Emeutes à Aït Yahia Moussa septembre 2008

Kabylie : Émeutes à Aït Yahia Moussa (Tizi Ouzou)

13/09/2008

Un jeune a été blessé par balle lors des affrontements qui ont eu lieu, mercredi dernier, entre des manifestants et des militaires au chef-lieu de la commune d’Aït Yahia Moussa, à 25 km au sud-est de la ville de Tizi Ouzou. Ce dernier, âgé de 18 ans, a été atteint d’une balle au niveau de la jambe au moment où les soldats de l’ANP tiraient des coups de sommation pour repousser la foule.

Il a été évacué en urgence à l’hôpital pour subir une intervention chirurgicale. Selon des informations locales, il est hors de danger. Les mêmes sources précisent que ce jeune aurait tenté de s’introduire à l’intérieur de l’immeuble abritant des bureaux de l’Armée. Après cet incident, les hostilités s’intensifieront de plus en plus. La situation a failli tourner au pourrissement dans la soirée de mercredi. Des jeunes en colère voulaient en découdre avec les éléments de la brigade antiémeute, dépêchés sur les lieux pour quadriller le campement militaire, assaillis par les villageois venus exprimer leur colère suite aux incendies dévastateurs qui ont ravagé leur bourgade. Ils accusent les militaires d’être à l’origine de des feux de forêt.

Du côté des autorités locales, c’est la confusion la plus totale. Le chef de daïra de Draâ El Mizan, dans sa tentative de rapprocher la foule, a été insulté de toures les couleurs par des jeunes. On a remarqué également la présence du MM. Lakhdari et Metahri, respectivement député et vice-président de l’APW, ainsi que plusieurs élus locaux de la commune. Toutes leurs tentatives d’appeler les manifestants au calme ont été vaines. « Les jeunes ont perdu confiance en ces responsables qui ne viennent que pour les calmer sans apporter des solutions fiables à leur marasme », fulmine un citoyen. Les affrontements se sont poursuivis durant une bonne partie de la soirée. Les manifestants lançaient sporadiquement des pierres contre les brigades antiémeutes.

Dans l’après-midi de jeudi, une commission a été dégagée pour se rendre à la wilaya et tenter de trouver une issue favorable à la crise. Cette délégation a été reçue par le wali en présence des membres de l’exécutif. Les doléances formulées par les représentants des villageois, à savoir l’indemnisation et l’inscription d’un plan d’urgence pour les villages touchés par les derniers incendies, ont été entièrement acceptée par le wali. Ce dernier a pris des engagements solennels quant à la prise en charge des familles sinistrées. Mais la revendication relative au départ ou à la délocalisation de cantonnement militaire du chef-lieu de la commune n’a pas été satisfaite. « Toutes les familles qui ont été touchées par les feux de forêt recensés ces derniers jours dans les différentes localités de la wilaya seront indemnisées en fonction des dégâts occasionnés. Des commissions sont déjà, depuis deux jours, à pied d’œuvre pour mener à bien cette opération. Les soldats de l’armée sont là pour une mission bien définie : celle de la lutte antiterroriste. Leur départ est tributaire de la fin de cette mission, mais tôt où tard les militaires vont quitter cet immeuble qui sera la propriété de la commune d’Aït Yahia Moussa », a déclaré le wali. Hier matin, le calme est revenu et les ouvriers de la commune commençaient à débarrasser les restes des pneus jonchant la RN25. Ce calme, faut-il le signaler, demeure précaire.

Madjid Talb Source : El Watan

Après trois journées mouvementées, Aït Yahia Moussa retrouve son calme

13 Septembre 2008

La colère des citoyens de la commune d’Aït Yahia Moussa ne s’était pas encore atténuée mercredi passé, suite aux feux de forêt qui ont ravagé la région depuis la veille, lorsque des dizaines de citoyens ont décidé de pénétrer dans l’enceinte du campement militaire de la localité.

Mardi, les habitants avaient déjà incriminé les forces de l’ordre d’être derrière ces incendies.

