Affrontements à Sidi Ifni juin-août 2008

Reportage

Vidéos août 2008

Vidéos Juin 2008


La controverse enfle au Maroc autour du rapport officiel sur les émeutes de Sidi Ifni

Magharebia.com

2008-12-23

Alors que le parlement marocain se prépare à débattre mercredi du récent rapport sur les évènements de juin 2008 à Sidi Ifni, des associations des droits de l’Homme mettent en doute la validité de ses conclusions.

Par Naoufel Cherkaoui et Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 23/12/08

Les députés marocains se penchent sur les conclusions du rapport de la commission chargée d’enquêter sur les émeutes du 7 juin 2008 à Sidi Ifni. Ces conclusions, publiées dans un rapport remis mercredi dernier, le 17 décembre, à la Chambre des représentants, sera débattu par les membres du parlement en session plénière le 24 décembre.

Dans ce rapport, les membres de la commission réfutent les allégations d’assassinat ou de viol de civils commis par la police, affirmant qu’aucune preuve concluante ne permet d’étayer de telles allégations.

Frustrés par la pauvreté et le chômage dans la région, des manifestants avaient bloqué le port de Sidi Ifni. Les forces de sécurité étaient intervenues, explique ce rapport, après « l’intransigeance affichée pendant une semaine par les manifestants qui bloquaient le port, et leur rejet de répondre à plusieurs tentatives de dialogue ». Ce blocus avait par ailleurs entraîné la perte de 850 tonnes de poissons, pour une valeur de 6,5 millions de dirhams.

Le rapport explique que la situation s’était dégradée lorsque les manifestants avaient commencé à jeter des pierres contre les forces de l’ordre. La police avait érigé des barricades pour restreindre les déplacements des manifestants, arrêté plusieurs personnes dans les rue et lors d’opérations menées comme plusieurs maisons.

Lors de ces opérations, conclue ce rapport, des portes avaient été fracturées et du mobilier dispersé et endommagé. De plus, les membres des forces de sécurité avaient eu recours à la violence et aux insultes contre des hommes et des femmes lors de ces arrestations. Des sommes d’argent et des téléphones portables avaient également disparu après ces opérations.

La commission signale également avoir reçu les témoignages des quatre femmes affirmant avoir été déshabillées alors qu’elles se trouvaient dans un poste de police.

C’est la gravité de ces plaintes qui avait poussé à la mise en place de la commission d’enquête sur les évènements du 11 juin.

« Notre mission n’était pas d’identifier la culpabilité de telle ou telle personne », a expliqué le vice président de la commission, Mustafa al-Ramid, du Parti pour la Justice et le Développement. « L’identification des responsabilités individuelles sera l’affaire de la justice », a-t-il expliqué à Magharebia.

Toutefois, le président du Centre Marocain pour les Droits de l’Homme, Khalid Cherkaoui Semmouni, a déclaré que ce rapport passait sous silence un certain nombre d’allégations sérieuses de torture, de tentative de viol et de harcèlement sexuel.

Jeter des pierres « ne justifie pas l’intervention violente et barbare de certains membres des forces de sécurité, qui doivent être traduits devant la justice », a-t-il ajouté.

L’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) affirme que la publication de ce rapport a été retardée pour tenter d’en atténuer les conclusions négatives. Selon la division de Tiznit de l’association, le rapport sur Sidi Ifni a été publié lors des célébrations par le Maroc du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, pour tenter de minimiser une situation à Sidi Ifni dont elle affirme qu’elle reste critique.

Les habitants de la ville ne semblent pas impressionnés par ces conclusions tant attendues.

Samira, une lycéenne, a expliqué à Magharebia que le rapport a certes épinglé les forces de l’ordre qui ont commis plusieurs atrocités, mais qu’il a surtout fait endosser la responsabilité de ces incidents aux jeunes protestataires.

« Protester est un droit légitime », a-t-elle expliqué. « Il faut mettre en cause la police qui a fait beaucoup de dégâts. Je ne suis pas d’accord qu’il n’y ait pas eu des cas de viols. Les forces de l’ordre réagissaient lors de ces évènements d’une manière atroce. »

Les députés qui se pencheront mercredi sur l’examen de ce rapport discuteront également des recommandations mises en avant par la commission pour empêcher à l’avenir que de tels incidents ne se reproduisent. Les améliorations envisagées portent sur la création d’emplois dans la pêche maritime, le tourisme et l’industrie agroalimentaire, des programmes de développement social et des incitations aux investisseurs privés pour stimuler l’économie de Sidi Ifni.

Sidi Ifni : un mois et demi après : nouveau blocus du port et heurts

22 août 2008

Sidi Ifni est, depuis lundi, et encore une fois, le théâtre de nouvelles escarmouches entre manifestants et forces de l’ordre. Une nouvelle tentative de tenir un sit-in à l’entrée du port, pour en bloquer l’accès, la deuxième du genre après celle du mois de juin dernier, serait à l’origine des troubles que connaît de nouveau cette ville. Et dire qu’en ouverture de notre édition de ce lundi, on se demandait justement où en était le rapport de la commission parlementaire qui avait enquêté sur les événements qu’a connus Sidi Ifni le 7 juin 2008

Selon des sources fiables à Sidi Ifni tout aurait commencé dans la matinée du lundi 19 août aux environs de 11 heures. Plusieurs dizaines de manifestants auraient, comme cela avait été le cas lors des événements de juin dernier, dressé des amoncellements de pierres pour barrer la route qui mène de l’entrée de la ville au port. Les manifestants se seraient dirigés vers le port de la ville, où se trouvaient, selon nos sources, quelque 180 camions, pour en bloquer l’accès. Un scénario presque identique à celui qui avait été à l’origine des dramatiques événements qu’avait connus la ville, un mois et demi auparavant.

Les éléments des forces auxiliares, restés en cantonnement dans une caserne militaire de la ville depuis les précédents événements, sont intervenus, à bord de fourgonnettes légères, quelques heures plus tard – vers 14 heures nous ont précisé nos sources – pour tenter de lever le blocus du port. S’ensuivront d’assez violents heurts avec les manifestants, sans que cela permette la levée dudit blocus.

Des renforts, des éléments des forces d’intervention rapide, arriveront à Sidi Ifni, via la route de Tiznit, par groupes, comprenant chacun 8 à 10 véhicules, pour prêter main forte aux forces auxiliaires, visiblement dépassés par le nombre important des manifestants.

D’autres heurts étaient inévitables, plus violents encore, puis la fuite vers les montagnes avoisinantes des manifestants poursuivis jusque-là par les forces de l’ordre. ,et comme nous l’ont signalé nos sources, les interventions des forces de l’ordre ne sont cette fois-ci en rien comparables à celles qui avaient eu lieu lors des événements de juin dernier. Il n’est pas de dérapages ni d’excès à signaler particulièrement.

Selon les dernières informations dont nous disposons, Hassan Agherbi, un activiste de la section locale d’ATTAC et membre de la section locale de l’Association des diplômés en chômage, aurait été arrêté par les forces de l’ordre à son domicile. C’est là le seul cas d’arrestation enregistré, comme l’ont précisé nos sources.

Ces mêmes sources ont fait état par ailleurs de recherches qui auraient été effectuées par les forces de l’ordre dans les domiciles de quatre ou cinq activistes qui seraient, semble-t-il, liés aux événements de juin dernier.

