Emeutes à Oran mai 2008

Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes mercredi à Oran, dans l’ouest de l’Algérie, au troisième jour d’affrontements avec des jeunes manifestants furieux de la relégation du club de football local en deuxième division. /Photo prise le 28 mai 2008/REUTERS

Trois jours après le début des émeutes : Oran toujours sous haute tension

31 mai 2008

Hier encore, des émeutes ont été signalées dans différents endroits de la ville où les jeunes émeutiers continuaient d’affronter les forces de l’ordre et de semer la terreur chez une population plus que désemparée. Dans le centre-ville, plusieurs brasiers ont été allumés à la rue Larbi Ben M’hidi, à hauteur du passage Germain (couloir reliant la rue commerçante au marché de la Bastille) et à la place Victoire, interdisant tout accès à des automobilistes dont beaucoup se sont rués, dans un dangereux désordre, dans les ruelles menant au boulevard Front de mer et, de là, vers la route du port, relativement plus paisible.

A Plateau St-Michel, quartier mitoyen de M’dina J’dida comme à El Hamri, d’autres mouvements étaient enregistrés où des jeunes, souvent des mineurs, jetaient des pierres et tentaient de tout casser sur leur passage. «Il est clair que cela dépasse désormais le cadre du sport, affirment beaucoup d’habitants. La relégation du MCO a été le détonateur d’un mal profond… Ces jeunes expriment leur mal-être et dénoncent la précarité de leur situation, alors que la fabuleuse richesse algérienne ne profite qu’à une minorité de privilégiés. Les émeutes durent quand même depuis trois jours.» Bien qu’ils vivent dans la peur et désapprouvent profondément les importants dégâts subis par la ville et les lourds désagréments causés aux habitants, beaucoup d’Oranais disent comprendre les raisons ayant poussé les émeutiers à pareille manifestation. «C’est el houkouma qui est responsable de cet état. Pas de travail, aucune perspective d’avenir. Il est normal qu’ils aient recours à la violence… c’est leur seul défouloir.

Et d’ailleurs, pourquoi l’ENTV ne montre pas ce qui se passe ? C’est bien la preuve que les dirigeants se désintéressent de nos jeunes, non !» Ce plaidoyer est surtout fait par une centaine de familles qui se sont rassemblées, hier matin, devant le siège de la Sûreté de wilaya pour exiger la libération des leurs. «Beaucoup sont mineurs et n’ont rien fait de répréhensible ; ils sont détenus dans des conditions indignes», ont-il dénoncé en reculant, toutefois, devant les

éléments de la police antiémeute jusqu’à une centaine de mètres de l’édifice officiel. «C’est une hogra, ont-ils encore dénoncé. Les conditions de détention de nos enfants constituent une totale violation des droits de l’Homme.»

Les bilans s’alourdissent

En trois jours d’émeutes, le nombre de blessés parmi les forces de l’ordre a atteint 147, alors que celui des émeutiers arrêtés était de 157. Ces bilans sont évidemment toujours provisoires, puisque les émeutes continuaient hier après-midi dans différents endroits de la ville. Non encore estimés, les dégâts matériels sont, sans doute, importants, puisque, en plus des destructions enregistrées lundi et mardi derniers (banques, CNEP, secteurs urbains…), la CNEP-Banque de Seddikia a été partiellement saccagée dans la nuit de mardi à mercredi derniers, et plusieurs magasins pillés. Dans une timide réaction à ces événements, l’exécutif communal s’est réuni pour réitérer la nécessité de faire fonctionner tous les services malgré les troubles. Il reste que les groupes d’émeutiers ont été infiltrés par des voleurs qui, encagoulés, sèment la terreur chez les particuliers et guettent la moindre occasion de piller et d’agresser. Ces encagoulés, dont certains sont munis de fusils à harpon, ont été signalés la nuit dans le quartier HLM-USTO (sortie est d’Oran) et dans le centre-ville. «Je les ai vus, ils marchaient à part, à l’affût de la moindre occasion de voler ou de piller», raconte un témoin, résidant dans le quartier de Saint-Pierre.

De l’avenir du MCO

Premier à réagir à la relégation du MCO, l’ex-président Kacem Elimam, en déplorant les violences enregistrées, n’a pas hésité à faire son offre de service. «Je suis prêt à revenir au MCO, à condition que l’AG se tienne avant le 15 juin afin que j’aie le temps de préparer mon programme», a-t-il déclaré, en imputant la catastrophe de la relégation à Youcef Djebbari, président, réfugié en Espagne d’après les rumeurs. «Djebbari n’est pas le seul responsable, rétorque un journaliste sportif.

La FAF et la DJS le sont aussi.» Pour notre interlocuteur, ces deux institutions ont permis à Djebbari d’exercer alors qu’il n’en avait pas le droit. «Aucun document officiel de la FAF ne le reconnaît comme président du MCO et, par ailleurs, il est toujours sous le coup d’une suspension. Par quel tour de passe-passe a-t-il, malgré tout, assuré la présidence du MCO ?»

Plus encore, en violation de tous les règlements, Youcef Djebbari n’a pas tenu l’AGO pour l’exercice 2006-2007, mais aucune instance officielle ne l’a rappelé à l’ordre.

Ce qui, pour notre journaliste, traduit des complicités très actives au sein de la FAF et de la DJS. En tout état de cause, les prochains jours promettent des surprises puisqu’on s’achemine vers l’annulation du championnat 2007-2008 : une manière comme une autre de calmer la colère juvénile.

Troisième jour d’émeutes. Oran ressemble à une ville en guerre

29.05.2008

La ville d’Oran (ouest algérien) était mercredi en proie à l’agitation après deux jours de violentes émeutes marquées par la mise à sac et la destruction de biens publics, sur fond de malaise social surtout parmi les jeunes, rapporte jeudi la presse algérienne

Après deux jours d’émeutes et d’actes de vandalisme qui ont ciblé des édifices publics, des commerces et des véhicules dans différents quartiers de la ville, une atmosphère tendue régnait mercredi dans la ville, quadrillée par les forces anti-émeutes, alors que les affrontements se sont renouvelés notamment en début d’après-midi d’hier au niveau du quartier St Pierre, rapporte le journal « Le Quotidien d’Oran ». « La rue Larbi Ben M’hidi avait été subitement investie par des centaines d’émeutiers. La confrontation a commencé en début d’après-midi, avec une énergique réaction des brigades anti-émeutes », indique-t-il. « Plusieurs arrestations ont été effectuées dans ce quartier, principalement parmi les jeunes adolescents ».

Les violences, qui ont commencé lundi dernier, ont eu pour détonateur le mécontentement des jeunes, suite au match de football Mouloudia d’Oran-O Chlef qui a scellé la relégation en deuxième division de l’équipe locale. Mais le mouvement a drainé ensuite la grande masse de jeunes désoeuvrés, qui n’attendaient que l’occasion pour exprimer leur ras-le-bol et leur trop-plein de frustration sociale face aux sombres perspectives d’avenir qui les taraudent. Malgré un retour relatif à l’accalmie dans les quartiers qui ont été les plus affectés par les troubles de lundi et mardi, l’activité dans la ville n’a pas encore retrouvé son cours normal, selon la presse.

De nombreux commerces sont restés fermés et ceux qui ont ouvert mercredi ont vite fait de baisser rideau après un vent de panique sur la reprise de l’agitation de rue. De même, les transports publics demeuraient perturbés, les transporteurs désertant les quartiers jugés à risques de crainte de s’exposer à la colère des émeutiers.

La presse algérienne fait état de 140 policiers blessés et de 157 arrestations parmi les émeutiers durant les trois derniers jours. Durant la journée de mardi, trois locaux de l’Agence nationale d’epargne et de prévoyance ont été saccagés dans différents quartiers de la ville d’Oran.

Le quartier des Hamraouia a connu les plus grands dégâts avec l’incendie du siège de la division des affaires sociales de la commune d’Oran et l’annexe de la mairie, rapporte « Le Carrefour d’Algérie ». Il indique que dans la commune voisine de Bir El Djir, les actes de vandalisme ont ciblé le parc de la commune où cinq véhicules ont été incendiés hier par les émeutiers. Ces actes viennent aggraver le bilan déjà lourd avec trois cinémas, trois banques, deux secteurs urbains (El Hamri et Petit- lac) saccagés outre des équipements publics et des commerces vandalisés

Oran subit l’onde de choc. Les émeutes paralysent les commerces et les services

29 mai 2008 Quotidien d’Oran

Au deuxième jour des violences, Oran ressemblait à une ville fantôme et l’activité économique et des services était pratiquement nulle à partir de 10 heures.

Cependant, cette paralysie était plus perceptible dans le secteur du transport urbain et ce, depuis le début des émeutes. Ainsi, hormis quelques Karsan qui ont continué à assurer les navettes entre certaines stations situées aux abords de la ville et des localités avoisinantes, tous les transporteurs d’Oran, de peur de voir leurs véhicules saccagés, ont préféré le repos forcé. Du coup, ce sont des centaines de travailleurs et d’étudiants qui n’ont pu rejoindre leur lieu de travail ou d’études. Même des chauffeurs de taxis ont garé leurs véhicules dans des endroits sûrs. Et même s’ils ont accepté de faire quelques courses, cela n’a été possible qu’aux premières heures de la matinée, étant donné qu’à partir de 10 h, tous les quartiers de la ville sont devenus des endroits à haut risque. En fait, un sentiment d’insécurité quasi général régnait dans toute la ville.

