Emeutes à Vitry le François

Vitry-le-François : après l’émeute, les souffrances d’un quartier

16 juin 2008 Vitry-le-François (Marne), envoyé spécial

En larmes, tremblant de douleur, le père de famille s’avance pour prendre la parole. L’homme a perdu son fils de 20 ans, mortellement blessé par une balle en plein front, samedi 14 juin, au cours de l’altercation à l’origine d’une nuit d’émeutes à Vitry-le-François (Marne). Devant l’immeuble en sale état où habite la famille, la foule retient son souffle, quelques heures à peine après la fin des violences, dimanche 15 juin. L’ambiance est extrêmement tendue. Le père prononce quelques mots, mais ils sont inaudibles à cause des sanglots.

Alors, « Saïd », un des « grands frères » du quartier, s’adresse aux 200 habitants. « Le père, il voulait pas qu’il y ait de marche silencieuse parce qu’il ne veut pas de nouveaux incidents. Il accepte, mais il vous demande de rester calmes. Vous avez entendu, dit-il avec force : les jeunes, faut rester calme. Au nom de la famille, pas de violence. Pas d’incident. S’il y a des bleus [gendarmes], vous les regardez pas. » Les têtes se baissent, 200 à 300 habitants de la cité débutent leur marche, dans un silence de plomb, au milieu des dizaines de carcasses de voitures incendiées.

Après une nuit « épouvantable » et des heures de violence, le quartier Rome-Saint-Charles vient de retrouver le calme. Les adultes ont enfin repris le contrôle de la cité. Grâce à une poignée de « grands frères » soucieux d’apaiser les plus jeunes. Grâce, aussi, à l’action discrète du maire, omniprésent depuis le déclenchement de l’émeute : sans interruption pendant 24 heures, l’élu n’a pas cessé de courir d’un incendie à un autre, des proches du jeune tué vers une grand-mère terrorisée par un groupe d’émeutiers, d’une mère désespérée par la perte de sa voiture à un groupe d’habitants remontés contre les forces de l’ordre.

« C’ÉTAIT DE LA RAGE »

Au milieu de la nuit, déjà, les mêmes adultes avaient essayé d’intervenir alors que le quartier était « en feu ». Sans succès. « C’était de la rage, de la haine. Un énorme sentiment d’injustice par rapport à leur copain mort », raconte Mourad Bougueraira, un colosse de 30 ans, pilier du quartier. Une « éruption de colère comme un volcan qui explose », dit le maire, Jean-Pierre Bouquet (PS) : « Il s’agissait d’un déchaînement de violence, extrêmement brutal, très difficile à contrôler. Le signe, aussi, qu’on fait face, en France, dans notre société, à une violence latente qui peut surgir n’importe quand. »

Dans cette ville de 17 000 habitants, le revenu des ménages n’atteint que 71 % de la moyenne nationale. Les écoles maternelles du quartier de Rome-Saint-Charles comptent 86 % de familles défavorisées.

Le paradoxe est que, contrairement à la quasi-totalité des émeutes récentes, les violences n’ont pas démarré en réaction à un incident avec les forces de l’ordre.

Tout commence par une dispute entre deux jeunes, samedi soir vers 21 heures, dans une cité à l’autre extrémité de la ville. Le ton monte, un homme, âgé d’une vingtaine d’années, sort une arme et fait feu. Mohamed D., 20 ans, habitant de Rome-Saint-Charles, est touché à la tête et s’effondre sous les yeux de ses camarades. Il décède quelques heures plus tard.

« C’est une balle perdue : Mohamed a voulu séparer deux types qui se battaient », affirme un de ses proches en récusant l’hypothèse de l’affrontement « entre bandes » évoquée par les gendarmes. « Sans doute un différend lié à du trafic de stupéfiants », avance une source judiciaire.

La nouvelle du décès se diffuse immédiatement dans le quartier où un mariage réunit une grande partie des jeunes. Faute de pouvoir se venger directement sur l’auteur du coup de feu, qui s’est enfui, des groupes de plusieurs dizaines de personnes, cagoulées, armées de barres de fer, de battes de base-ball, de cocktails Molotov, sillonnent les rues de leur propre cité et s’en prennent, pour l’essentiel, aux voitures de leurs voisins. Des scènes ultraviolentes.

