Emeute à Chétaïbi août 2008

Aprés les émeutes de Chétaïbi (Annaba), La ville isolée

13 août 2008

Les émeutes qui ont secoué lundi dernier la commune de Chétaïbi, à Annaba, ont donné lieu à l’interpellation et l’arrestation de deux malfrats originaires de Oued Aneb.

Identifiés comme étant les principaux auteurs de l’homicide volontaire perpétré contre le jeune Lyes Bouaziz, ils croupissent toujours dans les geôles de la gendarmerie. Pour présenter les criminels à la justice, les éléments de cette dernière n’ont pas encore auditionné les membres de la famille de la victime, qui demeurent inconsolables. Après les émeutes et la chasse aux estivants, un calme absolu règne sur la ville. A la veille de l’incident, Chétaïbi grouillait d’estivants venus de tous les coins du pays pour passer des vacances dans l’une des plus belles baies du monde. Aujourd’hui, un mouvement timide des autochtones a caractérisé l’ambiance « estivale » de la cité.

Comme un malheur ne vient jamais seul, l’économie de la ville est frappée de plein fouet. Les tables et chaises qui s’alignaient tout au long de la corniche de la ville ont été rangées. Point de client. Avec la fuite des estivants, tous les commerçants baisseront certainement rideau, notamment les saisonniers. Bien que les autorités locales espèrent que cet incident n’aura pas de conséquence négative sur la situation économique de la commune, la réalité dissipe tout espoir. « Par peur, aucune personne étrangère n’est restée dans la commune. Ils ont tous pris leur baluchon et quitté les lieux », dit un habitant de Chétaïbi.

Après l’assassinat d’un jeune de la ville de Chetaïbi par des voleurs, graves émeutes dans la wilaya d’Annaba

Lesoirdalgerie.com

13 août 2008

La paisible ville côtière de Chetaïbi, 70 m au nord-ouest d’Annaba, a vécu, lundi, une journée d’émeutes provoquées par l’assassinat d’un jeune natif de la ville commis par une bande de trois voleurs. Les faits se sont déroulés vers 6h du matin lorsque le père de la victime a entendu des bruits venant du garage de son domicile où était garé le véhicule familial.

Réveillant ses fils et les informant de la présence de malfaiteurs dans leur demeure, le père a aperçu des individus qui s’enfuyaient. Une course-poursuite est alors engagée par les membres de la famille Bouaziz pour rattraper les fuyards. Le premier à les atteindre, le jeune Lyès Bouaziz, 23 ans, étudiant à l’université de Badji- Mokhtar, reçoit plusieurs coups fatals au niveau de la poitrine et de l’abdomen. Après leur forfait, les voyous ont pris la direction de la forêt mitoyenne à la ville. Pourchassés, les fuyards seront vite rattrapés par la population de la ville, sortie à leur recherche après avoir été alertée par les parents de la victime. Un autre pourchasseur des malfaiteurs a été lui aussi blessé, mais ses jours ne sont pas en danger, selon les médecins des urgences de l’hôpital Ibn Rochd où il a été transporté. Très en colère en raison de ces actes criminels, la population de l’ancien Herbillon a bloqué toutes les issues menant vers la ville à l’aide de troncs d’arbre et de pneus enflammés. Commença alors une véritable chasse aux étrangers à la ville, principalement les jeunes estivants célibataires qui campaient sur les plages de Chetaïbi. La foule, en colère, mettra le feu aux tentes avant d’inviter ses occupants à quitter la ville dans les plus brefs délais. Des familles, ayant choisi de passer des vacances dans cette belle contrée balnéaire du pays, étaient choquées par tant de colère. Certaines ont quitté la ville à pied. A notre arrivée aux abords de la ville de Chetaïbi, nous nous sommes retrouvés face à des barrages installés par les forces de l’ordre. Ces dernières nous ont prévenus que nous prenons de grands risques à vouloir entrer dans la ville pour rétablir le calme en début d’après-midi. L’assassin et un de ses comparses ont été arrêtés par la population et remis à la Gendarmerie nationale. Les jeunes de cette ville, qui ont émis le souhait de voir le criminel et son compagnon répondre le plus tôt possible de leur forfait devant la justice, ont promis de ne pas inquiéter les familles en vacances dans leur cité. Une foule nombreuse a accompagné en fin d’après-midi le défunt Lyès à sa dernière demeure, au cimetière de la ville, dans un climat empreint de tristesse et de compassion. Les habitants de la ville de Chetaïbi, rencontrés hier, ont fait état de leur ras-le-bol devant les actes de vol et d’agressions commis par les voyous qui écument leur cité en période estivale et se comportent comme des conquérants, selon eux. Ils dénoncent, par ailleurs, le climat d’insécurité qui règne dans leur ville, notamment en été. A noter que ces émeutes sont les deuxièmes en moins d’une année. Les précédentes avaient pour cause la non-tenue par les pouvoirs publics des promesses faites depuis des années quant à la prise en charge des problèmes de la population et qui ont trait, entre autres, à l’emploi, la santé, le transport et l’alimentation en énergie électrique de plusieurs quartiers. La situation reste tout de même tendue dans cette ville dont la baie ouest a été classée par l’Unesco en 2006 parmi les plus belles au monde. Elle rejoint ainsi les célèbres baies de Bodrum la turque, Along la vietnamienne ou Bahia la brésilienne.

