Affrontements à Akoupé (Côte d’Ivoire) mai 2009

COTE_IVOIRE

 

Après plusieurs jours d`affrontements à Akoupé : La paix scellée entre autochtones et allogènes


lundi 18 mai 2009

“Nos hôtes que nous avons accueillis à bras ouverts, nous les aimons d’autant plus que nous partageons tout ensemble. On se marie entre nous. Nous pardonnons tout ce qu’on nous a causé comme actes, demeurons unis”. Cet appel lancé hier, après-midi, au centre culturel d’Akoupé par le chef central des Akyé, Assi Yao Lambert, n’est pas tombé dans des oreilles de sourds. Puisque le vieux Tahirou Diarra, le représentant de la communauté allogène d’Akoupé a abondé dans le même sens que lui. “Il n’y a rien entre nous, depuis 1954, nous avons été accueillis volontairement par les premiers chefs d’ici. A partir d’aujourd’hui, il n’y a plus rien entre nous et nos tuteurs”, a-t-il fait remarquer.

Ces propos salués par un tonnerre d’applaudissements, scellaient ainsi la réconciliation entre les communautés autochtone et allogène. Qui, suite à la mort du jeune Adjé Djan Prince Rodrigue, élève en 6ème 1 au Lycée moderne d’Akoupé, la semaine dernière et originaire de Bécouéfin, s’affrontaient par jeunes interposés.

Raison pour laquelle, cette frange de la population n’a pas été ignorée et a pris l’engagement de jouer sa partition pour mettre un terme à la belligérance et préserver l’unité dans le département. “A partir d’aujourd’hui, les palabres sont terminées”, dira Adiko Achy, porte-parole de la jeunesse d’Akoupé.

Pour sa part, Dr Koné Losseni, président de la jeunesse du quartier Dioulakro, estime que faire la guerre à Akoupé entre communautés, c’est “faire la guerre contre moi-même”. Parce qu’il a révélé qu’après avoir fait ses études à Abidjan, il a bénéficié du soutien des cadres d’Akoupé où il est actuellement en service. Mais en plus, la mère de son épouse est d’Akoupé et qu’il est donc condamné à vivre en parfaite harmonie avec les populations Akyé. “La guerre est finie”, s’est-il exclamé à la grande joie du public. Tous ces engagements pris de part et d’autre, par les différents intervenants, le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, qui a passé deux jours à Akoupé pour régler ce conflit, leur a demandé de les traduire en actes concrets.

Pour sceller définitivement la paix entre les deux communautés, M. Tagro était présent, depuis samedi, à Akoupé. Il s’est d’abord rendu à Bécouéfin pour exprimer la compassion du président L aurent Gbagbo et présenter ses condoléances à la famille éplorée. Dans cette localité située à 8 km d’Akoupé, il a offert personnellement 500 000 FCFA à la famille endeuillée.

Désiré Tagro a prié les jeunes de ce village de mettre balle à terre malgré la douleur qui les frappe. Après quoi, il a mis le cap sur Akoupé où il a rencontré séparément les communautés Akyé et Malinké dans leurs quartiers respectifs en vue de rapprocher les positions.

Avant de prendre congé de ses hôtes hier, le ministre de l’Intérieur a offert un million à la jeunesse, à la chefferie traditionnelle. Mme Clotilde Ohouochi, Conseiller spécial du président de République chargé de la solidarité et des Affaires sociales, a remis un lot de médicaments d’un montant de 4 millions de FCFA de la part de Laurent Gbagbo et destinés aux blessés. Au nombre de 46 blessés, trois seulement, selon elle, sont encore hospitalisés dont deux cas ont été évacués sur Abidjan.

Akoupé – La réunion de paix tourne court : Le député et le maire pris en otage

 

