Emeute à Romans octobre 2008

Romans, son mort et son émeute, comme en banlieue

Libé-lyon

03/10/2008

Il avance en forçant une démarche chaloupée, une main enfoncée dans la poche déséquilibrant sa silhouette. Il avance le menton, plisse le nez bruyamment et tord la bouche, tel un petit De Niro. Il dit : «J’ai pas peur de la police, moi.» Jauge l’effet de sa réplique d’un regard circulaire en contre-plongée. Il dit qu’il tuera «des schmitts» pour venger Iliès, le jeune garçon de 15 ans tué dimanche soir à Romans (Drôme) dans une tragique course-poursuite avec la police. «Ils vont payer ces assassins. Ici, ça va être la guerre. Y aura des morts», prévient-il. Puis il déballe un Carambar parfum fruits et l’enfonce en entier dans sa bouche. Son copain fait pareil. Après, forcément, on comprend moins bien ce qu’ils disent…

Ils ont sept ans. Huit maximum. Ils habitent le quartier de la Monnaie à Romans. C’est là que vivait le jeune Iliès. Et là qu’il est mort. La Ford qu’il venait de voler avec quatre copains s’est écrasée sur le mur d’un pavillon. Ils avaient une voiture de la BAC (brigade anticriminalité) aux trousses. Selon la police, Iliès a perdu le contrôle de son véhicule après avoir pris un dos-d’âne à toute vitesse. Selon les jeunes du quartier, la voiture de police aurait donné un coup de pare-chocs fatal à la Ford. C’est la version qu’a donnée trois jours plus tard Mohamed, l’un des rescapés du véhicule. Version dont n’ont jamais douté les jeunes du quartier. Comme il ne fait pour eux aucun doute que l’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) dédouanera in fine les policiers. «C’est toujours la même histoire», explique un adolescent.

Hélicoptère. Cette histoire, c’est celle qu’ils ont vue à la télé. L’histoire de Villiers-le-Bel, l’histoire de Clichy-sous-Bois. Le jeune qui meurt poursuivi par des policiers. Les versions qui se contredisent. La tension. La colère. Les cités qui s’enflamment. Les forces de l’ordre qui se déploient telle une armée. «Les gamins étaient obligés de réagir. De montrer à tout le monde que le quartier allait pas se laisser faire», analyse un jeune père de famille. Dès le lendemain de la mort d’Iliès, quelques dizaines de jeunes de la Monnaie s’en sont pris au commissariat de police de Romans. Dans la soirée, ils mettaient le feu aux poubelles, jetaient des pierres sur les commerces, cassaient les vitres du centre médical, cambriolaient le bureau de tabac. Dans le même temps, la police cernait le quartier déployant des moyens humains et matériels inédits à Romans. Plus de 200 hommes, des flash-balls et un hélicoptère. Une «provocation», pour les jeunes. Un policier a été blessé par une balle tirée au fusil de chasse. Le lendemain, une marche blanche était organisée pour tenter de calmer le jeu.

Même histoire, mêmes enchaînements. Pourtant, la Monnaie n’a pas grand-chose à voir avec les cités ghettos qui enserrent les grandes agglomérations. Ici, il n’y a pas de grandes barres, ni de tours (les dernières ont sauté il y a quelques années). On est à quinze  minutes à pied du paisible centre-ville piétonnier de Romans. La Monnaie est un petit quartier, dans une petite ville de la Drôme. Quartier défavorisé où cohabitent trois générations, dont seule la première, aujourd’hui retraitée, est immigrée. Des travailleurs maghrébins ou turcs venus dans les années 60 travailler dans le BTP, le textile ou la chaussure. Secteurs aujourd’hui en crise qui ont laissé les générations suivantes sur le bord du chemin. La région n’est pourtant pas sinistrée, Romans connaît un bon développement grâce à l’agroalimentaire et au commerce. Mais l’emploi ne suit pas. A la Monnaie, le chômage se ressent au nombre d’adultes qui discutent dans la rue aux heures ouvrables. L’échec scolaire à l’orthographe des mots d’hommage, de peine et de colère peints sur le mur où Iliès a trouvé la mort. «T parti tro to san dire au revoir», «On t’oublira jamé»…

Fleurs. Mercredi, jour sans école et jour de fête de l’Aïd, toute la journée, les gens du quartier ont défilé devant le mur. Certains se recueillent. Des femmes déposent des bouquets de fleurs. Les jeunes viennent avec leur bombe de peinture ou leur marqueur nourrir de quelques mots ce dazibao funèbre. Devant le mur devenu mausolée du quartier, la tension est palpable. A la fin de la journée, CRS et gendarmes mobiles en tenue anti-émeutes se postent sur les boulevards autour de la Monnaie. Leur présence tend encore d’un cran l’atmosphère.