Les gares routières de Yaghmoracen, d’El-Hamri et des Castors étaient pratiquement désertes. Selon un transporteur, assurant une liaison avec la capitale, son entreprise a instruit, par précaution, de fixer les terminus dans des endroits « plus sûrs », notamment dans les périphéries de la ville. Ces transporteurs ont même annulé plusieurs départs d’Oran, d’où d’importants préjudices financiers, signale-t-on. Cette totale inactivité a donc laissé le champ libre aux clandestins qui ont saisi cette occasion pour imposer une nouvelle fois leur diktat avec des tarifs dépassant de deux, voire de trois fois, ceux habituellement pratiqués. D’autres institutions ont fonctionné à demi-régime, comme c’est le cas des bureaux de poste situés sur les grandes artères, et par conséquent très exposés aux risques, et qui n’ont ouvert leurs portes que durant les premières heures de la matinée avant de les refermer. Ainsi, plusieurs usagers n’ont pu effectuer des retraits d’argent. En outre, la distribution du courrier a été fortement perturbée. De plus, pratiquement tous les établissements banquiers du centre-ville étaient fermés.

Dans le secteur commercial, même si aucun signe de pénurie n’a été observé jusque-là, les commerçants se sont montrés inquiets si ces violences venaient à perdurer, dans le sens où le programme d’approvisionnement serait grandement chamboulé comme c’est le cas de la farine panifiable livrée à raison d’une fois par semaine aux boulangers. Aux halles centrales, la panique qui a suivi les premiers actes de violence a fait fuir plusieurs livreurs de fruits et légumes venus des wilayas avoisinantes. Hier, l’activité était à son plus bas niveau et on était très loin de l’effervescence qui caractérise habituellement cette structure où se mêlaient livreurs et marchands. Quant au commerce de gros de produits alimentaires, les grossistes ont clos leurs magasins à partir de 11 h, comme c’est le cas de ceux de Maraval. Néanmoins, le seul produit qui a fait défaut dans plusieurs quartiers au second jour des violences, a été le lait en sachet. Renseignement pris, les unités de transformation, situées généralement à la périphérie de la ville, ont produit les quantités habituelles, mais ce sont les distributeurs-livreurs qui n’ont pu sillonner la ville de peur de se voir agressés.

Par ailleurs, il est à signaler que les comités de quartiers et certaines associations ont décidé de mettre sur pied des comités de vigilance pour faire face aux casseurs.

Le centre-ville sous haute tension

Après un mardi long et usant, Oran se réveille avec la nausée des émeutes enregistrées la veille. Même si un relatif calme est revenu dans plusieurs quartiers de la ville, l’intensité des confrontations a connu, hier, une montée en puissance au centre-ville où l’on a assisté à une véritable bataille de rues entre forces de l’ordre et jeunes du quartier de St-Pierre et de la rue de la Bastille.

Une ultime bataille, semblait-on espérer, du côté des commerçants de la rue Larbi Ben M’hidi, une des principales artères de la ville qui, depuis le déclenchement des évènements dans la soirée de lundi, n’avaient pas d’autre choix que de baisser rideaux de peur d’être les proies des casseurs et autres pilleurs que rien ne semblaient dissuader. A la tombée de la nuit, plusieurs magasins, notamment des marques très connues telles que Lotto, Nike et Nokia, ont, en effet, dû payer le prix fort lors de ces regrettables incidents. Des incidents qui, faut-il le souligner, ont plongé l’ensemble de la population oranaise dans un climat d’angoisse et de peur. Dès 10h30, hier, un vent de panique souffla brutalement sur le centre-ville et les quartiers avoisinants. En un clin d’oeil, le son strident des rideaux qu’on baissait à la hâte résonna comme un signal annonçant un danger imminent. La circulation automobile s’accélère, les cafés se vident et le décor d’une nouvelle journée d’émeutes est désormais planté. La rue Larbi Ben M’hidi est subitement investie par des centaines de jeunes. Les hostilités mettront cependant du temps pour être déclarées. Ce n’est qu’en début d’après-midi que l’on assiste véritablement à la confrontation avec une énergique réaction de la part des brigades anti-émeutes appuyées par des policiers en civil.

Vers 15h, les policiers décident de passer à l’offensive contre les agissements et les provocations des centaines de jeunes dont plusieurs semblaient préparés au pire, à voir les cagoules qu’ils portaient et les mouchoirs aspergés de vinaigre dont ils étaient munis pour neutraliser l’effet du gaz lacrymogène. L’incursion des policiers, au coeur même du quartier de St-pierre, pour affronter avec leurs armes et selon leurs règles les assaillants, s’imposait. Acculés, les émeutiers ont battu en retraite. Plusieurs arrestations sont effectuées. Il s’agit principalement de jeunes adolescents. Un calme relatif regagne le périmètre. Un calme trompeur, puisqu’il a suffi que les véhicules de police se déplacent de quelques dizaines de mètres pour se positionner à hauteur de la Place des Victoires, pour que des dizaines de jeunes réinvestissent, petit à petit, leurs positions initiales à proximité de la salle de cinéma Murdjajou. Le « jeu » continua ainsi jusqu’à ce qu’une nouvelle alerte soit donnée, cette fois-ci au quartier mitoyen de Plateau, au niveau du boulevard Zirout Youcef.

A noter qu’avant-hier soir, aux environs de 22h, des centaines de jeunes avaient manifesté pacifiquement leur joie, suite à des bruits ayant fait état d’une prétendue « décision de la part des instances du football algérien à prévoir, pour l’année prochaine, un championnat national avec 22 équipes ». La nouvelle, synonyme d’un miraculeux maintien du club phare d’Oran, s’est avérée par la suite n’être qu’une plaisanterie de très mauvais goût qui n’a pas manqué de susciter encore plus de déception.

Emeutes : Oran en état de siège

29 mai 2008

Au troisième jour de l’émeute, Oran est une ville fermée. Hier mercredi 28 mai 2008, alors que tout semblait calme et rentrer dans l’ordre, même si rares sont les commerces qui avaient ouvert, les Oranais vaquaient à leurs occupations tout en évoquant les événements de la veille, quand soudainement, vers 10h30, un mouvement de panique s’est de nouveau emparé de la ville.

La tension persiste donc. Après un tour en ville, nous constatons que les «lanceurs» de pierres sont revenus à la charge dans plusieurs quartiers et les brigades antiémeutes leur bloquaient le passage pour tenter de les canaliser et éviter leur dispersion comme ce fut le cas les deux premiers jours des émeutes. C’est le cas de la place d’Armes, de Saint- Pierre, où des jeunes dissimulaient des bouteilles de vinaigre, ce qui n’augurait de rien de bien rassurant. Les banques publiques étaient toutes fermées ainsi que les institutions de l’Etat ; toutes craignaient d’être la cible des casseurs qui en voulaient aux symboles de l’Etat. Au deuxième jour de l’émeute, la rue oranaise a vécu des moments d’une rare violence qui est montée d’un cran vers 18h notamment au niveau du centre-ville, à la rue Larbi-Ben M’hidi, qui faut-il le signaler avait subi il y a quelques jours le retrait par les autorités locales des fils électriques pour on ne sait quelle raison, dès lors la rue était plongée dans le noir, un noir qui a surtout profité aux émeutiers rendant difficile l’intervention des services de sécurité. Cette rue qui donne sur plusieurs chauds quartiers tels que Cavaignac et Saint- Pierre a connu une certaine forme de «solidarité des clans» entre les jeunes de ces quartiers qui d’ordinaire sont des bandes rivales. Alors que l’annonce faite au JT du 20h de mardi d’un éventuel «championnat à blanc permettant au MCO d’être maintenu en première division devait calmer les esprits, la nuit a profité aux pilleurs qui, constatant le retrait partiel de la police, se sont mis à piller les commerces du centre-ville ainsi que ceux de Choupot, une artère très commerçante.

