Emeutes à Berriane janvier février 2009

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Les affrontements ont fait 2 morts et 28 blessés : le «volcan» de Berriane toujours actif

01 Février 2009

Les pouvoirs publics n’arrivent pas à maîtriser ce différend ethnique, à l’origine des affrontements meurtriers de l’année précédente. Les vieux démons de la violence se réveillent à Berriane. Le bilan de 2 morts, de 28 blessés et 18 habitations et locaux commerciaux incendiés causé par les échauffourées de vendredi, confirme que les affrontements cycliques sont de retour dans la ville de Ghardaïa. Les deux mosquées Al Atiq et Boukhari ont été cette fois-ci l’arène de «combat» où se sont déroulés les affrontements, trois heures durant: de 14 heures jusqu’à 17 heures.

Qui a été derrière ces rixes sanglantes? «Ce sont quelques insurgés…», a déclaré hier Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, lors la clôture de la session parlementaire d’automne au Sénat. Une enquête sera entamée prochainement, «pour les identifier», a promis le ministre. La scène de vendredi a été déplorable.

Des habitations, des locaux commerciaux… ontété incendiés. Cette ville de 35.000 habitants qui semble assise sur une poudrière, voire un volcan actif, risque malgré l’accalmie survenue après l’intervention des forces de l’ordre, de s’enflammer à la moindre étincelle. Tout le monde se tient le ventre.

A tout moment, les violences peuvent reprendre de plus belle. Pourquoi cette scène a eu lieu en ce moment?

Et précisément dans cette localité? Par ces deux questions pertinentes, le vieux parti de l’opposition (FFS), pointe du doigt l’incapacité des pouvoirs publics à maîtriser ce différend ethnique qui était à l’origine des affrontements meurtriers de l’année précédente. Les bilans étaient macabres.

Des deux communautés, mozabite et chaâmbi, on déplore la perte de vies humaines. Cette «incapacité» nous mène à s’interroger sur ce que ferait le gouvernement si plusieurs localités du pays subissaient un problème identique.

La préparation de l’élection présidentielle d’avril prochain semble être le souci majeur, pour le moment, du staff gouvernemental. A ce problème qu’«abrite» Berriane, le gouvernement est appelé, à plus d’un titre, à trouver les solutions idoines. Celles qui peuvent mettre fin à ce genre de situation conflictuelle, sinon c’est le point de non- retour. Les premiers débuts de cette problématique remontent au début des années 1990.

Après prés de deux décennies, le gouvernement tarde à prendre les meilleures décisions malgré la gravité du problème. Les tentatives timides prises pour arrêter l’éffusion de sang, sont tombées à l’eau. Suite aux incidents de l’année précédente, le gouvernement a dégagé des enveloppes financières, dépêché des commissions d’enquête comme celle de l’APN qui s’est rendue sur les lieux à l’effet de s’enquérir et de s’informer des motifs des incidents que la ville a enregistrés.

Cependant, ce sont les partis politiques à l’instar du RCD, qui étaient les premiers à agir.

Où est la présence de l’Etat qui doit assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens? se demande la section fédérale du Front des forces socialistes dans un communiqué parvenu à notre rédaction. Et de répondre que l’intervention tardive des forces de l’ordre a été «la cause principale et directe des incidents survenus le 19 mars 2008.»

Quant au parti de Saïd Sadi, il s’agissait de «mesures approximatives», prises par les autorités, qui avaient mené à cette situation. Les dignitaires et notables de Berriane, affligés, appellent, dans un communiqué, les autorités à diligenter une enquête en urgence afin d’étudier et de revoir la carte sécuritaire de la région. L’ampleur qu’ont pris les affrontements répétitifs à Berriane interpellent les pouvoirs publics à entrevoir d’autres solutions. Réunir les sociologues du pays et autres experts, organiser une rencontre nationale sur Berriane…seront parmi les initiatives qui peuvent servir de déclic.

Berriane s’enflamme de nouveau !

31 Janvier, 2009

Vingt-sept personnes ont été blessées dans des affrontements entre fidèles à la sortie d’une mosquée hier après-midi à Berriane près de Ghardaïa (600 km au sud d’Alger), selon un nouveau bilan rapporté ce matin par la presse algérienne.

Un précédent bilan faisait état de sept blessés.

Cinq magasins ou habitations ont été incendiés durant ces affrontements qui ont éclaté à la fin de la grande prière du vendredi à la sortie de la mosquée, précise-t-on de même source.

Les forces de l’ordre sont intervenues pour ramener le calme et d’importants renforts des services de sécurité ont été dépêchés vers cette localité, avait indiqué vendredi l’agence algérienne de presse APS.

De violents affrontements avaient opposé du 16 au 18 mai 2008 des jeunes de deux communautés de Berriane dans cette région de Ghardaïa (M’Zab), les Chaâmbas d’origine arabe et les Mozabites, d’origine berbère.

Ces affrontements avaient fait deux morts, selon les services de sécurité.

