Montréal contre les brutalités policières 15 mars 2009

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Manifestation contre la brutalité policière. Plus de 200 arrestations

http://www.radio-canada.ca

Lundi 16 mars 2009

La manifestation annuelle dans le cadre de la Journée internationale contre la brutalité policière a eu lieu dimanche après-midi à Montréal.

Des centaines de manifestants, d’abord rassemblés près du métro Mont-Royal, se sont déplacés vers le sud, après un discours des organisateurs, des membres du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP).

L’itinéraire de la marche qui suivait n’était pas connu. On pensait au départ que les manifestants se dirigeraient vers les bureaux de la Fraternité des policiers de Montréal, près du métro Laurier.

Après de premiers accrochages sur l’avenue du Mont-Royal, les manifestants ont plutôt opté pour la direction sud, empruntant la rue Saint-Denis. Un autre rassemblement à l’intersection des rues Sherbrooke et Saint-Denis a donné lieu à de nouveaux affrontements entre manifestants et policiers.

Les protestataires ont ensuite poursuivi leurs déplacements, de manière plutôt désorganisée, vers le centre-ville.

Les incidents les plus importants ont eu lieu dans le secteur de la Place des Arts, à côté du quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). De nombreux projectiles ont été lancés en direction des policiers.

Selon le SPVM, l’effondrement partiel de la façade d’un édifice a permis à certains manifestants d’utiliser des briques comme projectiles. Un groupe de quelques dizaines de manifestants, considéré comme le noyau dur, a été encerclé par les policiers en début de soirée.

Selon le SPVM, 32 arrestations en vertu du Code criminel ont eu lieu, tandis que 189 personnes ont été interpellées pour des infractions aux règlements municipaux. Des arrestations avaient été effectuées avant même le début de la manifestation, certaines pour possession d’objets pouvant servir d’armes.

Il n’y a finalement pas eu de grands débordements. Des bâtons et cailloux ont été lancés. Des incendies mineurs ont été allumés. Deux policiers ont été blessés, dont un atteint au bras par une brique.

Sur l’avenue du Mont-Royal, les vitrines de certains commerces ont été cassées ou encore aspergées de peinture.

Un événement annuel

Selon ses organisateurs, la manifestation vise à dénoncer l’impunité dont jouissent les policiers. Elle donne souvent lieu à des affrontements entre les forces de l’ordre et une partie des manifestants. Chacun des groupes accuse généralement l’autre d’avoir mis le feu aux poudres.

Selon Francis Dupuis-Déri, professeur en science politique à l’Université du Québec à Montréal, le grabuge peut difficilement être évité dans ce genre de rassemblement, car les manifestants sont encadrés par ceux-là mêmes qu’ils dénoncent.

Cette année, l’atmosphère était particulièrement tendue, en raison des événements qui ont entouré la mort du jeune Fredy Villanueva, dans un parc de Montréal-Nord, en août dernier. Les organisateurs soutenaient que l’affaire avait exacerbé la colère des manifestants, qui accusent notamment les policiers de faire du profilage social et racial, en ciblant certains groupes culturels ou des individus marginaux. Les organisateurs disaient ne pas encourager la violence, mais comprennent en même temps la colère des manifestants.

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Les policiers arrêtent une cinquantaine de personnes lors de la manifestation

MONTREAL — La manifestation annuelle de la Journée contre la brutalité policière s’est soldée, dimanche après-midi à Montréal, comme l’avait anticipé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), par des incidents de violence et de vandalisme ainsi que par plus de 200 arrestations.

Quarante-huit personnes ont été arrêtées en vertu du Code criminel tandis que plus de 150 ont été interpellées pour avoir violé certains règlements municipaux.

« Au terme de ce qui a été une marche pacifique, il y a eu des actes de violence et de vandalisme », a indiqué le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière.

« Les individus n’ont pas été arrêtés (au début de la manifestation) en raison de leur apparence, mais parce qu’ils avaient sur eux des armes, comme des bâtons ou des choses qu’ils pouvaient lancer », a-t-il expliqué, ajoutant que certaines de ces personnes ont été arrêtées par mesure préventive.

Au moins un policier et une personne ont été blessés. Le policier a reçu une brique sur le bras, a précisé M. Lafrenière.

Des projectiles, dont une fusée éclairante, ont été lancés vers les policiers sur l’avenue du Mont-Royal au début de la manifestation, qui était organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière. D’autres arrestations ont eu lieu à cet instant. Des incendies mineurs ont également été allumés dans des poubelles et des boîtes aux lettres ont été renversées.

Plusieurs centaines de personnes s’étaient regroupées autour de la station Mont-Royal.

Les quelques centaines de policiers déployés sur les lieux, certains en tenue anti-émeute et d’autres à dos de cheval, ont dû jouer au chat et à la souris avec les manifestants, qui ont tenté de déstabiliser les forces de l’ordre en se séparant en petits groupes pour chacun se diriger dans différentes directions.

Les organisateurs avaient refusé de dévoiler leur itinéraire.