Med-Ali Khellaf

Algerie-Aprés les émeutes de Chétaïbi (Annaba)


13 août 2008

Identifiés comme étant les principaux auteurs de l’homicide volontaire perpétré contre le jeune Lyes Bouaziz, ils croupissent toujours dans les geôles de la gendarmerie.

Pour présenter les criminels à la justice, les éléments de cette dernière n’ont pas encore auditionné les membres de la famille de la victime, qui demeurent inconsolables.

Après les émeutes et la chasse aux estivants, un calme absolu règne sur la ville. A la veille de l’incident, Chétaïbi grouillait d’estivants venus de tous les coins du pays pour passer des vacances dans l’une des plus belles baies du monde.

Aujourd’hui, un mouvement timide des autochtones a caractérisé l’ambiance « estivale » de la cité. Comme un malheur ne vient jamais seul, l’économie de la ville est frappée de plein fouet. Les tables et chaises qui s’alignaient tout au long de la corniche de la ville ont été rangées.

Point de client. Avec la fuite des estivants, tous les commerçants baisseront certainement rideau, notamment les saisonniers. Bien que les autorités locales espèrent que cet incident n’aura pas de conséquence négative sur la situation économique de la commune, la réalité dissipe tout espoir.

« Par peur, aucune personne étrangère n’est restée dans la commune. Ils ont tous pris leur baluchon et quitté les lieux », dit un habitant de Chétaïbi.

Synthèse de l’article – Equipe Algerie-Monde.com

D’après El Watan. Par M. F. G. Le 13 août 2008.

CHETAÏBI : Le calme revient

13 Août 2008

Aussi immense que fut la douleur, après l’assassinat du jeune I. B., la sagesse est mère de toutes les vertus.

Après une journée mouvementée en émeutes et protestations, à l’issue de l’assassinat du jeune I. B., survenu dimanche matin à la suite d’un vol qui a tourné à une chasse à l’homme, puis au drame, la commune de Chetaïbi a enfin retrouvé sa quiétude.

Les habitants, bien qu’attristés par la perte de leur concitoyen, se sont rendus à l’évidence: «Le destin est maître de tous…», diront les uns, «la sagesse est mère de toutes les vertus», rétorquent les autres.

C’est l’état d’esprit d’une localité qui, à un moment de la journée de dimanche, a failli déraper dans le feu et le sang.

Toutefois, il faut noter que certains rebondissements de l’affaire restent le quotidien des heures et des jours qui viennent.

Puisque les trois jeunes à l’origine de ce drame, dont un est aux arrêts, sont toujours cernés par les habitants de El Zaouia, précisément dans la forêt de Sidi Ferkoun, où ils se sont réfugiés après avoir assené plusieurs coups de bâton à un autre jeune qui a tenté de les poursuivre. Et au moment où nous mettons sous presse, le jeune homme, âgé de 24 ans, se trouve dans un état grave au centre hospitalier de Chetaïbi.

Outre cela, l’état calme et stationnaire des lieux est aussi à l’origine de l’achèvement de la saison estivale pour Chetaïbi. Car il faut le noter, des centaines d’estivants ont quitté la région et ceux désireux s’y rendre ont changé de destination par peur de représailles des habitants.

Sur cet état d’esprit, bon nombre, apostrophés, se disent très déçus, s’agissant là des habitants de Chetaïbi, bien entendu. «Nous ne sommes pas des barbares pour porter atteinte à la sécurité de nos hôtes. Nous sommes hospitaliers et nous le resterons…» C’est ainsi que les habitants de Chetaïbi ont réagi.

Les commerçants, quant à eux, estiment que cette façon de voir les choses est un immense outrage à la réputation touristique de Chetaïbi. Car, estiment-ils, la vie quotidienne de leur région est issue des quelques semaines que viennent passer les estivants chez eux.