Au maire qui fait le tour du quartier, à pied, les habitants victimes des émeutiers témoignent de leur terreur. « Ils ont voulu casser mes volets et les vitres », raconte une grand-mère de 72 ans, encore toute tremblante, devant sa maison partiellement dégradée. « On les entendait crier et on les voyait courir. Des jeunes qu’on voit passer tous les jours et qui nous disent bonjour », s’émeut une autre habitante sous le choc d’avoir vu son véhicule détruit à coups de barre de fer.

Le bilan est lourd. Une cinquantaine de véhicules, dont un camion, ont été incendiés, la gare SNCF et un local de l’office HLM saccagés. Survoltés, les émeutiers s’en sont aussi pris aux gendarmes et aux pompiers, blessant légèrement quatre d’entre eux et dégradant sept de leurs véhicules.

Le calme n’est revenu qu’à l’aube avec l’intervention de 60 hommes d’un escadron de gendarmes mobiles, en appui de 70 gendarmes locaux. Un calme précaire : l’après-midi, la ville a bruissé de rumeurs sur les risques de reprise des violences, malgré l’interpellation et le placement en garde à vue de l’auteur présumé du coup de feu.

Les « grands frères » ont tourné d’un groupe à l’autre pour apaiser les esprits. Mais c’est l’appel au calme du père, devant la foule, qui a changé la donne. Les aînés ont pu demander à leurs cadets de ne plus se battre « par respect pour la famille » du défunt. Au moment où la nuit tombait à nouveau sur Vitry-le-François, Mourad Bougueraira se faisait plus optimiste sur les jours à venir, avec le sentiment que la crise était passée. « On a pu parler à tout le monde. Même à ceux qui avaient bougé hier soir », se réjouissait-il.

A part une dizaine d’adolescents qui ont observé les gendarmes, de loin, et incendié quelques poubelles, la nuit de dimanche à lundi est restée calme. Les familles, elles, se sont claquemurées chez elles. Un mélange d’épuisement et de peur.

Luc Bronner

Nuit de violences à Vitry-le-François après le meurtre d’un jeune

lundi 16 juin 2008

«A chaque fois qu’il y a un mort dans ces quartiers sensibles, cela devient chaud, mais ce n’est pas la reprise des émeutes de 2005…» Hier matin, cet officier de gendarmerie relativisait la nuit de violences qui a marqué Vitry-le-François, 17 000 habitants, à 30 kilomètres de Châlons-en-Champagne (Marne). Le bilan des incidents, commencés samedi vers 23 heures et achevés hier au petit matin, est néanmoins assez lourd : neuf blessés légers (deux pompiers, deux gendarmes et cinq riverains) et une soixantaine de véhicules incendiés (dont deux poids lourds), ainsi que des conteneurs à poubelles.

Cocktails Molotov. Si deux gendarmes ont été blessés, les affrontements n’ont cependant pas pour point de départ un litige entre des jeunes et les forces de l’ordre. L’origine de ces échauffourées était d’ailleurs hier encore assez floue. Tout est parti d’une altercation, vers 22 heures, entre deux hommes membres de bandes rivales d’une cité sensible de Vitry-le-François. Deux coups de feu sont tirés. La victime, âgée de 22 ans, décède une demi-heure plus tard malgré une tentative de réanimation. Des jeunes, qui ont identifié le tireur présumé, se mettent à sa recherche. «Vu la manière dont ils le recherchaient, nous avons vite compris que l’auteur présumé serait en difficulté s’ils le retrouvaient», a indiqué hier Dominique Laurens, la procureure de la République de Châlons-en-Champagne. Le suspect, âgé de 23 ans, a finalement été arrêté vers 1 h 30 près du domicile de ses parents. Entre-temps une cinquantaine de jeunes, armés de battes de base-ball et de cocktails Molotov, ont entrepris de sillonner plusieurs quartiers de la ville en «cassant» et en brûlant des véhicules, se heurtant aux dizaines de gendarmes déployés. Hier après-midi, environ 250 personnes ont participé à une marche silencieuse, qui s’est achevée dans le quartier du Hamois, où a été tuée la victime. Le maire (PS) de la commune, Jean-Pierre Bouquet, a lancé un appel au calme.

