Emeute à Madagascar janvier 2009

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Péril malgache

31.01.09

Par trois fois déjà depuis l’indépendance de Madagascar en 1960, des émeutes ont abouti au renversement du régime en place à Antananarivo. Les manifestations de rue qui ont causé la mort de dizaines de personnes depuis lundi 26 janvier vont-elles faire bégayer l’histoire de la Grande île ?

Telle est, à l’évidence, le dessein de Andry Rajoelina, 34 ans, le maire de la capitale malgache, ancien disc jockey aujourd’hui responsable de deux sociétés spécialisés dans l’affichage publicitaire. Dénonçant la « dictature » du président Ravalomanana, le maire a appelé aux rassemblements qui ont dégénéré en pillages et provoqué une répression. Il a déclaré prendre la tête d’une « transition démocratique » et affirmé vouloir organiser une élection présidentielle « dans deux ans maximum ».

Le parallèle avec l’arrivée au pouvoir de l’actuel président malgache est frappant. En 2001, Marc Ravalomanana, lui-même chef d’entreprise, avait utilisé la mairie d’Antananarivo comme tremplin. S’appuyant sur le mécontentement populaire, il avait fini par être élu puis proclamé président au terme d’une longue crise où la rue avait pesé en sa faveur. Symbole de renouveau et d’efficacité, il a lancé une politique de privatisation et d’ouverture aux investisseurs étrangers marquée par de grands travaux.

Réélu en 2006, il est désormais accusé d’avoir confisqué le pouvoir au profit des sociétés qu’il dirige. Les manifestants semblent avoir visé en priorité les magasins Magro dont il est propriétaire. Vice-président d’une Eglise d’obédience protestante, promoteur d’une régression continue des libertés publique, il a perdu le soutien déterminant de l’Eglise catholique. Gérée dans l’opacité, la cession au conglomérat sud-coréen Daewoo Logistics de 1,3 million d’hectares de terres agricoles alimente la colère. Tout comme la hausse des prix sur une île dont 85 % des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.

La France, ancien colonisateur, est d’autant plus embarrassée qu’elle a tardé à reconnaître la légitimité du président Ravalomanana. Au-delà des relations avec Paris, les émeutes de Madagascar posent surtout la question des rapports entre la population et le pouvoir, qui se dit démocratiquement élu. De son côté, M. Rajoelina ferait bien de défendre ses revendications par le dialogue avant d’utiliser la rue. Sauf à prendre la responsabilité d’un coup d’Etat aux conséquences plus que dommageables.

Madagascar sur la voie du putsch

lejdd.fr

31 janvier 2009

Par Rémi DUCHEMIN

La crise à Madagascar a connu un tournant sans doute décisif samedi. Andry Rajoelina, le maire de la capitale Antananarivo, s’est autoproclamé en charge de la gestion du pays. Devant un public acquis à sa cause, l’homme de 34 ans s’en est encore férocement pris au président Marc Ravalomanana. Celui-ci n’a pas encore réagi. Des violences entre camps ennemis ne sont pas à exclure.

De nombreux Malgaches ont convergé vers la place du 13 Mai pour entendre Andry Rajoelina, maire d’Antanarivo. (Reuters)

« Puisque le président et le gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités, je proclame que je vais gérer toutes les affaires nationales à partir d’aujourd’hui. » C’est par cette phrase, lancée samedi depuis la place du 13 mai, lieu historique de la contestation malgache, qu’Andry Rajoelina a peut-être amorcé un tournant décisif dans la crise que traverse actuellement Madagascar. Le maire d’Antananarivo, qui mène la révolte contre le président en place Marc Ravalomanana, tente ainsi le coup de force, pour l’heure pacifique.

« Jusqu’à la mise en place d’un gouvernement de transition, c’est moi qui donne les ordres pour la gestion des affaires nationales à tous les ministères », a proclamé Rajoelina devant une foule de partisans en liesse. « J’informe les forces de sécurité que, dorénavant, c’est de moi que vous recevrez les ordres ». L’actuel chef de l’Etat n’a pour l’heure pas réagi. De sa réponse, autant sur la forme que sur le fond, dépend le déclenchement d’éventuelles violences dans les prochaines heures. La manifestation de samedi s’est dispersée dans le calme.