Le blocus du port ayant été levé, les camions retenus au port ont finalement pu quitter ce dernier aux environ de cinq heures du matin de mardi.

Et à l’heure où nous mettions sous presse, nos sources sur place nous ont appris que les heurts entre forces de l’ordre et manifestants se poursuivaient au quartier de Boulaâlam.

Jamal Hafsi

22/8/2008

De nouvelles manifestations à Sidi Ifni entraînent l’intervention de la police

Magharebia

2008-08-21

Les habitants de Sidi Ifni et des régions voisines ont organisé une nouvelle manifestation cette semaine pour protester contre le chômage et le sous-développement dans la région. La police est intervenue pour rétablir l’ordre lorsque les manifestants ont tenté de bloquer à nouveau les installations portuaires de la ville.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 21/08/08

La police de la ville portuaire de Sidi Ifni au Maroc est une nouvelle fois intervenue pour disperser une manifestation contre l’inaction du gouvernement dans cette région pauvre. Des policiers ont été envoyés mardi 19 août pour disperser quelque trois cents manifestants qui avaient entamé la veille un nouveau blocus du port de la ville, empêchant plus d’un millier de camions transportant du poisson de quitter le port.

Selon les habitants, les manifestants, dont certains venaient des villes voisines de Tiznit, Agadir et Guelmim, avaient allumé des feux à plusieurs endroits et jeté des pierres contre les forces de l’ordre. Comme elle l’avait fait lors des précédentes échauffourées du 7 juin, la police a répliqué par des gaz lacrymogènes et entouré des quartiers entiers, en particulier à Jebel Bouâlam.

Selon l’un des manifestants, le sit-in avait pourtant débuté paisiblement.

« Nous l’avions organisé parce que l’Etat n’a pris aucune décision pour mettre un terme à la marginalisation de la ville, malgré ce qui s’est produit en juin », a déclaré Mohammed à Magharebia. « Rien n’est fait concernant les demandes des manifestants ; nous n’allons pas rester les bras croisés en attendant que le gouvernement réponde à nos demandes, qui sont parfaitement légitimes », a-t-il poursuivi.

En début d’année, les manifestants avaient mis en avant plusieurs revendications, y compris la construction d’une usine de traitement de poisson pour réduire le chômage.

La police a procédé à un certain nombre d’arrestations à l’issue de la manifestation de mardi, mais est toujours à la recherche des organisateurs. Le Ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa a annoncé qu’il se rendrait à Sidi Ifni dès la fin des tentatives de blocus du port. Il a qualifié les actes de vandalisme commis dans la ville d' »inacceptables » et a indiqué que les forces de sécurité répondront à de tels actes avec la même détermination.

M. Benmoussa a également réfuté l’argument des manifestants selon lequel Sidi Ifni est marginalisé, expliquant que des études sont en cours pour développer les installations et améliorer leur productivité. Il a également indiqué que la réalisation de tout projet dans la région dépendra d’un bon climat de l’investissement, sans manifestants ni autre type de perturbations.

« Le port de Sidi Ifni constitue l’ossature de l’économie régionale », a poursuivi le ministre, soulignant que le gouvernement consent en réalité de gros efforts pour développer la région.

« Les activités s’y sont multipliées en un an. Cela montre le rôle important que ces infrastructures pourraient jouer en termes de promotion des secteurs socio-économiques dans la ville », a-t-il conclu.

Le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime Aziz Akhenouch a indiqué que le port de Sidi Ifni, qui emploie plus de quatre mille personnes, est une composante vitale des infrastructures régionales. Il a jugé inacceptable que les intérêts de l’Etat et du secteur privé soient affectés sans raison. « Le dynamisme constant du port de Sidi Ifni bénéficie avant tout à la population locale. J’espère que tous les habitants de la région se rendront compte de la portée de cette vérité objective », a-t-il déclaré.

Une intervention musclée de la police de Sidi Ifni avait levé le blocus du port le 7 juin, après plus d’une semaine de siège par de jeunes Marocains au chômage.

Une commission parlementaire ad hoc avait été mise sur pied pour enquêter sur les événements. Le rapport de ses conclusions, très attendu, devrait être déposé sur le bureau de l’assemblée lors de la nouvelle session, qui débutera en octobre.

Maroc : Sidi Ifni renoue avec la violence et la matraque

20.08.2008

Plus de deux mois après les violents affrontements qui se sont produits à Sidi Ifni (environ 180 kilomètres au dessus d’Agadir) entre les forces de l’ordre et les habitants de l’ancienne citadelle espagnole (devenue marocaine en 1967), la tension est montée d’un cran, ce mardi 19 août 2008.

«Les forces auxiliaires ont chargé en fin d’après-midi en mettant le cap sur le port afin de débloquer l’activité portuaire, suspendue toute la journée du lundi 18 août, puis les agents de police ont pris pour cible les habitants, pour la plupart des mineurs», déclare une source sur place.

Dépêché sur les lieux, Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, accompagné de Aziz Akhannouch, ministre des Pêches Maritimes et de l’Agriculture, a multiplié les rencontres avec les autorités et les élus de la ville avec l’objectif affiché de normaliser la situation, y compris par la force.

Face à la détermination des groupes d’individus et une présence policière massive (on parle d’un escadron d’environ 1500 hommes), l’atmosphère se voulait de plus en plus pesante. De facto, ce qui devait arriver…arriva, avec la charge des forces auxiliaires dans la ville afin de dissuader les manifestants.

Pour l’heure, et selon des témoignages recueillis, Sidi Ifni a renoué avec la violence, les courses poursuites, les jets de pierres, les chasse à l’homme en montagne,… Autant dire que la ville n’aura profité que d’une (très) courte accalmie.

Que faut-il lire, comprendre, analyser ou retenir ? Que pour se battre, il faut être deux. Que Sidi Ifni est une ville isolée, sinistrée, dont le taux de chômage est à son apogée, mais cela justifie-t-il pour autant des actes de vandalisme et de non respect du droit ?

Que l’Etat est (à nouveau) face à ses responsabilités. Qu’il se doit de réagir (pour rétablir l’ordre), mais surtout d’agir concrètement et efficacement pour remettre Sidi Ifni sur la route du développement économique (la seule activité économique reposant aujourd’hui sur le port).

Qu’en est-il des travaux de la commission parlementaire qui devaient être rendus publiques à la fin du mois de…juillet 2008 ? Comme le dit l’expression, «la violence n’a jamais rien résolue», mais le mépris, non plus.

Rachid Hallaouy

Copyright Yabiladi.com

Le siège policier est enfin levé

24 juin 2008

La ville bouillonne toujours mais les forces de police lèvent progressivement l’état de siège. Pour faire le point, la commission d’enquête parlementaire démarre aujourd’hui.