samedi 16 mai 2009

A Akoupé, la réunion de réconciliation initiée hier par les élus locaux pour tenter de rapprocher autochtones et allochtones s’est achevée dans une débande générale.
Akoupé, salle de conférence de la sous-préfecture. La réunion de réconciliation convoquée par les élus locaux pour tenter de ramener le calme dans la ville se déroule dans une bonne ambiance. Selon plusieurs témoins, les échanges ont pourtant lieu en l’absence des dignitaires religieux musulmans et les autorités coutumières allochtones. Ceux-ci craignant pour leur sécurité – quelques foyers de tension existaient toujours en ville – ont choisi de rester à la maison. Ils sont toutefois bien représentés aux côtés de leurs « tuteurs » par plusieurs responsables de jeunesse, dont ceux du « Quartier Dioulakro ». Tour à tour, le maire et le député de la ville prononcent des discours d’apaisement. Ils invitent les deux parties à la retenue expliquant qu’Akoupé devrait plutôt s’enrichir du brassage multiethnique qui le caractérise. Soudain, des bruits se font entendre dehors. Une horde de jeunes autochtones dont l’un tenait dans les bras un bébé dans un état critique, font irruption dans la salle. Ils en veulent à la police et à la gendarmerie qu’ils accusent d’être à la base du mauvais état de l’enfant. «Ils ont gazé les populations innocentes aux alentours du marché et ils ont failli tuer ce bébé», lance l’un d’eux en colère. Que s’est-il donc passé aux alentours du marché pour que les Fds (Forces de défense et de sécurité) fassent usage des grenades lacrymogènes ? Nos informateurs sont restés évasifs sur la situation évoquant tantôt une volonté des agents de repousser des pillards, tantôt une action visant à disperser des Attiés décidés à en découdre avec les Dioulas. Les éclats de voix ont totalement perturbé la réunion. C’est le froufrou dans la salle. Les élus compatissent. Ils tentent de calmer les esprits promettant qu’ils vont demander des comptes aux Fds. Sur leurs instructions, le bébé est aussitôt transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins appropriés. Malgré ce geste, la tension ne baisse pas. C’est qu’au fil de leurs démarches, les élus rencontrent un mur d’incompréhension. Ils découvriront un peu plus tard qu’en fait, une grosse part de la colère des jeunes Attiés se dirige contre eux aussi. «Ils y avait de nombreux jeunes qui accusaient le maire, mais surtout le député d’être des traîtres. Selon eux, au lendemain des violentes manifestations de mercredi, alors que les populations étaient attaquées par les Dioulas, le député Mollé Mollé s’est rendu à sa plantation. Le maire, Paul Adouan Atsé, lui, n’aurait pas pris fait et cause pour les autochtones», raconte un participant à la rencontre. Pour étayer leurs propos, les manifestants évoquent les discours qui venaient d’être tenus par ces deux élus. Ceux-ci avaient effectivement défendu aux populations de tenter de se faire justice devant des situations similaires, même s’il s’avère qu’elles ont effectivement raison. Ils leur avaient également demandé de faire confiance aux forces de l’ordre et en la justice. Ces propos en rajoutent à la colère des jeunes qui dégonflent les pneus des véhicules du député et du maire dehors. Les deux personnalités privées de moyens de locomotion se retrouvent coincées à l’intérieur. La foule se fait de plus en plus menaçante obligeant les Fds à réagir à coups de matraque et de grenades lacrymogènes. C’est finalement dans une débandade générale que s’achève la réunion. Les élus locaux sont exfiltrés par les agents qui continueront d’essuyer la colère des jeunes Attiés jusqu’en fin d’après-midi. En début de soirée, le préfet de la région, Dosso Adama a rencontré les jeunes et leurs parents pour tenter à son tour d’arracher le retour au calme. Visiblement avec succès puisque selon plusieurs sources, le calme régnait dans la ville au moment où se tenait cette rencontre. Arrivé dans la ville, le ministre Patrick Achi, fils de la région, a lui aussi échangé avec les autochtones et les allochtones. Toutes nos tentatives pour arracher des réactions au maire et au député sont restées vaines. Rappelons qu’un conflit interethnique né de la mort par arme à feu d’un lycéen a mis Akoupé à feu et à sang depuismercredi.

Un bébé et un gendarme blessés,le Préfet et le sous-préfet délogés. La ville toujours paralysée

