Emeute « Facebook » à Tours mars 2009

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Un rassemblement organisé via FACEBOOK dégénère en émeute contre les forces de l’ordre.



9 mars 2009

C’est samedi soir dernier, le 7 mars 2009, qu’a eu lieu ce rassemblement d’environ 300 personnes place Pumereau, dans le centre-ville de Tours. Une soirée qui avait été organisée à la base via le réseau Facebook.

Certains fêtards ont alors allumé des feux de joie avec des cartons et des palettes de bois, selon la Police. Quand les pompiers ont voulu intervenir, ils auraient été pris à parti par les jeunes. C’est en tous cas la version officielle, démentie par certains jeunes qui étaient présents lors de la manifestation :

“Les pompiers ont jamais été pris à parti! Les premiers gaz sont arrivés quant ils éteignaient le feu, et personne n’empêchait les pompiers de le faire (par contre je crois qu’ils ont été bien sifflés)…Enfin truc de fou, Bagdad au moins ça!”

“Sur les pompiers par exemple, ils ont juste été sifflés… ça nécessite un gazage et des arrestations?”

D’autres témoignages de jeunes tentent de dédramatiser ce qui ressemble de très près à une émeute :

“J’ai couru, j’ai eu peur, j’ai ri, j’ai sympathisé avec des inconnus :D& j’ai même perdu mes potes pendant la soirée.”

“Une trentaine de fonctionnaires de police et des gendarmes ont reçu boulons, canettes, pierres, bouteilles en verre” jusqu’à 4 heures du matin dimanche quand le calme a pu être rétabli, selon la police. Onze personnes ont été interpellées, âgées de 16 ans à une trentaine d’années, et un policier a été “légèrement blessé au genou après avoir reçu une bouteille“.

Certains blogueurs présents lors de cette soirée témoignent.

Un groupe Facebook a même vu le jour, intitulé “Si toi aussi tu t’es cru à Bagdad le Samedi 7 Mars à Tours !!!”, où les jeunes semblent tourner tout cela à la dérision :

Tout à commencé avec ce groupe Facebook lancé il y a quelques mois (merci le créateur ;)). Le but de ce groupe était de réunir le plus de personnes possible pour faire une soirée “à l’arrache” Place Plum’.

Objectif atteint avec un nombre de personnes impressionnant. Vers 22h30/23h des feux de joie ont embrasé l’ambiance. Quelques minutes après des CRS ont débarqué et les conflits ont commencé. Ce fut une série d’assauts qui ont ponctué la soirée.

Place Plum’ puis Rue du Change puis Re Place Plum’.

Ensuite les conflits se sont déportés vers la Rue du Grand Marché, place du Grand Marché etc etc…

Les CRS ont réussi, à termes, a rétablir le calme sur les coups de 4h du matin.

Les jeunes, armés de bouteilles en verre attaquaient les policiers qui eux, rétorquaient à coups de bombes lacrymogènes, flashball et coups de matraques pour les civils “capturés”.

Le vieux Tours se transforma donc en un réel champ de bataille.

Si toi aussi tu as couru.

Si toi aussi tu as eu peur.

Si toi aussi tu as ri.

Si toi aussi tu as craché de la lacrymogène.

Si toi aussi tu as kiffé le concert improvisé Place du Grand Marché.

Si toi aussi tu n’a plus vu le bout de ton nez durant 2 minutes.

Si toi aussi tu as sympathisé avec des inconnus.

Si toi aussi tu as perdu tes potes durant la soirée.

Ce groupe est pour toi !

Alors postez vos photos et vidéos, invitez vos amis, et rappelons nous tous de cette soirée pas comme les autres !

Vive Tours et vive la France.

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Tours : émeutes et amours


dimanche 08 mars 2009 –

Je ne sais si le destin, ou bien si notre réalité est assujettie à des forces étranges et magnétiques. Ou bien que celui qui cherche trouve, que sa seule volonté forge son univers et sa réalité. Mais retrouver sur sa route l’amour et l’émeute, la rose et les barricades, la douceur et la rugosité est chose fort étrange. Peut-être que la révolution est libidinale, sexuelle, gastronomique, compulsive. Que se retrouver derrière la barrière de feu de quelques poubelles entassées avive notre envie de vivre, de partager, d’aller plus loin que les rapports sociaux normatifs nous imposent. Il est fort rare, dans nos vies, de trouver celles et ceux qui partagent plus que le pain. Parfois de la sagesse, de la solidarité, ou bien le partage des plaisirs érotiques, de la justesse d’une idée politique, ou encore de la simple volonté de construire avec cet étrange inconnu qui pourrait être amener à courir face à la flicaille et à la racaille sécuritaire.