Indicateurs. Le Syndicat général de la police-FO (SGP-FO) a tenu à voir dans cet épisode «un nouvel exemple de l’hystérisation des rapports entre une fraction de la jeunesse et les forces de sécurité», par la voix de Nicolas Comte, son secrétaire général. «L’émeute survenue à Vitry-le-François, dont le commissariat a été fermé en 2000 dans le cadre du redéploiement police-gendarmerie, est symptomatique d’un climat malsain», a-t-il ajouté, demandant à «l’autorité politique d’en tenir compte au moment où la réorganisation des forces de l’ordre et des effectifs est à l’ordre du jour».

Il est cependant difficile d’analyser précisément la portée et les causes de tels incidents. Plusieurs chercheurs, spécialistes des violences urbaines, considèrent que les chiffres du ministère de l’Intérieur surestiment les phénomènes de bandes. La direction générale de la police nationale travaille d’ailleurs à l’élaboration de nouveaux indicateurs (nombre de véhicules brûlés, définition d’une bande, nature et cause des affrontements…) pour mieux analyser ces poussées de fièvre.

Le choc après la nuit d’émeutes

lundi 16 juin 2008 | Le Parisien

Au lendemain d’une nuit de violences sans précédent, déclenchée après la mort d’un jeune dans un quartier de Vitry-le-François (Marne), les habitants sont sonnés. Certains ont quitté leur appartement. Un suspect a été placé en garde à vue.

DES CARCASSES calcinées, des enseignes détruites, des traces d’incendie sur le macadam. Des gendarmes mobiles aux quatre coins de la ville et des visages défaits. Hier, la désolation régnait dans le quartier Rome-Saint-Charles, à Vitry-le-François (Marne), au lendemain d’une nuit d’émeutes, consécutive au meurtre d’un jeune homme de 22 ans.

Tard dans la nuit, des affrontements ont éclaté entre les jeunes et les gendarmes. Deux d’entre eux ont été légèrement blessés, ainsi que deux pompiers et quatre riverains.

« Il faut que la justice passe »

Le quartier est sous le choc. Certains ont préféré fuir la ville. A l’instar de Véronique, 40 ans. « Pas question qu’on reste là. On a un bébé, et c’était une violence vraiment horrible », souffle cette femme très pressée de partir. « Cette nuit, je les ai vus arriver. Je fumais sur le balcon, avec des amis, invités pour le dîner. Ils avaient des cagoules, ils étaient par dizaines et ils ont commencé à mettre le feu aux voitures. Nous, on s’est dépêchés de partir avant qu’ils ne s’en prennent à la nôtre. »

L’air de ne pas croire ce qu’il voit, un couple de retraités traverse le parking encore dévasté par les carcasses d’autos – une soixantaine de voitures ont été brûlées – tandis que David, 35 ans, se tient devant ce qu’il reste de sa vieille Clio. « C’est quoi tout ça ? Maintenant, les jeunes règlent leurs comptes à coups d’armes à feu et quand ils ne sont pas contents, ils brûlent les voitures des autres. Comment je fais pour travailler demain, moi ? » demande-t-il.

Au-delà de la sidération, l’incompréhension est dans tous les esprits. « Je ne comprends pas pourquoi autant de jeunes ont pu réagir de cette façon à un meurtre. Comment faire ce lien ? », s’indigne Amina, jeune femme de 19 ans qui a grandi à Rome-Saint-Charles. Ma mère a vu des jeunes asperger d’essence les voitures des gens qui partaient, et les gens étaient dans leur voiture ! »