samedi 16 mai 2009

Quarante huit heures après le début des émeutes, la situation délétère persiste dans la ville d’Akoupé, située à une centaine de kilomètres à l’est d’Abidjan. Avec la guérilla urbaine installée par les deux groupes d’émeutiers qui s’affrontent, la situation devient inquiétante. Pis, ces émeutiers hostiles à la présence des Forces de l’ordre venues en nombre impressionnant ont tenté à plusieurs reprises de s’opposer aux patrouilles. Elles ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements. Des jeunes gens ont répliqué en jetant des pierres en direction des Forces de l’ordre qui ont d’ailleurs intensifié l’utilisation des lacrymogènes. C’est la débandade dans la ville. Au bilan de cet affrontement, il faut noter la blessure à la lèvre supérieure (ouverte par une pierre lancée depuis la foule) d’un gendarme. Il y a également un bébé d’environ un mois qui a reçu une forte dose de lacrymogène. Etouffant pratiquement dans la main de sa mère, le pauvre bébé a perdu connaissance. Ceci a révolté des centaines de jeunes qui ont arraché le môme des mains de sa mère en pleurs. C’est au pas de course soutenu par des chants guerriers que cette horde de jeunes débarquent à la sous-préfecture où se tenait une réunion de crise dans la salle de conférence. Très en colère, ces jeunes gens aidés de certains élèves délogent le préfet Dosso Adama, Mme Juliette Ahoulo, sous-préfet et toute la délégation composée du maire Atsé Paul, du député Molley-Molley, du maire d’Affery Kouamé Jacques et des chefs coutumiers. Le préfet et sa suite se refugient au premier étage du bâtiment de la Sous-préfecture où ils tiennent finalement une réunion de crise dont les conclusions vont incessamment être communiquées aux populations. Ceci a amené les Forces de l’ordre à intensifier les patrouilles. La ville restée toujours paralysée. Toutefois, la route internationale (Abidjan-Abengourou) qui traverse la ville est ouverte à la circulation. Il faut également noter qu’à la suite de la fermeture du marché principal de la ville, des marchés de fortune sont visibles dans les différents quartiers. Il est bon de signaler que depuis le mercredi 13 mai dernier, les communautés autochtones (Attié) et allochtones (Dioula) s’affrontent à la suite de la mort d’Adjia Djan Prince Rodrigue, élève en 6ème 1 au lycée moderne d’Akoupé abattu par un tueur embusqué. Un bilan partiel fait état de 39 blessés dont 22 par balles.

 

 

Akoupé – Les affrontements Akyé-Dioula continuent : Encore 3 blessés graves dont un gendarme hier

samedi 16 mai 2009 –

Les affrontements meurtriers entre les communautés Akyé et Dioula, débutés mercredi 12 mai 2009 dernier se sont encore poursuivis hier vendredi 15 mai. Outre la perturbation des différentes activités de cette ville, l’on a également enregistré trois (3) blessés graves dont un élément de la gendarmerie nationale.

Le calme et la sérénité ne sont pas encore revenus à Akoupé, en dépit des intenses négociations entamées par les autorités. Comme les jours précédents, les affrontements entre Akyé et Dioula se sont encore poursuivis hier. Si dans la matinée, tout a semblé se dérouler normalement, nos sources attestent cependant que les choses se sont encore compliquées aux environs de 11h. Où des coups de feu ont commencé à être tirés dans tous les sens. Ensuite, se sont ensuivis de violents affrontements qui ont entraîné trois ( 3) blessés graves dont un élément de la gendarmerie nationale. Pour la journée d’hier, l’on n’a pas dénombré (heureusement !) des blessés par balles, selon une source proche de l’hôpital d’Akoupé, tous les trois (3) blessés l’ont donc été par armes blanches. De sorte que la réunion qui devrait se tenir à la sous-préfecture pour colmater toutes les brèches s’est malheureusement terminée en queue de poison. Pis, la délégation du ministre de l’Intérieur, selon notre interlocuteur, a été séquestrée des heures durant par les deux belligérants. Akoupé était de ce fait, une ville morte et totalement déserte hier. Les populations, de peur d’éventuelles représailles, se sont encore terrées. Pendant ce temps, le commerce, le transport et les autres activités étaient inexistants. Le nombre de victimes, après les trois (3) d’hier, est désormais passé à 44 blessés dont 23 par balles et 21 par armes blanches. Selon nos sources, les cas les plus graves ont été évacués sur Adzopé. Hier, au moment où nous bouclions, la psychose s’était toujours installée dans toute la ville. Vivement donc que les autorités réagissent, avec promptitude, avant qu’il ne soit trop tard. Les cadres et élus de cette région gagneraient donc à aller tempérer les ardeurs de leurs parents afin d’éviter l’irréparable. Car la violence, d’où qu’elle vienne, et quel qu’en soit le motif, demeure un acte condamnable.