Respect de la Constitution, mais…

Cela n’a pas toujours été le cas. Depuis lundi, plusieurs rassemblements ont dégénéré en pillages et en incendies volontaires visant les magasins du groupe Tiko, dont le fondateur et propriétaire est Marc Ravalomanana. Les violences auraient entrainées la mort d’au moins 68 personnes, certaines sources avançant le chiffre d’une centaine de victimes.

Malgré son auto-proclamation, Andry Rajoelina jure vouloir respecter la Constitution. « Les bailleurs de fonds, les évêques, tout le monde nous dit: ‘respectez la Constitution’. Nous sommes d’accord. Nous allons donc proclamer ici les délits du président et du gouvernement au regard de la constitution », a-t-il lancé, protégé par un impressionnant service d’ordre. « La demande du départ immédiat du président Ravalomanana sera déposée au Parlement pour suivre la procédure légale. »

La carrière politique du nouvel homme fort de Madagascar a été aussi fulgurante que sa carrière professionnelle. Ancien disc-jockey, l’homme a fait fortune en créant deux sociétés d’affichage publicitaire. En décembre 2007, il est élu à la surprise générale maire d’Antananarivo contre le candidat du pouvoir. Depuis, il n’a eu de cesse de critiquer le président en place. « Andry TGV », comme le surnomme ses partisans en hommage à la rapidité de son ascension sociale, durcit le ton en décembre 2008 quand le pouvoir décide la fermeture de sa chaîne de télévision Viva. Avec succès, puisqu’il paraît désormais en mesure de prendre purement et simplement le pouvoir. Sauf que, s’il décide de respecter la constitution jusqu’au bout, le maire de « Tana » ne pourra pas accéder à la présidence. La constitution fixe en effet l’âge minimal à 40 ans. Or Andry Rajoelina n’est âgé que de 34 ans.

Madagascar: le maire d’Antananarivo se proclame en charge de la gestion du pays

ANTANANARIVO (AFP) — Le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina, engagé dans bras de fer contre le président Marc Ravalomanana, s’est « proclamé » samedi en charge de la gestion de Madagascar devant ses partisans rassemblés dans la capitale, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Puisque le président et le gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités, je proclame que je vais gérer toutes les affaires nationales à partir d’aujourd’hui », a lancé le maire à plusieurs dizaines de milliers de ses partisans rassemblés à son appel sur la place du 13 Mai, dans le centre de la ville.

« Une demande pour le départ immédiat du président sera déposée prochainement au Parlement afin de suivre la procédure légale », a-t-il ajouté, protégé à la tribune par plusieurs gardes du corps.

Au début de la manifestation, des jeunes manifestants avaient jeté des pierres sur gendarmes équipés de tenues anti-émeutes, provoquant leur départ précipité.

Aucun autre incident n’avait été signalé en début d’après-midi, alors les partisans du maire ont commencé à se disperser rapidement après la fin du discours.

Aucune force de l’ordre n’était visible en début d’après-midi dans les environs de la place du 13 Mai.

C’est le troisième rassemblement appelé par le maire depuis le début de la semaine. Lundi, les manifestations avaient dégénéré en pillages et incendies volontaires de magasins. Le second, mercredi, s’était déroulé et dispersé dans le calme.

Au moins 68 personnes, selon la gendarmerie, ont été tuées à Madagascar depuis lundi.

Dans un entretien à des journalistes jeudi soir le maire, s’était prononcé pour la mise en place d’une « transition démocratique » à Madagascar dont il prendrait la tête.

M. Rajoelina a des rapports tendus avec le régime depuis son élection à la mairie en décembre 2007 comme candidat indépendant face au candidat du parti présidentiel.

Le bras de fer s’est nettement durci avec la fermeture par le gouvernement le 13 décembre de sa télévision, Viva, qui avait diffusé une interview de l’ex-président en exil Didier Ratsiraka.

Le 23 janvier, il avait qualifié le régime de « dictature » et a appelé à des rassemblements de protestation dans la capitale.