Quelques rues plus loin, près de l’immeuble où vivait Mohamed, c’est aussi l’incompréhension. « On n’explique pas pourquoi il a été tué, confie Abdeslam. C’était un gamin sans histoires, qui faisait des études et travaillait. Je n’y ai pas cru quand on m’a dit ce qu’il s’était passé. » « On veut connaître les tenants et aboutissants de ce meurtre. Il faut que la justice passe », poursuit un autre. A deux jets de pierre, une trentaine de proches de la victime sont réunis dans un local municipal en ce jour de deuil. Malek est bouleversé, ses yeux sont embués de larmes. « On est abasourdis, tristes, pleins de douleur », murmure un trentenaire. En hommage à Mohamed, environ deux cent cinquante habitants ont participé à une marche silencieuse hier après-midi. Avant le départ du cortège, le maire Jean-Pierre Bouquet a appelé au calme. Un calme fragile. La tension était vive au pied de certains immeubles et la crainte d’une nouvelle nuit agitée hantait les habitants hier soir. L’élu restait lui aussi perplexe face à « l’enchaînement de violence » déclenché par le meurtre. « La situation est devenue explosive très rapidement. » « Vigilant », Jean-Pierre Bouquet se montrait très attentif au moindre signe d’agitation, hier soir.

A Meaux (Seine-et-Marne), des affrontements entre bandes rivales ont opposé une trentaine de jeunes, samedi soir, dans le quartier sensible de Beauval. Ils étaient armés de pierres et de barres de fer. La police et la BAC ont utilisé leurs flash-balls et des gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes. Juste avant, un homme de 27 ans avait été agressé. Hospitalisé, il souffre de plusieurs fractures à la tête. Deux jeunes ont été interpellés.

Violences à Vitry-le-François: « Symptomatique d’un climat malsain »

15/06/2008

Les violences survenues dans la nuit de samedi à dimanche à Vitry-le-François (Marne) après le meurtre d’un jeune homme, sont un « exemple de l’hystérisation des rapports entre une fraction de la jeunesse et les forces de sécurité », a estimé ce dimanche le syndicat général de la police-FO (SGP-FO).

« Climat de violence »

« C’est un climat de violence hystérique contre la police au moindre prétexte, voire sans aucun prétexte », a déclaré Nicolas Comte, secrétaire général du SGP-FO, dans un communiqué.

« Spectacle de l’émeute »

« Au départ, a-t-il poursuivi, il s’agit semble-t-il d’un règlement de compte mortel. Or, très vite avec cet événement tragique, un groupe violent a attaqué les gendarmes à l’aide de battes de base-ball et de cocktails Molotov, sous le regard passif de jeunes spectateurs assistant au ‘spectacle de l’émeute' ».

« Climat malsain »

Pour lui, « l’émeute survenue à Vitry-le-François, ville de la Marne d’une vingtaine de milliers d’habitants dont le commissariat a été fermé en 2000 dans le cadre du redéploiement Police-Gendarmerie, est symptomatique d’un climat malsain qui perdure ».

« Rien n’est réglé depuis 2005 »

M. Comte a souligné que « déjà, lors des incidents de la gare du Nord en 2007, le SGP-FO avait constaté ce climat d »hystérisation' ». En outre, a-t-il fait valoir, les émeutes dans les banlieues en 2005 « étaient déjà révélatrices de cet état de fait ».

« Rien n’est réglé depuis, et le feu couve encore sous la cendre », a estimé M. Comte, en demandant à « l’administration et l’autorité politique » de « tenir compte » de cette situation « sur le plan sociétal et de la sécurité (…) au moment où la réorganisation des forces de l’ordre et des effectifs est à l’ordre du jour ».

(Source : AFP)

Le meurtre d’un jeune homme provoque une nuit de violence

15.06.2008

Des échauffourées ont éclaté la nuit dernière entre une cinquantaine de jeunes et des gendarmes à Vitry-le-François. Le meurtrier du jeune homme tué par balles a été arrêté. Une marche silencieuse a rassemblé 250 personnes pour rendre hommage à la victime.

Des échauffourées ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche 15 juin à Vitry-le-François (Marne) entre des jeunes et les forces de l’ordre.

Ces incidents, qui ont fait neuf blessés légers, sont survenus après la mort d’un jeune homme de 22 ans tué par balles plus tôt dans la soirée. Son meurtrier présumé, âgé de 23 ans, a été arrêté, a indiqué la préfecture. Les deux jeunes gens auraient eu une altercation.

Marche silencieuse

Quelque 250 personnes se sont réunies dimanche après-midi lors d’une marche silencieuse en hommage à la victime. Le défilé, ouvert par la mère du jeune homme décédé, s’est déroulé dans le calme mais dans une ambiance pesante. Sur le parcours, des carcasses de véhicules brûlées pendant la nuit, étaient encore visibles.