Selon plusieurs témoins, quelques personnes avaient, sur elles, des objets divers, comme des pierres et des haches. La tension était à son paroxysme mercredi dans l’après-midi. Les forces de l’ANP se sont trouvées dans l’obligation de tirer des coups de semonce afin de faire fuir les citoyens.

Il était 16 heures quand des coups de feu ont été tirés provoquant une panique générale chez les riverains qui ont tous pris la fuite. Mais deux d’entre eux sont restés sur les lieux, d’après plusieurs témoins. Un citoyen, demeuré devant le campement, avait une hache à la main et refusait de «décamper» malgré les tirs de sommation.

Devant ce refus d’obtempérer, l’un des militaires s’est trouvé dans l’obligation de lui tirer dessus en visant l’une de ses jambes. L’autre citoyen a été atteint d’une grosse pierre à la tête dont on ignore encore la provenance.

Les deux blessés ont été immédiatement transportés vers le centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed de Tizi Ouzou. L’un n’est plus en danger. Quant au second, qui a été victime d’une hémorragie interne, son état serait grave.

Les portes du dialogue ont été ouvertes jeudi avec une réunion ayant regroupé les délégués de la population avec le wali.

On a appris que cette rencontre a été fructueuse et les esprits se sont vite calmés avec les promesses formulées par le premier magistrat de la wilaya de prendre en charge les dommages causés par les incendies.

Rappelons que depuis mardi matin, la commune de Aït Yahia Moussa a vécu l’enfer suite au déclenchement de plusieurs foyers d’incendies ayant provoqué des dégâts considérables.

Devant l’absence des autorités locales durant toute la journée de mardi, la population a décidé de barricader la route Nationale 25 et de bloquer tout le chef-lieu afin d’exiger une assistance aussi rapide qu’efficace.

La route n’a été libérée à la circulation que mercredi en fin de journée.

Les citoyens d’Aït-Yahia Moussa (Draâ El-Mizan) ne décolèrent pas

13/09/2008

Les citoyens des villages Afir et Ibouhrane d’Ait Yahia Moussa (Draa El-Mizan), au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, ne décollèrent toujours pas. Jusqu’à avant-hier en fin de journée, la RN 25 reliant Aït Yahia Moussa à Draa El-Mizan, théâtre d’affrontements avec les forces de sécurité, brigades anti-émeutes, dépêchées sur les lieux la veille, soit mardi en fin de journée, était fermée à la circulation.

Les habitants desdits villages, les plus touchés par les flammes, dénoncent les insuffisances des plans de lutte contre les foyers incendies. Des incendies qui se sont déclarés mardi dernier et qui ont, pour rappel, causé la destruction d’importantes superficies de couvert végétal dont des oliveraies, des étables et des poulaillers, et des blessures à des degrés plus ou moins graves à deux personnes dont une femme, selon les bilans provisoires de la Protection civile de Tizi Ouzou. Les deux victimes, a-t-on indiqué de sources locales, ont été piégées par les flammes à Afir, un village d’Aït Yahia Moussa. La Protection civile de Tizi Ouzou fait état de nombreux foyers d’incendies enregistrés à l’échelle de la wilaya durant la journée de mardi dernier, 45 foyers tous importants de par l’ampleur des flammes. Les habitants desdits villages, Afir et Ibouhrane, exigent la présence des autorités de la wilaya, à leur tête le wali, Hocine Mazouz pour s’élever contre ce qu’ils qualifient de «non-assistance à population en danger» mais aussi, et surtout, tout savoir sur les origines de ces incendies destructeurs, soutient-on de sources locales. Lesquelles sources font état de blessures par balles d’un citoyen, mercredi dernier en fin de journée, dans les affrontements qui opposaient les citoyens desdits villages aux forces de sécurité déployées sur les lieux pour la réouverture de cet axe routier, fermé à la circulation depuis la veille, soit quelques heures seulement, après le départ de ce gigantesque feu. La victime a été évacuée au CHU Nédir Mohamed de Tizi Ouzou où elle a été admise en soins intensifs, poursuivent nos sources qui font, par ailleurs, état d’autres blessés parmi la population. Des blessures légères pour la plupart, indique-t-on.