Alice GÉRAUD (Envoyée spéciale à Romans)

Romans : un témoignage accuse la police

01/10/2008

Selon un habitant, l’accident qui a tué un jeune et déclenché des émeutes dans cette ville de l’Isère a été provoqué par la voiture de police.

Les forces de l’ordre ont-elles provoqué la mort de l’adolescent de 16 ans tué dans la nuit de dimanche à lundi à Romans-sur-Isère ? Un décès qui a engendré une vague d’émeutes la nuit suivante. C’est ce qu’indique le témoignage d’un habitant, résidant en face du lieu du drame et qui dit être sorti de chez lui au moment même de l’accident. Interrogé sur RTL, l’homme contredit la version officielle selon laquelle la voiture de la Brigade anti-criminalité (BAC) était à 70 mètres de celle volée des cinq jeunes lorsqu’ils ont percuté un mur. «Ils étaient à 30 centimètres», explique pour sa part cet homme. À la question ‘Pensez-vous que la voiture des policiers ait touché celle des jeunes ?’, il répond : «Je pense. C’est ce qui a provoqué l’accident». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) de Lyon, chargée d’enquêter sur les circonstances du drame, doit encore rendre ses conclusions définitives.

Mercredi, le Parquet de Valence a indiqué que quatre casseurs présumés, interpellés dans la nuit de lundi à mardi, après les violences qui ont suivi la mort de l’adolescent, seront présentés jeudi en comparution immédiate.

Mardi soir, le calme était revenu dans le centre de cette ville située près de Valence ainsi que dans le quartier populaire de la Monnaie où ont eu lieu les incidents de lundi soir. D’importantes forces de l’ordre avaient été mobilisées. Au moins deux compagnies de gendarmes mobiles et une compagnie de CRS, soit environ 300 hommes, avaient pris position dans le centre-ville. Les services de police ont également reçu le renfort de plusieurs équipes de la Brigade anti-criminalité, venues de la Loire et du Rhône. Dans l’après-midi, une marche blanche à la mémoire de la jeune victime s’est déroulée dans le centre-ville.

Après la mort d’un mineur au volant d’une voiture volée : l’appel au calme

Le Dauphiné Libéré

01/10/08 à 06h15

Le climat restait très tendu hier soir à La Monnaie. Depuis cette nuit de dimanche à lundi. Depuis, qu’au volant d’une Ford Escort volée, un jeune homme âgé de 15 ans a perdu la vie dans un accident de la circulation. Ses quatre passagers, âgés de 15 et 16 ans, étaient grièvement blessés. L’un d’eux était toujours hier soir, dans un état critique. L’accident s’est produit alors qu’une patrouille de la Bac poursuivait la voiture.

«Pas de choc entre les véhicules»

« Et depuis, affirme Sébastien Raillon, secrétaire départemental du syndicat « Alliance Police Nationale », des rumeurs se propagent. Plus précisément celle concernant le « coup de pare-chocs » du véhicule de la Bac qui aurait causé la perte de contrôle de la Ford dans l’avenue du 11-Novembre ». De poursuivre: « l’IGPN a procédé à des constatations, notamment sur le véhicule de la Bac. Pour nous, il est certain qu’il n’y a pas eu de choc entre les deux véhicules ».
Mais, dans le quartier de La Monnaie, le sentiment est tout autre. Dès lundi après-midi, une cinquantaine de jeunes se lançait dans « une expédition punitive » devant les grilles du commissariat de police. Repoussés par les policiers, leur retour, quartier de La Monnaie, était ponctué de jets de pierres contre les vitrines des commerces.
Dans la soirée, la tension ne retombait pas. Plus d’une centaine de jeunes, la plupart encagoulés ou le visage dissimulé derrière des capuches défiait les forces de police renforcées par un escadron de gendarmerie mobile. À Château-Fleury, comme à proximité de l’avenue du Maquis, et de l’avenue du 11-Novembre, des véhicules et des poubelles étaient en flammes.

Quatre « casseurs » interpellés

Peu après 21h30, des coups de feu étaient tirés contre les forces de l’ordre. « Un fonctionnaire de police a été blessé par un tir de fusil de chasse. Et deux véhicules de gendarmes ont été touchés » ajoutait Sébastien Raillon. Au matin, plus de 30 douilles étaient découvertes par les policiers. Les forces de l’ordre répliquaient aussitôt par des tirs de balles en caoutchouc.
Le calme n’est revenu qu’à 2 heures du matin. Quatre « casseurs », âgés de 20 à 28 ans étaient interpellés. Ils seront déférés aujourd’hui devant le tribunal correctionnel selon la procédure de la comparution immédiate.

Un dispositif renforcé

Hier en soirée, alors que le quartier était jugé « toujours très agité » par les autorités, les dispositifs de sécurité étaient à nouveau renforcés. Deux escadrons de gendarmes mobiles, ainsi qu’une demi-compagnie de CRS étaient dépêchés sur les lieux. Le préfet de la Drôme précisait: « ces violences intolérables doivent immédiatement cesser (…) Les auteurs de violence seront appréhendés et remis à la justice (…) »

Quant au représentant du syndicat de police, il nous confiait: « nous espérons que les appels au calme seront entendus… »

A Romans, un déploiement policier inédit a contenu des jeunes encouragés à « brûler tout »

01.10.08

Seul un déploiement massif de forces de l’ordre a empêché une nouvelle explosion de violence dans le quartier de la Monnaie, classé « sensible », à Romans-sur-Isère, commune de 32 000 habitants au nord de la Drôme. Des dizaines de policiers, venus des Bouches-du-Rhône, de l’Isère, du Vaucluse, de la Loire et du Rhône, ont sillonné les rues de la cité, dans la nuit de mardi à mercredi 1er octobre, pour « saturer le terrain », selon le jargon policier, et empêcher les jeunes de se rassembler. Deux barrages, tenus par des gendarmes en tenue anti-émeute, ont été installés sur les axes principaux de ce quartier de 5 000 habitants, sous tension depuis la mort d’un adolescent de 16 ans, tué lundi matin très tôt dans un accident de voiture à l’issue d’une course-poursuite avec la police.

Ce dispositif « renforcé » a été décidé par le préfet au vu des violences de la nuit précédente. Pendant quatre heures, plusieurs dizaines de jeunes avaient affronté les forces de l’ordre, visées par des jets de pierres et même des coups de feu, probablement tirés avec un fusil de chasse. Les policiers, appuyés par un hélicoptère, avaient répliqué par des tirs de flash-balls et de grenades lacrymogènes. Quatre voitures, un commerce, des scooters et une vingtaine de poubelles avaient été incendiés.

Après une matinée relativement calme, les tensions avaient à nouveau crû dans l’après-midi de mardi. A l’issue d’une marche silencieuse, une centaine d’habitants se sont rendus devant le centre social pour accompagner une délégation reçue par le maire, Henri Bertholet (PS). L’élu, insulté à plusieurs reprises, tente alors de prendre la parole sur le perron mais doit faire face à une foule très hostile. « Il faut entendre le message du papa d’Ilies qui dit que si on fait des bêtises ce sera encore du malheur supplémentaire », réussit toutefois à déclarer le maire.

Un peu plus tard, les proches de la famille ressortent furieuses de leur rencontre à huis-clos avec l’équipe municipale. En larmes, une jeune femme s’adresse aux dizaines de jeunes, survoltés : « Il voulait qu’on vous calme. Moi, je vous dis : brûlez tout ». Des acclamations accueillent ces déclarations et les jeunes se dispersent, par petits groupes, en promettant une nuit de feu aux forces de l’ordre. Une poignée d’entre eux partent en criant : « Allah Akbar, Allah Akbar ! «  « Ça va brûler, explique un des leaders du groupe entouré par une nuée d adolescents qui l’écoutent avec respect. Il y en a marre que nos petits frères meurent dans nos quartiers. Vous avez dominé nos parents. Nous, on est la troisième génération et on va ouvrir notre gueule ».

Le visage décomposé, un élu tente de renouer le dialogue. Peine perdue. « Le seul soutien qu’on pourrait avoir, ce sont les mères. Mais même parmi elles, il y en a qui sont trop en colère », se désole Maurice Crouzet, adjoint aux questions sociales. Dans son bureau, une heure plus tard, le maire peine à se remettre de la discussion avortée : « Le dialogue est très compliqué. Pourquoi en arrive-t-on à cette rupture ? Pourquoi toute autorité est suspecte ? », s’interroge-t-il en se disant très inquiet. Car, dans le quartier, personne ne croit à la version donnée par les pouvoirs publics sur les conditions de l’accident. « Tant qu’il n’y a pas d’enquête sérieuse, ce sera la guerre », affirme le même « grand frère » à l’unisson de ses camarades.