Madagascar: 2.000 manifestants, jets de pierres contre des gendarmes

ANTANANARIVO (AFP) — Environ 2.000 manifestants étaient réunis samedi matin, à l’appel du maire d’Antananarivo Andry Rajoelina et contre le régime, sur une place historique de la capitale malgache où des gendarmes ont essuyé des jets de pierres, a constaté un journaliste de l’AFP.

Arborant T-shirts et casquettes orange du mouvement du maire, les premiers manifestants attendaient sa venue en écoutant de la musique sur la place du 13 mai, haut lieu de la contestation malgache situé au milieu de l’avenue de l’Indépendance.

Peu après 09h00 (06h00 GMT), une voiture et deux camions de la gendarmerie, remplis d’hommes en tenue anti-émeute, ont fait leur apparition sur l’avenue de l’Indépendance.

Plusieurs centaines de partisans du maire se sont alors dirigés vers eux.

Tandis qu’un gendarme venait à leur rencontre pour dialoguer et que certains de ses collègues faisaient le V de la victoire sous les applaudissements, des jeunes manifestants leur ont jeté des pierres, provoquant leur départ précipité.

La capitale malgache a connu deux rassemblements cette semaine: le premier lundi avec plusieurs dizaines de milliers de personnes a dégénéré en pillages et incendies volontaires de magasins. Le second mercredi, plus modeste, s’est déroulé et dispersé dans le calme.

Au moins 68 personnes selon la gendarmerie ont été tuées à Madagascar depuis lundi.

Le maire de la capitale s’est imposé en un peu plus d’un an comme le principal opposant au président Marc Ravlomanana.

Doté d’un sens de la communication réel, il a su capitalisé les frustrations des malgaches concernant la baisse de leur pouvoir d’achat et la restriction de la liberté de parole dans la Grande Ile de l’océan Indien.

Émeutes et pillages auraient fait plus de 100 morts, lundi, dans la capitale, Antananarivo.

jeudi 29 janvier 2009

Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté, hier, à Antananarivo. Pas d’émeute, cette fois. Mais un climat lourd. Le jeune maire de la capitale, Andry Rajoelina, 34 ans, a de nouveau appelé à renverser le Président, Marc Ravalomanana, accusé de corruption et d’autoritarisme.

Le chef de l’État durcit le ton. Il n’invite plus son rival au dialogue. Il accuse le clan de Didier Rastiraka, le dictateur chassé du pouvoir en 2002, d’être « l’initiateur des troubles ».

Marc Ravalomanana tente surtout de se justifier après les 36 heures de chaos où il est resté invisible,lundi et mardi. Mettant à profit l’émeute, des pilleurs avaient incendié des supermarchés. « Cest moi qui ai donné lordre aux militaires de ne pas intervenir, sinon cela aurait été un bain de sang », a déclaré le président contesté.

De nombreux habitants d’Antananarivo dénoncent « une absence coupable des forces de l’ordre ». Quarante-trois corps, souvent calcinés, ont été apportés dans les morgues de la capitale. Un journaliste de L’Express avance le bilan de 102 tués, en recollant les données recueillies auprès de sources officielles : la plupart sont mortes écrasées sous des sacs de riz ou brûlées vives dans les magasins saccagés.

Les émeutes font plus de 80 morts

Leparisien.fr

29 janvier 2009

Le bilan des troubles à Madagascar depuis lundi s’est encore alourdi hier soir. Alors qu’on déplorait 34 morts à Antananarivo, au lendemain des premiers incidents, une source militaire locale faisait état, hier soir, de deux fois plus de victimes. Mais pour Alain Joyandet, le chiffre réel est de plus de 80 morts. Le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, qui s’exprimait sur LCI, a jugé la situation « très préoccupante ».