R. M.

Aït Yahia Moussa (Tizi Ouzou) – Plusieurs villages en flammes

Alors que la canicule sévit, au deuxième jour, les flammes subsistent encore dans plusieurs villages des communes d’Aït Yahia Moussa et de Draâ El-Mizan, au sud-ouest de Tizi Ouzou.

Si, hier, les feux ont quelque peu diminué de leur intensité, avant-hier (mardi), la population a vécu une journée apocalyptique. En effet, pas moins de quatre villages ont vu leurs oliveraies partir en fumée. Selon nos sources concordantes, de nombreux dégâts ont été déjà signalés dans les villages d’Afir, d’Ivouhrène situés sur le versant ouest du chef-lieu de la commune, l’ex-Oued-Ksari. Jusqu’à hier, il n’y a eu fort heureusement aucune perte en vie humaine à déplorer, mais au moins trois personnes ont été blessées.

À Afir, un automobiliste a été encerclé par les flammes dans son véhicule. Notre source a rapporté qu’il a subi des brûlures alors que son véhicule a été calciné. Il a été évacué en urgence à l’hôpital Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou. Une femme ne pouvant plus respirer a été aussi acheminée vers une structure sanitaire de la région. À Afir, deux poulaillers de mille poulets chacun ont été réduits en cendres. On parle même d’étables brûlées avec leurs bêtes.

Dans l’après-midi de la même journée (mardi), des jeunes excités ont passé à l’émeute. Ils ont barricadé tout le centre-ville d’Aït Yahia Moussa en mettant le feu aux pneus. C’est le mécontentement général de la population.

Hier, nous nous sommes rendus sur les lieux. Les jeunes entouraient la caserne militaire. “Tous nos villages sont touchés. Il ne nous reste rien”, fulmine un jeune encagoulé. Durant toute la matinée d’hier, la tension montait. Mais, faudra-t-il le souligner, les soldats sont restés calmes. Dans la même journée, le chef de daïra de Draâ El-Mizan et un membre de l”APW se sont déplacés sur les lieux afin d’apaiser les esprits. Aucune information n’a filtré sur ce qui a été décidé. En tout cas, tous les jeunes que nous avons approchés sont unanimes à dire continuer la contestation jusqu’à trouver un terrain d’entente. “C’est la politique de la terre brûlée”, ajoute un autre en élevant la voix. Selon un membre d’un comité de village, il serait temps que le wali se déplace ou même peut-être un haut responsable pour éviter le pire. “De notre côté, nous essayons de parer à tout dérapage, mais il faut que notre appel trouve une oreille attentive car la situation est critique”, a clamé de vive voix un autre intervenant. À en croire les déclarations des uns et des autres, de nombreux habitants ont fui leurs maisons et passé la nuit à la belle étoile sous une température frôlant les 42° avec bien sûr des vents chauds et violents. “Nous nous demandons pourquoi le plan Orsec n’a pas été déployé”, a ajouté une autre personne.

En plus des incendies, les villageois ont été privés d’électricité. Quant à la Protection civile, elle a mis tous ses moyens. Mais ces derniers restent insuffisants pour lutter contre tant d’incendies déclarés dans toute la région. À Draâ El-Mizan, une autre commune voisine d’Aït Yahia Moussa, ce sont les habitants du village d’Ichoukrène qui ont été encerclés par les flammes durant toute la journée de mardi et la nuit de mardi à mercredi. Dans cette localité, plus de mille oliviers sont partis en fumée. Les oléiculteurs qui attendaient une bonne récolte sont désespérés.

Ainsi, ce début du mois de septembre a été particulièrement dévastateur plus que l’été. À Aïn Zaouïa, plus de soixante hectares ont subi le même sort.

Si le thermomètre ne baisse pas dans les prochaines heures, la situation este à craindre car le problème du manque d’eau ressurgit. En somme, une rentrée sociale des plus explosives est attendue.

F. I.

~ par Alain Bertho sur 14 septembre 2008.

 
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