Les caids de la rue

Dans la soirée de mardi, deuxième jour des émeutes, les scènes auxquelles les citoyens ont assisté, impuissants, face à la colère et au déchaînement d’une rare violence, sont sans précédent. Des feux allumés, des pneus brûlés, des cabines téléphoniques arrachées, des jets de toutes sortes de projectiles… les émeutiers étaient, et pour un bon moment, «les caïds» de la rue. Ce n’est qu’aux environs de 19h30 qu’un renfort important des forces de sécurité est intervenu pour rétablir l’ordre. Ce ne fut pas une mince affaire puisqu’elles devaient leur courir après dans tous les sens et devaient parfois défoncer les portes des immeubles où certains émeutiers s’étaient réfugiés. Après l’annonce au 20h de l’ENTV, d’un éventuel championnat à blanc et de l’ouverture d’une enquête sur la gestion des finances du club, les manifestations ont repris de plus belle. Les Hamraoua ont investi de nouveau la rue… La donne semblait pour un bref instant changée et force de l’ordre et émeutiers avaient cessé de s’affronter et les jeunes scandaient des slogans de victoire arrachée, estimaient- ils, grâce à leur révolte : «vive MCO à nous la reconquête de la première division, vive El Hamraoua…». A 21h, le calme semblait revenu, seule la désolation et les grandes pertes financières et morales sont restées ancrées dans les esprits. Malheureusement, il ne s’agissait que d’un leurre car quelques minutes plus tard (21h15), on remarque un mouvement suspect de bandes de jeunes munis de barres de fer et de barricades et qui semblaient décidés à aller jusqu’au bout d’une révolte peu commune. La nuit promettait d’être assez mouvementée, et les pillages faisaient sûrement partie de leur plan. La plupart des propriétaires des commerces ont amené leurs propres vigiles pour veiller sur leurs biens, certains ont même préféré y passer la nuit, car les rôdeurs en moto n’auguraient rien de rassurant. Il était clair qu’ils guettaient les commerces au grillage fragile et s’informaient sur le type de marchandises s’y trouvant. D’autres commerçants ont tout simplement vidé leurs magasins jusque tard dans la nuit. L’information s’est vite confirmée puisque l’on saura vers 22h que plusieurs quartiers connus pour leurs magasins de prêt-à-porter ont été pillés notamment à la rue Larbi Ben M’hidi, Khemisti ou encore l’avenue Choupot où les citoyens étaient impuissants face à ces scènes de vandalisme. Leurs appels incessants à la police n’ont pas empêché les pilleurs d’agir. Vers 23h, la lourde tâche est revenue aux éboueurs qui s’affairaient à nettoyer les rues du mieux qu’ils pouvaient car ce n’était pas si évident d’y parvenir tant les dégâts, les détritus et autres débris de la casse étaient éparpillés partout.

Chaos

Au lendemain des affrontements d’hier, Oran s’est réveillée dans un piteux état. Alors que les citoyens pensaient que les choses étaient rentrées dans l’ordre, dans la matinée, la rumeur d’une nouvelle émeute sans précédent circulait et la rue a de nouveau été désertée et les commerces fermés. Les ménages ont eu du mal à s’approvisionner et un vendeur de viande nous confie «les habitants ont fait de grandes provisions comme si une guerre allait éclater !». Une ménagère nous interpelle pour nous dire qu’«au lieu de piller, qu’ils parlent de la cherté de la vie nous n’en pouvons plus !» une autre nous dira que «les boulangeries sont toutes fermées, on dit qu’il n’ y a plus de farine mais que se passe-t-il, Oran est livrée à un triste sort !». Une remarque qui a été faite par plusieurs citoyens qui estimaient que la présence policière n’était pas aussi importante face à l’insécurité et à l’anarchie qui profitaient aux émeutiers. «Pourquoi n’ont-ils toujours pas fait appel à des renforts plus importants ? Qu’est-ce qu’ils attendent ? On ne se sent pas en sécurité !» A midi, une ambiance très tendue était perceptible et les affrontements ont repris entre les forces de l’ordre et les émeutiers, qui étaient de plus en plus nombreux au niveau du quartier de Saint-Pierre et de la rue d’Arzew (rue Ben- M’hidi) où des renforts importants de police ont commencé à affluer au niveau de ces quartiers et se sont déployés dans les ruelles pourchassant les émeutiers et effectuant des arrestations. D’épais nuages de bombes lacrymogènes obscurcirent le ciel et seul le recours au vinaigre, pouvait apaiser l’effet de ce gaz. Jusqu’aux environs de 16h, le déploiement des services de sécurité était maintenu et les émeutiers tentaient de revenir à la charge avec des jets de pierres et des insultes. La tension a atteint un degré de non-retour qui fait craindre le pire. Des renforts de police quadrillent le centre-ville

Vers 17h, le redéploiement des forces de sécurité et les multiples arrestations commençaient à restaurer le calme même si certains tentaient toujours de revenir à la charge. La situation n’était pas totalement maîtrisée puisqu’à chaque fois que les forces de sécurité quittaient les lieux, les émeutiers se regroupaient de nouveau et allumaient le feu tout en lançant des projectiles. Ainsi, la police est resté en position au niveau des quartiers chauds pour empêcher le retour de la violence. Ailleurs, nous apprenons que le calme est revenu même si des attroupements étaient toujours signalés. Au niveau du commissariat central, un autre attroupement a été signalé, mais il s’agissait des familles des jeunes arrêtés, venues s’enquérir du sort réservé à leurs enfants, mais leurs tentatives se sont avérées vaines. Concernant le nombre des arrestations, aucune information ne nous a été communiquée même si de toute évidence, le nombre a dû augmenter en ce troisième jour d’émeute. Vers 17h30, même si une certaine accalmie s’était installée depuis l’arrivée des renforts, les commerçants n’ont pas voulu prendre le risque de rouvrir leurs magasins, une attitude qui sera, nous diton, maintenue jusqu’à samedi quand la situation sera plus calme et surtout plus stable. Toutefois, les Oranais espèrent que le marché des fruits et légumes ainsi que les boulangeries seront ouvertes, faute de quoi, ils auront du mal à s’approvisionner. Tous souhaitent le retour au calme et l’apaisement.

Au 3e jour d’émeutes : Oran, en proie au pillage

Liberté-algérie

29 mai 2008

Hier matin, les Oranais se sont réveillés abasourdis et choqués par ce qu’ils avaient vécu la veille durant toute la journée.

Une ville balayée par des vagues de centaines de manifestants, dépassant de très loin le cadre des fervents supporters du Mouloudia, et se ruant sur les principales artères du centre-ville, hurlant leurs slogans qui avaient des allures de cris de guerre : “Hamraoua ! Hamraoua ! etc.”
Les traces des affrontements et de la casse de la veille étaient visibles en plusieurs endroits et dans plusieurs quartiers. En dépit des craintes et des rumeurs, les Oranais sont tout de même sortis pour vaquer à leurs occupations et se rendre sur leurs lieux de travail, aidés en cela par les transports en commun qui avaient repris du service. Les commerces, également, se sont décidés à rouvrir leurs devantures. Mais la tension était vive et l’inquiétude perceptible, d’ailleurs très rapidement vers les 9h30 du matin, venant simultanément de plusieurs quartiers, un mouvement de panique se propage et, telle une déferlante, se met en mouvement. “Ils recommencent ! Ils descendent à la rue Larbi-Ben-M’hidi. Il ne faut pas rester !” lâchent des hommes à l’attention des citoyens qui attendent les bus ou ceux qui effectuaient leurs courses. Presque aussitôt, les bus, les taxis et les véhicules des particuliers disparaissent de la circulation, les gens se précipitent pour s’éloigner des endroits les plus chauds. Beaucoup étaient sortis hier matin pour se ravitailler en produits de base, comme s’ils avaient à tenir un siège de plusieurs jours. C’est dire le climat grave dans lequel a été plongé la ville d’Oran depuis trois jours. À la place Valéro, prises de panique, des femmes chargées de sacs à provisions, se tournent vers des éléments des forces antiémeutes positionnées à cet endroit stratégique, faisant face au quartier Derb, comme pour rechercher un signe de leur part qui les rassurerait. Les commerçants eux aussi se précipitent pour abaisser leurs rideaux, dans les cafés, les serveurs demandent aux clients de partir au plus vite.

En moins d’une heure, le centre-ville prend les allures d’une ville morte, tout est fermé, les renforts des brigades antiémeutes apparaissent et se positionnent au niveau de plusieurs carrefours et rues donnant accès aux quartiers populaires d’où viennent les manifestants : El-Hamri, Victor-Hugo, St-Pierre.

De la place des Victoires, surplomblée par le quartier St-Pierre où les violences ont été les plus grandes, l’on aperçoit des centaines de jeunes dont certains encagoulés en train de jeter des pierres. Des pneus et autres matériaux sont jetés sur la chaussée et incendiés. Des commerçants viennent en toute hâte renforcer par les chaînes leurs rideaux de protection. Il faut dire que depuis 48 heures, les pillages en règle de magasins de prêt-à-porter de luxe, des débits de boissons, des buralistes et autres boutiques spécialisées dans le matériel informatique sont signalés un peu partout. “Aujourd’hui, ce n’est plus une affaire du Mouloudia relégué, mais ce sont des voyous, des délinquants qui ont sauté sur l’occasion pour tout casser !” réagit un vieil homme. Des jeunes, qui passivement, observent de loin et surenchérissent : “El-Hadj, c’est la misère, y a plus rien dans ce pays tout est corrompu. C’est normal ?” La discussion se poursuit avec d’autres réactions çà et là. “Ce qui s’est passé avec la relégation du Mouloudia, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dans les quartiers populaires, les jeunes ne vivent que pour le Mouloudia, ils s’identifient au club parce qu’il n’y a rien et le stade leur permet de se défouler et de s’exprimer. ailleurs, ils n’ont rien, tout est fermé devant eux”. Durant toute la matinée, les forces de sécurité se sont efforcées de contenir les manifestants au niveau de plusieurs quartiers, d’où s’organisent les émeutiers alors que l’ensemble de la ville d’Oran est totalement paralysée.