Ce soir, j’ai encore du bicarbonate de sodium sur le visage, la marie-jeanne fait son effet contre l’adrénaline. L’odeur des poubelles à moitié cramées, des cendres chaudes des ordures, et des gaz lacrymogènes de nos copains les bleus.

Cela a commencé assez tôt. A l’invitation d’une soi-disante page web FaceBook, une soirée bonne enfant allait se tenir sur la ville. Occuper la place centrale pour y boire, chanter, danser, faire la fête. Pas un mot d’ordre révolutionnaire : l’idée démocratique de l’espace « libre » imprègne l’esprit de la populasse. Non il n’est pas libre. L’espace publique est contrôlé socialement, économiquement, et géographiquement. Quand donc, une bande de jeunes allumés décident de faire de la place piétonne – hyper-touristique, vitrine de la mairie « de gauche » – un espace de jeu et de fête, il y a de quoi s’attendre à une soirée chaude et musclée. Ce fut chose faite, lorsqu’après 30 minutes après le début du rassemblement, de petits jeux, et de discutions pour connaître les personnes, de jeunes gens se piquent de vouloir se réchauffer et de faire un petit feu, histoire de rajouter un côté champêtre à cette soirée. Qui ne ressemblait au début qu’à une fête – certes plus grande – d’amis.

Feu allumé, nous savions, le groupe de militants venus sur place, que les forces de l’ordre ne laisseraient pas faire. Le camion des pompier arrive (hé oui…), accompagné de deux bagnolles de flics et une autre de la Bac. Lorsque les pompiers sortent du camion, et préparent leur matériel (pour un feu qui n’était pas d’une grosseur hallucinante – j’en ai vu des plus importants dans les rues d’Amsterdam le soir du réveillon), les flics nationaux s’équipent, ainsi que leurs collègues de la BAC, de casques, tonfa, lacrymo, flashball et j’en passe.

Chaud. On sent que c’est chaud bouillant…

Les flics profitent de la fumé dégagée par le feu qui s’éteint pour gazer sans prévenir, sans sommation. Facile. J’aurais fait pareil. Reflue de la place.

Là çà part en live. Un mec de la zone se fait serrer par les condets. Réactions « police partout justice nulle part ». Les gens avancent. Pas mal de militants, mais aussi des jeunes venus sur la place pour s’amuser ou boire un coup en terrasse, choqué par la brutalité de l’arrestation. Les flics se sentent pas bien. ils l’embarquent. Arrivé du camion qui sort, avec comme voiture ballet la voiture de la Bac qui gaze au passage, ainsi qu’une bande de flics à pieds équipés en robocop, avec aussi des poulets de la Bac.

Gazage. Un handicapé y passe, que j’avais conseillé de partir puisque les flics montraient leur détermination à faire disparaître la racaille jeune et communiste et anarchiste et pd et rmistes et paumés et … Dispersion, un tir de flashball, gros coup de lacrymo dans une petite rue. Malheureusement, les personnes ont réagi sans être eux-même souvent en position de face à face avec des robocops. Donc, dispersion dans tous les sens. Début de poubelle en travers de la rue.

On se regroupe.

On fume une clope.

On hallucine.

Jamais vu ça dans cette ville.

Personne. Les jeunes comme les vieux.

On décide de retourner à la place. Plus de flics, mais du monde. Des jeunes arrivent.

Plusieurs d’entre nous considère que c’est fini. La place reprend sa vie, avec ses commerces et ses amoureux. Les militants se dispersent.

Nous partons.

Une fête, soutien à une asso, du son. Je me défoule, je profite pour sortir mon énergie, mon stress, mon adrénaline. Une petite bière, un petit joint. Mais je ne sais pourquoi, je pensais que la nuit allait être agitée. Ce qui fut le cas.