Dans l’après-midi, le syndicat de la police FO (SGP-FO) a qualifié les événements de Vitry-le-François « d’exemple de l’hystérisation des rapports entre une fraction de la jeunesse et les forces de sécurité ». « C’est un climat de violence hystérique contre la police au moindre prétexte, voire sans aucun prétexte », a ajouté le secrétaire général SGP-FO.

« Exactions dans toute la ville »

Selon la directrice du cabinet du préfet de la Marne, Sylvaine Astic, une cinquantaine de jeunes s’est opposée aux gendarmes et aux pompiers lors de cette nuit de violence. Elle fait état de conteneurs à poubelles et d’une soixantaine de véhicules brûlés.

Deux pompiers, deux gendarmes et cinq riverains, « pas forcément impliqués dans les violences », ont été légèrement blessés.

Quelques véhicules de gendarmes et de pompiers ont été la cible de jets de pierres, a-t-elle expliqué.
Les violences ont commencé autour de 22H00. Elles font suite au décès d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, tué d’un coup de feu dans un quartier à l’entrée de Vitry-le-François, près de Châlons-en-Champagne.

« Aux alentours de 22H00, un coup de feu a éclaté dans un quartier de Vitry-le-François. Le jeune homme touché est décédé environ une demi-heure après, et son décès a entraîné une réaction de riverains, des jeunes, qui ont alors commis des exactions dans toute la ville », a-t-elle expliqué, avant de préciser que les violences avaient pris fin au petit matin.

Le meurtrier présumé interpellé

Selon elle, la cinquantaine de jeunes impliquée dans les échauffourées de la nuit était armé notamment de battes de base-ball ou de cocktail molotov. Une dizaine de personnes assistaient aux faits, sans y prendre part, a ajouté Sylvaine Astic.

Pas moins de 60 gendarmes ont été dépêchés sur place dans la nuit. Ils étaient toujours présents sur les lieux des incidents dimanche matin.

Les personnes choquées par ces événements pourront être écoutées par une cellule psychologique, mise en place dès dimanche matin, a indiqué la directrice du cabinet du préfet.

Elle a ajouté que le meurtrier présumé du jeune homme avait été interpellé et mis en garde à vue « au milieu de la nuit ». Elle n’a pas détaillé les raisons de cet homicide, ni précisé si d’autres personnes avaient été arrêtées.

Le parquet de Châlons-en-Champagne a ouvert une enquête. Le procureur de la République devrait tenir une conférence de presse « en fin de matinée ou en tout début d’après-midi ».(avec AFP)

Meurtre d’un jeune dans la Marne: nuit de violences et marche silencieuse

VITRY-LE-FRANÇOIS (AFP) — Une marche silencieuse a eu lieu dimanche à Vitry-le-François (Marne) après le meurtre samedi d’un jeune homme, dont l’homicide a entraîné de violents incidents quand une cinquantaine de personnes se sont lancées à la recherche de son meurtrier présumé.

Les violences, au cours desquelles deux pompiers, deux gendarmes et cinq autres personnes ont été légèrement blessés, ont débuté peu après 22H00, après le décès par balle du jeune homme de 22 ans.

Le meurtrier présumé, âgé de 23 ans, a été interpellé et placé en garde à vue « en milieu de nuit », selon Sylvaine Astic, directrice de cabinet du préfet de la Marne.

Au cours des incidents, une soixantaine de véhicules et plusieurs conteneurs à poubelles ont été incendiés, la gare de la ville a été fortement endommagée et des véhicules de pompiers et de gendarmes caillassés.

Dimanche en milieu d’après-midi, alors que régnait un calme relatif dans la ville, environ 250 personnes, menées par la mère de la victime, en pleurs et portant une photographie de son fils, ont pris part à une marche silencieuse en mémoire du jeune homme, sous la surveillance discrète de gendarmes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Partis de la gare et passés par le quartier Rome-Saint-Charles, d’où était originaire la victime, ses proches se sont rendus dans le quartier du Hamois, lieu de l’homicide.