Dans le même sillage, les habitants de Chetaïbi, et en dépit de leur douleur, notamment au moment du cortège funèbre qui a conduit B. I. à sa dernière demeure, se sont montrés déterminés à garder leur calme, diront-ils, car il y va du développement du secteur touristique de leur commune. Ce tourisme est en fait le cheval de bataille du programme du Président.

Ce programme que chacun d’entre eux dit y apporter une contribution, allant même jusqu’à étouffer ses larmes et ses émotions, nous révèle l’oncle paternel de la victime.

Cet oncle est abattu par le drame, mais ne fait incomber la «faille» ni aux autorités ni à qui que ce soit. Il en appelle plutôt aux jeunes de l’Algérie, sans exception, d’essayer de mesurer tout agissement et étudier les conséquences que pourrait générer tout acte non contrôlé.

Le grand-père, quand à lui, plus mature, ira loin dans ses déclarations: «Notre pays est à la croisée des chemins, et tout acte non contrôlé pourrait provoquer un dérapage vers quelque camp qui soit, afin d’être exploité contre notre Etat, sa stabilité, sa sérénité, voire son intégrité. Certes, Ilyès est mort, mais Chetaïbi et sa population ont fait du pardon une vertu des sages.»

Wahida BAHRI

Des estivants agressés à Béjaïa, Jijel et Annaba

Liberté algérie

13 août 2008

Par : Mourad KEZZAR

Un tourisme durable est celui qui fait admettre aux populations des régions concernées qu’elles seront les premières à bénéficier de ses retombées économiques, sociales, cultuelles et environnementales. Sans cela, tout hôtel, tout campement, pour ne pas dire tout touriste ou estivant sera considéré comme corps étranger à rejeter avec violence.

Avant-hier, la population de la paisible et chaleureuse localité de Chetaïbi s’est lancée, durant toute la journée, dans une véritable chasse aux estivants. Après avoir investi les plages, les rues et les alentours du siège de la mairie et de la brigade de la Gendarmerie nationale, toute une population d’émeutiers a poussé des milliers d’estivants et de touristes à quitter, souvent dans la violence, le territoire de la commune. “Nous ne voulons pas de ce tourisme chez nous !” est le seul slogan qui fusait de toutes les bouches.

Il fallait être sur place, au moment des faits, pour voir ces colonnes d’estivants ou de touristes algériens… déportés de leur plage préférée par cette même population qui, la veille, les accueillait à bras ouverts pour saisir l’ampleur du drame.

Une journée avant, soit dimanche, juste après un accident de la circulation qui a fait deux victimes sur la route de Taza, les villageois bloqueront la route qui relie les deux plus belles plages de la région à celle de Jijel et de Béjaïa pendant toute une demi-journée.

Les 4 kilomètres de bouchons, les images d’enfants en bas âge au bord de la déshydratation, les traits d’épuisement des personnes âgées venues de loin se délasser ne viendront pas à bout d’une colère d’une meute de Jijelis pour qui le choix a été fait. “Pas de ce tourisme qui cause la mort et la désolation !”

Pourtant, Taza, avec son parc animalier des plus visités d’Algérie, son emplacement bien situé entre les plages de Jijel et de Ziama Mansouriah, ainsi que sa proximité avec l’autre destination très prisée qu’est Béjaïa, ne devrait théoriquement que sourire aux touristes algériens.

Moins de cinq jours avant, soit mercredi dernier, une semaine jour pour jour, la population de Sidi-Aïssa, animée par une haine entretenue contre la chose hôtelière dans la région, mettra le feu à un hôtel et lynchera à mort son propriétaire pour se venger d’un acte commis auparavant par le fils de la victime ayant entraîné mort d’homme.

Là encore, la bonté et la générosité des Ouled Naïl étaient jusque-là incompatibles avec ce genre de dérapages.

Quelques semaines auparavant, la population de l’un des premiers villages touristiques algériens pour ne pas dire d’Afrique du Nord, Tichy en l’occurrence, sortira dans la rue pour protester contre le phénomène de violence et d’atteinte aux valeurs culturelles à cause… de l’activité touristique. Les protestataires ont dénoncé le rôle néfaste que jouent les établissements hôteliers de la côte dans la dégradation des mœurs.

Ainsi, à la place de l’influence record des touristes algériens sur les traditionnelles destinations algériennes, on assiste à l’accentuation du phénomène du rejet par les autochtones des touristes venus d’ailleurs.

Le cas de Chetaïbi à Annaba est des plus édifiants. La cité balnéaire est devenue un véritable pôle d’attraction faisant concurrence avec la destination tunisienne.

