Emeute à Roquetas del Mar septembre 2008

Les immigrés africains au bord de l’explosion

De notre correspondant à Madrid FRANÇOIS MUSSEAU

mardi 9 septembre 2008

«Des faits isolés, liés au trafic de drogue», a estimé hier le ministre de l’Intérieur, Alfredo Perez-Rubalcaba. «Des échauffourées sans grande importance et qui n’ont rien à voir avec des émeutes racistes», a répondu presque en chœur le maire de Roquetas de Mar, avec le souci manifeste de minimiser la gravité des faits.

Dans cette ville de 80 000 habitants proche d’Almería, en Andalousie, de violents affrontements ont eu lieu ce week-end entre des immigrés africains et des Espagnols d’origine gitane, après le meurtre d’un Sénégalais de 28 ans, tué à coups de couteau. Dimanche soir, des Africains ont attaqué une ambulance avec des pierres et des bouteilles de verre. D’autres ont mis le feu à des containers d’ordures et mis en place des barricades bloquant une route d’accès à Roquetas de Mar, ce qui a provoqué la riposte des forces de l’ordre. Au cours de deux nuits d’émeutes successives, où gardes civils et pompiers ont été dépassés par les événements, huit Africains ont été interpellés et trois policiers blessés. Hier matin, environ 300 immigrés africains, appuyés par un syndicat agricole andalou, s’étaient rassemblés devantla mairie pour protester contre la version officielle.

«Abandon». Selon ces manifestants, l’affaire n’a rien à voir avec la drogue ou un incident isolé. Majoritairement originaires d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mauritanie, Ghana, Guinée-Conakry), ils lient les violences à l’«abandon» et au «désintérêt» des autorités envers «un quartier marginal», ayant de «graves problèmes de sécurité, d’insertion sociale et culturelle». Ils exigent des «solutions concrètes» et la libération de leurs compatriotes interpellés, sans quoi, ont-ils menacé, de nouvelles émeutes sont à prévoir. Le quartier en question, Las 200 Viviendas (les 200 logements), est une poudrière sociale, en périphérie d’une ville schizophrène.

Côté jardin, Roquetas héberge des villas d’agriculteurs prospères et d’innombrables hôtels et appartements touristiques en bord de mer. La ville vit largement de cette manne. Côté cour, en bordure d’une ville peuplée par plus de 30 % d’immigrés, s’entassent, aux côtés d’Espagnols paupérisés (dont beaucoup de Gitans), des centaines d’Africains. Souvent venus illégalement par bateau, ceux-ci ont afflué vers Almería, où des agriculteurs cultivant des fruits et légumes sous serre profitent de cette main-d’œuvre bon marché, docile et, le plus souvent, sans papiers. Beaucoup de ces migrants se sont concentrés aux 200 Viviendas, mal desservi, insalubre, délaissé par la municipalité depuis des années.

Minorités. En 2000, c’est une poudrière voisine qui avait déjà explosé : à El Ejido, autre haut lieu des cultures sous serre, des centaines d’Espagnols de souche s’en étaient pris à des ouvriers agricoles marocains, avec des piques et des bâtons, après l’assassinat d’une adolescente par un Maghrébin. Boucheries halal, mosquées et appartements avaient été vandalisés au cours de jacqueries xénophobes. Cette fois-ci, à Roquetas, l’affrontement se produit entre deux minorités qui, entassées dans une zone déshéritée, semblent avoir fini par se haïr.

Deuxième nuit de violence dans la région d’Almeria après la mort d’un Sénégalais

MADRID — Des immigrés africains se sont heurtés pour la deuxième nuit consécutive à la police espagnole après la mort d’un ressortissant sénégalais qui tentait apparemment de s’interposer dans une bagarre liée à une affaire de drogue, a annoncé le ministère de l’Intérieur, lundi.

Quatre manifestants ont été interpellés et un garde civil a été blessé dans ces affrontements.

Ces immigrés africains, vivant pour la plupart dans un bidonville près de Roquetas del Mar, une ville côtière de la province d’Almeria sur la Méditerranée, ont jeté des pierres sur une ambulance qui répondait à un appel dimanche soir avant de s’en prendre aux policiers venus rétablir l’ordre.