Des images des réseaux de télévision ont montré certains manifestants qui lançaient des roches en direction de commerces, notamment des hôtels, ainsi que des marcheurs qui se couvraient le visage, en raison du gaz lacrymogène qui a été utilisé par les forces de l’ordre.

Quelques dizaines de personnes se sont également rassemblées autour de la Place des arts, coin Sainte-Catherine et Saint-Urbain et ont lancé des projectiles en direction des policiers. Ces derniers ont encerclé un petit groupe de manifestants et la police a par la suite affirmé que la situation était sous contrôle.

Le début de la manifestation a été retardé en raison de l’interruption du service de métro sur la ligne orange pendant au moins 30 minutes. La Société de transport de Montréal a raconté qu’un passager aurait actionné un rupteur de courant, ce qui a arrêté une rame entre deux stations. La STM a dû faire appel aux policiers car des personnes s’étaient aventurées dans le tunnel.

Avant la manifestation, un porte-parole a prononcé un discours dénonçant les déclarations de la Fraternité des policiers de Montréal après l’affaire Villanueva. Une autre porte-parole a aussi lancé un appel au calme.

« Nous ce qu’on veut que les gens comprennent, c’est que la tactique de la police, c’est de nous décrédibiliser pour que notre message ne se fasse pas entendre, puisque c’est un peu dérangeant ce qu’on dit », a expliqué avant le début de la marche le porte-parole du Collectif, Pierre Francoeur.

« Le but de notre manifestation, c’est de dénoncer les impunités et le fait qu’il y ait eu 43 morts aux mains de la police depuis 1987 (à Montréal) », a-t-il ajouté.

Les policiers craignaient le pire, cette année, en raison de l’incident qui s’est soldé l’été dernier par la mort de Fredy Villanueva, qui était âgé de 18 ans. Les autorités avaient sommé les propriétaires de commerces du centre-ville d’être prudents, leur suggérant de vider leurs vitrines d’objets qui pourraient être utilisés comme projectiles.

William Sloan, un avocat qui participe régulièrement aux manifestations contre la police, a dit souhaiter que le message de la marche ne soit pas éclipsé par les incidents de violence.

« Le but de la manifestation, ce n’est pas de faire du grabuge, mais de faire du bruit. Parce que la brutalité de la police, le racisme de la police et le silence de nos élus face à ces questions-là, c’est ça le problème. Il faut qu’on se plaigne et qu’on se plaigne fort », a-t-il soutenu.

Cette manifestation contre la brutalité policière donne lieu chaque année à des dizaines d’arrestations, pour vandalisme et voies de fait notamment. L’an dernier, une quarantaine de personnes ont été arrêtées.

Le Collectif opposé à la brutalité policière soutient que les policiers abusent de leurs pouvoirs, et bénéficient de la complicité des tribunaux et des gouvernements.

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Après-midi houleux à Montréal: 200 arrestations


lundi 16 mars 2009

Mots clés : SPVM, Brutalité policière, Code criminel, Manifestation et émeute, Montréal, Québec (province)

Plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le cadre de la manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), hier après-midi, à Montréal. Quelques centaines de personnes ont participé à ce jeu du chat et de la souris annuel qui aura duré près de six heures et dont le terrain a été le coeur de la métropole québécoise.

<!– –>Quarante-huit personnes ont été arrêtées en vertu du Code criminel alors que plus de 150 autres ont été interpellées pour avoir violé des règlements de la Ville de Montréal. «Les individus n’ont pas été arrêtés en raison de leur apparence, mais parce qu’ils avaient sur eux des armes, comme des bâtons ou des choses qu’ils pouvaient lancer», a indiqué le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Lafrenière, ajoutant que quelques-unes de ces personnes ont été arrêtées par mesure préventive.

Au moins une personne et un policier ont été blessés. Ce dernier aurait reçu une brique sur le bras, selon le SPVM.

Le COBP s’est gardé de dénoncer le grabuge fait par quelques-uns des manifestants. Toutefois, «nous, nous ne l’encourageons pas», a précisé le porte-parole du COBP, Pierre Francoeur. Selon le COBP, «il y a eu 43 morts aux mains de la police depuis 1987». «Le but de notre manifestation et de tout le travail qu’on fait depuis 15 ans, c’est de dénoncer ces impunités-là», a indiqué Pierre Francoeur quelques minutes avant que le coup d’envoi de la manifestation ne soit donné.

«[Les policiers] ne respectent pas la loi, ils font la loi. Ils ont un badge, un gun: ils ont le pouvoir», a lancé un manifestant. À côté de lui, un homme tenait fermement une pancarte où une photographie du policier Jean-Loup Lapointe qui a tiré à quatre reprises sur Freddy Villanueva, 18 ans, en août dernier dans l’arrondissement de Montréal-Nord, surmontait la phrase: «Brutalité policière, brisons le silence. Recherché pour meurtre.»