Le maire PS de la ville Jean-Pierre Bouquet, présent sur place dimanche après-midi, a appelé au calme.

Interrogé sur le risque de nouveaux incidents dans la nuit de dimanche à lundi, la préfecture de la Marne a indiqué « gérer la situation », sans plus de précisions. Plusieurs dizaines de gendarmes étaient toujours déployés dimanche après-midi dans le quartier Rome-Saint-Charles, a constaté l’AFP.

« Un témoin a vu la victime avoir une altercation avec un autre jeune homme et a ensuite entendu deux coups de feu. La victime est décédée après une tentative de réanimation et d’autres jeunes, qui avaient identifié le tireur présumé, se sont alors mis à sa recherche », a expliqué à l’AFP le procureur de la République de Châlons-en-Champagne, Dominique Laurens.

« Vu la manière dont ils le recherchaient, nous avons vite compris que l’auteur présumé serait en difficulté s’ils le retrouvaient », a-t-elle ajouté.

Le suspect a été interpellé à proximité du domicile de ses parents, en dehors de Vitry-le-François, vers 01H20 et placé en garde à vue, a poursuivi Mme Laurens.

Une cinquantaine de jeunes, armés de battes de base-ball ou de cocktails molotov, ont pris part aux violences, qui ont touché plusieurs quartiers de la ville de 17.000 habitants, située à environ 30 km de Châlons-en-Champagne. Les incidents ont pris fin au petit matin.

Gendarmes et pompiers ont été pris à partie et blessés alors qu’ils tentaient de mettre fin aux violences et d’éteindre les incidents.

Dans le quartier de petits immeubles HLM Rome-Saint-Charles, plusieurs carcasses de véhicules brûlés, dont celles de deux poids lourds, étaient toujours visibles dimanche après-midi.

L’enquête sur le meurtre et celle sur les violences ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie de Reims, selon Mme Laurens. Aucune interpellation liée aux exactions de la nuit n’avaient eu lieu dimanche en milieu de journée, selon elle.

Les violences dans la Marne, un «exemple de l’hystérisation des rapports» avec la police

20 minutes

De violentes échauffourées entre jeunes et gendarmes ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche à Vitry-le-François après le meurtre d’un jeune homme, dont l’auteur présumé, qui aurait eu une altercation avec la victime, a été interpellé. Deux pompiers, deux gendarmes et cinq riverains ont été légèrement blessés et une soixantaine de véhicules incendiés.

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Les violences survenues dans la nuit de samedi à dimanche à Vitry-le-François (Marne) après le meurtre d’un jeune homme, sont un «exemple de l’hystérisation des rapports entre une fraction de la jeunesse et les forces de sécurité», a estimé dimanche le syndicat général de la police-FO (SGP-FO).

«C’est un climat de violence hystérique contre la police au moindre prétexte, voire sans aucun prétexte», a déclaré Nicolas Comte, secrétaire général du SGP-FO, dans un communiqué. «Au départ, a-t-il poursuivi, il s’agit semble-t-il d’un règlement de compte mortel. Or, très vite avec cet événement tragique, un groupe violent a attaqué les gendarmes à l’aide de battes de base-ball et de cocktails Molotov, sous le regard passif de jeunes spectateurs assistant au « spectacle de l’émeute »».

Pour lui, «l’émeute survenue à Vitry-le-François, ville de la Marne d’une vingtaine de milliers d’habitants dont le commissariat a été fermé en 2000 dans le cadre du redéploiement Police-Gendarmerie, est symptomatique d’un climat malsain qui perdure».

Nicolas Comte a souligné que «déjà, lors des incidents de la gare du Nord en 2007, le SGP-FO avait constaté ce climat d' »hystérisation »». En outre, a-t-il fait valoir, les émeutes dans les banlieues en 2005 «étaient déjà révélatrices de cet état de fait».

«Rien n’est réglé depuis, et le feu couve encore sous la cendre», a estimé Nicolas Comte, en demandant à «l’administration et l’autorité politique» de «tenir compte» de cette situation «sur le plan sociétal et de la sécurité (…) au moment où la réorganisation des forces de l’ordre et des effectifs est à l’ordre du jour».