Cette flambée de violence a éclaté aux premières heures dimanche après la mort par arme blanche d’un Sénégalais âgé de 28 ans. Des Africains en colère ont alors mis le feu à des maisons et des voitures.

Selon le ministre de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba, ce Sénégalais essayait apparemment de s’interposer dans une bagarre concernant une affaire de drogue quand il a été poignardé.

S’exprimant sur une radio, M. Rubalcaba a qualifié cette affaire d' »incident isolé ». « Je pense que tout sera apaisé ce soir, mais ce sera vraiment terminé quand nous saurons ce qui s’est passé et quand le meurtrier aura été arrêté », a-t-il souligné.

La police recherche un petit dealer considéré comme suspect dans ce meurtre, a précisé le ministère de l’Intérieur.

Espagne : nouvelle nuit d’émeutes

08/09/2008

Un quartier pauvre de la localité de Roquetas de Mar, près d’Almeria (Andalousie, sud) a connu de nouvelles émeutes d’immigrés africains, dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué aujourd’hui la sous-préfecture d’Almeria.

Il s’est agi de la deuxième nuit consécutive d’affrontements entre des habitants d’origine africaine de ce quartier et les forces de l’ordre après le meurtre d’un Sénégalais, selon un porte-parole de la sous-préfecture.

Quatre personnes ont été interpellées aujourd’hui aux premières heures, deux Sénégalais et deux originaires de Guinée-Bissau, tandis qu’un policier a été blessé par une pierre, selon la même source.

Outre des jets de pierres et d’objets aux forces de l’ordre, les émeutiers ont provoqué plusieurs incendies de poubelles.

Les troubles ont démarré dans la nuit de samedi à dimanche, après le meurtre à l’arme blanche d’un Sénégalais de 28 ans.

Espagne: nouvelle nuit d’émeutes d’immigrés africains près d’Almeria


8 septembre 2008

ROQUETAS DE MAR (Espagne) – Des immigrés africains ont participé à une deuxième nuit d’émeutes consécutive dimanche soir dans un quartier pauvre de Roquetas de Mar, près d’Almeria (Andalousie, sud), après le meurtre d’un Sénégalais samedi qui pourrait être lié à une affaire de drogue.

Quatre personnes ont été interpellées lundi aux premières heures, deux Sénégalais et deux originaires de Guinée-Bissau, tandis qu’un policier a été blessé par une pierre, a-t-on appris auprès de la sous-préfecture d’Almeria.

Outre des jets de pierres et d’objets aux forces de l’ordre, les émeutiers ont provoqué plusieurs incendies de poubelles, selon la sous-préfecture.

Ils ont également attaqué des commerces et se sont livrés à des affrontements avec des groupes de gitans, selon les médias.

Les troubles ont démarré dans la nuit de samedi à dimanche, après le meurtre à l’arme blanche d’un Sénégalais de 28 ans. La première nuit d’affrontements avait conduit à l’arrestation de quatre Africains: un Soudanais, un Nigérian et deux de Guinée-Bissau.

Deux blocs d’habitations, dont l’un abriterait le logement du meurtrier présumé ont été incendiés. L’auteur du meurtre pourrait être un membre de la communauté gitane tandis que l’homicide aurait pour origine une dispute autour d’un trafic de drogue.

Mais, selon le ministre de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba, la victime n’aurait été que « médiateur » dans l’affrontement. Elle aurait été tuée en tentant de séparer les protagonistes.

M. Rubalcaba a estimé lundi que la mort du Sénégalais était un « cas isolé », et que la Garde civile « croit connaître l’identité de l’assassin ».

Le sous-préfet d’Almeria, Miguel Corpas, a déclaré sur le site internet du journal local Almeria.es que l’origine du meurtre est « un règlement de compte pour la vente de stupéfiants, peut-être liée à une dette économique », espérant que cette explication excluait des « affrontements entre Gitans et Subsahariens » dans l’avenir.

Mais, selon le directeur d’une association locale d’aide aux immigrés, Almeria Acoge, Juan Mirralles, la victime était « un travailleur honorable ».

M. Mirralles a estimé que d’autres violences n’étaient pas à exclure, car leur origine se trouve dans le délabrement du quartier.

« Si on ne fait rien pour que la réalité sociale change, nous pouvons revivre ce genre de situation » dans ce quartier où vit « un pourcentage très élevé d’immigrés », a-t-il déclaré à la radio Cadena Ser.

Ce quartier pauvre « se détériore peu à peu, la vigilance policière diminue, la tension augmente, la pauvreté, les activités marginales, la délinquance aussi. Les familles qui le peuvent s’en vont, et ceux qui restent sont ceux qui ne peuvent pas partir », a-t-il déclaré.

Les forces de l’ordre continuaient lundi à quadriller ce quartier de Roquetas — où vit une importante population d’origine africaine employée dans l’agriculture — « jusqu’au rétablissement complet du calme », a indiqué le porte-parole de la sous-préfecture.

(©AFP / 08 septembre 2008 13h04)

Immigrant death sparks revenge riot in Spain


Sun 7 Sep 2008,

By Francisco Bonilla

ROQUETAS DE MAR, Spain, Sept 7 (Reuters) – Immigrants went on a rampage in a southern Spanish town overnight, setting fire to homes and cars and throwing stones at police, after a Senegalese man was stabbed to death, police said on Sunday.

Police said the killing of the 28-year-old man in the town of Roquetas de Mar, in the province of Almeria, led to « a numerous concentration of Africans, which degenerated into violence and public disorder ».

« For reasons which the police are investigating, (the man) was attacked by a person from the neighbourhood who police are looking for, » a police statement said.

A witness said the man was killed as he tried to intervene in a dispute between Senegalese and gypsy families in the area.

After the man was pronounced dead at the scene immigrants began vandalising property, burning rubbish bins and throwing stones and bottles at officers, said police.

Rioters also set fire to two homes belonging to family members of the man they believed killed the Senegalese man, said police. They also burned various parked cars.

A policeman who went to the scene told national radio station RNE that rioters attacked firefighters with stones.

« They began to throw stones at the cars…They ended up destroyed, with broken windows, dents in the doors, at the front. The only thing there wasn’t was injuries, » policeman Carlos Manuel Ruiz said.

The authorities sent 20 police cars to the neighbourhood to restore order. Three police officers were slightly injured.

Officers arrested a 33-year-old and a 30-year-old, both originally from Guinea-Bissau, a 31-year-old Nigerian and a 19-year-old Sudanese suspect for public order offences.

Police say they expect further arrests.

« It looks as if there was a dispute over some kind of debt — that’s the hypothesis which the police are finding strongest, » Miguel Corpas, Spanish government representative in Almeria, told radio station RNE.

« The police is going to be working all day today to make sure there is no new incident. »

An African resident told Spanish state television channel TVE that the community was against violence and racism, but he added: « We want justice. »

More than a quarter of the residents in Roquetas de Mar, in the province of Almeria, are immigrants, many of whom work in the region’s thriving agricultural sector. (Additional reporting by Sarah Morris and Inmaculada Sanz)

Roquetas del Mar Almeria : Affrontements entre émigrés africains et policiers suite à la mort d’un sénégalais poignardé par un gitan

Publié le 7 septembre 2008 à

(Correspondance Madrid) La mort par arme blanche d’un sénégalais de 28 ans à Roquetas del Mar Almeria a provoqué un affrontement entre la police anti émeute et des émigrés africains. En effet, c’est aux environs de 20 heures qu’est survenue la tragédie. Le sénégalais O.K., est intervenu pour séparer un compatriote en pleine discussion avec un gitan. Il en a fait les frais car peu après, il allait être poignardé par un autre gitan de sang froid et rendre l’âme sur le coup selon les témoignages reçus.

S’en est suivie une révolte des africains qui étaient présents prés du lieu de la rixe qui ont tout simplement brûlé la voiture et la maison du supposé agresseur selon des sources bien informées. Le retard de la police et de l’ambulance aurait selon ces mêmes sources soulevé l’ire des émigrés qui se sont affrontés sans hésiter aux hommes de tenue. L’affrontement aurait fait trois blessés du côté des policiers et trois sénégalais arrêtés. D’ailleurs, ces derniers sont encore dans les locaux de la police selon des sources policières, où ils vont être entendus pour trouble à l’ordre public. Le gitan qui aurait poignardé le sénégalais est en fuite et recherché par la police pour homicide volontaire. En attendant, le calme est revenu à 200 viviendas après une vive tension, qui de l’avis des associations d’immigrés n’a rien d’un affrontement entre deux communautés. Même si 200 viviendas vit la difficile situation d’une cohabitation entre émigrés africains de différentes nationalités et gitans.

Mariama BADJI

Affrontements police-immigrés dans le sud de l’Espagne

Reuters

dimanche 7 septembre 2008

De violents affrontements ont opposé immigrés africains et forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche à Roquetas de Mar, dans le sud de l’Espagne, après la mort d’un Sénégalais de 28 ans tué à coups de couteau dans une bagarre.

Les émeutiers ont érigé des barricades, lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers, incendié deux maisons et deux voitures de police, précise le site internet du quotidien El Mundo qui cite les services de secours.

Des pompiers répondant à un appel téléphonique pour un incendie sont tombés dans un guet-apens. Leurs véhicules ont été pris pour cibles à coups de pierres, les vitres ont volé en éclats mais il n’y a pas eu de blessés, a raconté un policier à la radio nationale. La police a arrêté quatre manifestants.

La mort du jeune homme a provoqué « des attroupements de ressortissants d’origine africaine et ces attroupements ont dégénéré en violences et en désordres publics », a expliqué la police dans un communiqué.

« Pour des raisons encore inconnues, l’homme a été agressé dans un quartier qui était surveillé par la police. Une enquête est en cours », précise le communiqué.

Selon un témoin, le jeune homme a été mortellement blessé alors qu’il tentait d’intervenir dans une dispute entre des Sénégalais et une famille de gitans.

« Il semble que la dispute portait sur une histoire de dette non réglée — c’est l’hypothèse la plus vraisemblable retenue par la police », a déclaré à la radio un représentant du gouvernement espagnol à Almeria. « La police va déployer tous les efforts nécessaires pour prévenir de nouveaux incidents. »

Environ un quart de la population de Roquetas de Mar, dans la province d’Almeria, est d’origine étrangère.

Sarah Morris, version française Guy Kerivel

Los disturbios de Roquetas de Mar (Almería) se saldan con dos vehículos autobomba destrozados y daños en el mobiliario

7 Sep. (EUROPA PRESS) –

Los disturbios que tuvieron lugar a lo largo de la madrugada de hoy en la barriada de las 200 viviendas de Roquetas de Mar (Almería) tras el fallecimiento por heridas de arma blanca de un ciudadano senegalés de 28 años de edad se han saldado con dos vehículos autobomba de los Bomberos de Poniente destrozados y daños en vehículos, viviendas y mobiliario urbano.

Según informaron a Europa Press fuentes del los Bomberos de Poniente, fue a la 1,25 horas de hoy cuando recibieron una llamada alertando del incendio con personas atrapadas de varias viviendas en esta zona de Roquetas de Mar, así como que había varios contenedores y vehículos incendiados.

Estas mismas fuentes indicaron que, inmediatamente, se desplazaron hasta el lugar de los hechos, concretamente a la calle Saturno de la barriada de las 200 viviendas, donde fueron recibidos « con piedras y palos » por la multitud allí congregada, que destrozó las lunas tanto laterales como frontales de los vehículos, una autobomba ligera y otra motriz.

En este sentido, aseveraron que los efectivos de Bomberos « ni siquiera llegaron a bajarse de sus vehículos », pues « aquello parecía más bien una emboscada », por lo que tuvieron que volver al parque de Poniente hasta que la Policía, tanto Local como Nacional, y la Guardia Civil se hicieron cargo del asunto y normalizaron la situación.

De este modo, los efectivos del Cuerpo de Bomberos del Poniente regresaron nuevamente al lugar de la « batalla campal » alrededor de las 4,00 horas, cuando finalmente pudieron actuar y proceder a la extinción del incendio que afectaba a « varios » coches, contenedores y viviendas.

Un senegalés de 28 años de edad, del que hasta el momento se desconoce la identidad, falleció en la noche de hoy tras ser agredido con un arma blanca en la barriada de las 200 viviendas de Roquetas de Mar (Almería).

Según informaron fuentes del servicio de emergencias 112, el suceso tuvo lugar alrededor de las 23,15 horas de ayer, cuando, en circunstancias que aún se desconocen, este ciudadano senegalés recibió una puñalada.

~ par Alain Bertho sur 7 septembre 2008.

 
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