Emeutes à Berriane décembre 2008

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Encore une nuit de violences

liberte-algerie.com

31 décembre 2008

Même si elles sont de moindre intensité que la nuit de dimanche, de nouvelles violences ont éclaté hier soir à Berriane, néanmoins circonscrites dans les mêmes quartiers, à savoir ceux de la rue Abderrahmane Behbah, au quartier Echourf et à Madkbal Echâba, toujours quadrillés par les forces anti-émeutes. Ces heurts inquiètent au plus haut point la population qui appréhende, et à juste raison, l’escalade à l’orée de la reprise des classes.

“Qui a intérêt à réveiller les vieux démons et à qui profite la violence ?” se demande Aâmi Bakir, septuagénaire qui affirme que “la réponse à ces deux questions fondamentales mettra à nu les pyromanes et les commanditaires de ces actes, de quelque bord qu’ils soient” ajoutant “la population est fatiguée de ces affrontements cycliques et n’aspire qu’à vivre en paix comme tous les citoyens de ce pays”.

Émeutes à Berriane

liberte-algerie.com

30 décembre 2008

Des émeutes ont éclaté, dimanche en fin d’après-midi, dans cette localité, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre. Le calme est revenu hier mais la situation demeure précaire dans cette ville qui a été le théâtre en mai dernier d’affrontements.

La ville de Berriane, daïra située à 45 km  au nord de Ghardaïa, a renoué bien que brièvement, avec la violence et ce, quelques heures après le départ du président Bouteflika qui a effectué dimanche une visite de travail et d’inspection dans cette région meurtrie par les inondations du 30 septembre passé. En effet, des escarmouches, vite transformées en échauffourées entre les deux communautés, ont failli prendre des proportions dramatiques n’était l’intervention urgente et énergique des forces de l’ordre à la rue Abderrahmane-Bahbah, au centre-ville, ainsi qu’au quartier Echouf et à Madkhal Echâaba.

Selon nos sources, tout serait parti d’un jet de pierres sur des clients attablés à une terrasse de café connu de Berriane, qui ont immédiatement riposté en lançant eux aussi des pierres sur leurs agresseurs. Ce qui a failli mettre le feu aux poudres dans cette merveilleuse cité millénaire qui a vécu des heures dramatiques en mars et mai derniers où trois personnes ont trouvé la mort par le fait de  manipulations politiciennes et l’incapacité de l’administration à faire face comme il se doit à ce genre de conflit récurrent dans cette région. Les accrochages entre les forces de l’ordre et les citoyens d’une des deux communautés ont duré jusqu’au petit matin.

Aux jets de pierres des uns ont répliqué des tirs de grenades lacrymogènes des autres, provoquant l’indisposition de quelques citoyens, dont l’inhalation de gaz moutarde a nécessité le transfert au centre de soins de la ville pour des problèmes respiratoires. Des blessés légers sont aussi à déplorer. Lors de notre déplacement sur les lieux, hier matin, le calme régnait. Les forces de sécurité, déployées en grand nombre dans les quartiers à risque, sont prêtes à intervenir à la moindre alerte.

La RN1, qui traverse la ville, est ouverte à la circulation. Par ailleurs, et toujours selon nos sources, aucune arrestation n’a été opérée. “Ce n’est quand même pas normal qu’à chaque visite importante dans la région, des incidents éclatent. Nous sommes en droit de nous poser des questions sur leur auteurs”, déclare le vieux Smaïl. Et d’ajouter : “Il n’y a rien d’innocent dans ces actes. Pour moi, ils sont prémédités par des parties connues qui n’ont pas intérêt à ce que la situation se stabilise, mais Dieu les démasquera.”

~ par Alain Bertho sur 30 décembre 2008.

 
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