palpitt qui évoque une vidéo circulant sur le réseau censée montrer que la police aurait tiré sur une fille. Or, cette vidéo date date de… 2007 ! Un autre blogueur, Laurent François recommande ainsi de se fier aux comptes des journalistes présents sur place, comme Jim Sciutto pour la chaîne américaine ABC.

BLOCAGES DE SITES

Autre arme dans la bataille : le piratage de sites Internet. Les appels au blocage des sites officiels pour soutenir les manifestants semblent s’être révélés très efficaces. Impossible, par exemple, de se connecter au blog officiel d’Ahmadinejad.

De son côté, le président conservateur a choisi de répliquer par la censure. Réseaux de téléphone mobiles bloqués, Facebook ou Youtube rendus inaccessibles, doivent empêcher les opposants de publier leur point de vue. Pour éviter ces blocages, des adresses de serveurs proxy disponibles pour les opposants circulent sur Twitter. Avec cet outil, les internautes iraniens peuvent maquiller leur adresse IP, c’est à dire la « plaque d’immatriculation » de leur ordinateur sur Internet, et ainsi passer outre les blocages. Pour les contrer, les soutiens d’Ahmadinejad ne rechignent pas à employer les mêmes méthodes que leurs opposants. Ainsi, le site d’information indépendant Tehranbureau.com, dont les serveurs ont semble-t-il été attaqués, a été obligé de fermer temporairement.

Pour en savoir plus :

Une liste de comptes Twitter tenus en anglais depuis l’Iran (« The Atlantic« )

– Une bonne synthèse en français des différentes sources disponibles en ligne (« memoirevive.tv« )

Iran, la révolution Twitter ?


15 juin 2009

SYLVAIN MOUILLARD

Face à la répression exercée par les autorités, Internet apparaît comme un espace de liberté pour les manifestants iraniens et une source d’information privilégiée des médias occidentaux.

Face aux soupçons de fraude électorale généralisée, un groupe intitulé «Where is my vote» (où est mon vote?) a vu le jour sur Facebook. (REUTERS)

Internet, caisse de résonance des Iraniens en colère. 48 heures après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique d’Iran, des milliers d’électeurs continuent de protester contre un vote qu’ils dénoncent comme frauduleux. A Téhéran, la capitale, ainsi que dans d’autres villes du pays, des manifestations ont eu lieu, souvent émaillées de violences avec les forces de l’ordre. Mais la protestation prend aussi forme sur Internet, où une partie de la jeunesse cherche à rendre compte des derniers événements et à exprimer son mécontentement. Pour les médias occidentaux, la Toile iranienne est même devenue une source privilégiée d’information, notamment après l’expulsion de journalistes venus couvrir le scrutin.

Le New York Times affirme même de manière provocatrice que ces émeutes révèlent «l’échec de CNN, étrangement absent» lors des premières heures de protestation samedi. «La révolution ne sera pas télévisée, elle sera twitterisée»: le slogan, répandu sur la Toile ce week-end, résume l’opposition entre la supposée lenteur des médias traditionnels et la réactivité d’Internet.

Filtrage des autorités

Avant même que les bureaux de vote ne ferment, échanger des SMS était devenu impossible dans le pays. Dimanche, c’était au tour des téléphones portables, de Facebook et d’autres réseaux sociaux d’être inaccessibles. Sur son compte Twitter, le site «Les Observateurs» évoque une «guerre de l’info» entre «hackers réformateurs» et «autorités [qui] filtrent les sites d’opposition». Longtemps inaccessible, le blog officiel de Mahmoud Ahmadinejad connaît toujours des ennuis techniques. Les journalistes se sont alors tournés vers des sources alternatives, notamment la blogosphère iranienne. De nombreux partisans du réformiste Mousavi se sont rués vers Twitter, la plateforme de micro-blogging (non bloquée par les autorités), pour relater les évènements dont ils étaient témoins.

Depuis dimanche, l’occurence «Iran election» sur Twitter est de plus en plus présente, représentant même jusqu’à 1% du trafic total. Les utilisateurs de cet outil s’y échangent des liens vers des blogs, vidéos ou photos des manifestations. Des agrégateurs de contenus permettent aussi de se tenir au courant en temps réel de l’évolution de la situation (en français, ou en anglais, ici et ). Facebook n’est pas en reste. Mousavi en avait d’ailleurs fait un axe majeur de sa stratégie pour cette campagne électorale, comptant jusqu’à 40.000 amis sur sa page personnelle. Face aux soupçons de fraude électorale généralisée, un groupe intitulé «Where is my vote» (où est mon vote?) a vu le jour.

Information non-filtrée

Autant d’outils qui sont devenus des sources d’informations privilégiées pour les journalistes, confrontés au manque de témoignages directs sur place. L’exercice a cependant une limite: la nécessaire vérification des informations, qui émanent souvent de sources militantes. Plusieurs sites, dans leur traitement en temps quasi réel des évènements, ont néanmoins recouru à ces nombreux fournisseurs de contenus (The Led, RTBF, Huffington Post).

Le site The Inquisitr souligne que l’information fournie par Twitter n’est que «primaire, brute et non-filtrée». Parler d’une «révolution» via Twitter en Iran est donc peut-être trop hâtif. Le précédent de la Moldavie, en ce sens, est éloquent. Comme le rappelle le site Mediatrend, les mouvements contestaires nés en avril dernier dans ce pays d’Europe orientale, par le biais des plateformes de microblogging, se sont vite éteints. «Il semble que l’on présente abusivement Twitter et les réseaux sociaux comme étant l’outil de mobilisation. Il en existe un plus simple: le téléphone», conclut Mediatrend.

Téhéran, émeutes en direct sur Twitter

15 juin 2009

D’après un Iranien de Téhéran qui raconte les conséquences de l’élection iranienne, l’ancien premier ministre et principal Challenger du président réélu Mahmoud Ahmadinejad, Hossein Moussavi, serait assigné à résidence.

Il relate la journée sur son Twitter.

Vers 19 h 30 il écrit : « twitter facebook youtube friendfeed are blocked in Iran #iranelection »

Visiblement, il a une ligne qui fonctionne encore… puis ce message :

« my 256k ADSL is just 1kb/s now, afraid of being disconnected from internet #iranelection »

Mais la ligne tient encore, octet par octet…

Il raconte qu’il n’a jamais vu Téhéran de la sorte, à feu et à sang, avec des détonations… Dans la rue, il entend à la fois les cris « à mort le dictateur », comme ceux d' »Allah ouakbar »… Il raconte la foule qui est dans la rue, les arrestations d’opposants, l’émeute qui gronde.

Son dernier message, à 22 h 30 : « I am out to the streets, will try to get some pictures. #iranelection »

Plus tard, il précise : « We’re not looking for a way to change our regime,we just need some changes, some reforms,80% of people voted for that, but… »

L’Afp confirme ce black out médiatique.

Le site Tehranbureau, bureau de presse consacré à l’Iran et indépendant, s’il déclare ne pas pouvoir confirmer l’arrestation de Moussavi, parle de 50 à 100 morts, suite aux émeutes (Panic on the streets of Tehran. Outside mass protests. Between 50-100 dead).

Il parle d’équipes de télévision de presse française expulsée d’Iran après avoir été violentées (French TV pulls out of Iran, scared, terrified, after being roughed up).

Sur Twitter des messages de solidarité du monde entier demandent de se vêtir en vert, en signe de soutien à la jeunesse iranienne révoltée.

Voici ce qu’on pouvait apprendre à minuit sur la situation à Téhéran ce soir.

Un article du rimbusblog

~ par Alain Bertho sur 15 juin 2009.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :