Emeute à Dakar octobre 2008

Emeutes de l’électricité : Dakar et sa banlieue en flammes
10 octobre 2008
Comme s’ils s’étaient passé le mot, les habitants de Derklé, Castors, Dieuppeul et Khar Yalla, animés par une même complainte, ont manifesté violemment hier dans les rues. Femmes, adultes enfants ont arboré des brassards rouges, scandant des slogans très hostiles à la Senelec et qui se résumaient en ces termes : ‘Assez, nous sommes fatigués’.
C’est sous un soleil accablant qu’ils ont marché, brûlant des pneus dans les principales artères pour manifester leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme un abus de la Senelec. Se donnant rendez-vous dans les différents carrefours de la route principale qui relie Dieuppeul à Khar Yalla, des jeunes excités et d’une rare détermination ont brûlé des pneus et montré, à travers des diatribes, tout leur dépit envers cette société qui, disent-ils, en fait trop. En effet, cette localité de Derklé, Castors, Dieuppeul et Khar Yalla aura particulièrement souffert des coupures d’électricité durant ces dernières quarante-huit heures.
D’ailleurs, le ton a été donné avant-hier, mercredi, par des femmes excédées par cette constance des coupures qui ont improvisé une manifestation devant les locaux du groupe Wal Fadjri. Et ces manifestations violentes d’hier ne sont qu’un prolongement des jeunes qui ont voulu prendre le relais pour, à leur tour, s’indigner contre ces agissements de la Senelec qui, toute la journée, les prive d’électricité. ‘D’ailleurs, nous ne savons même plus si cette société est utile ou pas car l’électricité, nous ne l’intégrons plus dans nos réalités, on peut bien s’en passer maintenant’, s’offusque un jeune manifestant dans un nuage de fumée noire que dégageaient les innombrables pneus brûlés en divers endroits. Mais c’est sur la rue 13 de Castor que les choses vont s’envenimer, car les jeunes ont voulu rejoindre les Hlm pour étendre l’ampleur des manifestations. C’est ainsi qu’ils seront poursuivis par une voiture de police qui surveillait l’évolution de la situation, tout en prenant le soin de ne pas remuer la foule. Mais de plus en plus se formaient des groupes de personnes, improvisant à leur tour des manifestations sporadiques et toutes d’une même intensité avec la même haine contre la Senelec qui n’arrive plus à assurer une distribution normale en électricité.
Trompant la vigilance des policiers, les jeunes se sont précipités vers les locaux de la Senelec Bourguiba pour la saccager. Des vitres cassées, des chaises brisées, du matériel de travail détruit, le décor après leur passage en dit long sur leur fureur et leur détermination. Car, le comble c’est qu’en pleine manifestation, les agents de la Senelec distribuaient leurs doubles factures aux populations qui en avaient déjà assez des coupures. ‘C’est comme si on nous demandait de payer ce qu’on ne consomme pas, ils veulent se sucrer sur le dos des pauvres populations’, se désole une mère de famille à qui l’on venait juste de remettre ses deux factures et qui n’avait que ses yeux pour pleurer. Et comme pour les conforter dans leurs réclamations, ces deux factures qui arrivent en pleine fureur ont servi de preuves aux manifestants qui les brandissaient comme de vulgaires tracts. D’autres, dépassés par le geste de l’agent distributeur, se sont mis à sa recherche pour, disent-ils, lui ‘faire avaler ses factures salées’.
Avec ces manifestations qui avaient l’allure d’émeutes de l’électricité, le signal a été donné par les jeunes qui laissent encore des traces dans les artères de leur localité. Mais aujourd’hui, la balle est dans le camp de la Senelec qui doit, ne serait-ce que pour apaiser les ardeurs, donner des explications aux populations.
Abdoul Aziz AGNE
Manifestation de colère contre les délestages
10 octobre 2008
DAKAR- Plusieurs habitants des artères de la ville ont manifesté hier leur « ras-le-bol » face aux incessants délestages de la SENELEC en brûlant des pneus et saccageant la devanture du siège de l’Agence de la société d’électricité.
Les populations de plusieurs quartiers de Dakar , sont descendues ce jeudi dans les rues pour s’insurger contre les coupures d’électricité.