Coup de téléphone d’une amie : re-départ de feu place plume, les jeunes veulent « remettre le couvert », comme on dit. La partie n’est pas finit. Nous allons sur place. Du bout de la rue, à 100 m, nous pouvions voir la fumé des gaz et des lacrymo dans l’air. La petit place était un univers que je ne connaissait pas. Je ne me croyais pas dans ma ville. Rien avait changé, et pourtant tout avait changé.

Les flics bloquaient une rue. Pas n’importe laquelle.Celle qui est occupé par la zone, juste en face du tabac et à côté de l’épicerie. Une masse de gens se tenaient devant, à chercher le contact avec les robocops. Face à face digne d’une manif de sans papier devant une préfecture, sauf que le mot d’ordre était « you have to fight for your right to party ! ». Le droit de faire de la rue autre chose qu’un réseau de marchandises, de capitaux, de touristes. Le droit de faire la fête.

Pendant 3 ou 4 h les rues adjacentes ont vu des groupes se créer, pour faire des feux de joie, ou bien parfois des barricades sommaires. Quelques militants autonomes se chargent de pousser les jeunes à occuper le terrain. Les feux devinrent des barricades face aux flics qui ne bougeaient pas tellement. Pas de bac infiltré parmis les jeunes. Car ce ne sont pas 1 000 personnes, mais peut-être tout au plus 300 au plus fort, et une centaine à la fin. Peu, mais énergique.

Les flics se sont retiré très vite après l’extinction de la plus grosse barricade de la soirée. Peur que d’autres viennent, de plus loin, avec d’autres méthodes. Les cousins…

Apparemment 4 arrestations dès le début de soirée (avec le zonard). Il sera difficile d’en savoir plus plus tard, puisque les flics ont tapé au hasard.

Cette soirée devait être une fête. Elle fut un brasier. Évènement qui ne s’est jamais passé ici.

Qui ne doit pas être pris comme un élément mineur, annexe à la situation de crise du capitalisme. La rage gagne bien des cercles sociaux. Les mélanges sont explosifs et détonnant. Un simple feu de cartons et de planches, des bières, des chants et des danses mettent en rage les chiens de l’état, et leurs collaborateurs, certains commerçant, bourgeois la plupart (la dénonciation a aussi été aussi au rendez-vous).

Les grèves se multiplient. Les mouvements prennent de l’ampleur. La barricade refait surface. L’action directe et le sabotage ne sont pas tombés dans l’oubli. Grèce, Guadeloupe,… Ma petite ville de province. Nous ne voulons plus de ce système. Nous ne demandons rien. Nous prenons. Nous prenons notre liberté de faire la fête où nous le souhaitons. Dans votre cuisine si coûteuse et si belle. Dans la rue. Nous sommes la rue. Vous êtes la bête démocratique, républicaine, cette chose qui n’a de valeur que le nom, car nous n’avons d’usage que de nos larmes.

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Fête improvisée via Facebook: 11 interpellations à Tours après des heurts

TOURS (AFP) — Des heurts entre jeunes et policiers se sont produits sur une place du centre-ville de Tours durant plusieurs heures dans la nuit de samedi à dimanche en marge d’une fête improvisée, a-t-on appris auprès de la police qui indique avoir interpellé onze personnes.

Selon la police, « une fête improvisée lancée sur Facebook a dégénéré » samedi à partir de 23H00. « Environ 300 personnes » étaient rassemblées place Pumereau dans le cadre de cette soirée, quand « certains fêtards ont allumé des feux de joie avec des cartons et des palettes de bois », a indiqué la police. « Les pompiers qui sont intervenus ont alors été pris à partie », a-t-on expliqué de même source.

La fête a ensuite dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre sur la place et aux alentours. « Une trentaine de fonctionnaires de police et des gendarmes ont reçu boulons, canettes, pierres, bouteilles en verre » jusqu’à 4H00 du matin dimanche quand le calme a pu être rétabli, toujours selon la police.

« Onze personnes, âgées de 16 ans à une trentaine d’années, ont été interpellées et placées en garde à vue au commissariat de Tours », a précisé la police, qui fait état d’un policier « légèrement blessé au genou après avoir reçu une bouteille » durant les heurts.