Plusieurs familles, habituées à se rendre en Tunisie, ont fini par louer des maisons dans la localité pour profiter des meilleures conditions de la beauté des sept plages.

Chose devenue possible non pas grâce à un quelconque effort des pouvoirs publics, mais grâce au génie des autochtones qui ont vite adapté les formules d’hébergement pour répondre à la forte demande d’estivants.

La question est de savoir pourquoi ces populations qui ne rataient, auparavant, aucune occasion pour demander des programmes spéciaux de développement touristique de leurs régions se retrouvent, aujourd’hui, les premiers à rejeter cette activité.

Si ce comportement violent est adopté envers des touristes algériens, qu’on est-il des touristes étrangers, occidentaux de surcroît, si la colère d’un jour coïncidera avec une quelconque escalade au Proche-Orient ?

Faire la promotion d’une destination ne se limite pas à lancer un slogan ô combien beau ! La publicité est le dernier élément de toute une politique marketing fiable qui doit reposer sur 3 autres facteurs. `

Une démarche saine doit prendre en considération quatre politiques saines. Celle de la qualité du produit, celle du prix, celle du circuit de distribution et, enfin et en dernier, celle de la communication. C’est que les spécialiste définissent par le “Marketing Mix”.

Or, pour les pouvoirs publics, jusqu’ici, le marketing dans le secteur du tourisme consiste à passer une pub dans les médias lourds ou à concevoir un film, autrement dit à apprendre des concepts et les utiliser à chaque occasion. Ce genre de traitement de la question risque d’aboutir sur des résultats à l’inverse de ceux escomptés.

Au moment où les pouvoirs publics évoquent le choix d’un développement durable par le tourisme, sur le terrain, les populations autochtones rejettent l’activité en question comme tout corps sain qui refoule un autre étranger qui vient s’y greffer.

Le phénomène n’est pas nouveau. Tous les spécialistes du tourisme l’ont étudié à l’université dans le module de la sociologie du tourisme. L’expérience du Roussillon-Languedoc est enseignée dans toutes les grandes écoles. Mieux, l’architecte Pouillon, quand il a conçu les complexes balnéaires algériens dans les années 1970, a pris en considération cette variante sociale.

Ce n’est certainement pas par fantaisie que la clôture desdits complexes est légère pour ne pas dire sommaire. L’idée de départ était d’éviter de donner l’impression que ces complexes, avec des touristes étrangers dedans faisant la fête, ne soit conçue par les autochtones comme des corps étrangers, enfermés sur eux et méprisant du reste.

? ce jour, ces concepts ont disparu du paysage touristique. Pis, les réunions de préparation consacrées à la préparation des saisons estivales se font en catimini entres des responsables locaux avides de détourner terrains et chalets touristiques que de faire participer la société à la gestion de la chose. Un tourisme capable de faire bouillir la soupe du petit peuple au lieu de brûler leurs demeures, comme disait le défunt expert franco-algérien N. Machabey.

Les cas de Chetaïbi, Taza, M’sila, Tichy et avant cela Collo sont une menace sérieuse contre l’ordre public et peut devenir un frein contre tous les efforts de relance touristique.

On doit cesser de parler des imaginaires 5 millions de touristes qui ont visité Annaba et les 3 autres qui ont séjourné à Collo, alors que la situation sur le terrain est toute autre.

Mourad KEZZAR

Après l’assassinat d’un jeune de 25 ans, Chetaïbi s’enflamme

12 août 2008

Le jeune Lyès Bouaziz, 25 ans, a été assassiné d’un coup de couteau hier tôt dans la matinée, alors qu’il poursuivait des voleurs qui ont tenté de cambrioler son domicile familial. La victime, qui venait juste de terminer son cursus universitaire, a rendu l’âme lors de son transfert au CHU de Annaba. Ce drame s’est passé aux environs de la prière du “fedjr”. Cette matinée, quatre malfrats, originaires du quartier Ruisseau d’or de Annaba, spécialisés dans les vols avec agressions caractérisées, ont jeté leur dévolu sur le domicile de la famille Bouaziz Mokhtar, situé à l’entrée du village. Mais, une fois à l’intérieur, les cambrioleurs se sont fait remarquer par le chef de famille, lequel a donné l’alerte. Un des intrus n’a pu échapper. Il a été maîtrisé à l’intérieur de la maison, alors que ses autres complices ont été poursuivis par les deux fils de cette famille. L’aîné, qui a réussi à intercepter l’un des fugitifs, a été mortellement poignardé.