Il affirme que Paris « suit la situation heure par heure » et rappelle que 20 000 ressortissants français vivent à Madagascar.
Au moment où le bilan s’alourdit, la capitale malgache a connu, hier, un nouveau rassemblement, apparemment pacifique. Quelque 10 000 personnes se sont réunies à l’appel du maire de la capitale, Andry Rajoelina, opposant avéré au chef de l’Etat, Marc Ravalomanana. Ce dernier a accusé son rival d’être l’« initiateur des troubles ». Le chef de l’Etat visitait alors les locaux de la radio nationale, incendiés par des émeutiers lundi, le jour où la première manifestation de grande ampleur contre le président a basculé dans le chaos. Interrogé sur l’absence d’intervention des forces de l’ordre, lundi, contre les émeutiers et pillards, M. Ravalomanana a affirmé avoir demandé aux militaires de « ne pas intervenir ». « Il faut bien gérer la crise, dit-il, sinon cela aurait été un bain de sang. »

Opération ville morte

Un jeune manifestant a pourtant été tué par balle. Les partisans du maire veulent savoir « qui a donné l’ordre » et demandent sa « condamnation aux travaux forcés ». « Dans l’attente d’une réponse » du président, ils veulent faire de la capitale une « ville morte » où tout sera fermé : écoles, bureaux et magasins. Samedi, les opposants au chef de l’Etat « seront encore dans la rue », promettent-ils.
Hier, Bernard Kouchner s’est entretenu avec les deux personnalités antagonistes de l’île pour « trouver une solution pacifique et durable à la crise ». Le chef de la diplomtie française appelle les deux élus au « dialogue », mais précise que la France restera « impartiale », malgré la présence de ressortissants dont la moitié a la « double nationalité. »

Le Parisien

43 killed in Madagascar political violence

ANTANANARIVO, Madagascar (AP) — Thousands of opposition supporters demanded the resignation of Madagascar’s president at a rally Wednesday, and the director of the main hospital said 43 people had been killed in political violence earlier in the week.

At least 10,000 people gathered to hear opposition leader and capital mayor Andry Rajoelina call for a general strike on the Indian Ocean island off Africa’s southeast coast, witnesses said.

On Monday, protesters set ablaze a building in the government broadcasting complex and an oil depot, shopping mall and private TV station linked to President Marc Ravalomanana after the government blocked an opposition radio station.

Vololona Ralifon, the director of Joseph Ravohanjy Hospital, said 43 bodies had been brought to the morgue and all but two of them had been burned beyond recognition.

« I’ve never seen this in my life, » Ralifon told The Associated Press. « I hope so much this nightmare is ended. »

Only five bodies had been claimed by relatives, and the hospital was appealing on radio and TV stations for anyone with missing family members to come to the morgue, Ralifon said.

Madagascar is known for its rare wildlife and eco-tourism — but also for its history of political unrest and infighting.

Ravalomanana clashed with former President Didier Ratsiraka when both claimed the presidency after a disputed December 2001 election. After low-level fighting split the country between two governments, two capitals and two presidents, Ratsiraka fled to France in June 2002.

Ravalomanana won re-election in 2006, though two opposition candidates tried to challenge the validity of the vote. That same year, a retired army general called for the military to take control of the former French colony.

Rajoelina accuses Ravalomanana’s government of misspending funds and threatening democracy. Rajoelina says he has the military’s support and is ready to take over an interim government. But at 34, the fiery opposition leader is too young to be president: The constitution requires a candidate be at least 40.

Riots in Antananarivo Madagascar to continue until… 2 confirmed dead, body parts of about 37 people found

28 janvier 2009
It is total chaos in Antananarivo the capital and largest city of Madagascar. Things fell apart in the usually calm island as anti-government protesters burned, looted and vandalized.

The country’s capital has witnessed four days of unrest as a political confrontation continues between the city’s mayor Andry Rajoelina and the country’s president while police battle to control angry protestersSmoke continues to rise from buildings and warehouses that were attacked on Monday, and the debris left by looters have filled the streets.

A television network owned by the Antananarivo city mayor had broadcasted an interview with former President Mr. Didier Ratsiraka. Who is apparently an enemy of incumbent president Mr. Marc Ravalomanana. The Interview led to protests and clashes between supporters of either parties.

According to Irin the capital’s outspoken mayor, Andry Rajoelina, 34, has accused the government of stifling democracy and clamping down on press freedom. Asking the president to step down, he demanded the formation of a transitional government, which he would lead.