En rang serré, frappant de leurs matraques sur leurs boucliers, les agents des brigades antiémeutes chargent les émeutiers et les poursuivent dans les ruelles, les tirs de bombe lacrymogène se multiplient empestant toute l’atmosphère. Plusieurs arrestations extrêmement musclées se produisent faisant même réagir des gens, qui sur le balcon, suivent les évènements.
Cette chasse aux émeutiers se poursuivra durant plusieurs heures et en plusieurs endroits, avec à chaque fois des départs, ailleurs des groupes de jeunes prêts à tout, qui caillassent les policiers et leurs véhicules.

À peine disparaissent-ils d’une rue qu’ils ressortent plus loin toujours aussi décidés à affronter les forces de l’ordre. À l’heure où nous écrivions ces lignes, les affrontements se poursuivaient toujours avec, nous dit-on, de nombreux blessés de part et d’autre.

C’est l’image d’une ville presque dans le chaos qui nous apparaît, alors qu’à son autre bout, les familles des émeutiers attendent toujours massées devant le siège de la sûreté de wilaya sous haute surveillance.

Au deuxième jour des émeutes d’Oran : 140 policiers blessés et 157 arrestations opérées

29 Mai 2008

La ville d’Oran vit toujours au rythme continu de la violence et des heurts.

Le climat est toujours tendu. Les émeutiers ne semblent pas près de décolérer. Les affrontements gagnent davantage de terrain notamment au centre ville. Sur tous les plans, les bilans s’alourdissent.

Ainsi, au deuxième jour de ce qui est désormais appelé «les événements d’Oran», près de 160 arrestations ont été opérées dont la plupart des personnes arrêtées sont des mineurs. Par ailleurs il convient de noter que lors des affrontements avec les émeutiers, les agents des services d’ordre ont eu à déplorer de nombreux blessés parmi les leurs dont la liste continue de s’allonger.

Selon le dernier bilan, l’on a recensé près de 140 agents d’ordre blessés tandis que plus de 150 véhicules ont été, soit partiellement endommagés soit totalement calcinés.

Les bilans tendent à s’alourdir. Alors que les affrontements se poursuivaient, plus de deux cents personnes, en majorité des femmes, se sont rassemblées, hier, devant le siège du commissariat central de la sûreté de wilaya. Une action qui a été entamée par les familles des émeutiers arrêtés pour demander leur libération.

Les policiers du commissariat ont, peu après, dispersé la foule qui avait tendance à grossir. L’éventualité d’un dérapage était perceptible. D’autant plus que des familles ont commencé à former un bouclier humain et à barricader la route près du commissariat central d’Oran. Les heurts se poursuivent sporadiquement dans les quartiers de la ville, notamment au centre ville, El Hamri, Saint Pierre, Mediouni, les Castors…Tout accès aux rues Larbi Ben M’hidi, Mohamed Khemisti et celle des Aurès (Ex la Bastille) étaient difficiles dès les premières heures de la matinée d’hier. Au niveau des Arcades près de la place des Victoires (centre ville), plusieurs scènes de heurts entre émeutiers et forces de l’ordre ont été enregistrées hier matin.
Les insurgés s’en sont pris aux abribus et mobiphones. Les policiers pointés sur place ont usé des bombes lacrymogènes pour disperser la foule et plusieurs émeutiers ont été interpellés.

La colère des Hamraouas tend à prendre d’autres tournures. Ainsi, selon des témoins oculaires, plusieurs encagoulés auraient été aperçus pendant la nuit de mardi à mercredi aux HLM (pas loin de Gambetta). Ceci dit, les scènes de pillage ont continué hier.

Ainsi la devanture de la Cnep d’Es Seddikia a été partiellement incendiée durant la même nuit et un véhicule poids léger a été complètement calciné dans l’enceinte même de la bâtisse. Toute activité commerciale était interrompue tandis que les bus et taxis ont déserté le centre ville et le retour au calme n’est pas perceptible. Aux dernières nouvelles, les élus locaux se sont réunis à l’hôtel de ville avec comme résolution la gestion des affaires courantes.

Un calme précaire

29 mai

Un semblant de calme semblait être revenu à Oran, puisque la violence a repris de plus belle dans la matinée d’hier dans les environs de 10 heures, au niveau du centre-ville, au quartier Saint-Pierre plus exactement.

En effet, à hauteur du la place de Victoire, des échauffourées ont été signalées entre les forces de l’ordre et les manifestants, composés pour l’essentiel de centaines de jeunes. Ces derniers, poursuivant leur procession, ont débordé sur la Rue Larbi-Ben-M’hidi (ex-rue d’Arzew), où ils ont saccagé tout sur leur passage, notamment au niveau des arcades, claveaux des commerçants. Ces derniers ainsi que des automobilistes ont été pris de panique, les uns ont baisser rideau et les autres ont rebrousser chemin pour mettre leurs véhicules à l’abris des saccageurs. Une situation qui a fait d’Oran une ville morte dès la matinée d’hier. Les transports publics étaient également absents toutes la matinée, dans plusieurs quartiers de la ville, notamment les quartiers qui ont connu des actes de violences, tel que El-Hamri, Le Plateau Saint-Michel, Victor-Hugo, Ed-Derb, Es-Séddikia… Hier toujours, la situation s’est également envenimée au Plateau St Michel où des affrontement se sont produits entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants. Les familles des personnes arrêtées se sont regroupées, hier matin, devant le siège de la sûreté de wilaya pour dénoncer les conditions de détention de leurs proches, avant d’être disperser dans le calme. Selon les familles rencontrées sur place, «les personnes arrêtées sont toutes des mineurs et les condition de leur détention sont jugées dégradantes puisqu’elles sont entassées en nombre dans des cellules exigus».

Selon des sources bien informées, l’on enregistre globalement depuis le début des émeutes, lundi dernier, des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre et 157 arrestations. Des dégâts matériels importants occasionnés la veille dans la soirée, ont été signalés à Es-Séddikia (Gambetta), où une partie de la façade du siège de la CNEP-banque a été brûlée et un véhicule calciné. La vielle, tard dans la soirée, des centaines de jeunes affluaient de tous les quartiers de la ville, comme pour suivre un mot d’ordre, vers la siège de la sûreté de wilaya pour y tenir un rassemblement. Heureusement que la raison a prévalu de part et d’autre, service sécuritaire et manifestants, et le pire a été évité de justesse puisque les manifestants ont rebroussé chemin dans le calme. Le bruit circulait que le MCO ne serait pas reléguée puisque le président du club a introduit un recours au sujets d’un joueur, dont on ne cite pas le nom. Pour rappel, c’est la relégation du club phare d’El-Hamri après son match nul contre l’ASO, qui était à l’origine de ces émeutes. Des affrontements parfois très violents ont éclaté dans presque l’ensemble des quartiers de la ville où un CEM a été incendié à Saint-Eugène. Une cellule de veille a été mise en place par l’APC d’Oran pour parer à toutes éventualités et assurer le service minimum au niveau des annexes administratives, surtout après la destruction de celle d’EL-Hamri. Hier encore dans l’après midi, les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants se poursuivaient au niveau du centre-ville et quartiers périphériques. Comme au début des émeutes, les forces de l’ordre se sont déployées pour quadriller la ville où des chasses neige et véhicules anti-émeutes ont été éparpillés dans les zones de tension. A la sortie est d’Oran, sur la RN11, des gendarmes ont été déployés pour sécuriser cette route nationale menant à Alger. Il est à noter que des jeunes ont investi des quartiers à l’est de la ville, avant-hier tard dans la soirée. Ils s’agit de pilleurs et de saccageurs qui ont été empêché, par les riverains, de perpétrer leurs actes, dire que la situation reste tendue et le risque de débordement, dans la soirée, inquiète les habitants de Hai Sabbah et autres.

B. Farah

Oran dans l’incertitude

29 mai 2008

Alors que le calme est revenu dans la majorité des quartiers de la ville, une poche d’émeutiers du quartier Yaghmoracen (ex-Saint Pierre) a tenu en haleine la population et les services d’ordre.