Une marche silencieuse à Vitry-le-François

15 juin 2008

250 personnes y ont participé en début d’après-midi, à la mémoire du jeune homme tué hier à Vitry-le-François, dans la Marne. Le maire était sur place pour lancer un nouvel appel au calme.

Le calme est revenu, à Vitry-le-François. Presque aussi rapidement que la ville s’était embrasée, cette nuit. La flambée de violence est encore dans tous les esprits, tout comme ce meurtre barbare, qui a mis le feu aux poudres.

Histoire de contribuer à calmer les esprits, une marche silencieuse était prévue cet après-midi, dans cette petite ville de la Marne. 250 personnes environ y ont participé, marchant de la gare jusqu’au quartier Rome-Saint-Charles, où le drame s’est passé. En tête du cortège, la mère de la victime, en pleurs. A ses côtés, ou presque, le maire de Vitry-le-François, le socialiste Jean-Pierre Bouquet, qui a lancé un nouvel appel au calme. Car l’ambiance cet après-midi était encore bien pesante…

Tout a commencé hier soir, après le meurtre d’un jeune homme de 22 ans – quand d’autres jeunes se sont lancés à la poursuite du meurtrier présumé un peu partout dans la ville. De violentes échauffourées ont alors éclaté avec les gendarmes.

Le meurtrier présumé a finalement été interpellé, vers 1h20 du matin, à proximité du domicile de ses parents, en dehors de Vitry-le-François. Mais les incidents ont duré toute la nuit.

Neuf personnes ont été légèrement blessées (deux pompiers, deux gendarmes et cinq riverains). Une soixantaine de véhicules et plusieurs poubelles ont été incendiés.

Les syndicats de police ne manquent pas de souligner que cette explosion de violence est un bon “exemple de l’hystérisation des rapports entre une fraction de la jeunesse et les forces de sécurité” ; c’est du moins ce qu’avance le syndicat général de la police-FO. Bref, conclut-il, rien n’a vraiment changé depuis les émeutes de 2005…

Info Europe 1 : scènes d’émeutes dans la Marne

Europe 1

15/06/08 1

C’est une information du téléphone rouge d’Europe 1. Le meurtre par balles d’un homme et l’arrestation de son agresseur présumé seraient à l’origine de violentes échauffourées entre jeunes gens et forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche à Vitry-le-François dans la Marne. Cinq habitants ont été blessés, ainsi que deux pompiers et deux gendarmes.

Une soixantaine de véhicules brûlés, des conteneurs à poubelles incendiés, des véhicules de service caillassés : Vitry-le-François dans la Marne a été le théâtre de violentes échauffourées dans la nuit de samedi à dimanche. Cinq habitants « pas forcément impliqués dans les violences » ont été légèrement blessés, ainsi que deux pompiers et deux gendarmes.

Les violences ont commencé vers 22 heures lorsqu’un homme est attaqué dans le quartier Rome-Saint Charles. Il est transporté à l’hôpital où il meurt peu après. Son agresseur présumé est arrêté et placé en garde à vue. Ce qui aurait conduit aux affrontements entre jeunes du quartier, gendarmes et pompiers, qui ont pris fin en tout début de matinée dimanche.

Le parquet de Châlons-en-Champagne a ouvert une enquête pour essayer de comprendre les circonstances du drame. Une cellule psychologique a été mise en place pour les habitants.

Nuit d’émeutes à Vitry-le-François dans la Marne

15 juin 2008

C’est une information de nos confrères de France bleu Champagne. Des affrontements ont éclaté cette nuit entre les gendarmes et plus d’une cinquantaine de jeunes dans différents quartiers de la ville.

Les violences ont débuté peu avant minuit après la mort d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, tué par balle lors d’un règlement de compte lié à une affaire criminelle.

Une soixantaine de véhicules ont été incendiés, mais aussi un supermarché. 70 gendarmes et 30 pompiers ont été mobilisés toute la nuit et sont toujours sur place. Le bilan provisoire est d’une dizaine de blessés, dont 2 gendarmes et 2 pompiers.

La situation serait maintenant « sous contrôle ». Les violences ont cessé tôt ce matin.

~ par Alain Bertho sur 15 juin 2008.

 
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