Algérie : deux à trois émeutes par jour

Emeutes en Algérie: gestion superficielle d’une crise profonde

mohamed1492

30 mai 2008

En un laps de temps très court, 03 régions du pays ont connu des manifestations extrêmement violentes spontanées qui ont pris la forme d’émeutes avec des conséquences graves sur la sécurité des biens autant publics que privés et des personnes.

A Chlef, l’interpellation d’un citoyen sous le motif de tenue de propos diffamatoires à l’égard du Wali a constitué le prétexte à une émeute. A Berriane, ce serait une altercation entre 02 habitants de la localité qui a déclenché les violences. A Oran, c’est la relégation d’une équipe de football en division inférieure qui a mis le feu aux poudres.

Nos enfants sont-ils devenus fous ? Se détestent-ils à ce point ? Sont-ils instrumentés par des organisations fascistes servant des intérêts étrangers ? Sont-ils manipulés par des organisations locales pour des intérêts politiques dont l’empêchement de cette « OUHDA THALITHA » ? Rien de tout cela. Il s’agit plutôt d’un problème de gouvernance. Grace à une bonne communication, le Président BOUTEFLIKA avait réussi à faire accepter la concorde et la réconciliation nationale après une décennie de terreur ayant causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes. A cette époque, les Algériens croyaient en lui. Ce n’est plus le cas maintenant, ses collaborateurs (Conseillers, Ministres et Walis) ayant usé le capital confiance dont il jouissait.

Comment expliquer que lors de la décennie écoulée et malgré la terreur, le rééchelonnement et le tarissement des ressources, 90% des Algériens gardaient toujours leur optimisme alors qu’actuellement et malgré les dizaines de milliards de dollars que le pays engrange annuellement, la majorité écrasante considère que le pays se trouve dans une impasse qui ouvre la voie à toutes les dérives (détournements, corruption, trafics multiples, banditisme…).

Isolés dans leurs bureaux climatisés, dans les hôtels de luxe et leurs résidences somptueuses dont les charges coutent les yeux de la tête aux contribuables ou occupés à amasser des fortunes colossales, nos hauts responsables à tous les niveaux à commencer par le Président de la République se déchargent de leurs fonctions au profit de courtisans qui leur présentent les situations à travers un prisme déformant où « MEDH EL EMIR » remplace de plus en plus l’analyse critique.

C’est ainsi que :

– Pour faire face aux « Harraga », la seule solution a consisté en un redéploiement des Gardes – Côte et de la Gendarmerie Nationale ;

– Pour faire face au mécontentement de la population à Chlef et Berriane, on a eu recours à la Police et à des tentatives de désinformation visant à désigner le RCD comme auteur de la manipulation ;

– Pour faire face aux émeutes d’Oran et de Gdyel auparavant, on a eu recours à la police appuyée par un discours très approximatif et d’une extrême myopie faisant ressortir comme motif des émeutes la relégation du MCO et un comportement d’un policier à l’encontre d’un marchand ambulant. Les Députés d’Oran eux-mêmes ont été impliqués dans cette grossière manipulation et ils ont pris attache avec le Ministre de la Jeunesse et des Sports pour un recours permettant d’éviter la relégation du MCO défiant ainsi toute l’éthique sportive alors qu’ils auraient dû interpeller le Ministre de l’Intérieur au sujet de ce qui se passe réellement dans la ville qu’ils sont sensés représenter.

Non Messieurs, nous ne sommes plus en 1980 lorsque les revendications sociales légitimes mises en avant par les insurgés Kabyles ont pu être noyées par un recours mesquin et haineux aux différences entre Kabyles et Arabes, ni en 2000 lorsqu’on avait tenté de nous faire croire que le défunt GUERMAH Massinissa était un voyou et un repris de justice.

Contrairement à leurs dirigeants, les Algériens ont évolué. Ils savent exploiter l’internet et les téléphones portables. La désinformation traditionnelle par l’ENTV, la Radio et la presse ne trouvent plus d’écho auprès des nouvelles générations. Seul un discours porteur appuyé par des actes quotidiens de bonne gouvernance et un accès aux hautes fonctions ouvert aux compétences reconnues en évitant les différentes formes de parrainage peuvent nous sortir de cette impasse.

Révélations : l’Algérie secouée par une moyenne de deux à trois émeutes par jour

Par Samir Allam le 18/04/2008 à 08:53

La colère monte en Algérie. Selon des informations obtenues par toutsurlalgerie.com auprès de source proche des services de sécurité, le pays enregistre depuis le début de l’année 2008 une moyenne de deux à trois émeutes par jour. Elles vont d’un simple blocage d’une route nationale pendant plusieurs heures à des affrontements violents avec les forces de sécurité qui font parfois de nombreux blessés. Toutes les régions du pays, y compris le sud habituellement calme, sont concernées.

«Ces émeutes sont recensées par les services de sécurité, mais souvent elles ne sont pas rendues publiques car elles se déroulent dans des zones éloignées des grandes villes où la presse n’a pas forcément accès. Elles restent circonscrites à de petites zones et ne se propagent pas» comme cela a été le cas en Kabylie en 2001, explique notre source. A chaque fois, les revendications des émeutiers sont presque les mêmes. Les manifestants réclament du travail, une amélioration de leurs conditions de vie, ou dénoncent la corruption des responsables locaux…Plus inquiétant, depuis quelques jours des gestes de désespoir ont fait leur apparition : un jeune qui se coupe le sexe pour protester contre le chômage, un autre qui se mutile le corps pour attirer l’attention sur sa situation désespérée, un troisième qui tente de s’immoler pour les mêmes raisons…

Fin mars, le pays a frôlé la catastrophe lorsque des émeutes ont éclaté à Ghardaïa. Une altercation entre deux adolescents s’était en effet transformée en une véritable bataille rangée entre les jeunes de la tribu M’zab et ceux d’El-Arouch arabe, habitant Beryane. « Heureusement que des sages des deux tribus sont intervenus pour calmer les esprits. Si la situation avait dégénéré à Ghardaïa, c’est tout le sud du pays qui se serait embrasé. La situation aurait pu devenir catastrophique», reconnaît une source proche du gouvernement.

Dans ce contexte, le risque d’émeutes simultanées qui embraserait l’Algérie existe-t-il ? Pour éviter une telle situation, le pouvoir a opté pour une méthode qui semble donner des résultats encourageants : ne plus réprimer violemment les manifestations. Contrairement aux événements de Kabylie, début 2000, les forces de l’ordre ont été instruites afin d’éviter d’affronter les émeutiers, sauf en cas de nécessité absolue, comme une menace sur des édifices publics. Pour sa part, la justice a été priée de se montrer indulgentes à l’égard des casseurs. Le pouvoir espère ainsi éviter une propagation des émeutes sur des régions entières …

~ par Alain Bertho sur 31 mai 2008.

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