Hier matin, la vie reprenait son cours normal avec les bus en circulation, les magasins qui ouvraient et le service de nettoiement qui commençait à enlever les débris de verre et les pierres. Mais vers 10h30, les émeutes ont repris dans cette partie de la ville délimitée par la rue d’Arzew, une des artères principales. Aux premiers incidents, l’information, enflée par la rumeur, a fait le tour des quartiers avoisinants et rebelote. Les commerces ont baissé rideau, le transport était presque paralysé et la ville s’est vidée. Dans ce quartier réputé difficile, des échanges de tirs lacrymogènes et de jets de pierres n’ont pas cessé pendant une bonne partie de la journée. Les assaillants se rassemblent dans la rue parallèle Cheriet Ali Cherif (ex-Cavaignac) et tentent des incursions par les ruelles adjacentes. Les renforts sont arrivés vers 14h et ce n’est qu’à partir de là que les émeutiers de Saint Pierre ont pu être dispersés. Un calme relatif est revenu. Un dispositif de sécurité a été dressé tout au long de cette grande artère qui traverse le centre-ville d’est en ouest. Déjà dans la matinée, les arrêts de bus saccagés, les enseignes et les lampadaires qui pendent, certaines vitrines défoncées étaient l’image qu’offrait ce lieu d’affrontement. Globalement, pour les deux jours d’émeutes, en même temps que 140 agents de l’ordre blessés, le chiffre de 157 arrestations d’émeutiers en majorité des mineurs a été avancé dans la journée, mais il a dû être revu à la hausse, car plusieurs arrestations ont été effectuées entre temps dans cette partie de la ville, y compris dans l’après-midi. Aucune estimation des dégâts n’a été en revanche communiquée. Devant le siège de la sûreté de wilaya, des mères de famille se sont rassemblées hier au deuxième jour consécutif pour demander des nouvelles de leurs enfants (en général des mineurs) arrêtés depuis le début des événements. On estime à une centaine de personnes rassemblées ici dans l’espoir d’avoir des nouvelles de leurs enfants qui ne sont pas rentrés. Les émeutes ayant coïncidé avec le jour de l’examen de fin de cycle primaire, ce sont officiellement 468 élèves qui n’ont pas pu passer leur examen, les centres d’examen étant, en plus, situés loin de leur lieu de résidence, parfois dans des quartiers chauds comme El Hamri. Les élèves d’un centre situé à la rue Chakib Arslane, pas loin des Halles centrales où on a enregistré des incidents, n’ont été libérés que tard dans la journée de mardi. Ailleurs, la CNEP Banque du quartier Es Seddikia où ont également eu lieu des échauffourées avec la police a subi des dégâts importants. Une troisième voiture a été également entièrement calcinée dans la mêlée. A propos de voitures, les stations-service de la ville étant restées hors service à cause des risques encourus dans ce genre de situation, les automobilistes ont dû se rabattre sur les stations des localités voisines comme Es Senia où on n’a signalé aucun incident. Pourtant, alors que les actes de vandalisme se sont généralisés mardi à plusieurs quartiers, les incidents ont touché plusieurs quartiers périphériques épargnés jusque-là, comme Sidi El Bachir, à la sortie est de la ville d’Oran. Sans doute par mimétisme, les images renvoyées par les émeutes d’autres horizons, certains jeunes, dans le feu de l’action (jets de pierres), se cachent le visage pour ne pas être reconnus. C’est cette image qui a sans doute été apparentée à la bande des encagoulés qui a, à plusieurs reprises, sévi à Oran. Des bandes de jeunes, livrées à elles-mêmes, ont sillonné en début de soirée de mardi plusieurs quartiers dans des cités lointaines implantées vers l’est. Dans certains endroits, selon des témoignages, ce sont les résidents eux-mêmes qui ont dû se rassembler pour dissuader les intrus de pénétrer dans les parkings en plein air. Un témoin affirme que même à Arzew, mardi vers 21h, des bandes de jeunes des cités ont voulu atteindre le centre-ville. Selon les mêmes témoignages, un quadrillage sécuritaire a été mis en place et aucun incident n’a été signalé. La désagrégation de la vie politique explique en partie le côté absurde de ces émeutes d’Oran qui ne sont liées à aucun slogan ou revendication. Les représentants des partis politiques sont restés aussi perplexes que le reste des citoyens qui, dans plusieurs endroits, passés les moments de panique, regardent de loin, les bras croisés, les affrontements comme un spectacle de rue.

Pillages et saccages à la suite de la relégation du MCO : La colère des jeunes d’Oran

28 mai

Les échauffourées se poursuivaient hier de manière sporadique entre les forces de l’ordre et les jeunes mécontents suite à la relégation du MCO. Les enfants d’un centre d’examen situé à la rue Chakib Arslane ont été pris en otage, cette partie de la ville étant encore sous tension.

Oran. De notre bureau

Dans les endroits plus calmes, les parents inquiets attendaient avec impatience leurs enfants. Plusieurs quartiers sont complètements bouclés comme Eckmühl, un autre quartier populaire où les manifestants ont voulu s’en prendre à une agence bancaire et à un centre commercial. Des scènes de pillage ont été constatées même au centre-ville. Du côté du café Nadjah, après quelques échanges de jets de pierres et de bombes lacrymogènes entre une bande de jeunes qui essayait de rejoindre le centre-ville et les forces de l’ordre, le quartier s’est presque vidé laissant place à des scènes de pillage. Des cartons de produits alimentaires circulaient entre les mains de jeunes et moins jeunes. Situé pas loin d’El Hamri, le quartier Medioni, entièrement bouclé, a également vécu des scènes de violence. Située en contrebas du quartier Yaghmoracen (ex-Saint Pierre), la rue d’Arzew a été bouclée sur toute sa longueur durant une bonne partie de la journée. Un groupe a même pris position à hauteur du boulevard Tripoli avec des sacs remplis de pierres. Mais cette partie de la ville a vécu une tension, y compris la veille, jusqu’à une heure tardive. Les troubles ont repris avec violence dès la matinée à travers les quartiers populaires et les principales places publiques du centre-ville malgré le quadrillage et l’important dispositif mis en place par les services de sécurité depuis la veille, qui ont dû user de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants, des dégâts importants ont été enregistrés au niveau de plusieurs édifices publics ou privés, les équipements de la téléphonie, de la signalisation routière ainsi que les placards publicitaires ont été arrachés ou incendiés. C’est ainsi que la succursale de la banque AGB (Algerian Gulf Bank), sise à Delmonte sur l’avenue de Sidi Chahmi, a été saccagée. Le mobilier et les équipements informatiques ont été emportés par les manifestants. Le dépôt de la SN. SEMPAC de Médioni sur le boulevard des Martyrs a été entièrement dévasté, ont indiqué les gestionnaires qui déblayaient les détritus laissés la veille par les manifestants. La veille, au début des émeutes, le quartier Yaghmoracen, l’un des plus grands quartiers populaires, a été bouclé par la police à hauteur de la place des Victoires où, au départ, seules quelques bombes lacrymogènes ont été tirées par la police pour disperser les manifestants qui ont à plusieurs reprises tenté, en vain, des incursions vers les artères principales comme la rue d’Arzew ou la rue Khemisti. Les quartiers d’El Hamri et du Plateau qui ont également enregistré des affrontements avec les services d’ordre ont été bouclés en prévision des débordements. Un dispositif policier a été déployé dans plusieurs zones stratégiques comme les consulats où quelques édifices publics. La grande poste a été prise pour cible mais sans gravité. La circulation a connu une grande perturbation et les bus ont dû se frayer des itinéraires inhabituels à un moment de grande affluence. Quelque temps après, la ville était presque vide. Hier encore, les transports en commun qui ont repris du service en début de matinée ont dû déchanter. A l’heure où nous mettons sous presse, un calme relatif est revenu. Quelques rares commerces ont même rouvert, comme les cybercafés qui travaillent à porte fermée par mesure de sécurité.

Nouveaux affrontements à Oran entre jeunes et policiers

Contre-feu.com

28 mai 2008

ALGER (Reuters) – Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes mercredi à Oran, dans l’ouest de l’Algérie, au troisième jour d’affrontements avec des jeunes manifestants furieux de la relégation du club de football local en deuxième division, ont rapporté des témoins.

Il s’agit des violences les plus graves dans la deuxième ville d’Algérie depuis plusieurs années.

Des dizaines de jeunes ont saccagé des magasins et incendié des tas d’ordures dans le centre-ville.

La relégation du Mouloudia Oran a mis le feu aux poudres mais plusieurs commentateurs estiment que la colère des manifestants est largement alimentée par des causes sociales plus profondes comme le chômage et les difficultés de logement.

Le taux de chômage est de plus de 70% parmi les Algériens de moins de 30 ans.

Lundi et mardi, les manifestants avaient attaqué des agences bancaires et des magasins. Les affrontements avaient fait une centaine de blessés.

Les émeutes et les violences se multiplient en Algérie sans que cela suscite un débat public pour la recherche de solutions.

mercredi 28 mai 2008.