En attendant d’être une ville sans misère, Sidi Ifni est désormais une ville sans militaires. Les éléments des différents corps de sécurité ont tous fini par quitter la ville. C’est du moins ce qu’affirment des sources concordantes sur place. «Le retrait des forces de l’ordre ne s’est pas fait d’un coup, mais par vagues. Cela a commencé dès l’avant-dernier dimanche pour se poursuivre tout au long de la semaine dernière. Désormais, plus aucune présence policière n’est enregistrée», affirme cet observateur. Les derniers éléments, venus au début des événements, sont stationnés à Tiznit, plus précisément à Dar Talib de la ville. De même, plus aucun barrage de sécurité n’est dressé à l’intérieur de Sidi Ifni. «Il ne reste plus qu’un seul barrage de la gendarmerie, sur la route d’Aglou et Mirleft. Et sa présence est on ne peut plus normale, alerte terroriste mais aussi veille routière obligent», dit cette source. Preuve du retour de l’accalmie dans la zone, aucune présence policière n’a été remarquée dimanche dernier lors d’une marche de solidarité à laquelle près de 6.000 personnes ont participé, avec slogans et banderoles. Et, signe que la réaction musclée des forces de l’ordre a ébranlé les sécuritaires, une source locale nous apprend également que le Colonel Belmahi, chef du commandement régional des forces auxiliaires de la région de Souss-Massa, a été relevé de ses fonctions et rappelé à Rabat. Bien que le calme soit de retour, la ville bouillonne toujours. Aux raisons et autres revendications sociales ayant été derrière les tristement célèbres événements, s’est ajoutée une nouvelle «cause» : celle de la libération des 10 personnes arrêtées et présentées à la justice suite aux mêmes événements. 5 parmi elles ont d’ailleurs annoncé avoir observé une grève de la faim pendant trois jours (les 20,21 et 22 juin). Parmi les revendications : l’établissement de la vérité quant à ce qui s’est réellement passé le week-end des 7 et 8 juin.

Une vérité pour laquelle la constitution de la commission d’enquête parlementaire avance plutôt bien. Les 15 députés devant la composer ainsi que la représentativité des groupes parlementaires sont d’ores et déjà connus. On retiendra que l’Istiqlal y est représenté par trois députés, à savoir Noureddine Média­ne, désigné président, Taïeb Mebahiet Abdelouahed Ansari. Le PJD y a délégué deux parlementaires, avec Mustapha Ramid pour vice-président et, en tant que membre, Abdeljebbar Qastalani, député de Tiznit ayant fait parti des personnes qui ont «négocié» avec les manifestants qui ont bloqué le port de Sidi Ifni. Idem pour le Mouvement populaire, le RNI et l’USFP, ainsi que le groupe Authenticité et modernité mené par Fouad Ali El Himma. Le groupe de l’Union constitutionnelle et l’Alliance des forces démocratiques y disposent, chacun, d’un représentant. La commission entamera ses travaux dès aujourd’hui mardi avec une réunion préparatoire censée faire le point sur la méthodologie à suivre.

En attendant que cette commission soit opérationnelle et puisse rendre son rapport, les associations des droits de l’homme ont, elles, pris de l’avance. La dernière ONG en date a été l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’homme), dont une délégation s’est rendue sur les lieux, forte de deux avocats, d’un médecin et d’un professeur universitaire sans oublier l’appui de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). L’OMDH compte rendre publiques ses conclusions cette semaine. De sa présidente, Amina Bouayache, citant les témoignages des habitants de la ville, on apprendra d’ores et déjà qu’aucun cas de viol, ni de meurtre, n’a été enregistré. Pour elle, il n’y a pas lieu de parler d’atteintes graves aux droits de l’homme dans le cas de Sidi Ifni. Une affirmation qui reste à prouver.

Tarik Qattab

Six à neuf mille personnes ont manifesté à Sidi Ifni

23 juin 2008

Entre six et neuf mille personnes, selon les estimations, ont manifesté dimanche dernier à Sidi Ifni (770 km au sud de Rabat) à l’appel de l’association Attac Maroc et avec le soutien de partis politiques, syndicats et ONG, des « caravanes de la solidarité », avec les victimes des émeutes du 7 juin dernier, a rapporté hier, la presse.

Selon le quotidien arabophone El Massae, de nombreux bus affluant de plusieurs villes marocaines ont déposé des manifestants à Sidi Ifni, en dépit des rumeurs insistantes, ayant fait état la veille, de « mesures d’interdiction des caravanes de la solidarité ». Les forces de l’ordre se sont contentées d’observer le déroulement de la marche à travers les cités de Sidi Ifni, sans intervenir, a-t-on indiqué.

Les manifestants ont parcouru les rues des quartiers de Sidi Ifni, en scandant des slogans demandant la libération des prisonniers, l’arrêt des poursuites contre les jeunes en fuite, ainsi que l’établissement de la vérité sur le sort des disparus, rapporte la presse, qui souligne que des photographies témoignant des atteintes graves aux droits de l’homme, commises lors du  »samedi noir », ont été diffusées lors de la manifestation

« El Massae » précise que les manifestants ont exigé le jugement des auteurs des dépassements commis par les forces de l’ordre qui sont intervenues violemment le 7 juin dernier, pour rétablir le trafic dans le port, bloqué alors, depuis dix jours, par des chômeurs, rappelle-t-on.

Selon la même source, deux officiers des forces auxiliaires ont été suspendus de leurs fonctions, une mesure prise en rapport avec les dépassements enregistrés à Sidi Ifni, où des témoignages ont fait état d’atteintes aux droits de l’homme, vols, agressions sexuelles et tortures, notamment

De son côté, le journal « Al Maghribya » citant des militants de l’association Attac Maroc, indique que plusieurs émigrés marocains originaires des tribus des Aït Baamrane, ont manifesté dimanche, à Madrid, devant l’ambassade du Maroc, en signe de solidarité avec les habitants de Sidi Ifni

En outre, l’association Attac Maroc a demandé la libération et l’arrêt des poursuites contre son responsable local, Brahim Bara, inculpé pour « constitution de bande criminelle, attroupement armé et désobéissance civile », rapporte la même source, qui précise que des organisations de défense des droits de l’homme, se rendront la semaine prochaine, à Sidi Ifni, pour recueillir les témoignages de victimes des émeutes

Par ailleurs, le Centre Marocain des Droits Humains (CMDH), a annoncé dans un communiqué, qu’à l’occasion de la commémoration de la journée mondiale contre la torture, il prévoit d’organiser, pour le 26 du mois courant, à Rabat, une conférence de presse au cours de laquelle sera présenté  »un pré-rapport sur les violations graves des droits de l’homme et les actes de torture commis lors des dernières manifestations de Sidi Ifni ».

Arrestations

Les services de police ont arrêté le mercredi 18 juin à 4h du matin quatre militants d’Attac à Sidi Ifni et ils ont été conduit au commissariat de Tiznit.

Trois des détenus ont été libérés et ils ont gardé le camarade Brahim Bara, secrétaire général d’Attac à Sidi Ifni, marié avec un enfant de 3 ans et demi.

اختطاف 4 مناضلي أطاك سيدي إيفني و تعنيفهم و تظاهرات شعبية من أجل إطلاق سراحه

Site d’ATTAC Maroc

Événements de Sidi Ifni ou l’échec de l’État de Droit

Courrier international


15.06.2008

Que s’est-il réellement passé ce début du mois de juin à Sidi Ifni ?, au delà des causes et des détonateurs des émeutes, il faut se poser la question sur le comportement des forces de l’ordre.

Comment, dégager l’entrée du port, véritable poumon économique de la petite ville de 20 milles habitants, s’est-il transformé en une bataille entre jeunes et forces de l’ordre ?

