Affrontements à Fort de France mars 2009

Violents incidents en Martinique, sortie de mouvement tendue en Guadeloupe

FORT-DE-FRANCE (AFP) — De violents incidents ont éclaté vendredi en Martinique autour du siège du collectif qui mène le mouvement de grève générale, tandis qu’en Guadeloupe le LKP maintient la pression pour une application générale de l’accord sur une augmentation des bas salaires.

Le préfet de Martinique Ange Mancini a de son côté lancé dans la soirée un appel au calme « solennel » à la population de Fort-de-France, où des heurts « extrêmement violents » se sont déroulés dans l’après-midi avec des coups de feu en direction des forces de l’ordre.

Il a demandé « à l’ensemble de la population de rester calmes et chez eux » après 20H00 et annoncé un déploiement massif de forces de l’ordre, comme après les émeutes des nuits du 24 au 25 février et du 25 au 26.

Les incidents ont éclaté dans l’après-midi sur la rocade de Fort de France, en marge d’une opération escargot menée par des chefs d’entreprise et agriculteurs contre le blocage de l’île depuis plus d’un mois. Cette initiative a été perçue comme une provocation, et des jeunes ont pris à partie les manifestants et les gendarmes mobiles qui étaient intervenus en tirant des lacrymogènes. Des accrochages sporadiques se sont ensuite déplacés vers le centre-ville, notamment aux abords de la Maison des syndicats, quartier général du « Collectif du 5 février ».

« Je souffre de voir ces images de Martiniquais qui se déchirent entre eux », a déclaré vendredi soir le secrétaire d’Etat chargé de l’Outremer, Yves Jégo. « J’espère que l’esprit de responsabilité va triompher », a-t-il ajouté, « même si « on est dans une situation où tout peut arriver ».

Le député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy (Parti progressiste martiniquais, PPM, app-PS), sur le terrain pour tenter d’apaiser les tensions, a été pris en charge par les pompiers à la Maison des syndicats « pour un malaise après avoir trop respiré de gaz lacrymogènes », mais son état n’était pas jugé inquiétant.

En Guadeloupe, où un accord de sortie de grève avait été trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi après 44 jours de grève, le « collectif contre l’exploitation » LKP exige toujours la généralisation de l’accord salarial prévoyant 200 euros d’augmentation pour les bas salaires, rejeté par le Medef.

Le ministère du Travail a annoncé le lancement de la procédure d’extension de l’accord, et le Medef local, qui se dit victime de pressions du LKP, a estimé qu’il pourrait dans ce cadre faire valoir ses positions.

Mais Elie Domota, leader emblématique du LKP, a prévenu dès jeudi soir qu’il n’entendait pas baisser la garde: « Soit ils appliqueront l’accord, soit ils quitteront la Guadeloupe (…) Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage ».

Une référence aux descendants de colons blancs qui a ravivé le spectre de tensions raciales dans une île à l’histoire marquée par l’esclavage. Appelé à réagir, M. Jégo a déclaré: « Ce n’est pas acceptable, ce n’est pas un dialogue républicain », sans jamais pour autant nommer M. Domota.

A La Réunion, des négociations ont débuté entre pouvoirs publics, patronat, élus et le Collectif contre la vie chère qui appelle à une grève générale reconductible à partir de mardi. L’objectif affiché par le préfet est de parvenir à un accord avant le début du mouvement.

Après cette première rencontre, le secrétaire général de la CGT-Réunion Ivan Hoareau a affirmé qu' »il y avait de la part du patronat la volonté de ne rien lâcher ». « C’est l’amplification du rapport de forces qui lui permettra d’entendre ce qui s’exprime dans la rue », a-t-il estimé.

Les discussions doivent se poursuivre samedi et dimanche.