The mayor called for a general strike at a banned rally on 25 January, in Antananarivo. On the 26th he also said, « Nowhere in the world has a military force ever succeeded in overcoming the force of the people. Power belongs to the people. » The same day two people were shot dead.

According to Reuters news agency unconfirmed reports from the city’s fire department, Wednesday, also claim that about 37 burnt corpses of suspected looters have been found.

« We have found perhaps as many as 37 bodies. It is hard to determine the precise numbers because the bodies are badly damaged, and there are limbs scattered all over the place, » he told the news agency.

This brings the death toll to 39.

President Ravalomanana has called for talks with Mr Rajoelina, mayor of Antananarivo but the mayor has insisted that until the shooters are produced and made to face justice, there will be no white flags and no peace talks with the president. He has also called for a transitional government to be established.

Police continue to shoot in the air in an attempt to disperse angry crowds and looters in the city. Many food and electrical shops have been broken into and fires are burning near the city’s central market area as the government seeks the return of social stability in Madagascar island.

Yesterday a curfew was imposed on the city by the country’s military, Tuesday. Residents of Antananarivo have been ordered remain in their homes between 9 pm and 4 am as the violence spreads to other cities in the country.

37 corps calcinés retrouvés après les émeutes à Madagascar

Reuters
28/01/2009

ANTANANARIVO – Les pompiers malgaches ont retrouvé mercredi 37 corps calcinés après l’incendie d’un grand magasin d’Antananarivo lors d’émeutes anti-gouvernementales, annonce un haut responsable des pompiers.

Si ce nombre est confirmé cela porterait à 39 le nombre de morts dans les violences qui ont touché l’île de l’Océan indien cette semaine.

Dans un premier temps, les services de secours avaient annoncé avoir retrouvé 25 corps carbonisés dans les décombres du grand magasin.

Madagascar : 25 corps carbonisés découverts après des émeutes

avec Reuters | 27.01.09

Vingt-cinq corps carbonisés ont été découverts, mardi 27 janvier, dans un grand magasin de la capitale malgache, Antananarivo, à la suite des violents affrontements de la veille. « Ils sont tellement brûlés qu’on ne peut les reconnaître et ils seront difficiles à identifier », a indiqué un responsable des pompiers.Les violences ont éclaté au premier jour de grève lancée par l’opposition contre le chef de l’Etat Marc Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002 et accusé de dérive autocratique par ses détracteurs.

La foule en colère a mis le feu à l’immeuble de la radio-télévision d’Etat et pillé plusieurs magasins pendant la nuit. Les affrontements ont fait deux morts, lundi, un policier et un adolescent de 14 ans. Les habitants de la capitale ont précisé que des bandes de pillards avaient attaqué durant la nuit des magasins liés à l’empire commercial du président.

Lourd bilan de deux journées d’émeutes

RFI

Article publié le 27/01/2009

Au moins 34 morts, de nombreux blessés, des pillages dans la capitale malgache et les émeutes qui s’étendent à la province : le bilan des violences de lundi et de la mutinerie de mardi est très lourd, alors que la situation politique reste confuse. Le président Marc Ravalomanana et son principal opposant Andry Rajoelina, le maire d’Antananarivo, ont tous les deux lancé des appels au calme.

La situation est toujours instable à Madagascar. Et le bilan des émeutes du lundi 26 janvier à Antananarivo, la capitale, est lourd : 25 corps calcinés ont été retrouvés dans les décombres d’un grand magasin incendié de la capitale. « Les corps sont tellement brûlés qu’ils seront difficiles à identifier », a déclaré un responsable des pompiers à l’agence Reuters. Les victimes auraient été prises au piège dans le brasier, au plus fort des pillages de la nuit dernière. Elles se trouvaient dans un magasin de vêtements sur une artère perpendiculaire à l’avenue de l’Indépendance.

Un couvre-feu a été instauré. Il s’agit là encore d’un autre signe de la volonté des pouvoirs publics, clairement affichée aujourd’hui, de rétablir l’ordre dans la capitale. Des unités de 20 soldats ou de policiers sont postées devant la plupart des superettes ou autres enseignes susceptibles d’être pillées.