D’abord, un rappel. La gestion catastrophique du règne HassanII qui n’a jamais impliqué l’État dans le gestion de la vie politique et sociale de la région. l’État se contentait de gérer le port et amener des touristes vers les très belles plages de Sidi Ifni.

Dans un esprit très traditionaliste, Hassan II avait laissé s’installer une gestion tribale. Comme partout, dans la campagne et dans les montagnes, l’administration s’occupe du minimum, laissant les tribus berbérophones dans les montagnes ou dans le sud, gérer leur vie interne. Si l’avantage, la paix sociale et la conservation des traditions sont garanties, l’inconvénient majeur reste le sous-développement permanent de certaines régions (Maroc inutile), que, par exemple, laissent apparaître les statistiques sur le développement humain. Je pense notamment, à la non-scolarisation des filles à la campagne et la non-application de l’âge minimum pour le travail et la fin de la scolarité des enfants. Beaucoup de choses ont changé depuis 1994, avec l’arrivée des ex-opposants à HassanII au gouvernement. L’accélération s’est faite avec Mohamed VI, mais du travail reste à faire!!

Une dernière remarque, concernant le tissu associatif actuel marocain. Avec peu de moyens (contraire à d’autres pays, l’État ne met que rarement la main à la poche pour aider, en dehors des associations officielles), des associations font un travail très intéressant que ça soit pour les droits politiques,sociaux et économiques des citoyens ou pour la promotion de la culture locale. Ce tissu associatif indépendant est rare dans le Monde Arabe.(par exemple, à part en Jordanie et en Palestine, peu d’associations sont indépendantes du pouvoir dans le Monde Arabe)

Revenons, aux évènements de Sidi Ifni. D’abord, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas eu de mort, donc les déclarations intempestives qui ont valu à un membre du CCDH et le directeur d’Aljazeera d’être poursuivis n’étaient là que pour jeter l’huile sur le feu( c’est une habitude au Maroc, surtout de la part des partis ou associations d’extrême-gauche)

Par contre , le ministre de l’intérieur doit s’expliquer un peu plus. Son intervention devant le parlement, il y a quelques jours, n’était pas convaincante. Il donnait seulement le point de vue des forces de l’ordre .

Que l »État garantit l’ordre public, soit. Que l »État garantit la poursuite de l’activité économique du port, soit. Qu’au Maroc, l’anarchie est punie par la loi et interdite, soit. Mais l’État , ne garantit-il pas la justice à tous les citoyens ?. L’État ,si on croit l’exécutif marocain, est un État de Droit. Un État de Droit, va de pair avec avec un État ou ou toutes ses actions doivent se faire dans le respect de la justice.

L’État n’est pas là pour bafouer les droits des citoyens qui est censé protéger. Beaucoup de fléaux doivent être éradiqués au Maroc et ça ne peut se faire, qu’avec un État de Droit, sinon attention au retour du boomerang de l’injustice.

L’AMDH(Association Marocaine des Droits Humains(voir liens utiles) rapporte des témoignages dénonçant les forces de l’ordre qui ne se sont pas contentés de débloquer le port ou disperser les manifestants, mais ils ont semé la terreur parmi les habitants de la petite ville allant jusqu’à violer les habitations à la recherche des manifestants. Pire, comment expliquer le prolongement des émeutes par les forces de l’ordre? Réveiller les manifestants chez eux au petit matin, c’est chercher l’émeute?

L’AMDH demande l’ouverture d’une enquête sur les événements et réclame que le Général Laânigri, le Gouverneur de la Province et le Ministre de l’intérieur, en tant que premier responsable de l’action des forces publiques vis-à-vis des citoyens, répondent de leurs exactions. Que des excuses soient présentées aux victimes, aux habitants de Sidi Ifni et à tout le peuple marocain en ce qui concerne les agressions commises par ces fonctionnaires à l’encontre d’habitants sans défense. Ainsi que la satisfaction des revendications présentées par les habitants de Sidi Ifni depuis 2005 et qui se limitent au respect de leurs droits économiques, sociaux et culturels. L’AMDH nous apprend que les autorités locales se sont engagées à cette époque, à offrir des opportunités d’emploi et la mise en place de services sociaux essentiels.

A Sidi Ifin, l’État , a travers son administration locale a échoué dans sa politique de rapprochement de l’administration avec les citoyens . On attend maintenant la contre-réaction de l’État , pour répondre aux revendications légitimes de la jeunesse de cette petite ville du sud du Maroc.

Sources: Presse marocaine et site de l’AMDH

Emeutes au Maroc : information officielle VS YouTube

11 juin 2008

Le week-end dernier, la ville portuaire de Sidi Ifni, au Maroc, a été le terrain d’affrontements entre les forces de l’ordre et des chômeurs. Là où les autorités parlent d’une escarmouche, les internautes décrivent une véritable émeute suivie d’une répression violente.

Les tensions ont débuté le 30 mai dernier, lorsque des centaines de chômeurs ont bloqué le port pour dénoncer la dégradation de leur niveau de vie. Un siège qui ne s’est achevé, ce week-end, qu’après l’intervention de la police. Les autorités affirment avoir géré la crise sans employer la force de manière excessive, précisant que la situation était désormais sous contrôle.

Les internautes marocains ne se contentent pourtant pas de la version officielle. Ils font circuler sur YouTube et sur des sites d’information alternatifs des images et des commentaires sur les violences commises par la police. Ils parlent de maisons saccagées, de matraquages brutaux et du recours abusif aux tirs de balles en caoutchouc. Ils racontent que, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, la Compagnie mobile d’intervention – l’équivalent des CRS en France – a débarqué par la mer, en renfort des forces de police, pour déloger les manifestants qui bloquaient le port.

Des internautes affirment enfin que la ville est toujours en état de siège, surveillée par des hélicoptères, et que des centaines d’habitants sont toujours réfugiés dans les montagnes environnantes. Ils contestent enfin le bilan des arrestations donné par le ministère de l’Intérieur. Selon eux, 160 personnes auraient été interpellées et non 27 comme l’affirment les autorités.

Le gouvernement ayant du mal à contrôler les informations circulant sur la Toile, il s’en prend aux médias étrangers. La chaîne qatarie Al Jazeera, qui parlait d’une dizaine de morts à la suite de ces incidents, est poursuivie pour diffamation ; elle est accusée de ternir de manière injustifiée l’image du Maroc. La thèse officielle est en effet qu' »il n’y a eu aucune victime ».

« Youtube et Internet ont permis de briser l’omerta médiatique »

Le commentaire de Larbi, l’un de nos Observateurs pour le Maroc.

Tous les Marocains se demandent qui dit la vérité sur les émeutes de Sidi Ifni le week-end dernier. Nous assistons à une véritable guerre de communication entre les médias alternatifs et les sources officielles. On parle d’un match « Abbas el Fassi [le premier ministre marocain] VS Youtube ».

Le lendemain des émeutes, la Map, l’agence de presse marocaine, a diffusé une dépêche donnant la version officielle des événements. Je pense que la manifestation et la répression ont été volontairement minorées par Abbas el Fassi. La version officielle, relayée par la deuxième chaîne de télévision, qui parle de « l’expression de revendications de la part de chômeurs en quête d’emploi », est loin de faire l’unanimité.