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Tension en Martinique, extension de l’accord salarial en Guadeloupe


07.03.09

Après les violents incidents de vendredi 6 mars en fin d’après-midi à Fort-de-France en Martinique, le préfet, Ange Mancini, a lancé dans la soirée un appel au calme « solennel ». Il a demandé « à l’ensemble de la population de rester calme et chez elle » et annoncé un déploiement massif de forces de l’ordre, comme après les émeutes des nuits du 24 au 25 février et du 25 au 26.

« Il y a eu trois policiers légèrement blessés par des plombs, on leur a tiré dessus avec des fusils de chasse », a déclaré sur France Info le préfet de la Martinique, Ange Mancini. « Un gendarme a été légèrement blessé de l’oeil par un plomb et deux cocktails Molotov ont été lancés contre les gendarmes. » Les incidents ont éclaté en marge d’une opération de protestation lancée par des chefs d’entreprises et des planteurs contre le blocage économique de l’le, paralysée par une grève générale depuis plus d’un mois.

En Guadeloupe, le « collectif contre l’exploitation » LKP exige toujours la généralisation de l’accord salarial prévoyant 200 euros d’augmentation pour les bas salaires, rejeté par le Medef. Le ministère du travail a annoncé le lancement de la procédure d’extension de l’accord, et le Medef local, qui se dit victime de pressions du LKP, a estimé qu’il pourrait dans ce cadre faire valoir ses positions.

Dans une « recommandation patronale », signée par 13 organisations et branches professionnelles, le Medef de Guadeloupe invite les entreprises adhérentes à « attribuer un bonus exceptionnel financé par les entreprises et éventuellement complété par l’Etat et les collectivités » à leurs salariés. Ce « bonus », exonéré de charges salarial et exclu du salaire de base, s’applique aux salariés percevant jusqu’à 1,4 fois le Smic. Il s’étale de 50 à 100 euros, suivant l’effectif de l’entreprise et son secteur d’activité, une restriction qui vise à protéger des secteurs dits « exposés » (BTP, santé, tourisme et hôtellerie, transports et gardiennage, agriculture, industrie…).

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Affrontements en Martinique : appel au calme du préfet

7 mars 2009

Violents incidents cette nuit à Fort-de-France. En marge d’une opération de protestation lancée par des chefs d’entreprises et des planteurs contre le blocage économique de l’île, des jeunes se sont heurtés aux forces de l’ordre. Trois policiers ont été légèrement blessés par des coups de feu.

Tirs de grenades lacrymogènes, jets de pierre et de bouteille, feux de véhicules et de poubelles, les incidents se sont multipliés. L’explosion de violences s’est produite, alors que des chefs d’entreprises, des agriculteurs et des représentants du BTP organisaient une manifestation pour demander le déblocage des sites industriels, occupés par les grévistes depuis 30 jours. Mais alors que le convoi des véhicules de ce collectif était en train de repartir, des dizaines de personnes ont tenté de l’arrêter sur la rocade, l’axe qui contourne Fort-de-France, au niveau de Trénelle et du quartier populaire de Foyalais. C’est là que les affrontements auraient commencé. Le préfet Ange Mancini a lancé un appel au calme.

A l’origine de ces affrontements, des jeunes qui voulaient s’opposer aux contre-manifestants, en jetant des cailloux ou crevant des pneus. Les forces de l’ordre sont intervenues à coups de gaz lacrymogène. Des accrochages ont eu lieu à proximité immédiate de la Maison des syndicats, où se trouve le siège du Collectif du 5 février, qui mène le mouvement de contestation contre la vie chère. Le député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, qui a tenté de calmer la situation, a été pris en charge par les pompiers après avoir respiré trop de gaz lacrymogènes.

36347_tension-uneAFP PHOTO RICHARD BOUHET.

Martinique : Fort-de-France est frappée par de violents affrontements

07.03.2009

Des échauffourées ont éclaté alors que des chefs d’entreprises organisaient une « manifestation pacifique », pour demander la libération des sites industriels, occupés par les grévistes. Le préfet appelle au calme.