Akoupé : Affrontement inter-ethnique : Le préfet et la chefferie séquestrés hier- Le ministre Patrick Achi en pompier

samedi 16 mai 2009

L’accalmie trouvée par le préfet d’Akoupé M. Dosso Adama, avant-hier dans le cadre des affrontements entre autochtones Akyé et allogènes malinkés n’a pas fait long feu. Hier encore, de violents affrontements ont éclaté entre les deux communautés. On se souvient que les attaques intercommunautaires ont débuté suite à l’assassinat, dans la nuit du mardi dernier, d’un jeune élève d’ethnie Akyé par un membre de la communauté malinké. Ce dernier aurait pris le jeune Adjia Djan Prince Rodrigue pour un voleur au moment où celui-ci aux environs de minuit ou 02h du matin s’apprêtait à cueillir une mangue à son domicile. Hier matin, donc, les affrontements ont repris de plus belle. La situation était très tendue. Le préfet Dosso Adama, le secrétaire général de préfecture, les sous-préfets d’Akoupé et d’Affery ainsi que la chefferie ont été séquestrés par les manifestants (des jeunes) pendant plus de 4 heures à la sous-préfecture. Le député FPI, Mollé Mollé a failli être lynché. Les jeunes lui reprochent de ne pas venir souvent à Akoupé et de ne rien faire pour eux. Son véhicule a été complètement saccagé. Deux gendarmes, Mdl chef Konan et Mdl Gbané des contingents de forces de l’ordre déployés pour maintenir l’ordre ont été blessés. Même la présence du Directeur général de la police, le Général Brindou M’bia, le matin, dit-on, n’a pu apaiser les belligérants. Informé de tout cela, le ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi, fils de la région Akyé a effectué le déplacement d’Akoupé. A son arrivée, le commissaire Brou a dans un premier temps fait l’état des lieux. Il a notamment expliqué que l’auteur du crime du jeune Rodrigue n’a pas encore été identifié. Le commissaire Brou a fait savoir aussi qu’on dénombre plus de 40 blessés, 22 par balles et les autres par les armes blanches. Le ministre Achi a ensuite rencontré le corps préfectoral et les différentes communautés à la salle de réunion de la Préfecture d’Akoupé. Il a réussi à faire admettre aux deux communautés la nécessité d’engager le dialogue sous la supervision du maire Atsé Adouan Paul et de M. Yapo Calix, Directeur général adjoint de l’Ageroute. Le Ministre Achi Patrick s’adressant aux belligérants a lancé un appel aux jeunes afin qu’ils se calment parce qu’on ne peut pas trouver de solution dans la violence. Le défi à relever, a dit le ministre, est le défi de l’emploi et de la survie. Rendez-vous a donc été pris par les différentes communautés pour le début du dialogue aujourd’hui même. Après le ministre Patrick Achi, le préfet a annoncé l’arrivée aujourd’hui à Akoupé du ministre de l’Intérieur, M. Désiré Tagro.

Encore des affrontements violents, hier :39 blessés dont 22 par balles, 12 cas graves

