Affrontements à Oran وهران juin 2009

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Affaire de Haï El-Yasmine : Des versions en attendant l’enquête

03/06/2009

Après le saccage d’un siège de l’OPGI, avant-hier en début de soirée, le calme est revenu dans le quartier de Yasmine I, à Oran-Est, habité par les anciens des Planteurs. Durant la soirée, un des frères de la victime (le jeune Yettou Abdelkader décédé aux UMC après avoir reçu une balle) était en bas de l’immeuble où réside sa famille.

Il recevait les condoléances des visiteurs du quartier et d’ailleurs. Il nous indique que deux officiers de la «centrale» (Sûreté de wilaya) sont passés pour présenter leurs condoléances à la famille. Une démarche pour calmer les esprits sans doute.

Cette veillée funèbre, si on peut l’appeler ainsi, avait quelque chose de sinistre. Les groupes de jeunes éparpillés aux environs du domicile mortuaire étaient presque tous emmurés dans le silence. Sur la route menant au quartier, un important dispositif sécuritaire était déployé.

Certains habitants du quartier, tous des adultes et chefs de famille, nous ont confirmé leur désapprobation du saccage du bureau de l’OPGI. Conscients qu’ils charrient une réputation négative à cause de leur provenance des Planteurs, ils essayent d’endiguer la fougue des jeunes qui se plaignent de la «hogra» qu’ils subissent de la part de certains policiers du 22ème arrondissement.

Après l’apaisement des esprits, on commence à relater les faits de cette journée qui marquera pour longtemps la mémoire de ces citoyens. On affirme que deux individus, non identifiés parce que ne portant ni tenue du corps auquel ils appartiennent, ni exhibant de cartes professionnelles, se sont permis d’ouvrir le portail d’un chantier et s’y sont engouffrés. Le chantier se trouve à une cinquantaine de mètres de l’immeuble de la victime. Le premier qui leur a fait barrage est l’agent de sécurité. Mais ils n’ont pas daigné lui expliquer la raison de leur présence sur les lieux. Ils se sont adressés directement à Yettou pour lui demander de les accompagner.

Demandant des explications, lui qui est réputé être un garçon tranquille de l’avis des grands et petits, les deux «intrus» exhibèrent leurs armes et le tirèrent au milieu du chantier. S’ensuit un mouvement de panique et des cris fusèrent et alertèrent les voisins dont les fenêtres donnent directement sur ce chantier. Deux ou trois coups de sommation sont partis en l’air. Mais les témoins sont catégoriques: le policier dit Samir a dirigé son arme vers la poitrine de sa victime. Les voisins accoururent de toutes parts. Une vingtaine de jeunes se sont retrouvés nez à nez avec celui qui a pris l’habitude avec son collègue de les terroriser. Ils les rouèrent de coups. Blessés, les deux policiers prennent la fuite. C’est à ce moment-là qu’on s’intéressa au sort du blessé qui saignait. On se débrouille une voiture pour l’emmener aux urgences médicales. La suite on la connaîtra une heure et demie après.

Cependant, d’autres versions des faits circulent actuellement à Oran. L’une d’entre elles donne des «faits» différents. En effet, les deux policiers seraient venus au chantier pour interpeller le jeune Abdelkader qui aurait opposé une résistance en utilisant une arme blanche, une hache, semble-t-il, et que les policiers se trouvaient en légitime défense et que l’un d’eux fut blessé et qu’ils se sont enfuis par un autre chantier (chinois) et qu’à ce niveau l’un des deux policiers aurait été blessé par une personne inconnue à l’aide d’une pelle. Les deux policiers auraient par la suite réussi à s’enfuir. L’autre version fait état de l’arrivée des deux policiers à Haï El-Yasmine et auraient pris en flagrant délit le jeune Abdelkader et d’autres jeunes en train d’agresser une personne à l’aide d’une épée. Les deux policiers seraient intervenus et l’irréparable est arrivé.

Néanmoins, tous nos interlocuteurs s’accordent sur deux points. Les coups infligés aux deux policiers l’ont été après leur usage de leur arme à feu et après la blessure mortelle du jeune Yettou Abdelkader. Le second point est que les deux policiers ont pu s’échapper, ce qui réfute l’hypothèse du coma dans lequel se trouve l’un d’eux actuellement.

Par ailleurs, on s’interroge sur le sens d’une rumeur qui a circulé avant la fin de journée d’avant-hier, parlant d’une tentative d’investissement du commissariat par une quarantaine de jeunes. On indique que l’attroupement qui a eu lieu aux alentours de ce commissariat visait à protester contre le harcèlement dont sont victimes les habitants du quartier de la part des deux agents nommés par leur prénom. On indique que le premier responsable de la police judiciaire était sur les lieux et tantôt a tempéré la colère des citoyens et tantôt a usé de menaces à leur endroit.

Entre les différentes versions qui circulent et les rumeurs persistantes, seule l’enquête en cours pourra déterminer le bon grain de l’ivraie et donner la véritable version des faits.

Nous apprenons enfin que l’inspecteur général des services de la DGSN se trouve actuellement à Oran.

Un jeune tué par un policier en Algérie

02/06/2009

Un drame encore inexplicable s’est produit, hier après-midi vers 15h30, à la cité Haï El-Yasmine, à l’est d’Oran. Selon les témoignages recueillis sur place, un policier, connu des jeunes du quartier, s’est présenté en civil au niveau du chantier d’un projet de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) et a interpellé le jeune Yettou Abdelkader, travailleur du chantier, âgé de 26 ans, qui se trouvait à ce moment-là en combinaison de travail. Le policier en civil a ensuite emmené le jeune à l’intérieur du chantier et lui a tiré une balle en plein coeur, selon les mêmes témoignages, avant de prendre la fuite. La jeune victime a été évacuée aux Urgences médico-chirurgicales (UMC) par ses voisins du quartier. Vers 17h30, les parents et les voisins du jeune reçoivent la terrible nouvelle : Abdelkader est décédé.

Par ailleurs, alertés aux environs de 16 h, les policiers du 22e arrondissement de Haï Sabah se sont déplacés sur les lieux, au niveau du chantier, et ont emmené au commissariat un gardien du chantier ainsi qu’un autre témoin pour les interroger sur les faits qui se sont produits. A l’intérieur du chantier, les traces de sang de la victime étaient visibles.

Quelques instants plus tard, les habitants du quartier de Haï El-Yasmine, notamment les voisins de la victime, se sont regroupés devant le commissariat et ont demandé à voir l’un des officiers, en vain. Les habitants ont ensuite regagné leur quartier. Cependant, auparavant, lors de l’attroupement devant le commissariat de police, les jeunes en colère ont saccagé un bus qui se trouvait en stationnement non loin de là. Vers 18 heures, un autre rassemblement a commencé à se former au niveau du quartier en question.

La tension était perceptible et pour éviter tout débordement, une dizaine de fourgons de policiers anti-émeutes ont été dépêchés sur les lieux et ont stationné devant le commissariat du 22e arrondissement de Haï Sabah.
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~ par Alain Bertho sur 2 juin 2009.

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