Fort-de-France s’embrase. Tirs de grenades lacrymogènes, jets de pierre et de bouteille, feux de véhicules et de poubelles, Fort-de-France a été frappée de plein fouet par de violents affrontements une bonne partie de l’après-midi du vendredi 7 mars.

Des « incidents extrêmement graves », c’est en ces termes que le préfet de la Martinique a qualifié les événements, vendredi soir, en direct sur RFO. Ange Mancini a lancé « un appel solennel à tous ceux qui n’ont rien à faire en ville », les incitant « à rester chez eux ».

Ange Mancini a également précisé que, « ce soir, avec la mairie de Fort-de-France, le même système de sécurisation que celui déployé après les deux nuits d’émeute, a été de nouveau mis en place », ajoutant que le centre-ville était « maîtrisé ». Des centaines de gendarmes mobiles, casqués et munis de boucliers, occupaient toutes les entrées de la ville vendredi soir, où un calme relatif semblait revenir.

« Une souricière »

L’explosion de violences, survenue dans l’après-midi, s’est produite, alors que des chefs d’entreprises, des agriculteurs et des représentants du BTP (Bâtiment et Travaux Publics) organisaient une « manifestation pacifique », demandant au préfet de libérer les sites industriels, occupés par les grévistes depuis 30 jours, pour pouvoir « reprendre le travail ».

De leur côté, les grévistes barraient l’accès à Fort-de-France à ce cortège de véhicules, qui s’étirait sur plusieurs kilomètres, les empêchant de pénétrer dans la capitale martiniquaise. Alors que le « collectif des entreprises » avait déjà fait demi-tour, des dizaines de personnes l’ont forcé à s’arrêter sur la rocade, l’axe qui contourne Fort-de-France, au niveau de Trénelle et du quartier populaire de Foyalais.

Des tracteurs et des 4×4 ont alors été attaqués et certains dirigeants d’entreprise ont reçu des coups, selon les premiers éléments officiels. « On a été pris dans une souricière, il y a des gens qui ont été tabassés et leurs voitures saccagées. Les premiers incidents ont éclaté à 13h20 et les gendarmes ne sont arrivés qu’à 14h45! », s’est exclamé Jean-François Hayot, membre de ce « collectif des entreprises ».

Suspension des discussions

De même, Juvénal Rémir, président du Codema-Modef, l’un des principaux syndicats agricoles, s’est dit « scandalisé »: « Les chefs d’entreprises et les salariés qui veulent travailler n’ont pas le droit de manifester! C’est déplorable pour la démocratie, car je tiens à préciser que cette manifestation pacifique n’était absolument pas une provocation ».

A la préfecture, où les négociations sur la fonction publique territoriale allaient commencer, le « collectif du 5 février » a, de son côté, décidé de suspendre toutes les discussions en cours après ces incidents.

« La provocation du grand patronat béké, voulant venir à Fort-de-France, a produit les effets qui étaient prévisibles et cela traduit la même arrogance qu’ils expriment dans les négociations », a estimé Philippe Pierre-Charles du syndicat CDMT, tout en se disant prêt à reprendre les négociations dès ce samedi.

Le maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, qui se trouvait au coeur des affrontements, a été pris d’un léger malaise à cause des fumées lacrymogènes. Il s’est ensuite montré rassurant sur son état de santé et a demandé « un retour au calme » et à ce que le « collectif, l’Etat, les collectivités et tous ceux qui sont dans les discussions signent un document qui répertorie les points déjà actés, afin que cesse cette violence qui s’installe ». (AP)

Violentes échauffourées en Martinique

07/03/2009

Des affrontements ont opposé manifestants et forces de l’ordre, vendredi, à Fort-de-France. Trois policiers et un gendarme ont été légèrement blessés par des plombs. Le préfet de l’île a lancé un appel au calme.