Alertés du drame, les jeunes du village ont lancé une véritable chasse à l’homme puis aux estivants. Le bourreau du jeune Lyès a été arrêté et sévèrement corrigé, quelques heures plus tard, du côté de la plage Sable d’or sur la route menant au site de Sidi-Akacha, à quelque 7 km environ du lieu du meurtre. Cependant, lors de son arrestation par ses poursuivants, l’assassin a réussi une fois encore à faire une seconde victime. Celle-ci, sérieusement atteinte à l’arme blanche, a été évacuée en urgence au CHU de Annaba. L’opération de “ratissage” lancée par les habitants à la recherche des deux autres acolytes est toujours en cours. La région de Chetaïbi est pratiquement bouclée par les jeunes du village, dont une partie s’est attaquée malheureusement aux estivants, installés au niveau de la plage de la ville, la fontaine romaine et la baie ouest.

Alors une mêlée générale s’en est suivie. Les estivants affolés couraient dans tous les sens. Leurs bagages ont été rassemblés près du siège de la commune puis brûlés. Malheureusement, cette chasse aux estivants a fait encore une autre victime, soit un vacancier. Lui aussi a été lui poignardé et a été admis au niveau du centre de santé de Chetaïbi. Nous avons tenté de joindre le village, situé à 70 km à l’ouest de Annaba. Mais tous les accès ont été fermés par les éléments de la Gendarmerie nationale. En effet, un impressionnant cordon de sécurité a été installé au niveau des principales routes menant à Chetaïbi, à savoir celle de Zaoui et Zgâa. De même que plusieurs brigades anti-émeutes des différents corps de sécurité ont été dépêchés sur les lieux. Joint par téléphone, un responsable local a tenu à préciser : “Actuellement, la situation est très tendue. Une véritable pagaille s’est installée dans notre paisible petite ville.” Et d’ajouter qu’“il faut s’attendre au pire à l’issue de l’inhumation de la victime, prévue après la prière d’“el- asr”. Des émeutes ne sont pas à écarter.

B. BADIS

Annaba. Assassinat d’un jeune à Chétaïbi

Annaba-city

12/08/2008

Emeutes et chasse aux estivants célibataires.

Hier vers 5h, la paisible commune de Chétaïbi, distante de 70 km de Annaba, a connu de graves incidents après l’annonce de la mort de Lyes Bouaziz, âgé de 23 ans.

Le jeune homme a été poignardé à la poitrine par des cambrioleurs qui, à l’aube, ont tenté de voler le véhicule de la famille stationné à l’intérieur de leur maison située à l’entrée de la ville. Gisant dans une mare de sang, la victime a rendu l’âme avant même d’être transférée au service des urgences de l’hôpital Ibn Rochd. L’onde de choc est devenue incontrôlable hier vers 8h.

Selon les premières informations, l’auteur du crime et un de ses acolytes ont été arrêtés par les habitants de cette localité touristique, qui les ont passés à tabac avant de les mettre à la disposition des gendarmes venus immédiatement en renfort pour contrôler la situation. Au carrefour des avenues de la ville, des jeunes et moins jeunes armés de pierres et de bouteilles sont passés au pillage des estivants, notamment ceux abrités sous des tentes. Une situation qui a pris d’autres dimensions car les habitants se sont emportés, principalement, contre les centaines de célibataires venus passer leurs vacances dans l’une des plus belles baies d’Algérie. Ils les ont chassés de force des plages du centre-ville, de Sable d’Or et de la Baie ouest en mettant le feu à leurs tentes après les avoir réunis devant le siège de l’APC.

Des échauffourées ont éclaté entre les jeunes estivants et les habitants réfractaires à leur présence sur les plages de la commune, qui se sont soldées par deux blessés à l’arme blanche. Un important contingent des Groupes d’intervention rapide (GIR) assisté par des éléments de la garde communale a quadrillé la commune, bloquant ainsi toute circulation vers et de Chétaïbi. Tous les habitants de la commune se sont rassemblés à l’entrée de la ville, attendant l’arrivée de la dépouille du jeune Lyes. Lyes Bouaziz a été inhumé au cimetière de Sidi Falcone. Son père autant que sa famille étaient inconsolables. Un silence effaré planait toute l’après-midi d’hier sur le village déserté par les estivants venus de tous les horizons pour y passer leurs vacances. « Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai été choqué, abasourdi, j’en ai perdu le souffle », dira une mère de famille de Berrahal, ses enfants et son baluchon à la main. Agés de 23 et 24 ans, les deux criminels seront présentés aujourd’hui devant le procureur près tribunal de Berrahal sous divers chefs d’accusation, dont cambriolage et homicide volontaire.

M. F. Gaïdi [EL WATAN – 12-08-2008]

~ par Alain Bertho sur 13 août 2008.

 
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