Youtube et Internet ont permis de briser l’omerta médiatique. Il y a bien eu des émeutes, qui se sont soldées par un affrontement violent entre les deux camps. Si les autorités ont voulu cacher l’existence d’altercations, ces témoignages filmés ne laissent pas le moindre doute.

Chasse à l’homme à Sidi Ifni

11 Juin 2008

Poursuivis jusqu’à l’intérieur de leurs maisons, les manifestants se sont réfugiés sur les hauteurs de la ville.

La colère semble être montée d’un cran au sein de la ville côtière de Sidi Ifni, située à quelque 700km de la capitale marocaine (Rabat). Les forces de police ont cependant réussi à mettre en échec les nombreuses tentatives de relance des manifestations. Les émeutiers qui sont pourchassés jusqu’à l’intérieur de leurs demeures, n’ont trouvé d’autre alternative que de se réfugier sur les hauteurs de la ville. Selon la presse marocaine, ils seraient harcelés et encerclés par les forces antiémeutes déployées pour mettre fin à cette révolte. L’information parue dans les colonnes du quotidien indépendant marocain Le soir se confirme: «Tabasser aveuglement des chômeurs et violer l’intimité de leurs maisons sont dans les conditions actuelles, une aventure aux conséquences incertaines.» A ce rythme, quelle tournure prendront ces événements? La presse locale semble craindre le pire.

La violence des affrontements a été confirmée par de hauts responsables de la police. Ils reconnaissent que leurs éléments sont allés trop loin. C’est ce qu’a rapporté le quotidien Al Ahdath hier, dans ses colonnes. «La ville de Sidi Ifni a connu certains dépassements. Plusieurs citoyens victimes de destructions ou de pillages de leurs biens, bijoux et argent notamment, commis par les policiers.»

Ces actes de vandalisme commis par les forces de l’ordre marocain ont mobilisé de nombreux parlementaires. C’est le cas du président du groupe des élus du PJD, le Parti de la justice et du développement, Mustapha Ramid, annonce qu’«une commission parlementaire pourrait être constituée afin de se rendre à Sidi Ifni et s’enquérir des faits survenus dans cette ville», a indiqué, hier, le quotidien arabophone Al Tadjdid. Son groupe se déplacera sur place si le Parlement refuse la constitution d’une commission, a tenu à préciser le chef de groupe du PJD. La situation semble être de plus en plus préoccupante à travers le Royaume chérifien. «Ce qui s’est passé à Sidi Ifni reflète la poursuite et l’escalade de l’approche sécuritaire dans le traitement des problèmes sociaux que connaissent les régions marginalisées du Maroc, comme Sefrou et Jerada», a indiqué le vice-président, M.Abdelhamid Amine, de l’Association marocaine des droits de l’homme.

L’Organisation démocratique du travail (ODT) à travers son bureau national, «exprime sa solidarité totale avec les tribus des Aït Baâmrane et les citoyens de Sidi Ifni, dénonce la répression sauvage qui s’est abattue sur les habitants et rejette la poursuite des atteintes aux droits de l’homme et les violations des libertés publiques».

Le gouvernement marocain, s’il a reconnu que les affrontements se sont soldés par un bilan de 44 blessés, dont 27 policiers et 20 arrestations, a catégoriquement démenti la mort de manifestants dans le port de pêche de Sidi Ifni. La chaîne satellitaire qatarie, qui s’est empressée de livrer cette information, est sommée par Rabat de s’excuser publiquement.

Mohammed VI sur le gril

10 Juin 2008

Le sang a coulé dans la petite ville portuaire de Sidi Ifni, située à 700 km au sud de Rabat.

8 morts, 44 blessés et des dizaines d’arrestations, c’est le lourd bilan des violents affrontements qui ont opposé, samedi dernier, de jeunes chômeurs aux forces de l’ordre. Une centaine de jeunes manifestants bloquaient toutes les issues menant au port, depuis le 30 mai dernier.

89 camions transportant une cargaison de quelque 800 tonnes de poissons se sont retrouvés immobilisés. Selon les témoignages rapportés par la presse de la gauche marocaine, la brutalité policière aurait été sans bornes. Plusieurs quotidiens la dénoncent. L’éditorialiste de Libération, journal de l’Usfp (Union socialiste des forces populaires) a constaté que «les habitants de Sidi Ifni sont en colère: face à leurs revendications à caractère social, les forces de l’ordre sont intervenues en utilisant des balles en caoutchouc et des bombes lacrymogènes».
Et au journaliste de poursuivre et d’enfoncer le clou en mettant en exergue le «mépris» des pouvoirs publics marocains vis-à-vis des revendications des manifestants de Sidi Ifni. «Les revendications des habitants de Sidi Ifni sont connues depuis longtemps. Ils reprochent aux autorités leur négligence…et cela dure depuis au moins quatre ans, et rien ne bouge», souligne le quotidien.

Le Soir, journal indépendant, constate et dénonce: «Le ras-le-bol est de plus en plus palpable. Tabasser aveuglément des chômeurs et violer l’intimité des maisons sont, dans les conditions actuelles, une aventure aux conséquences incertaines» fait remarquer le quotidien. Al Ahdath Al Maghribya signale quant à lui que le mouvement de colère a fait tache d’huile. D’autres quartiers se sont soulevés. Les face-à-face ont pris une tournure de plus en plus violente. «D’autres affrontements ont eu lieu dans les cités Boulaalam, Lalla Meryem, Al Marssi et Kouloumina, où les policiers répondaient aux jets de pierres, par des tirs de balles en caoutchouc, en poursuivant les manifestants dans les maisons et sur les terrasses», a précisé quant à lui, ce quotidien.

A vrai dire, la rue marocaine connaît depuis quelques jours des manifestations à répétition qui en disent long sur le malaise social qu’endure la société marocaine.

Le 16 mai 2008, des affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux étudiants de l’université de Marrakech (sud). Ces derniers revendiquaient une augmentation du montant de leurs bourses ainsi qu’une amélioration des conditions dans lesquelles se déroulaient leurs examens.
La manifestation s’est soldée par des blessés dans les rangs des deux camps. Ahmed Merzak, président de l’université de Marrakech, a cependant signalé que des locaux de l’administration ont été incendiés.

Le 21 mai 2008, une grève générale de 24 heures a été décidée par la Confédération démocratique du travail, la CDT. Elle a touché les secteurs public et privé. Le chômage qui se situait autour des 9,7% dans le Royaume en 2007, selon les chiffres officiels, fait des ravages chez les jeunes. Sur dix demandeurs d’emploi, 4 d’entre eux ont moins de 25 ans.

Le Royaume chérifien, comme beaucoup d’autre pays de la planète, fait face difficilement à la hausse des prix des produits de consommation. Toutefois, la flambée des prix du pétrole a sensiblement augmenté la facture pétrolière.

Les importations pétrolières du Royaume au 1er trimestre 2008 ont atteint 74 millions d’euros. Une hausse de 68,9% par rapport au 1er trimestre 2007.

La rue gronde et les prix de l’or noir s’envolent, l’incendie risque de se transformer en brasier.