Dans un communiqué, la section de Berriane du RCD dénonce les « mesures approximatives » prises par les autorités après les émeutes sanglantes du 19 et 20 mars 2008. « Depuis la rentrée scolaire il ne se passe pas un jour où des élèves des deux lycées du quartier Madagh sont la cible de jets de pierres les mesures approximatives prisent par les responsables n’ont fait qu’aggravé la situation qui devient de plus en plus tendu, mais aussi le café Mazigo situé au grand rondpoint de la route nationale n°1 qui est ciblé souvent par des jets de pierres. La situation s’est beaucoup aggravée, notamment ces deux dernières semaines, où plusieurs citoyens ont été tabassés sans qu’il n y ait aucune suite ou arrestation des auteurs qui sont souvent identifiés par les victimes ! », souligne le Parti de Saïd.

«En ce moment et après 4heures de l’éclatement des émeutes les affrontements continuent et la situation laisse à craindre le pire à la tombé de la nuit. », conclut le communiqué publié vendredi en début de soirée.

Berriane: de nouveaux affrontements sanglants

31 janvier 2009

La ville de Berriane dans la wilaya de Ghardaïa a été de nouveau le théâtre de violents affrontements entres les deux communautés mozabites et chaâmbas, vendredi 30 janvier 2009.

Selon l’APS, le bilan de ces échauffourées intercommunautaires- ou interreligieuses, comme s’aventurent à l’expliquer certains observateurs- est de 27 blessés dont deux grièvement. Concernant les pertes matérielles, la même source indique en reprenant un communiqué de la wilaya de Ghardaïa que « Cinq incendies, entre locaux commerciaux et habitations, ont également été enregistrés lors de ces incidents (…) et que l’intervention des services de sécurité à permis le retour au calme”. Le communiqué se termine sur un appel au calme lancé par le wali de Ghardaïa qui demande un retour “à la sérénité et à la sagesse qui doivent prévaloir en toute circonstance ».

Le journal français Le Figaro, qui reprend en partie l’APS, évoque pour sa part la mort de deux personnes en citant des sources sécuritaires algériennes.

Par ailleurs, le Figaro publie un extrait des déclarations de la section de Berriane du RCD, publié vendredi dans la soirée, et dans lequel le parti de Saïd Saadi dénonce les « mesures approximatives » prises par les autorités après les émeutes sanglantes du 19 et 20 mars 2008. « Depuis la rentrée scolaire, tous les jours des élèves des deux lycées du quartier Madagh sont la cible de jets de pierres. Les mesures approximatives prisent par les responsables n’ont fait qu’ aggraver la situation qui devient de plus en plus tendue, à noter aussi que le café Mazigo situé au grand rondpoint de la route nationale n°1 , est ciblé souvent par des jets de pierres. La situation s’est beaucoup aggravée, notamment ces deux dernières semaines, où plusieurs citoyens ont été tabassés sans qu’il n y ait aucune suite ou arrestation des auteurs qui sont souvent identifiés par les victimes !(…) En ce moment et après 4 heures de l’éclatement des émeutes les affrontements continuent et la situation laisse à craindre le pire à la tombée de la nuit. », peut-on lire dans l’article du journal français.

D’autres part, le site communautaire mozabite d’opposition, mzabnews.org , donne un autre son de cloche sur ces évènements. Sur un ton de reproche, il reporte comment le jeune « Bachir Benzaet, âgé de 16 ans, a été pris à parti dans sa maison familiale dans le quartier de Haï Bab El Saad, avant d’être jeté de la terrasse dans la rue, puis lapidé à mort par les assaillants ». Selon ce journal sur internet, « les forces de l’ordre présentes en force dans le quartier, depuis le mois de mars 2008, après les premières émeutes, n’ont pas intervenu pour mettre un terme aux agressions contre les familles des quartiers ciblés par les émeutiers ». Et au mzabnews.org de s’interroger sur les raisons de ces agressions et « pourquoi ont-elles eu lieu à cette date précise et dans ce quartier précisément ? ».

Aussi, reproche-t-il « aux autorités locales le fait qu’elles n’aient pas fait le nécessaire pour protéger les civils innocents ». Enfin, l’article n’exclue pas une propagation de ce genre d’émeutes à d’autres villes du pays, et rappelle « la responsabilité de tous les algériens, particulièrement les personnalités nationales, les intellectuels, les journalistes indépendants, les opposants politiques et les organisations de défenses des droits de l’homme, dans la dénonciation de ces affrontements politiques dont sont victimes d’innocents citoyens algériens… ».

Quant à l’origine de ces affrontements, Pierre-Philippe, professeur d’anthropologie à l’université de Paris VIII interrogé en marge du colloque sur les d’études avancées de Nantes et le CREAD, les 31 mai, par le journal El Watan, explique en évoquant les conflits récurrents entre les communautés mozabites et chaâmbas, qu’il s’agit là d’un phénomène davantage imputable à des problèmes sociologique qu’a des différends d’ordre religieux.

Les émeutes se poursuivent dans la vallée du m’zab : deux morts et vives tensions à Berriane

liberte-algerie.com

Dimanche 01 Février 2009

Une ville complètement fermée suite à l’appel à la grève lancé de bouche à oreille par les commerçants et des milliers d’écoliers et étudiants privés de cours.