Ces jeunes ont marchés des parcelles assainies jusqu’à khar Yalla siege du groupe Walfadjri, pour montrer leur désarrois causé par les coupures d’électricités .ils ont brulé des pneus, saccagé tout ce qu’ils ont trouvé sur leur passage. L’agence Senelec la Patte d’oie, celle de Castor, ont été mises à sac.
Cette marche qui s’est faite de manière spontanée, a faillit dégénérer, puis que ces jeunes très remontés contre la Senelec, étaient sur le point de rallier le centre ville. Les forces de l’ordre, mises au parfum de la manifestation, ont usé de grenades lacrymogènes pour dispersés la foule.
Ces jeunes, surtout ceux de Khar Yalla Parcelles Assainies, et Castor, promettent de remettre le même coup dans l’après. Il faut dire que presque toutes les quartiers de Dakar surtout ceux de la banlieue souffrent quotidiennement des coupures d’électricité .
Source: Rewmi
Coupures d’électricité : Les populations investissent la rue
10 octobre 2008
Les jeunes de l’union pour la défense des intérêts de Dieuppeul-Castors et Derklé ont battu le macadam hier. Banderoles rouges attachées pour la plupart au poignet et d’autres sur la tête, ces jeunes ont barré toutes les artères menant à l’intérieur des ces quartiers.
Avec des slogans du genre « trop c’est trop », ces jeunes ont empêché la libre circulation des voitures et des personnes au moins pendant une heure, pour dénoncer les coupures intempestives d’électricité et la double facturation de la Senelec.
Interpellé sur cette marche, Gorgui Fall, un des membres de l’union de crier : « Nous sommes fatigués de vivre dans l’obscurité. Nos quartiers ne sont plus en sécurité. Avec ces coupures qui persistent, la population est sous la hantise des voleurs, violeurs et des bandits. Il y a juste une semaine qu’une jeune fille a échappé à un viol ; ce n’est pas normal, lance-t-il d’un ton ferme.
Plus loin, un autre jeune, âgé d’environ trente ans, torse nu, des pierres à la main, s’approche de votre serviteur pour balancer ces phrases : « ceci n’est qu’un avertissement. Que les autorités se le tiennent pour dit ; d’autres actions suivront dans quelques jours si rien n’est fait d’ici là », a-t-il laissé entendre.
Abondant dans le même sens que ses camarades, le jeune Issakha Guèye tente de justifier la casse de l’agence de la Senelec de Bourguiba en ces termes : « les policiers nous ont poussés à commettre cet acte. Ils ont débarqué pour nous jeter des grenades lacrymogènes, alors que nous étions en train de manifester notre ras-le-bol, ce n’est pas normal. Y a en marre de continuer à vivre ce calvaire », a-t-il martelé.
La marche de ces jeunes a servi de prétexte aux populations sorties massivement pour décrier la double facturation de la Senelec. C’est le cas de Fatou Kiné Diop, Margo Carvalho et Macoumba Dramé. Pour le dernier nommé, cette marche est le fruit des frustrations vécues par les Sénégalais par ces temps qui courent.
« Ces factures n’ont aucune justification. La Senelec se sucre sur le dos des clients. Sinon, comment expliquer ces coupures intempestives et ces doubles factures qu’elle nous sert », s’est-t-il interrogé. Avant d’ajouter que « si la société d’électricité veut nous tuer, elle nous trouvera sur son chemin car plus rien ne sera comme avant ». De son retour du marché Hlm, Margo Carvalho habitant la cité des Impôts et Domaines des Parcelles assainies a abondé dans le même sens que le sieur Dramé.
D’après elle, ces factures ne sont que de l’escroquerie « Il est temps que les autorités réagissent pour freiner ce mal qui s’aggrave. Je suis une femme qui vit seule avec des enfants qui n’ont pas encore trouvé d’emploi. Payer 40.000 Fcfa de factures de courant est une chose difficile pour moi. Je suis sûre que des cas comme moi y en a à la pelle. Vivement qu’une solution soit trouvée le plus rapidement possible pour permettre aux Sénégalais, qui ne savent plus où donner de la tête, de respirer un peu », a-t-elle confié.
Fatou Kiné Diop d’affirmer que les responsables de la Senelec ne sont pas à la hauteur. Il est urgent selon elle que le chef de l’Etat reprenne en main cette société avant qu’elle ne crée d’autres situations.