Mohamed TOUATI

Maroc : après les émeutes, la tension reste palpable à Sidi Ifni. Les bilans humains de l’Etat marocain et des associations des droits de l’homme divergent

9 juin 2008

Le calme n’est toujours pas revenu dans certains quartiers de Sidi Ifni, ville du sud-ouest marocain après les violents affrontements du week-end entre forces de l’ordre et protestataires. Selon un bilan officiel, les échauffourées ont fait une cinquantaine de blessés. Mais les avis divergent toujours quant au nombre de décès et à la situation actuelle. Le gouvernement affirme qu’il n’y a pas eu de mort et qu’aucune bavure des forces de l’ordre n’a été enregistrée. Des associations de droits de l’homme donnent une toute autre version de l’histoire

« J’allais chez l’épicier (vendredi, ndlr) lorsque j’ai été arrêtée par les forces de l’ordre. Une fois au commissariat, des policiers m’ont frappée, ont déchiré mes vêtements, insultée puis enfermée dans une cellule pour femmes », nous confie Kalthoum, au téléphone, après avoir été remise en liberté. Pourtant, affirme-t-elle, ni elle ni aucun membre de sa famille n’a participé de près ou de loin au blocage du port de Sidi Ifni. « Tous ces événements sont arrivés soudainement, rien n’était organisé. Tout le monde était dans le même sac pour les policiers, alors que beaucoup de civils n’avaient rien à foutre des revendications des protestataires », ajoute Mohamed, autre habitant de Sidi Ifni. « Heureusement qu’ils ne nous ont rien fait à moi et ma famille. Mais mes voisins ont eu moins de chance », poursuit-il.

Depuis une semaine, rien ne va plus dans cette petite ville de 20 000 habitants située dans le sud-ouest marocain. D’ordinaire très calme, elle est sortie de son anonymat ce week-end après de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants qui ont bloqué le port vendredi. De source officielle, les échauffourées ont fait 44 blessés dont 27 policiers et une vingtaine de personnes ont été arrêtées. Mais selon M. Herbaz, membre du Centre Marocain des Droits de l’Homme (CMDH), contacté sur place, à Sidi Ifni, « entre 140 et 160 personnes restent incarcérées pour avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre ».

Violences à Sidi Ifni sous fond de manipulations politiques

09.06.2008

48 heures après les violents affrontements survenus au Sud du Maroc (on parle d’une quarantaine de blessés), plus précisément à Sidi Ifni, entre les forces de l’ordre et des habitants de la commune (d’environ 40 000 habitants), la tension semble être légèrement apaisée. Néanmoins, la ville demeure sous haute surveillance et les éléments de la sécurité nationale veillent à restaurer le calme.

«Nous avons été frappés, violentés, et passés à tabac. Le comportement de la police est inadmissible», déclare un habitant de Sidi Ifni, joint au téléphone dimanche soir. Y a t-il eu des morts, comme annoncé par la chaîne TV Al Jazeera, dans la journée de samedi ? «Je ne peux pas confirmer ni infirmer cette information. Par contre, une véritable chasse à l’homme a été lancée par la police contre de nombreux jeunes de la ville qui ont rejoint la montagne comme lieu de refuge», poursuit cette source.

Cette source, qui a préféré garder l’anonymat, est proche (et/ou membre) d’une association basée à Paris et dont la vocation est quelque peu floue. Dès dimanche, les sociétaires ont contacté des médias (presse écrite, audiovisuel, web) français afin de les sensibiliser sur les évènements qui se sont produits à Sidi Ifni (action menée par des demandeurs d’emplois avec blocage du port de la ville depuis le 31 mai dernier). Ces derniers ont déclaré qu’une dizaine de personnes avaient perdus la vie et des viols avaient été commis.

De fait, nous avons pris contact avec deux personnes présentes à Sidi Ifni, et sur recommandations d’un certain Ouazzani, l’interlocuteur «parisien». Le premier coup de fil se résumait à «je ne sais pas s’il y a des morts par contre la police continue à semer la terreur dans la ville et elle pourchasse des individus dans la montagne». Le second échange téléphonique s’avérait encore plus…éloquent. «Je ne suis pas en mesure de vous donner des informations car je suis à Guelmin. Désolé… ». Drôle de témoignages !

S’il ne fait aucun doute sur la répression violente qui a frappé Sidi Ifni, ce week-end, il n’en demeure pas moins que des individus, mal intentionnés, ont tenté de manipuler l’opinion publique étrangère. Pourquoi ont-ils (ré)agi de la sorte ? Cela répondait-il à des considérations géo-politiques avec en toile de fond le Sahara ? Y a-t-il des soubassements politiques ? Des intentions de nuire sur fond de règlements de compte ?

La situation est déjà suffisamment douloureuse et complexe pour ne pas y ajouter une dimension politique. Toute la lumière doit être faîte sur les responsabilités de chaque partie concernée. S’adjuger le droit de colporter des rumeurs (et non des informations vérifiées et vérifiables) sur le dos de personnes innocentes n’apportent rien de constructif au débat et surtout n’aide pas à faire toute la lumière sur cette «affaire». Une affaire dont l’explosion (et l’expression) est purement sociale et ne comporte aucune motivation…régionaliste.

Ville isolée et des dizaines d’arrestations

Selon des informations recoupées, la police aurait mis la main sur des outils de communication comme le téléphone portable ou encore des PC, durant le week-end, afin d’isoler Sidi Ifni du monde extérieur. En outre, et d’après des sources concordantes, des policiers auraient fait irruption dans des maisons privées et ils ont opéré à des dizaines d’arrestations.

Rachid Hallaouy
Copyright Yabiladi.com

Site video okpara36

Emeutes de Sidi Ifni. Ce qui s’est vraiment passé

09.06.2008 |

Les émeutes de Sidi Ifni n’ont pas fait de victimes selon le gouvernement. La ville reste assiégée par des milliers d’éléments des forces de l’ordre. Le film des événements.

Vingt-sept personnes ont été arrêtées et seulement huit sont toujours sous les verrous après avoir été présentées devant la justice. C’est une source autorisée au ministère de l’Intérieur qui résume ainsi l’état des lieux après les émeutes qui ont secoué Sidi Ifni samedi dernier. Selon la même source, la situation est sous contrôle et il n’y aurait eu aucune victime. « Vous n’avez qu’à aller demander dans les hôpitaux», conclut notre interlocuteur.

Selon des sources sur place, la réalité serait tout autre. Les milieux associatifs parlent d’une ville en état de siège que personne ne peut quitter. «Au moment où je vous parle, nous sommes toujours en pleine montagne et un hélicoptère procède à d’incessants vols au-dessus de la région», déclare au «Soir échos» Mohamed Issam, responsable de l’UNTM et membre du célèbre secrétariat local de Sidi-Ifni-Aït Baâmrane. Ce dernier affirme n’ avoir eu d’autre solution que de prendre la fuite, à l’instar de centaines d’habitants de cette ville.

Samedi vers six heures, rapportent plusieurs sources, les forces de l’ordre, en grands renforts, investissent la ville dès leur arrivée de Tiznit et commencent par le quartier «Lalla Meryem» pour assaillir toutes les maisons. «Ils ont commencé par rafler les membres du secrétariat, et le docteur Mohamed El Ouahdani, responsable local du Centre marocain des droits de l’homme, a été emmené avec ses trois frères et son père», affirme une source locale qui confirme l’existence de vols commis par les éléments des forces de l’ordre et l’usage excessif de la matraque. Au même moment, une première dans l’histoire des émeutes urbaines au Maroc, un bateau débarque au port et ce sont des centaines d’éléments du CMI qui mettent pied à terre pour déloger les diplômés au chômage qui bloquaient l’activité au port depuis une semaine. Près de 160 personnes auraient été arrêtées et auraient été conduites, les yeux bandés, «vers une destination inconnue», selon une source locale. Le gouvernement nie et s’en tient à ses chiffres . Comme il nie le fait que la ville soit en état de siège.