Encore une fois, la ville de Berriane, une des sept villes composant la pentapole du M’zab, située à 45 km au nord du chef-lieu de wilaya, renoue avec le spectre de la violence qui a embrasé la région, provoquant la mort de deux citoyens, des blessures à 48 autres, dont 2 gravement et d’importants dégâts matériels tant aux demeures et magasins qu’au mobilier urbain. Tout a subitement dégénéré vendredi, juste après la grande prière, lorsque des échauffourées entre citoyens des deux rites (malékite et ibadite) ont éclaté dans le quartier de baba Saâd, avant de s’étendre aux quartiers avoisinants, tels que le quartier administratif (au centre-ville) et Serâaf qui ont pris une très grave dimension vu l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes.

Des incidents ont été signalés durant toute la nuit, alors que les forces de sécurité combinées (gendarmerie nationale et police d’intervention), dépêchées et déployées en grand nombre, ont dû, en quadrillant les zones sensibles, user de grenades lacrymogènes pour repousser les assaillants, indisposant ainsi, inévitablement beaucoup de femmes et de vieillards qui ont dû être évacués vers les structures sanitaires. L’odeur de gaz moutarde est partout présente. Des dizaines de magasins ont été incendiés et pillés ainsi que des demeures, dont l’une était occupée par une vieille femme de 80 ans avec un handicapé et qui n’a dû son salut qu’à l’intervention in extremis de la population, quatre heures après le début d’incendie ayant pratiquement ravagé tout son domicile. Les rues, jonchées d’objets hétéroclites et surtout de grosses pierres, demeurent impraticables pour les véhicules. La protection civile qui a dû intervenir 52 fois, en des endroits opposés diamétralement, s’est retrouvée à un certain moment dépassée par l’ampleur et le nombre important des sinistres. Le jeune Benzaït Bachir Ben Abdelhamid, âgé de 17 ans, blessé vendredi gravement à la tête par, semble-t-il, un objet contondant, a succombé à ses blessures le jour même, ouvrant ainsi, la macabre comptabilité de ces funestes journées, avant d’être rejoint, hier, par Kerrouchi Omar, 47 ans, enseignant au CEM de filles Aïcha-Oum-El-Massakines de Kef Hamouda qui a rendu l’âme à l’hôpital, après avoir été gravement blessé. Partout des gens demandent des secours, courant dans tous les sens, les yeux hagards. Devant le siège de la sûreté de daïra, un cadre connu sur la place de Ghardaïa hurle de toutes ses forces à la face des policiers imperturbables : “Je vous rends responsables de ce qui peut advenir de mes proches qui sont assaillis par des agresseurs en ce moment à Baba Saâd”, ajoutant, en s’apercevant de notre présence : “Vous, les gens de la presse, je vous prends à témoin. Dites la vérité et informez l’opinion publique du drame qui se déroule dans cette ville au su et au vu des autorités, qui ne bougent pas le petit doigt pour venir au secours de ceux qui les appellent”, lorsqu’une femme arrivant en trombe et criant à tue-tête : “Qu’est-ce que vous attendez, ici ?! des gens sont en train d’être massacrés à l’intérieur de leur domicile et vous ne bronchez pas !” Devant le siège de la gendarmerie, véritable forteresse, une ambulance, gyrophare allumé, s’arrête, son chauffeur, déclarant transporter un malade à évacuer en toute urgence sur Alger, demanda à être escorté jusqu’à la sortie nord.

Les gendarmes le dirigent vers le commissariat, affirmant que la route nationale est sous la responsabilité des policiers. Le chauffeur, insistant, réplique que les policiers lui ont dit la même chose. “Faut-il attendre que le patient allongé dans l’ambulance rende l’âme pour prendre une décision ?”, s’insurge-t-il. Devant le siège de la daïra, transformé pour la circonstance en quartier général de crise, où le wali, M. Yahia Fehim, et les responsables de la sécurité, tous présents, se sont installés et prennent les décisions en fonction des évènements en temps réel, des centaines de personnes se sont rassemblées demandant aux autorités de prendre les décisions qui s’imposent en de pareilles circonstances, très graves au demeurant. Par ailleurs, nous avons appris de sources sécuritaires que 7 personnes ont été arrêtées et qu’elles seront incessamment présentées au procureur de la République.

“Jusqu’à quand allons-nous devoir vivre dans cette insécurité qui menace nos biens et nos enfants ?”, se demande Aami Bakir, avant que son compagnon n’ajoute : “Vous savez, ce problème ne trouvera de solution que si la justice fait son travail. Comment ne pas encourager l’impunité lorsque des responsables de haut niveau déclarent, dans des médias lourds, avoir procédé à l’arrestation des instigateurs et meneurs de cette tragédie avant de les retrouver dehors, libres comme le vent ?”

“N’est-ce pas une prime d’état à l’égard de tous les aventuriers et pyromanes de tous bords ? Il n’y a que la justice, appliquée dans toute sa rigueur, qui puisse ramener le calme et les gens à la raison. Toute autre chose ne serait que de la pure littérature.”

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~ par Alain Bertho sur 1 février 2009.

 
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