« ON EST TOUS AU CHÔMAGE »

Selon les policiers, la brigade anti-criminalité (BAC) a pris en chasse le véhicule, une décapotable rouge, après s’être rendue compte qu’il était volé. Le conducteur aurait alors cherché à prendre la fuite en roulant à très vive allure. Dans une courbe, après un dos d’âne, il aurait perdu le contrôle de la voiture et se serait encastré dans un mur. Le chauffeur est décédé sur le coup. Les quatre autres occupants, également mineurs, ont été blessés, dont un très grièvement.

La police affirme qu’au moment du choc la BAC ne se trouvait pas à proximité immédiate du véhicule volé. « Aucune faute n’a été commise par les fonctionnaires. Il n’y a donc pas lieu de jeter le discrédit sur les policiers », a déclaré, lundi, le procureur de la République, Jean-Pierre Nahon, au Dauphiné Libéré – une phrase vivement critiquée dans le quartier parce que jugée trop définitive. Le parquet a toutefois demandé une enquête à l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

Les habitants qui s’expriment sont convaincus que les policiers ont cherché à provoquer l’accident. « Les flics collaient les jeunes. Ils savaient très bien que c’étaient des mineurs et qu’ils savaient pas bien conduire », relate un habitant en demandant l’anonymat. Yassine B., qui réside dans un immeuble à proximité du lieu de l’accident déclare, lui, avoir vu, juste avant le choc, la voiture de police « dix à trente mètres » derrière la voiture poursuivie. Quelques-uns, dans la cité, émettent même l’hypothèse d’un coup de pare-choc qui aurait déséquilibré le véhicule volé.

Plus largement, les habitants font état de rapports dégradés avec les policiers. Et d’un fort ressentiment vis-à-vis de la société et des pouvoirs publics – dont témoignent aussi bien les jeunes que les plus anciens. « On nous traite comme des chiens. On est tous au chômage, on n’a pas d’argent et on nous regarde comme des étrangers », explique un père de famille.

Pendant les émeutes de 2005, le quartier, considéré comme un des plus pauvres de la région Rhône-Alpes, n’avait pas connu d’incidents majeurs. Sauf dans les derniers jours : des jeunes, décrits comme « paumés », avaient partiellement incendié l’église située au centre de la cité, provoquant de vives réactions, y compris du chef de l’Etat, Jacques Chirac.

Un policier blessé par balle à Romans


30/09/2008 |

De violents incidents entre jeunes et forces de l’ordre ont éclaté dans la nuit dans cette ville de la Drôme, suite à la mort d’un adolescent tué dans une course-poursuite avec la police. Un policier a été atteint à la jambe par un fusil de chasse.

Nuit d’émeutes dans la petite ville de Romans-sur-Isère, à proximité de Valence. Un policier a été atteint à la jambe d’un tir de fusil de chasse alors qu’il intervenait dans le quartier populaire de la Monnaie.

Tout commence dans la nuit de dimanche à lundi. Des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) prennent en chasse une voiture volée. A son bord, cinq adolescents âgés de 14 à 16 ans. La course-poursuite finit par une tragédie : la voiture des jeunes percute le mur d’une habitation. L’un des adolescents est tué, les quatre autres, blessés.

Le lendemain soir, les jeunes du quartier de la Monnaie se rassemblent. Plusieurs dizaines d’entre eux tentent d’organiser une expédition punitive au commissariat, dans lequel ils tentent de pénétrer. L’un d’entre eux est interpellé. Les autres retournent alors vers leur quartier, non sans briser plusieurs vitrines.

Quatre voitures incendiées

Les incidents s’enchaînent : au moins quatre voitures sont incendiées, ainsi qu’une dizaine de poubelles. Cent cinquante gendarmes mobiles sont déployés dans le quartier de la Monnaie et tentent de ramener l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes et de flash-balls. Un hélicoptère muni d’un projecteur est également déployé.

Vers 21h30, un gendarme est atteint à la cuisse par un tir de fusil. La blessure est sans gravité. Plusieurs véhicules policiers sont également revenus avec des impacts de balle.

Nuit de violences à Romans

leJDD.fr


Mardi 30 Septembre 2008

Trois ans après les émeutes dans les banlieues, le quartier sensible de la Monnaie, à Romans-sur-Isère (Drôme), s’est enflammé le temps d’une nuit de violences. Plusieurs dizaines de jeunes ont organisé une expédition punitive contre la police. Des incidents qui font suite à la mort d’un adolescent, qui s’est tué au volant d’une voiture volée poursuivie par la brigade anti-criminalité.