Après le port, c’est toute la ville qui s’embrase. Le lendemain à neuf heures, une marche pacifique, à laquelle prennent part des femmes essentiellement, est prise d’assaut au niveau de l’Avenue Mohammed V. Les choses dégénèrent et les forces de l’ordre, face aux jets de pierres, recourent aux balles caoutchoutées, au gaz lacrymogène et, comme toujours, aux matraques. Une source locale confirme aussi des actes de vandalisme commis par les manifestants. Une voiture, une 4L appartenant à un caïd, aurait été brûlée. En plus du commissariat de police qui a été saccagé.

Finalement, à en croire des sources sur place, la ville a été scindée en deux par les forces d’intervention pour mieux gérer une situation explosive. La source du problème ? Les diplômés au chômage, se disant lésés quant à la répartition des postes au port, ont fini par bloquer ce dernier quitte à laisser pourrir le poisson chargé à bord de plus de 80 camions. Malgré plusieurs interventions, dont celles des députés de la région, la situation n’a fait qu’empirer. Les diplômés au chômage de la ville accusent également le gouverneur de Tiznit, Souilem Bouchaâb, d’avoir fermé la porte du dialogue. Et même d’avoir donné des instructions pour leur interdire l’accès au siège de la province.

Plusieurs associations de défense des droits humains ont demandé l’ouverture d’enquêtes sur ce qui s’est passé à Sidi Ifni.

A Sidi Ifni : affrontements entre policiers et manifestants

08-06-2008

Les manifestations qui ont bloqué plus de 80 camions de transport de poisson, depuis une dizaine de jours, dans le port de Sidi Ifni (environ 700 km au sud de Rabat), ont fait au moins 8 morts, dont un policier, un grand nombre de blessés, en plus de près de 100 arrestations, a rapporté hier, l’édition hebdomadaire du journal Al Ahdath Al Maghribya.

Selon le même journal qui cite plusieurs sources, « à Sidi Ifni, la situation est demeurée tendue dans la ville, après l’intervention samedi, de plus de 600 policiers, qui ont dispersé les manifestants, pour rétablir l’activité du port, obligeant un grand nombre de manifestants, à se replier sur des hauteurs, où ils sont poursuivis par les policiers ». Al Ahdath Al Maghribya rapporte que « d’autres affrontements ont eu lieu, dans les cités Boulaalam, Lalla Meryem, Al Marssi et Kouloumina, où les policiers répondaient aux jets de pierres, par des tirs de balles en caoutchouc, en poursuivant les manifestants dans les maisons et les terrasses ».

A la cité Kouloumina,  »un grand nombre de femmes ont manifesté dans un mouvement de protestations, défiant les forces de l’ordre », rapporte encore le journal citant « d’autres sources ». La même source signale que « dans la ville de Sidi Ifni, où les habitants demeurent enfermés chez eux, ne disposant pas de moyens de communication, les entrées et sorties sont interdites ».

Appel à une marche nationale contre les violences policières à Rabat

Le comité de soutien aux victimes des violences policières (CSVVP), a appelé hier, à une marche nationale prévue le 15 juin prochain, devant le siège du parlement, dans la capitale marocaine, en signe de « solidarité avec tous les militants qui ont subi la répression au cours de manifestations pacifiques, pour le droit au travail et à la dignité, et pour la libération des prisonniers politiques ».

Selon l’appel du comité, cette marche a été prévue, « à l’occasion du premier anniversaire de l’agression brutale contre les militants de l’association marocaine des droits de l’homme (AMDH), au cours d’un sit-in de protestation ». Le 15 juin de l’année passée, Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH et d’autres militants de l’association, ont été violemment matraqués par les forces auxiliaires, alors qu’ils participaient à une manifestation de soutien aux prisonniers politiques arrêtés le 1er mai 2007, et condamnés pour « atteinte aux valeurs sacrées du Royaume ».

Le comité de soutien aux victimes des violences policières, composé de militants d’organisations de défense des droits de l’homme, d’avocats et de personnalités indépendantes, a été créé à la fin du mois de mai passé, rappelle-t-on.

Présidé par M. Adil Yousfi, membre de la section de Rabat de l’AMDH, et observateur des manifestations des associations de chômeurs, « le comité a été mis sur pied, en réaction contre la banalisation des agressions de plus en plus violentes et traumatisantes, contre les manifestants des associations de chômeurs », soulignent ses initiateurs.

Les sit-in observés quotidiennement devant le parlement marocain, sont souvent dispersés par les forces auxiliaires et les éléments de la police anti-émeutes qui interviennent à coup de matraques.

Des dizaines de blessés et une centaine d’arrestations

8 juin 2008

Après une semaine de blocage de près de 90 camions de poissons au port de Sidi Ifni, à 170 kilomètres au sud d’Agadir, par des jeunes qui protestaient contre le chômage qui les touche de plein fouet, la police marocaine est passée à l’acte samedi dernier pour les déloger de force. Equipés de matraques et de chiens, les policiers ont opté pour une méthode assez musclée pour réprimer dans le sang les jeunes chômeurs. En effet, le journal marocain Al Ahdath Al Maghribya, a rapporté dans son édition hebdomadaire que les affrontements entre policiers et jeunes manifestants se sont soldés par la mort de huit personnes, dont un policier, un grand nombre de blessés, en plus d’une centaine d’arrestations. Selon le même journal, «à Sidi Ifni, la situation est demeurée tendue dans la ville, après l’intervention, samedi, de plus de 600 policiers, qui ont dispersé les manifestants pour rétablir l’activité du port, obligeant un grand nombre de manifestants à se replier sur les hauteurs où ils étaient poursuivis par les policiers».

D’autres affrontements ont eu lieu dans les cités Boulaalam, Lalla Meryem, Al Marssi et Kouloumina, où les policiers répondaient aux jets de pierres par des tirs de balles en caoutchouc, en poursuivant les manifestants dans les maisons et sur les terrasses.
A la cité Kouloumina, «un grand nombre de femmes ont manifesté dans un mouvement de protestation, défiant les forces de l’ordre», rapporte encore le journal. Dans la ville de Sidi Ifni, où les habitants demeurent enfermés chez eux, ne disposant pas de moyens de communication, les entrées et sorties sont interdites.

De son côté, le journal espagnol El Mundo a rapporté dans son édition d’hier que «3 000 agents de la police et des forces auxiliaires ont occupé presque tous les quartiers du centre de la ville, empêchant leurs habitants à sortir dans les rues», avant de «lancer une surprenante chasse aux téléphones portables pour couper les communications entre Sidi Ifni et le reste du monde». El Mundo indique par ailleurs que dans le quartier Lalla Meriem, des dizaines de maisons ont été investies, dégradées, voire pillées par les policiers.