Dans les quartiers des ministères aux abords du lac Anoussi, des citoyens armés de bâtons montent la garde derrière des barrages de fortune pour protéger leurs quartiers. Par ailleurs, un détenu a été tué et dix autres blessés dont trois grièvement à la prison d’Antanimora. Ce mardi, en milieu d’après-midi, ils ont entamé une mutinerie qui a été réprimée.

En province aussi, on a signalé des incidents ce mardi. Des magasins Magro, propriété du président Ravolamanana ont été pillés dans la plupart des grandes villes du pays. Les pillards ont pris d’assaut également d’autres enseignes. Les premières villes touchées par ces pillages, cantonnés à un ou deux quartiers, sont Mahajanga sur la côte ouest, Tuléar plus au sud, Antsirabe sur les Hauts-Plateaux. On a relevé aussi des incidents plus tard dans la journée à Fianarantsoa et enfin à Tamatave sur la côte est. En revanche, point d’incident à Diego-Suarez et à Fort-Dauphin.

Nuit de pillages, d’invasion et d’incendie

exprimanoo.com

27 janvier 2009

La nuit a été très mouvementée à Antananarivo, capitale de Madagascar. De nombreux pillages ont été commis un peu partout dans la ville, ainsi que des incendies. Les prisonniers de la prison nationale d’antanimora se sont tous évadés en début de soirée. Les pompiers ont été dépassés par ce chaos qui s’installait d’heures en heures. Aujourd’hui Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana doivent se rencontrer enfin et trouver dans le dialogue une issue à ces émeutes.

Les magasins Courts et Jumbo Score, Floreal center, Naza Electronic Analakely, Econocenter, Suprême Center Behoririka, ainsi que la galerie Zoom ont été pillé par des milliers de personnes qui ont ensuite proposé au marché noir leur larcin. Plusieurs personnes sont mortes, notamment lors de l’effondrement d’une étagère de marchandise lors du pillage d’un magasin.

Pendant ce temps Andry Rajoelina, qui était l’instigateur de cette manifestation qui a mal tourné, à appelé au calme tout au long de la nuit, en venant même à demander à l’Etat d’intervenir avec l’Armée et la police. Mais justement, où est exactement l’Etat, et plus particulièrement son Chef Marc Ravalomanana ? il a été le grand absent de cette nuit. De nombreuses rumeurs qui n’ont jamais pu être vérifié ont dit qu’il avait abandonné le pouvoir, parti en avion bien loin accompagné de ses mercenaires.

Pourtant, ce matin mardi 27 janvier les deux hommes doivent se rencontrer pour trouver une issue diplomatique à cette crise politique qui hier a prit des tournure catastrophique d’émeutes, de pillages et d’incendies. Espérons qu’une solution sera trouvé et mettra fin à ce lundi noir malgache. Quelle solution serait possible ? Est-ce que la démission tant demandée de Marc Ravalomanana suffirait à faire tout rentrer dans le calme ? Et qui prendrait le pouvoir, le jeune Andry Rajoelina, maire depuis seulement 4 mois de Antananarivo ?

Madagascar: un partisan du maire tué par balles


26 janvier 2009
ANTANANARIVO (AFP) — Un manifestant partisan du maire d’Antananarivo Andry Rajoelina a été tué par balles lundi lors d’affrontements devant la télévision privée du président malgache, a affirmé à l’AFP le premier adjoint au maire, Andriamahazo Nirhy-Lanto.
« De notre côté, nous avons une victime par balles au niveau de la tête (qui est survenue) pendant l’assaut au siège de la télévision privée MBS » du président Marc Ravalomanana, a déclaré le responsable, précisant que la victime était « un jeune homme ».
« La station était gardée par des mercenaires; ils étaient féroces et ils ont tiré sur la foule », a-t-il poursuivi.
Des émeutes ont éclaté lundi dans la capitale malgache à la suite d’un rassemblement à l’appel du maire de la capitale, qui dénonce la « dictature » à Madagascar.
Les locaux de la radio nationale malgache (RNM), situés dans le centre d’Antananarivo, ont été saccagés et incendiés, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les émeutiers faisaient partie de dizaines de milliers de personnes qui s’étaient rassemblées dans la matinée sur la place du 13 mai, haut lieu de la contestation malgache, à l’appel de M. Rajoelina qui dénonce depuis vendredi « une dictature » à Madagascar et avait appelé à la grève générale pour ce lundi.
Des barrages routiers ont été érigés par des partisans du maire dans d’autres quartiers de la ville, paralysant la circulation.