vendredi 15 mai 2009 par Alain BOUABRE

Hier, jusqu’à 16 heures, la tension était encore très vive dans la ville d’Akoupé. C’est que depuis le matin, ce jeudi 14 mai 2009, les affrontements entre les communautés autochtones (Attié) et allochtones (Dioula) ont repris de plus belle, après une accalmie la veille. 16 blessés dont 7 par balles ont été enregistrés à l’hôpital de la ville au moment où nous quittions les lieux. Ce qui portait à 39 le nombre de blessés selon le bilan que nous a présenté à 15 h 40min, le médecin chef Kouo Jean-Louis. 12 de ces blessés dont les cas semblaient graves, aux yeux des médecins, ont été évacués sur Adzopé pour recevoir des soins plus appropriés. En effet, hier jeudi, peu avant-midi, lorsque nous débarquons au centre de la ville, Akoupé a mauvaise mine. Elle présente les allures d’une ville abandonnée où habitations et commerces avaient été détruits. Des voies étaient jonchées de bouts de bois, de pierres et de pneus enflammés. Les picotements des yeux que nous ressentons nous indiquent que les forces de l’ordre venaient de disperser des manifestants à coups de bombes lacrymogènes. Des familles attroupées devant chez elles assistent plutôt de loin aux différents mouvements des éléments des forces de l’ordre veillant au grain. A la préfecture, le gouverneur Dosso Adama, entouré du secrétaire général de préfecture, du sous-préfet d’Akoupé et de celui d’Afféry, nous explique que tout est en train d’être mis en œuvre pour calmer les différentes communautés. Peu de temps après, le préfet Dosso reçoit un coup de fil l’informant des échauffourées au quartier Jacqueville. Il entre alors en contact avec les chefs des détachements des Forces de l’ordre afin que celles-ci s’y déploient. Nous prenons congé de l’autorité administrative puis mettons le cap sur les principaux théâtres des affrontements. Aux quartiers ‘’indiens’’, ‘’Jacqueville’’ et ‘’Tchad’’, deux camps que tentent de disperser les forces de l’ordre, se tirent dessus. Armé de fusils artisanaux, de machettes, de haches et de gourdins, chaque bloc, d’un côté les jeunes autochtones et de l’autre ceux des allochtones, affichait sa détermination à en découdre, en dépit des manœuvres de dissuasion des forces de l’ordre. Une situation qui a duré plus de trois heures et au terme de laquelle les différents ‘’ combattants’’ ont regagné leurs quartiers respectifs, grâce aux interventions des autorités administratives, aux élus (maire et député), aux chefs coutumiers. A son domicile, Yao Assi, le chef de la communauté Attié, chef de village d’Akoupé, accepte d’échanger avec nous sur la situation qui prévaut dans la ville. « Je ne suis pas content de la communauté dioula. C’est l’un des siens qui a tué. Il aurait pu approcher la notabilité et poser le problème. Nous aurions pu régler les choses et on aurait évité tous ces affrontements. Cela n’a pas été le cas. Et c’est bien nous qui sommes obligés d’aller vers eux pour régler le problème. Nous sommes condamnés à trouver des solutions et nous allons nous y atteler. Mais que les jeunes allochtones arrêtent de faire de la provocation », déplore le chef Assi. Au quartier ‘’ Tchad’’ où vit la communauté Dioula, c’est le calme plat. Le chef de quartier est indisponible. Il est occupé, dit-on, à ramener tout le monde à la raison. Il n’a pu se prêter à nos questions. A l’hôpital d’Akoupé, le directeur départemental de la santé, Dr Toa Bi Laurent a mis en place une cellule d’urgence et de catastrophe. Tout le corps médical a été réquisitionné et les médecins des localités environnantes sont spontanément venus prêter main forte à ceux déjà sur place. La pharmacie publique a été sollicitée et des lots de produits sont incessamment attendus pour mieux traiter les blessés. Il faut rappeler que la mort tragique d’Adjia Djan Prince Rodrigue, élève en 6ème 1 au lycée moderne d’Akoupé, tué dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 mai 2009, aux environs de 2 heures du matin, est à l’origine de ces affrontements. Selon des témoignages concordants, Adjia, en compagnie de ses camarades, traversait le quartier ‘’Tchad’’ quand son attention a été attirée par une mangue tombée sur le toit d’une maison. Il tente de grimper sur le manguier à l’aide d’un banc afin de se procurer le fruit en question. C’est ainsi qu’une personne embusquée, l’ayant pris, dit-on, pour un voleur, n’a pas hésité à ouvrir le feu sur l’élève. Adjia Djan Prince Rodrigue qui a reçu la décharge de chevrotines en est mort sur le champ. Au petit matin du mercredi, les informations ont fait le tour de la ville, provoquant ainsi des affrontements.

Affrontements interethniques : Akoupé à feu et à sang hier

jeudi 14 mai 2009

La ville d’Akoupé a été le théâtre de violents affrontements, hier, entre les populations autochtones qui accusent les allochtones d’avoir assassiné un jeune du terroir.

Akoupé, cité du Sud-Est de la Côte d’Ivoire, située à 142 km d’Abidjan ressemblait hier, à une ville fantôme. Populations (surtout les femmes et les enfants) terrées chez elles, des rues désertes avec des projectiles de tout genre jetés ça et là, des étals en pièces détachées au marché, des pneus brulés en milieu de voie d’où s’échappaient des fumées noires… Tel était le décor qu’offrait cette partie du pays akyé en fin d’après-midi ou un impressionnant détachement de la police nationale (celle du commissariat locale et le renfort en provenance d’Adzopé) avait pris position. Selon des témoignages recueillis sur place, durant toute la journée, cette bourgade de 32.662 habitants a été le théâtre de violents affrontements entre les populations autochtones (les Attié) et les allochtones (composées essentiellement de Dioula et de ressortissants des pays voisins du Nord).