Le silence des intellectuels face aux soubresauts, aux émeutes en Algérie et aux expressions violentes sporadiques de la société est un phénomène particulièrement étonnant. N’ont-ils rien à dire nos clercs, dont le silence prend une épaisseur abyssale ? Face à des manifestations brutales et apolitiques, l’opinion est en mal d’explications et de propositions. Cette absence des intellectuels est particulièrement ressentie dans un contexte où les politiques sont confinés à la pure représentation, alors que ceux qui ne figurent pas au rôle officiel se murent dans une distante réserve. La situation est en effet difficile à déchiffrer et les perspectives encore plus difficiles à définir. Que faire, que penser face à des explosions subites et violentes dénuées, en apparence, de toute dimension politique et qui posent pourtant d’évidentes questions de cette nature ? Il est clair que le mode d’exercice du pouvoir et les formes de représentation font partie de l’énoncé du problème. Encore faudrait-il que des voix se fassent entendre pour en démonter les mécanismes et exposer les alternatives. (Une Opinion ? Connectez-vous sur le forum algerie-dz.com pour commenter l’article : http://www.algerie-dz.com/forums)

Sommes-nous condamnés à ces moyens de contestation ? Depuis plusieurs années, l’émeute est la règle en Algérie : les manifestations de désespoir, d’anarchie, de destructions gratuites, de vol provoquent la peur. La seule réponse apportée est le durcissement des mesures de maintien de l’ordre et l’établissement d’un climat caractérisé par la méfiance vis-à-vis des jeunes et des manifestations populaires. Il est essentiel pour la résolution des crises en Algérie, pour l’éclairage de tous que l’intelligentsia nationale s’exprime dans la diversité des opinions et des points de vue pour que tous nous puissions discerner les options et débattre en toute conscience des alternatives possibles à l’émeute. La violence spontanée qui occupe de manière récurrente les rues de nos villes et de nos villages apparaît comme un phénomène purement algérien. En effet, nul autre pays, quel que soit le régime politique, ne semble vivre la fréquence et l’intensité de ces bouffées de destructions gratuites. Et pourtant, peu de contributions sérieuses de nos chercheurs, analystes ou universitaires viennent tenter d’éclairer nos lanternes désemparées. Nos intellectuels ne seraient-ils plus que des consultants ?

Émeutes et contestations sociales

28 mai 2008

Ces émeutes, qui exprimaient au départ la colère de jeunes oranais suite à la relégation en deuxième division de l’équipe de football du Mouloudia club d’Oran (MCO), ont vite pris une tournure de revendications sociales sur fond de chômage et de misère. « La relégation du MCO a été le détonateur de l’explosion d’une colère nourrie par le chômage, la misère et la mal vie », écrit à la Une le quotidien El Watan qui fait état de la mise à sac et du pillage des biens de l’Etat et de particuliers dans différents quartiers de la capitale de l’Ouest algérien.

Des affrontements ont opposé des centaines de jeunes en colère aux forces de l’ordre, qui sont intervenues pour ramener le calme.

Les commerçants ont baissé le rideau et les transports publics ont été désertés de peur que la situation ne s’aggrave, car ce qui s’est produit a dépassé les prévisions les plus pessimistes avec le saccage de banques, de cabines téléphoniques et d’autres édifices publiques, déplore pour sa part le quotidien Liberté, qui fait état de pneus brûlés en guise de barricades et de pierres comme projectiles.

La plupart des quartiers d’Oran ont connu des scènes de violences au cours des deux derniers jours notamment la place d’armes, le boulevard Maâta, les avenues des Martyrs, Colonel Benabderrezak, St Eugène et Victor Hugo ainsi qu’à la cité Lescure. Cette dernière a subi de gros dommages matériels, souligne-t-on de même source. Le Mouloudia d’Oran évoluera la saison prochaine en deuxième division, un sort qu’il n’a jamais connu en 40 ans d’existence. Par ailleurs, le Front des forces socialistes (FFS-opposition), a dénoncé, mardi, l’arrestation de Ouled Daoud Ahmed, chef de la représentation du parti à Berriane, dans la wilaya de Guerdaia (635 au sud d’Alger), qui a été appréhendé à son domicile par les services de sécurité, indique un communiqué du parti, dont copie est parvenue à MAP-Alger. Le FFS estime que cette nouvelle campagne qui cible ses militants, vise à cacher « l’absence » de volonté des autorités et leur incapacité à trouver des solutions aux problème des citoyens. Le parti dénonce cette stratégie de prise en étau de la population entre « la répression » et la peur d’un côté et le chantage au chaos de l’autre côté, souligne-t-on de même source.

Dressant le constat de la situation prévalant aujourd’hui en Algérie, le FFS relève que les manifestations pacifiques dans les quatre coins du pays pour réclamer de l’emploi, le logement, la sécurité ou pour protester contre « l’iniquité » des représentants de l’administration, sont systématiquement traitées de manière à transformer une expression citoyenne en émeute suivie d’une répression féroce et d’arrestations (…), déplore-t-il, tout en regrettant la mise en accusation d’honnêtes citoyens parmi lesquels figurent des militants associatifs, politiques ou syndicaux. De violentes émeutes ont secoué du 16 au 18 mai dernier Berriane, faisant au moins deux morts et d’importants dégâts matériels.

Emeutes à Oran, deuxième ville d’Algérie, après la relégation d’un club de football

28 mai 2008

Véhicules saccagés, pillages, agences bancaires attaquées, barricades sur la rue principale, population apeurée… Oran, la seconde ville d’Algérie, a connu, lundi 26 et mardi 27 mai, deux jours d’émeutes. C’est l’annonce de la relégation en seconde division de l’équipe locale de football, le Mouloudia d’Oran, qui a servi de détonateur à ces violences. Celles-ci font craindre une éventuelle répétition des émeutes d’octobre 1988, pour la démocratie et le multipartisme, qui avaient été réprimées dans le sang.

Les incidents ont commencé, lundi, dans le quartier populaire d’El-Hamri avant de s’étendre mardi à plusieurs quartiers d’Oran. Des barricades ont été érigées et des pneus brûlés. Les commerces ont fermé tandis que de nombreux habitants tentaient de mettre à l’abri leurs véhicules, dont plus d’une centaine ont été saccagés par les jeunes casseurs.

CENT CINQUANTE ARRESTATIONS

Des informations non confirmées officiellement font état d’un policier tué au cours des affrontements. Les bilans publiés par la presse parlent de 70 policiers blessés et de plus de 150 arrestations parmi les jeunes émeutiers. La semaine dernière, un match opposant deux clubs d’Alger, El-Harrach et Kouba, a donné lieu à des violences et à une mobilisation exceptionnelle des services de sécurité. Le football n’est qu’un prétexte, pour les jeunes Algériens, le plus souvent des quartiers populaires, pour exprimer de manière confuse leur frustration et leur colère.

A défaut d’une vie politique crédible, les émeutes sont devenues une forme d’expression banalisée en Algérie. Ces derniers mois, elles ont pris un tour de plus en plus violent. Les plus graves ont touché la ville de Berriane, près de Ghardaïa, à 900 km au sud d’Alger, où des incidents entre jeunes ont tourné à l’affrontement communautaire entre Arabes et Mozabites, faisant deux morts et des dizaines de blessés.

Ces violences, qui se déclenchent parfois pour des prétextes anodins, traduisent une exaspération grandissante alors que le pays vit dans un état d’hibernation politique prolongé. La campagne lancée il y a quelque mois pour un changement de la Constitution permettant à M. Bouteflika de briguer un troisième mandat présidentiel s’atténue. Selon Le Quotidien d’Oran, « l’intensité dramatique des émeutes » va imposer un « changement radical » dans les prévisions du pouvoir. A en croire ce journal, le ministre de l’intérieur, Yazid Zerhouni, « aurait émis des réserves » à l’idée d’un troisième mandat de M. Bouteflika.

Émeutes à Oran

28 mai 2008

Au lendemain des émeutes qui ont éclaté un peu partout dans la wilaya d’Oran, quelques minutes après le coup de sifflet final confirmant la relégation du MCO en deuxième division, la rue oranaise, plus particulièrement au niveau du centre-ville, s’était brusquement transformée en un champ de bataille, entre supporters invétérés des Hamraoua et les éléments des services de sécurité. Après une nuit agitée et marquée par plusieurs actes de vandalisme, le calme semblait revenir dans la matinée d’hier, mais vers 11h, la panique a regagné la ville car les émeutes venaient de reprendre au quartier général des supporteurs à El- Hamri et commençaient à se propager. De suite, les transports en commun furent interrompus et la circulation complètement chamboulée.

On assistait au centre-ville d’Oran à des scènes de panique, surtout à la vue des voitures qui venaient en sens inverse et les passants de courir car, disaient-ils : «Ils arrivent, ils arrivent, fuyez !». Dès lors, plus personne ne comprenait ce qui se passait réellement. Quelques minutes après, les services de sécurité se sont déployés et Oran s’est vite transformée en ville fantôme. Les émeutes qui ont éclaté, lundi en fin d’après-midi dans la ville d’Oran, suite à la relégation du MCO en deuxième division, se sont poursuivies jusque tard dans la soirée. Plusieurs édifices et autres locaux commerciaux furent saccagés et pillés. Les services de sécurité, notamment les brigades antiémeutes, ont quadrillé la ville en effectuant plusieurs interventions et des arrestations. Les émeutiers n’ont pas hésité à revenir à la charge en ciblant les services de sécurité par des jets de pierres nourris.

Nul ne saurait dire de quel quartier les émeutes sont parties tant la colère et les actes de révolte et de vandalisme se sont déclenchés un peu partout dans la ville d’Oran et au même moment. Les passants ne comprenaient pas les raisons de ces heurts entre jeunes et forces de l’ordre. L’information a vite fait le tour de la ville qu’il s’agissait de supporters du MCO sortis crier leur déception suite à la relégation de leur club pour la première fois en deuxième division. Dès 7h30, la situation a dégénéré surtout dans le fief du club, à El-Hamri, puis à Mediouni, Ekmuhl. Des poteaux électriques et autres plaques de signalisation ont été arrachés, des vitrines brisées, des feux allumés un peu partout, des routes bloquées par des sacs de pierres notamment au centre-ville et à la rue Larbi Ben M’hidi. Dès lors, la circulation fut interrompue et tout conducteur qui s’y aventurait pouvait dire adieu à sa voiture.