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Lancée sur Facebook, la fête dégénère à Tours

9 mars 2009

Des jeunes se sont opposés aux forces de l’ordre en marge d’une fête lancée sur Facebook et improvisée dans le centre-ville de Tours.

Onze personnes âgées de 16 à 30 ans ont été interpellées et placées en garde à vue.

A l’origine, un rendez-vous lancé sur  Facebook pour une fête improvisée en plein coeur de Tours – plus précisément place Pumereau, lieu bien connu des Tourangeaux et entouré de nombreux bars. Au final, une soirée ponctuée d’incendies de cageots et de charges de la police, dans la senteur âcre et le brouillard des gaz lacrymogènes, et plusieurs heures d’affrontements entre jeunes et policiers…

Selon la police, « environ 300 personnes » s’étaient rassemblées dans le cadre de cette soirée, quand « certains fêtards ont allumé des feux de joie avec des cartons et des palettes de bois« . Les pompiers, alors appelés à la rescousse, auraient été « pris à partie« . Une version contestée par des participants qui assurent que l’intervention des soldats du feu a seulement été saluée de sifflets.

« Si toi aussi tu t’es cru à Bagdad le samedi 7 mars« 

L’ambiance allait dès lors en s’alourdissant avec l’intervention de la police. A partir de 23h, la fête dégénérait franchement en affrontements avec les forces de l’ordre sur  la place et aux alentours. Et la suite de la nuit restait très agitée. « Une trentaine de fonctionnaires de police et des  gendarmes ont reçu boulons, canettes, pierres, bouteilles en verre » jusqu’à  4 heures du matin dimanche quand le calme a pu être rétabli. « Onze personnes, âgées de seize ans à une trentaine d’années, ont été interpellées et placées en garde à vue au commissariat de Tours« , a précisé la police.

Retour dans le monde virtuel de Facebook. Un groupe baptisé « Si toi aussi tu t’es cru à Bagdad le samedi 7 mars à Tours !!! » a vu le jour sur le site. Son créateur invite les internautes présent lors de cette soirée à laisser un message. « Si toi aussi tu as craché de la lacrymogène (sic), si toi aussi tu as eu peur (…) ce groupe est pour toi ! Alors postez vos photos et vidéos, invitez vos amis, et rappelons-nous tous de cette soirée pas comme les autres !« 

Le message est bien passé, le groupe compte déjà 623 membres et 157 commentaires d’internautes pour certains présents lors de cette soirée. Une vingtaine de photos et trois vidéos sont également disponibles sur la page du groupe pour ceux qui auraient raté « l’événement ». Gâchée dans la vraie vie, la fête continue sur Facebook.

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Affrontements entre jeunes et policiers à Tours et dans les Yvelines


09.03.09

Des affrontements entre jeunes et policiers ont eu lieu, vendredi 6 et samedi 7 mars, dans plusieurs villes, notamment à Tours et dans les Yvelines. Les incidents les plus graves ont eu lieu samedi à Tours où jeunes et policiers se sont affrontés pendant plusieurs heures au centre ville. La police explique qu’une « une fête improvisée lancée sur Facebook a dégénéré ». « Environ 300 personnes » étaient rassemblées quand « certains fêtards ont allumé des feux de joie avec des cartons et des palettes de bois », indique la police soulignant que les pompiers ont alors été « pris à partie ». Des heurts sporadiques ont également eu lieu pendant le week-end dans plusieurs quartiers sensibles des Yvelines. A Chanteloup-les-Vignes, une soixante de jeunes se sont affrontés samedi soir avec la police. Les heurts auraient débuté en marge de contrôles d’identité. Vendredi soir, plusieurs dizaines de jeunes et policiers s’étaient également opposés aux forces de l’ordre aux Mureaux, lorsqu’une patrouille est venue porter assistance à un automobiliste caillassé, et à Mantes-la-Jolie, après l’interpellation d’un habitant suspecté de vols. Deux policiers ont été légèrement blessés.

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~ par Alain Bertho sur 9 mars 2009.

2 Réponses to “Emeute « Facebook » à Tours mars 2009”

  1. Ouah ! Rien de plus,… OUAH !

  2. http://forum.anarchiste.free.fr/viewtopic.php?f=9&t=1585

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