Des versions contradictoires

La cause de cette guerre est la mort d’un Attié dans le “quartier” dioulakro. Evidemment, les versions livrées de part et d’autre par les « combattants » sur les raisons de la dégénérescence de ce drame en conflit interethnique sont diamétralement opposées. La première provient des « étrangers ». Elle indique que les faits remontent à la veille, dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 mai. Aux alentours de 2h30 du matin, le jeune homme (la future victime), originaire d’un village de la commune d’Akoupé et sa bande auraient investi le domicile d’un habitant du quartier dioula avec des intentions manifestement peu amicales. Le propriétaire des lieux, un allochtone qui croit identifier formellement des braqueurs ouvre le feu à l’aide d’un fusil de fabrication artisanale. Les acolytes du jeune homme prennent la fuite. Mais, lui-même est mortellement atteint. La police est alertée pour faire le constat d’usage. Faux ! Rétorque un autre habitant de la ville, qui, lui, se veut porte-voix des autochtones. Selon sa version des faits, la victime se nomme Jean Prince. Elève au lycée moderne d’Akoupé, fils de la région, habitant de la ville, il revenait d’une promenade nocturne avec ses amis. En passant devant la cour d’un habitant du quartier dioula, il a entendu le bruit d’une mangue qui est tombée d’un arbre. Jean Prince aurait tenté de grimper sur le toit de la maison pour aller récupérer la mangue. «Sachant bien, qu’ils avaient affaire à un jeune du quartier, les habitants de ce quartier ont tiré sur lui. Ils l’ont fait exprès», jure notre interlocuteur. Joint par téléphone, le maire-résident de la ville, Ohoueu Edmond Amari corrobore cette seconde version, laissant croire en la piste d’une bavure ou d’une méprise sur la qualité et les intentions de la victime au moment de sa mort. Il nous recommande fermement de rechercher la version de la police qui a été alertée après les faits et a fait le constat d’usage. Mais, toutes nos tentatives pour joindre le chef des forces de l’ordre de la ville sont restées vaines. «Seul le commissaire peut vous parler. Mais, il est très pris sur le terrain à cause des manifestations», a lâché un policier joint par téléphone. En l’absence de l’arbitrage du responsable de forces de l’ordre, les deux films des faits ont fait leur chemin au sein des différentes communautés. Les Attiés ont battu le rappel des troupes annonçant en ville comme dans les villages environnants que les «Dioulas ont tué de sang froid un digne fils de la région». Ils crient donc vengeance. De leur côté, les allochtones qui crient à la manipulation jurent que c’est «juste un voleur qui a été tué». Ils refusent de se laisser avoir. Ainsi mercredi matin, les Attié sonnent la charge. Ils s’attaquent aux étals des commerçants pour la plupart des Dioulas, saccageant et incendiant tout sur leur passage.

Vengeance, vengeance

Les allochtones qui tentent de s’interposer sont pris à parti. Ainsi, explique un commerçant victime des saccages, les jeunes dioulas ont été pris en chasse à coups de machette et de pierres jusque dans le « quartier korhogolais » où ils auraient même essuyé des tirs à l’arme de fabrication artisanale. «L’un des nôtres a reçu 4 balles dans le dos, mais il n’est pas mort. Sept personnes ont été blessées à la machette. Elles sont toutes à l’hôpital de la ville. A l’heure où je vous parle, nous préparons la riposte», explique cet autre habitant qui n’a toutefois pas été en mesure de décliner les identités des blessés. Quelques minutes plus tard, nous apprendrons que les populations allochtones ont été freinées dans leur élan d’une nouvelle vengeance par l’arrivée des renforts de la police en provenance d’Adzopé. Mais, la tension était toujours perceptible dans la ville. Dr Koné, président des jeunes du quartier dioulakro que nous avons contacté a expliqué tous les efforts qu’il lui a fallu déployer pour instaurer le calme dans son camp. «J’essaye de calmer mes frères. Mais c’est difficile. Quand je réussis à les faire entrer, un autre groupe se soulève dans un autre secteur en disant que les Attié arrivent. La ville est à feu et à sang. Mes frères veulent descendre sur les quartiers attié pour rendre leur coup. Les parents des blessés me demandent de venir à l’hôpital pour faire le constat de leurs malheurs. Mais, je suis obligé moi-même de rester vigilant pour protéger ma vie. Je suis fatigué», a-t-il confié. Avant d’affirmer qu’il a appelé les autorités locales (maire, préfet et député) au secours des populations. Environ une heure après cet échange, soit aux alentours de 16h15, le maire résident d’Akoupé nous rassurait que le calme était revenu dans la cité. «Nos actions en faveur de la paix ont payé. Nous avons sollicité les autorités coutumières et religieuses des différentes communautés qui ont appelé les jeunes et leurs parents au calme. C’est vrai qu’il y a eu des jets de pierres et des blessés, mais la tension a baissé. Jusqu’à demain, nous allons nous retrouver pour parler et taire définitivement les palabres», a assuré Ohoueu Edmond Amari.