Romans-sur-Isère (Drôme) s’est enflammé dans la nuit de lundi à mardi. De violents incidents y ont opposé les forces de l’ordre à des bandes de jeunes. Selon une source policière, qui a confirmé l’information au JDD.fr, un policier a été blessé par balle, vraisemblablement tirée d’un fusil de chasse. Le fonctionnaire, atteint à la jambe, est hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger. Les incidents, qui ont débuté vers 19 heures, font suite à la mort d’un adolescent de 16 ans.

Le jeune homme avait volé dimanche soir une voiture, avec quatre camarades âgés de 15 et 16 ans. Alors qu’ils étaient poursuivis par la brigade anti-criminalité (BAC), ils ont raté un virage et le véhicule a percuté le mur d’une habitation. Selon le procureur de Valence, Jean-Pierre Nahon, « les policiers n’étaient pas à proximité de la voiture volée lors de l’accident. Ils l’avaient perdue de vue. » En attendant mercredi l’autopsie du corps de la victime, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Mais cela n’a pas suffit à calmer la colère des jeunes du quartier sensible de la Monnaie, dont la victime était originaire. Selon le maire de Romans-sur-Isère, Henri Bertholet, interviewé par i-Télé, un « groupe connu des services de police a exploité » ce drame. Après avoir échauffé les esprits, ils seraient à l’origine de l’expédition punitive visant le commissariat central de la ville.

Les incidents ont commencé vers 19 heures, quand des dizaines de jeunes se sont dirigés vers le centre-ville, cassant une quinzaine de vitrines. Malgré l’usage de flash-balls et de gaz lacrymogènes, les policiers n’ont pas pu éviter l’assaut du commissariat par une cinquantaine de personnes. Certains étaient armés, comme l’attestent les nombreux impacts de balles, relevés mardi matin sur les véhicules de la police. Quatre voitures et une dizaine de poubelles-conteneurs ont été brûlés. Pour calmer les échauffourées, quelques 150 gendarmes mobiles ont été appelés en renfort. Un hélicoptère, équipé de puissants projecteurs, a également sillonné la ville. Les violences ont duré jusqu’à deux heures du matin. Le scénario ressemble à celui qu’ont vécu les Romanais pendant la « crise des banlieues« , en 2005, alors que, déjà, le quartier de la Monnaie figurait parmi les plus sensibles de France.

Violents incidents lundi soir entre jeunes et forces de l’ordre

30/09/2008

Un quartier de la ville de Romans sous tension après la mort d’un adolescent.

Le décès d’un adolescent de seize ans lors d’une course-poursuite avec la police a provoqué des violences dans un quartier de la ville de Romans-sur-Isère (Drôme). Une opération de représailles a été menée dans la nuit de lundi à mardi, selon France Info.

Que s’est-il passé?

De 100 à 150 jeunes ont tenté d’investir le commissariat de la ville. Après l’interpellation de l’un d’entre eux, ils sont retournés dans le centre-ville et ont brisé plusieurs vitrines de commerce.

Pendant toute la nuit, les jeunes en colère affrontent les 150 policiers déployés qui répliquent à coup de flash-balls. « Des coups de feu ont même été tirés sur les policiers avec des armes de chasse. Heureusement, il n’y a pas de blessés » explique Henri Bertholet, le maire de Romans interrogé sur BFM TV.

Un gendarme a tout de même été légèrement touché à la cuisse par une décharge de plomb.

Quatre jeunes ont été interpellés.

Comment s’est produit l’accident de voiture ?

5 ados ont pris la fuite dans une voiture qu’ils venaient de voler. La Brigade anti-criminalité qui les a repérés les a poursuivis. Les véhicules roulaient vite, à plus de 100 km/h. Selon les premiers éléments de l’enquête, les policiers roulaient loin de la voiture volée. Mais ce mercredi matin, un témoin direct de l’accident remet en cause cette version.

« J’ai vu la Mégane derrière la Ford Escort rouge décapotable et j’ai vu des étincelles », raconte David à RTL. « Ils étaient à 30 cm, à bout portant, ils touchaient les jeunes. »

La voiture de police a-t-elle touché la voiture poursuivie ? « Je pense, oui, c’est ce qui a fait l’accident », affirme le témoin.

L’IGPN, la police des polices, n’a pas encore donné les résultats définitifs de son enquête.

~ par Alain Bertho sur 1 octobre 2008.

 
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