«Freddy Villanueva a été assassiné par l’agent Jean-Loup Lapointe. C’est ça que le monde doit comprendre. C’est ça qu’il faut dire», a déclaré le porte-parole du COBP, Pierre Francoeur, aux dizaines d’individus réunis devant lui. Le Collectif s’est dit dégoûté qu’aucune accusation criminelle n’ait été déposée contre les agents Jean-Lapointe et Stéphanie Pilotte.

Une centaine de personnes se sont agglutinées, vers 14h, devant l’entrée du métro Mont-Royal pour, quelques minutes plus tard, descendre dans la rue où les premiers affrontements entre des policiers et des manifestants ont éclaté.

À 14h45, sous des fusées éclairantes, des bouteilles de plastique et de verre, mais aussi des fruits, ont été lancés en direction des policiers de l’escouade anti-émeute qui bloquaient l’avenue du Mont-Royal à la hauteur de la rue Berri.

«Les gens ne connaissent pas leurs droits et [les policiers] en profitent», a lancé un manifestant. Pourquoi, je suis jeune, je suis marginal à leurs yeux, je ne « fitte » pas dans le moule de la société?»

Des incendies ont été allumés dans des poubelles. Des dizaines de vitrines, dont celle de la porte d’entrée de l’hôtel Hilton Garden Inn de la rue Sherbrooke, ont aussi volé en éclats. Plusieurs autres méfaits mineurs ont également été commis.

Quelques passants profitant du beau temps ont aussi été pris à parti entre les policiers et les manifestants.

«Le but de la manifestation, ce n’est pas de faire du grabuge, mais de faire du bruit. Parce que la brutalité de la police, le racisme de la police et le silence de nos élus face à ces questions-là, c’est ça le problème. Il faut qu’on se plaigne et qu’on se plaigne fort», a pour sa part indiqué l’avocat William Sloan.

Le début de la manifestation a été retardé en raison de l’interruption du service de métro sur la ligne orange pendant une heure. La Société de transport de Montréal a expliqué qu’un individu aurait actionné un rupteur de courant, ce qui a arrêté une rame entre les stations Berri-UQAM et Sherbrooke.

Cette manifestation contre la brutalité policière se conclut année après année par des dizaines d’arrestations, notamment pour vandalisme et voies de fait.

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Marginaux gonflés à bloc


15/03/2009 0

Plusieurs commerçants de l’avenue du Mont-Royal ont vidé la vitrine de leur commerce, en fin de journée hier, en prévision de la manifestation contre la brutalité policière prévue pour cet après-midi. Une façon d’atténuer les pertes, s’il devait y avoir de la casse.

À la bijouterie Diamantaire, les bijoux n’étaient plus en vitrine. Au Sport Dépôt, les mannequins avaient quitté la vitrine qui laissait voir un présentoir vide. D’autres commerçants prévoyaient installer une grille devant les fenêtres ou fermer, le temps de la manifestation.

Les policiers se disent prêts pour un tel événement, avec leur service d’ordre. Au QG de la police, le centre de contrôle et de suivi opérationnel surveillera le déroulement en temps réel. Tout ça dans le but de ne pas assister à des débordements comme ceux du centre Bell ou de Montréal-Nord.

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Confiance

Le maire Gérald Tremblay s’attend à une manifestation pacifique et dit faire confiance aux autorités policières pour maintenir l’ordre.

Tous les ingrédients sont pourtant réunis pour une manifestation explosive: du soleil, une température douce de 6°C et des jeunes qui en veulent à la police suite à l’affaire Villanueva.

Le Collectif opposé à la brutalité policière a donné rendez-vous à ses fidèles à 14 h, aujourd’hui, au métro Mont-Royal et souhaite une manifestation dans le calme.

Mais dans la rue, les jeunes rencontrés par le Journal hier tenaient un autre discours.

Péter sa coche

«On a hâte en tabar…», a dit, enthousiaste, un jeune marginal qui a préféré garder l’anonymat, rencontré hier au centre-ville

«Je ne péterai pas ma coche le premier, mais s’ils veulent nous fermer la gueule, je vais la péter», dit celui qui dit vivre dans la rue depuis sept ans.

«Chu armé, man!», soulignait-il sur le ton de la confidence.

Le jeune homme hésitait toutefois encore à savoir s’il amènerait ou non avec lui sa machette.

Plus loin, un couple de jeunes marginaux se présentent dans une des boutiques de surplus d’armée du boulevard Saint-Laurent, hier midi. Le jeune homme demande au commis s’il vend des billes de fer.

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Équipements

Il est bien connu que, lors de tels rassemblements, des manifestants lancent des billes avec leurs mains ou à l’aide d’un lance-pierre. Les billes deviennent alors des projectiles des plus dangereux.

Questionné par le Journal, le jeune marginal est resté vague sur ses intentions.

Rien n’est plus facile que de trouver «l’équipement» nécessaire à un manifestant, tout à fait légalement, à Montréal.

On n’a qu’à visiter les surplus d’armée, sur Saint-Laurent, juste au nord de Sainte-Catherine, pour voir tout cet équipement disponible.

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~ par Alain Bertho sur 21 mars 2009.

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