Vers 21h, les émeutiers s’en sont pris à la Casoran, la CNEP, la poste, l’Ecole normale d’Ekmuhl, et ont mis le feu au cinéma Maghreb et n’était les appels incessants de la population à la police, ce lieu culturel serait parti en flammes. Quelques minutes après, les services de sécurité ont investi les lieux pourchassant les jeunes dont certains ont été arrêtés. Les échauffourées ont atteint tous les quartiers populaires, tels qu’El- Hamri, Mediouni, Victor Hugo, Petit Lac, Les Castors… Les commerçants du centre-ville ont pour leur grande majorité, fermé leurs magasins craignant le pire. Les émeutiers en colère s’en sont pris aux biens du président du MCO en s’attaquant au siège de son journal l’Echo d’Oran dont la façade fut sérieusement saccagée.

Hier matin, pour se rendre à El-Hamri, il fallait le faire à pied car non seulement il n’y avait plus de transports en commun mais aussi nul conducteur ne voulait s’y risquer. Sur place, la tension était à son comble et les jeunes s’affairaient à réunir le plus grand nombre de projectiles pouvant leur servir dans «la bataille» qu’ils semblaient préparer, car ils ne comptaient pas en rester là. Des jeunes du quartier, tout en nous conseillant de quitter les lieux, nous préviennent : «Quand ça va éclater, nul ne sera épargné et la confusion sera totale. Nous voulons exprimer notre ras-le-bol, nous n’avons que le foot et eux magouillent et gèrent mal sans que personne ne leur dise quoi que ce soit !» Au même moment, vers 11h30, un bruit sourd s’est fait entendre dans la ville. Selon toute vraisemblance, il s’agissait d’une explosion. Rapidement, la rumeur a fait le tour de la ville laissant penser qu’il s’agit d’une bombe qui aurait explosé dans la Nouvelle-Ville. Une atmosphère malsaine régnait au centre-ville et l’on pouvait entendre les bombes lacrymogènes utilisées pour disperser les jeunes manifestants munis de pierres. Comme c’est le cas aux quartiers de Pitti, la place Valéro, Ed Derb, Saint- Antoine, El-Hamri, Plateaux, Saint-Pierre et au centre-ville d’Oran où les bombes lacrymogènes n’ont pas épargné les alentours du consulat d’Espagne.

L’on saura que parmi les édifices privés saccagés, la banque privée AGB (Algerian Golf Banc) qui n’a pas échappé à la colère des émeutiers. L’une des grandes difficultés de cette matinée incertaine avait été vécue par les parents des quelque 51 222 écoliers qui devaient passer les examens de sixième. En raison des émeutes, ils avaient du mal à rejoindre les centres d’examen. Pour y accéder, ce ne fut pas une mince affaire : circulation automobile interrompue et route bloquée par les uns et les autres (services de sécurité et émeutiers). Sur les ondes de la Radio El Bahia, depuis 14h, des appels incessants sont lancés à la population afin que personne ne sorte car la situation était critique. A la rue principale du centre-ville, Larbi Ben M’hidi, une bataille opposait les brigades antiémeutes aux jeunes manifestants munis de pierres et de sacs de sable. Selon les informations que nous avons pu recueillir, aucun quartier de la ville d’Oran n’est épargné par ces scènes et le calme ne semblait pas près de revenir. Concernant le bilan des blessés et des arrestations, et en l’absence d’interlocuteurs, nous n’avons pu recueillir que quelques informations, pas encore confirmées officiellement, faisant état d’une quarantaine de blessés parmi les forces de sécurité et une quarantaine d’arrestations.
A. B.

Des banques saccagées et plusieurs pillages de commerces enregistrés

La rue Larbi-Ben M’hidi fut transformée en champ de bataille. Une cinquantaine de jeunes ont investi le dépôt des tables servant à la vente des fruits et légumes dans la rue de la Bastille et s’en sont servis pour barricader la rue principale Larbi-Ben M’hidi. Ils se sont également servi des cageots à légumes pour allumer le feu. Des jeunes déchaînés n’ont pas hésité à saccager un magasin d’articles de sport situé dans cette même rue, après l’avoir pillé. Selon certaines sources, les services de sécurité auraient procédé à l’interpellation de 150 personnes, quant au nombre des blessés, il demeure imprécis. Certaines sources parlent de 30 parmi les policiers alors que d’autres avancent le chiffre de 70. L’on saura que des banques ont été saccagées à l’exemple de la Société Générale, El-Baraka, AGB ainsi que la CNEP de la cité Lescure. Aux environs de 16h30, un calme précaire semblait s’installer. Toutefois, les rues étaient toujours aussi désertes et la circulation routière n’avait toujours pas repris. La tombée de la nuit faisait craindre le pire car si certaines sources affirmaient que d’ici là, des renforts de sécurité allaient être acheminés vers Oran, d’autres laissaient entendre que les manifestants «promettaient» une nuit blanche. La population, elle, n’avait qu’un souhait, le retour au calme et à l’apaisement des esprits car des scènes comme celles vécues hier leur rappellent un certain 5 Octobre 1988.

Algérie : Oran, ville fantôme au lendemain des émeutes

28/05/2008

Au lendemain des violentes émeutes qui l’ont secouée, Oran avait, mercredi 28 mai, des allures de ville fantôme. Durant toute la matinée, le centre-ville était presque désert. Les voitures étaient moins nombreuses que d’habitude et beaucoup de magasins sont fermés dans la matinée. Plusieurs banques et entreprises ont également fermé leurs portes, de peur d’être visées par les jeunes émeutiers, en colère après la descente de l’équipe du MCO en deuxième division. De nombreux Oranais se sont abstenus de se rendre au travail par crainte de nouvelles émeutes. Des policiers sont postés devant les édifices publics et les consulats de France et du Maroc. « En ville, il y a beaucoup de délinquants. La situation peut se détériorer à tout moment», témoigne un habitant.

Dans les rues et les quartiers d’Oran, les traces des violentes émeutes de mardi qui ont fait un mort (un policier, selon nos sources) et plus de 100 blessés entre manifestants et policiers sont toujours visibles. A M’dina Jdida, un dépôt de l’Eriad a été vidé par les manifestants qui ont pillé le magasin. Plus de 400 tonnes de semoule et de farine ont disparu du dépôt. A Plateaux, quartier populaire touchée par les émeutes, c’est un magasin de boissons alcoolisées qui a été pillée.

La soirée de mardi a été mouvementée dans plusieurs cités de la ville, comme Akid Lotfi. Sur place, des bandes de jeunes ont essayé de saccager des voitures, provoquant un début de panique parmi les habitants de cette cité de plus de 4000 logements.

Oran voit rouge !

28 Mai 2008 – 7

La ville s’est vidée de toute circulation automobile laissant place aux heurts entre les émeutiers et les forces de l’ordre.

La nuit de lundi à mardi a été très mouvementée dans la ville d’Oran et ses alentours. Des supporters du MCO, chauffés à blanc, ont envahi plusieurs rues de la ville, à la suite de la relégation de leur club.

Au total, 40 policiers ont été blessés et 57 personnes ont été arrêtées. Au plan matériel, les dégâts sont importants. Les jeunes déchaînés s’en sont pris à tous les édifices publics et privés. Près de 130 véhicules ont été saccagés. Deux agences de la Société Générale et celle de Algerian Gulf Bank «AGB» ont été endommagées et leur matériel informatique pillé. Des pylônes électriques, l’éclairage public et des mobiphones ont été dégradés. La devanture du cinéma «Le Maghreb» (Ex-Régent) a été détruite. Le siège du groupe de presse Echo d’Oran appartenant au président du MCO, Youcef Djebari, ainsi que la résidence de ce dernier situés à Hai Fellaoucen, ont été ciblés par des actes de vandalisme. Le siège du journal n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide des forces de l’ordre. Le siège de la Cnep sis au centre-ville ainsi que le secteur urbain d’El Hamri n’ont pas échappé à ces actes de saccage. C’est dire que la violence a été «au rendez-vous» en cette maudite nuit de la relégation et les scènes de heurts et de pillages sont indescriptibles. Ces actes ont commencé quelques minutes après le coup de sifflet final de la rencontre ASO Chlef- MC Oran officialisant la relégation du club des Hamraoua en deuxième division. Les manifestants sillonnaient les différentes artères de la ville, cassant et saccageant tout sur leur passage. En un laps de temps, la ville est devenue méconnaissable. «Le sauve-qui-peut» annoncé a, alors caractérisé le centre-ville et ses alentours. Les rues huppées telles que Larbi Ben M’hidi et Mohamed Khemisti ont été désertées pour la première fois de leur histoire. Pas une seule voiture n’y circule, hormis celle des forces de l’ordre. La ville s’est vidée de toute circulation automobile laissant place aux heurts entre les émeutiers et les forces de l’ordre qui ont été dépêchées sur-le-champ. Tous les accès qui mènent vers le centre-ville d’Oran ont été fermés. Et les affrontements étaient des plus acharnés. Les commerçants ont baissé rideau, la circulation était difficile et les bus assurant les dessertes de plusieurs lignes ont pris la fuite de même que les taxis se sont fait rares. Les quelques véhicules qui ont osé braver «la marche des Hamraoua» ont dû payer cher leur obstination. Le centre-ville a été le point de l’entame des violentes émeutes. Selon des témoins oculaires, les manifestants auraient tenté de s’attaquer à l’Hôtel de ville qui abrite l’APC d’Oran dès les premières minutes du déclenchement de la furia des jeunes. Le siège de l’APC n’a dû son salut qu’à la présence des brigades antiémeute dépêchées sur les lieux. La violence a vite gagné les quartiers populaires, tels qu’El Hamri, Medioni, Ibn Sina (ex-Victor Hugo), Petit Lac, Les Castors. Dans les quartiers connus pour être le bastion du MCO, à l’image d’El Hamri, des scènes de violence ont émaillé la nuit de lundi à mardi. Aux desseins inavoués, l’intox a fait le tour de la ville. Une rumeur, des plus folles, fait état d’arrestations massives et sans distinction. Au moment des faits, un journaliste de l’Echo d’Oran a été interpellé et embarqué par les forces de l’ordre pendant qu’il couvrait les émeutes. La ville d’Oran n’a pas connu pareilles scènes de violences depuis Octobre 1988.