Akoupé : Des affrontements font 23 blessés

jeudi 14 mai 2009

La ville d’Akoupé est devenue un champ de bataille dans la journée d’hier. Les entrées et sorties ont été barricadées par des jeunes. Les étalages au marché, les boutiques et autres biens appartenant à des commerçants de la communauté malinké et des allogènes ont été attaqués et pillés. Cette violence a fait 20 blessés par balle dans le camp de cette communauté 2 autochtones blessés à l’arme blanche. un allochtone aussi a reçu une balle perdue. A l’origine de ce grabuge, la mort par balle d’un élève de la classe de 6ème d’Akoupé, dans le quartier Dioulakro. C’était à 1 h 30 dans la nuit de mardi à mercredi. En compagnie de 7 amis, il aurait entendu le bruit d’une mangue tombée sur un toit et, c’est en allant la récupérer que le maître des lieux, pensant à un voleur, a ouvert le feu et l’a abattu. C’est donc en représailles que cette action a été menée dans la matinée. Pour éviter que la situation ne dégénère davantage, le préfet du département d’Akoupé, Dosso Adama, a fait appel à un renforcement des forces de défense et de sécurité de sa localité. Des gendarmes de la compagnie et des brigades d’Adzopé et d’Agou. Le préfet s’est rendu à Békoueffin, village de l’élève abattu, où il a rencontré ses parents et le bureau local de la Fesci.

Apres la mort d`un eleve de 6e – Violents affrontements entre Attié et Dioula à Akoupé

jeudi 14 mai 2009

Cruel destin pour un élève de 6e, dans la fleur de l’âge, et dont le nom ne nous a pas été communiqué. Alors qu’il accompagnait huit (8) de ses camarades, mardi nuit, aux alentours de 23 heures, il aperçoit sur un toit, au quartier Hôpital, une mangue  » joliment  » mûre. Il décide dès lors de se l’offrir. Ses amis l’en dissuadent. Mais il s’entête. Las de faire raisonner leur ami, les autres continuent leur chemin. Soudain ils entendent une détonation, suivie d’un cri strident. C’est leur ami qui vient d’être fusillé par l’objectif d’un calibre 12. Pris de panique, ils prennent la direction de la gendarmerie. Là, selon les témoignages, les gendarmes ont refusé d’intervenir. A la police où ils se sont rendus par la suite, c’est le même refus. Le lendemain, le corps sans vie du gamin est étendu là, au pied de la maison, sur le toit de laquelle luit une mangue  » joliment  » mûre. La nouvelle a pris la ville comme une trainée de poudre. Les Attié demandent alors à la Fesci l’attitude à tenir. Les responsables du mouvement estudiantin mesurent vite les risques d’implosion, et refusent d’entrer dans ce combat ethnique à l’issue incertaine. Qu’à cela ne tienne ! Les Attié auraient décidé de se rendre justice en commençant par saccager les commerces tenus par les  » Dioula « . La réplique ne se fait pas attendre. Chaque camp s’arme en fonction de la gravité de la situation. Les casses de magasins virent à de violents affrontements. Le bilan est lourd : 20 blessés dont deux (2), grièvement et transportés d’urgence à l’Hôpital d’Abengourou. Le coordonnateur départemental de la Fesci, Gérard Gora Digbeu, que nous avons joint a confirmé les informations relatées plus haut. Mais il a ajouté que la situation est sous le contrôle des policiers partis d’Adzopé, dans une tension perceptible. Nous y reviendrons.


Akoupé est une ville du Sud-Est de la Côte d’Ivoire, située à 142 kms d’Abidjan. Précédemment chef-lieu de sous-préfecture rattachée à la circonscription départementale d’Adzopé, Akoupé est elle-même érigée en département devenu fonctionnel depuis juin 2007. Les populations autochtones de cette localité appartiennent au groupe ethnique Attié, également nommé Akyé.

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~ par Alain Bertho sur 15 mai 2009.

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