Il convient de rappeler que le conflit avait commencé il y a neuf jours lorsque des dizaines d’habitants de Sidi Ifni avaient installé des piquets de grève et des tentes à l’entrée du port pour revendiquer des postes d’emploi et demander aux autorités marocaines de trouver une solution à la grave situation socio-économique que connaît cette ancienne enclave espagnole rendue au Maroc en 1969.

Une manifestation de jeunes chômeurs dégénère

RFI

08/06/2008

Signe de la tension qui règne dans le marché du travail au Maroc : la police est intervenue de façon assez musclée samedi pour déloger des chômeurs qui bloquaient depuis une semaine le port de Sidi Ifni, une ancienne enclave espagnole rendue au Maroc en 1969. Les heurts ont officiellement fait 44 blessés.

Tout a commencé la semaine dernière au port de Sidi Ifni, à 200 kilomètres au sud d’Agadir. La municipalité avait organisé un tirage au sort pour embaucher 8 personnes. Après la proclamation des résultats, les candidats malheureux ont bloqué près de 90 camions de poissons en signe de protestation, et pour réclamer du travail. Selon l’agence de presse marocaine, les jeunes chômeurs ont refusé toute médiation, et les forces de l’ordre ont donc décidé ce samedi d’intervenir.

Très tôt samedi matin, les policiers se sont déployés en masse, armés de matraques et de chiens. Des descentes ont également eu lieu dans plusieurs maisons, même inhabitées, de Sidi Ifni. L’intervention a été musclée selon plusieurs témoignages.

Une vingtaine de jeunes chômeurs ont été arrêtés, et plusieurs témoins parlent de violences policières qui auraient fait des dizaines de blessés.

Des blessés dont le nombre serait plus important dans le camp des forces de sécurité que dans celui des manifestants, selon le porte-parole du gouvernement joint par RFI, qui nie le bilan du Centre marocain des droits de l’homme, selon qui les affrontements auraient fait au moins 1 mort.

Les heurts sont aussi le signe des tensions que génére le chômage au Maroc, et qui touche les jeunes de plein fouet. Samedi soir, la police était toujours déployée en ville.

Maroc: 44 blessés lors d’une intervention policière dans le sud

RABAT (AFP) — Le calme est revenu samedi soir à Sidi Ifni (sud-ouest marocain) après des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui ont fait 44 blessés dont 27 parmi les forces de l’ordre, a-t-on appris de sources concordantes.

Une violente échauffourée avait opposé samedi les forces de l’ordre et de jeunes chômeurs qui bloquaient l’entrée du port de Sidi Ifni (sud-ouest marocain).

« Le calme est revenu mais la police a renforcé ses positions », dans la ville, a déclaré un enseignant joint au téléphone par l’AFP.

« Les gens sont rentrés chez eux », a-t-il dit en confirmant des témoignages recueillis sur place selon lesquels « l’électricité n’a pas été coupée ».

« La situation est calme et nous espérons surmonter la pression psychologique pour trouver des solutions aux revendications (des protestataires) dans un climat serein » a pour sa part déclaré à l’AFP le député socialiste, Abdul Rahman Belfkih.

Un autre élu local du parti de l’Istiqlal (nationaliste), Lacan Achoura, a affirmé que le « calme est revenu dans la ville où la police a renforcé ses effectifs ».

« Quarante quatre personnes ont été légèrement blessées » lors de la violente échauffourée, a déclaré Mohamed Chafaud le médecin en chef de l’hôpital local de Sidi Infini, joint au téléphone par l’AFP. Il a en revanche démenti qu’il y ait eu des morts.

Selon le Centre marocain des droits humains (CMDH), le bilan serait plus lourd. « Il y aurait entre un et cinq morts », a déclaré à Rabat lors d’un point de presse, Brahim Sbaalil, président de la section locale du CMDH de Sidi Ifni

Le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a démenti de son côté qu’il y ait eu le moindre décès. « Il n’y a pas eu un seul mort », a-t-il dit à l’AFP.

44 blessés dans des échauffourées entre chômeurs et police au Maroc

20 minutes

8 juin 2008

Une violente échauffourée, qui a opposé samedi les forces de l’ordre et de jeunes chômeurs qui bloquaient l’entrée du port de Sidi Ifni (sud-ouest marocain), a fait 44 blessés dont 27 parmi les forces de l’ordre, selon l’AFP. «Quarante quatre personnes ont été légèrement blessées lors de cette intervention», a déclaré à l’AFP Mohamed Chafik le médecin en chef de l’hôpital local de Sidi Ifini, joint au téléphone par l’AFP. Il a en revanche démenti qu’il y ait eu des morts.

Selon le Centre marocain des droits humains (CMDH), le bilan serait plus lourd. «Il y aurait entre un et cinq morts», a déclaré à Rabat lors d’un point de presse, Brahim Sbaalil, président de la section locale du CMDH de Sidi Ifni.

Ses heurts interviennent alors que, vendredi, un manifestant a été tué par balle et plusieurs blessés en Tunisie, également au cours d’affrontements avec la police à Redeyef, dans la région minière de Gafsa (sud-ouest) en proie à l’agitation sur fond de chômage et de cherté de la vie.

Maroc: Intervention policière à Sidi Ifni

JDD

8 juin 2008

La police marocaine a délogé de force samedi des manifestants qui bloquaient depuis une semaine le port de Sidi Ifni, dans le sud, dénonçant la pauvreté et le chômage. « La police est intervenue pour expulser les manifestants« , des jeunes gens pour la plupart, a dit un responsable local de la sécurité, ajoutant que vingt personnes avaient été interpellées mais qu’il n’y avait eu aucune victime. Un habitant participant à la manifestation a déclaré pour sa part que les forces de l’ordre étaient équipées de matraque et de chiens-policiers. « Des dizaines de personnes ont été blessées et j’ai vu deux cadavres au sol, portant des blessures à la tête« , a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat. « Des amis de différents quartiers m’ont parlé de trois autres morts« , a-t-il ajouté. Un diplomate occidental a déclaré de son côté qu’une source fiable ayant assisté à la scène lui avait dit le bilan était de huit morts. Le gouvernement a démenti les témoignages faisant état de morts dans l’opération.

Une vingtaine d’arrestations parmi les jeunes chômeurs au sud ouest du Maroc

7 juin 2008

APA- Rabat (Maroc) Les autorités marocaines ont annoncé samedi avoir arrêté une vingtaine de jeunes chômeurs à Sidi Ifni (sud ouest) qui bloquaient le port de la ville depuis le 30 mai dernier.

Un groupe de jeunes avait encerclé le port de Sidi Ifni bloquant ainsi 89 camions chargés de près de 800 tonnes de poissons, ce qui nécessité l’intervention samedi des forces de l’ordre pour assurer le retour à la normale, a indiqué la deuxième chaîne publique de télévision marocaine (2M).

Selon la même source cette intervention n’a fait aucune victime contrairement à ce qu’a soutenu la chaîne qatari Al Jazzera qui a fait état de six morts.

Les autorités marocaines ont qualifié ces informations de « comédie médiatique insoutenable ».


Site visitors world map
visitors location counter

~ par Alain Bertho sur 8 juin 2008.

Une Réponse to “Affrontements à Sidi Ifni juin-août 2008”

  1. […] Ifni se voit consacrer une page à part, avec beaucoup d’informations […]

Commentaires fermés

 
%d blogueurs aiment cette page :