Après 10 jours sans incidents, la Martinique a de nouveau été le théâtre, vendredi, de violents affrontements. Des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre à Fort-de-France. Trois policiers et un gendarme ont été légèrement blessés par des coups de feu. Le préfet de l’île Ange Mancini a lancé «un appel solennel à tous ceux qui n’ont rien à faire en ville», et les a incités «à rester chez eux». «La situation est éminemment dangereuse. Ces individus cherchent moins à piller qu’à se confronter aux forces de l’ordre», a-t-il mis en garde. Le préfet a annoncé un déploiement massif de forces de l’ordre, comme après les émeutes des nuits du 24 au 25 février et du 25 au 26. Des centaines de gendarmes mobiles, casqués et munis de boucliers, occupent toutes les entrées de Fort-de-France.

Les incidents ont éclaté dans l’après-midi en marge d’une opération escargot menée par des chefs d’entreprise et agriculteurs contre le blocage de l’île depuis plus d’un mois. Les manifestants en appelaient au préfet pour libérer les sites industriels, occupés par les grévistes depuis 29 jours, afin de pouvoir «reprendre le travail». Cette initiative a été perçue comme une provocation, des jeunes ont pris à partie les manifestants, leur bloquant l’entrée à Fort-de-France et les forçant à s’arrêter sur la rocade qui contourne la ville Des tracteurs et des 4×4 ont été caillassés et leurs pneus crevés. Certains dirigeants d’entreprise ont reçu des coups. Les forces de l’ordre sont intervenues à coups de gaz lacrymogène. Les accrochages sporadiques se sont ensuite déplacés vers le centre de Fort-de-France, notamment aux abords de la Maison des syndicats, quartier général du «Collectif du 5 février». Le calme est revenu vers minuit. Le maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, qui se trouvait au cœur des affrontements, a été pris d’un léger malaise à cause des fumées lacrymogènes.

«Provocation du grand patronat béké»

L’attitude des émeutiers a scandalisé Juvénal Rémir, président du Codema-Modef, l’un des principaux syndicats agricoles de l’île. «Les chefs d’entreprises et les salariés qui veulent travailler n’ont pas le droit de manifester! C’est déplorable pour la démocratie», a-t-il fait valoir. En, revanche, à la préfecture, où les négociations sur la fonction publique territoriale allaient commencer, le «collectif du 5 février» a suspendu toutes les discussions en cours. «La provocation du grand patronat béké, voulant venir à Fort-de-France, traduit la même arrogance qu’ils expriment dans les négociations», a condamné Philippe Pierre-Charles du syndicat CDMT, qui s’est cependant dit prêt à reprendre les négociations dès ce samedi.

Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer a plaidé au sens des responsabilités de chacun. «Je souffre de voir ces images de Martiniquais qui se déchirent entre eux», a confié Yves Jégo. «Certains vont s’emparer de la violence pour transformer ce conflit en autre chose, ce que nous ne voulons pas», s’est-il inquiété. «Ce serait vraiment terrible, alors que tout est sur la table, que les accords ont été signés sur les salaires, que les accords sur les prix ont été signés ce matin».

En Guadeloupe, où un accord de sortie de grève avait été trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi après 44 jours de grève, le ministère du Travail a lancé samedi la procédure d’extension de l’accord prévoyant 200 euros d’augmentation pour les bas salaires, rejeté par le Medef local. Elie Domota, leader emblématique du LKP, a prévenu dès jeudi soir qu’il n’entendait pas baisser la garde: «Soit [les patrons] appliqueront l’accord, soit ils quitteront la Guadeloupe.. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage». Des propos «inacceptables», a estimé le préfet de l’île Nicolas Desforges.

La Réunion, des négociations ont débuté entre pouvoirs publics, patronat, élus et le Collectif contre la vie chère qui appelle à une grève générale reconductible à partir de mardi. L’objectif affiché par le préfet est de parvenir à un accord avant le début du mouvement local, qui se dit victime de pressions du LKP, a estimé qu’il pourrait dans ce cadre faire valoir ses positions.

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~ par Alain Bertho sur 7 mars 2009.

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