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Madagascar: des manifestants incendient un bâtiment de la télévision


26 janvier 2009
ANTANANARIVO, Madagascar — Des milliers de manifestants exigeant la démission du gouvernement de Madagascar sont descendus lundi dans les rues d’Antananarivo et ont saccagé et incendié des immeubles de télévision d’Etat pour protester contre l’apparente fermeture d’une station de radio de l’opposition.
Quelques heures plus tard, le maire de la capitale Andry Rajoelina, chef de l’opposition, est apparu sur une chaîne privée indépendante pour appeler au calme. Il a affirmé que deux manifestants avaient été tués et deux ou trois blessés, sans donner de précisions. Ces informations n’étaient pas confirmées dans l’immédiat.
Lors des incidents, un immeuble de la télévision d’Etat a été détruit et pillé. Un peu plus tard, on pouvait voir de la fumée s’échapper d’un deuxième bâtiment du complexe de la télévision. Policiers et pompiers n’étaient visibles nulle part et ne répondaient pas aux appels téléphoniques. Selon des témoins, des manifestants ont également incendié un dép’t pétrolier et les locaux d’une chaîne de télévision privée liée au président Marc Ravalomanana.
Le cabinet de Marc Ravalomanana a accusé Andry Rajoelinade vouloir renverser le gouvernement et promis d’agir de façon décisive pour « rétablir l’ordre ». Peu après, la radio de l’opposition quittait les ondes.
Les partisans de l’opposition sont descendus dans la rue exigeant la démission du gouvernement et demandant le rétablissement de la radio. Certains ont commencer à se livrer à des pillages.
Andry Rajoelina accuse le gouvernement de gaspiller l’argent public et menacer la démocratie. Il a demandé la démission de Marc Ravalomanana, se disant prêt à prendre la relève. Ce week-end, il avait appelé à la grève générale à partir de lundi. Il est apparu lundi dans la journée sur une place du centre de la capitale, entouré de ses partisans en orange, la couleur de la révolution ukrainienne de 2004 dont il s’inspire.
La France a dit suivre lundi « avec attention » la situation à Antanarivo. « Nous appelons au respect de l’ordre constitutionnel et des principes démocratiques et considérons que seul un dialogue politique entre les parties permettra une solution pacifique à cette crise », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Frédéric Désagneaux lors d’un point de presse électronique.
L’ambassade de France à Madagascar a diffusé à ses ressortissants « des conseils de prudence, les incitant à éviter sauf raisons impératives de se rendre dans le centre de la capitale ». « A titre de précaution, les établissements français scolaires, de recherche et de coopération sont restés fermés » lundi, précise le Quai d’Orsay. AP

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Madagascar : allons-nous vers une guerre civile ?

exprimanoo.com

26 janvier 2009
Les manifestations qui étaient jusqu’alors pacifiques sont en train de tourner en émeutes. De nombreux magasins commencent à être pillés, et on dénombre même des morts par balles ! Par ailleurs, suite aux rumeurs persistantes sur l’arrestation imminente d’Andry Rajoelina, ce dernier se barricade désormais dans son Quartier Général.
Pour l’instant l’armée n’intervient pas, ce qui tenterait à prouver qu’elle n’obéit plus à Marc Ravalomanana qui d’ailleurs s’est retranché lui aussi de son côté avec des mercenaires qu’il a ramené avec lui dans son avion présidentiel lors de son voyage dimanche dernier en Afrique du Sud. L’homme semble donc s’être attendu à une réaction de ce type de la part de ses militaires, mais également du peuple qui suit par millier l’action de Rajoelina.
Toujours est-il qu’actuellement deux personnes sont mortes par balle du côté des partisans de Andry Rajoelina. La journée est en passe de devenir très sombre et de se transformer en véritable guerre civile avec d’un côté les partisans de Ravalomanana et de l’autre ceux d’Andry Rajoelina.

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La capitale de Madagascar vacille sous les émeutes


26 janvier 2009
Le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina, qui s’est érigé en principal opposant au président malgache, a durci son bras de fer avec le pouvoir lundi, lors d’un rassemblement dans la capitale de milliers de ses partisans qui a tourné à l’émeute.

Les locaux de la radio nationale malgache (RNM), situés dans le centre d’Antananarivo, ont été saccagés et étaient en feu à la mi-journée, a constaté un journaliste de l’AFP. Les émeutiers faisaient partie de dizaines de milliers de personnes qui s’étaient rassemblées dans la matinée sur la place du 13 mai, haut lieu de la contestation malgache, à l’appel de M. Rajoelina qui dénonce depuis vendredi « une dictature » à Madagascar et avait appelé à la grève générale pour ce lundi.

Un caractère « TGV »

Des barrages routiers ont été érigés par des partisans du maire dans d’autres quartiers de la ville, paralysant la circulation. Lundi, M. Rajoelina, surnommé « TGV » (Train à Grande Vitesse) pour son caractère fonceur, a renouvelé ses virulentes critiques contre le président Marc Ravalomanana malgré les mises en garde du régime, et a appelé à une nouvelle manifestation pour mardi.

« Le pouvoir appartient au peuple, il peut se l’accaparer. A chaque heure qui passe, le pouvoir prouve la dictature » a lancé le maire de 34 ans, perché sur un camion face à la foule. « Partout dans le monde, aucune force militaire n’a réussi à vaincre la force de la population. C’est pour ça que nous allons continuer même s’ils font venir des mercenaires étrangers (…) pour éliminer le maire », a-t-il lancé en parlant de lui à la 3e personne. « Il y a beaucoup trop de prisonniers politiques et quand je serai au pouvoir, ils seront tous libérés, sauf les assassins », a-t-il dit.

Deux hommes de poigne

M. Rajoelina, jeune entrepreneur, entretient des rapports tendus avec le régime de M. Ravalomanana depuis son élection à la mairie en décembre 2007 comme candidat indépendant. La mairie d’Antananarivo est un poste clé de la vie politique malgache. Elle avait servi de tremplin à M. Ravalomanana, élu maire en novembre 1999 à l’issue d’une campagne spectaculaire. Le bras de fer s’est fortement durci depuis la fermeture par le gouvernement le 13 décembre 2008 de sa télévision privée Viva, après la diffusion par cette chaîne d’une interview de l’ex-président Didier Ratsiraka.

Président de Madagascar pendant 25 ans, ce dernier vit en exil en France depuis 2002, à l’issue d’une grave et sanglante crise politique qui avait vu l’accession au pouvoir de M. Ravalomanana, réélu en décembre 2006. La radio Viva, appartenant également au maire, avait cessé d’émettre lundi. Ecourtant un voyage à l’étranger, M. Ravalomanana est rentré dimanche à Antananarivo, déclarant vouloir « rétablir l’ordre » et « sauvegarder la République ». « L’appel à la révolte et à la désobéissance civile » lancé par le maire « correspond à un coup d’Etat » et « foule au pied les valeurs de la Constitution », a-t-il dit dans un communiqué.

Un absence de liberté d’expression décriée

Si l’élément déclencheur de la contestation a été la fermeture de la télévision Viva, « TGV » fustige aussi l’absence de liberté d’expression et de démocratie dans la Grande Ile et la « spoliation » des terres malgaches dans un colossal projet agricole mené par le Sud-Coréen Daewoo. L’opposition a aussi dénoncé les accords avantageux accordés récemment par le gouvernement à des sociétés étrangères, notamment dans le secteur minier, alors que le pays est toujours plongé dans une grande pauvreté. (afp/acx)

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~ par Alain Bertho sur 26 janvier 2009.

 
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