Les Oranais, hébétés par cette montée phénoménale de la brutalité, sont gagnés par une vive panique tandis que la ville est quadrillée par un impressionnant dispositif de sécurité.

Une soixantaine de policiers blessés, une centaine d’arrestations suite à la rétrogradation du MCO : Quand El-Bahia bascule dans la violence

Liberté Algérie

Mercredi 28 Mai 2008

Par la faute d’une maudite rétrogradation en seconde division à la suite d’une parité arrachée dans la confusion, le Mouloudia d’Oran a goûté pour la toute première fois de sa riche histoire aux affres d’une relégation en seconde division nationale. Un déshonneur que personne n’attendait du côté d’El-Hamri ni imaginait possible. Le MCO ne gardera plus son titre et son unique “trophée” moral qui faisait la fierté de toute une région, ce fameux titre de Doyen de l’élite. Le mythe est cassé.

Depuis le coup de sifflet final inattendu du referee Benbaka, Oran commençait à fulminer de colère et d’indignation. Le choc de voir son équipe si chérie quitter la cour des grands était ainsi si violent qu’il “mettra” dehors une jeunesse oranaise déchaînée. L’heure n’affichait pourtant pas plus de 16h30. Les populaires quartiers de Victor-Hugo, Petit-Lac et Haï Zitoun allumèrent la première mèche de ce qui allait être une folle nuit de feu. Pris de panique et d’une peur qui s’affichait clairement sur leurs minois affolés, les Oranaises et les Oranais commencèrent alors une course contre la montre pour aller se réfugier, qui à son domicile, qui chez le membre de sa famille le plus proche. Les riverains des communes avoisinantes, pris de court par l’arrêt de tous types de transport urbain et suburbain, passeront pour leur part de longues heures de panique et d’attente dans les différentes gares de voyageurs, à El-Hamri, à Yaghmorassen et aux Castors.

Les commissariats : première cible

C’est que déchaînés, les supporters du MCO ont décidé de faire dans la casse généralisée. Aucun véhicule ne put ainsi traverser le boulevard des 40 mètres à Delmonte sans être pris pour cible. Idem dans les autres grands boulevards et importantes artères de la ville comme la rue Mohamed-Khemisti, Larbi-Ben-M’hidi et autres places Garguentah. Très vite, ces scènes d’émeutes se propageront aux quatre coins de la ville pour embraser le tout-Oran dont le cœur battait pour le Mouloudia. Des affrontements avec les forces de l’ordre constitueront d’ailleurs les points d’orgue de cette fin d’après-midi marquée surtout par l’attaque des supporters du chaud quartier de Victor-Hugo contre la 18e sûreté urbaine. Mais si les habituels quartiers populaires de la cité ont tous connu une effervescence et de graves scènes d’émeutes où aucun édifice public ou même panneau de signalisation et cabine téléphonique d’Oria n’ont été épargnés, c’est surtout à El-Hamri où le sang bouillonnait le plus. Chauffés à blanc, les Hamraoua ne se contenteront, cependant, pas de crier la colère en dressant des barricades et en brûlant des pneus pour retarder l’avancée des forces antiémeutes, mais sont même allés jusqu’à “envahir” les biens privés du président du MCO, Youssef Djebbari. Le quotidien d’information l’Echo d’Oran, propriété de Djebbari, a ainsi été attaqué et complètement saccagé par une foule en colère. Le siège de cette entreprise d’information a d’ailleurs été pris d’assaut alors que quelques-uns des employés du journal n’avaient pas encore quitté leurs bureaux et n’ont dû leur salut qu’à une fuite inévitable sous peine d’être vilipendée par ces supporters en furie. Outre l’Echo d’Oran, les supporters du MCO se sont attaqués à un autre symbole lié à l’actuelle direction mouloudéenne, le lieu de regroupement des anciens joueurs, plus connu sous le sobriquet d’El-H’ssira. Pris d’un malaise suite à la rétrogradation de son club de toujours, l’influent membre de l’assemblée générale du MCO, El-Hadj Houari Beddiar a, pour sa part, été transféré en urgence à l’hôpital dans un état comateux, avant d’en sortir le lendemain dans un état pas très rassurant.

Arrivés à Oran peu après 20h, les joueurs du MCO, qui formeront pour longtemps dans la mémoire collective oranaise la pire équipe mouloudéenne de tous les temps, puisque rétrogradée en D2, se sont réfugiés chez eux de crainte de représailles, mais surtout sous le choc de ce qu’ils avaient vécu comme méchanceté gratuite et agressions caractérisée à Chlef.

Mais si l’autocar transportant l’équipe mouloudéenne s’en est sorti à bon compte avec deux vitres cassées seulement, le fait qu’un groupe de supporters chélifiens à la sortie de l’ex-El-Asnam soit parvenu à rejoindre Oran presque incognito sans que les joueurs ne soient vilipendés publiquement, l’homme le plus recherché de la ville et de ses environs en ce lundi de l’angoisse a été sans conteste Youssef Djebbari. À un degré moindre, ses deux principaux conseillers qui, victimes de leur “manque de vision” à moyen terme, étaient tout aussi sous le coup d’un “wanted” local. Des informations crédibles affirmaient, au sujet du président fuyard, qu’il était “caché au Sheraton, dans l’attente qu’une réservation d’avion à destination de l’Espagne lui soit confirmée”.

Cherif El-Ouazzani dit stop !

Meurtri dans sa chair, l’entraîneur Si Tahar Cherif El-Ouazzani avait bien du mal à formuler ses phrases. “J’ai connu le pire lundi de ma vie, le pire jour de foot de toute ma carrière. J’ai été lynché, agressé, insulté, battu sans aucune raison valable, si ce n’est avoir joué le jeu en ce maudit match de coupe face à l’ASO”, pestera un Cherif El Ouazzani au bord de la dépression et d’ajouter : “Notre rétrogradation reflète l’injustice caractérisée. Des équipes faussent le championnat avec leurs juniors. J’en ai vraiment marre et, pour l’instant, je ne veux aucunement entendre parler de football, car le MCO n’a pas rétrogradé et ce n’est pas l’ASO qui nous a privé de maintien, car on a battu deux fois cette équipe contre un match nul à Chlef cette saison. Mais c’est cette grande magouille contre un MCO esseulé qui m’écœure et qui révolte toute une ville. En un mot, nous sommes mahgourine !”

Elimam appelle au calme

Pendant que toute la ville brûle de chagrin et de colère, un vent d’espoir a, toutefois, soufflé sur les coutumiers points chauds, insufflant une “bonne nouvelle selon laquelle le wali d’Oran et des hauts responsables font tout leur possible pour convaincre ceux qui gèrent les affaires du football national de former une D1 à 20 clubs”.Peiné par ce que vit Oran depuis plus de 36 heures, l’ex-président Kacem Elimam n’a, d’ailleurs pas tardé à “lancer un appel au calme et demander aux supporters de patienter et de ne pas détruire leur ville” car l’“actuel système de compétition sera remplacé par un autre qui garantira au MCO sa pérennité parmi l’élite”. Un appel au calme dont la radio locale en a fait son refrain journalier en le lançant en boucle à ses auditeurs.

Oran : un policier tué et 40 personnes blessées dans des émeutes

27/05/2008

La relégation en deuxième division de l’équipe phare d’Oran, le MCO, lundi à l’issue de la dernière journée du Championnat où elle avait concédé le match nul à Chlef, a donné lieu à de violentes émeutes dans la capitale de l’ouest du pays. Bilan : un policer tué, 40 personnes blessées dont 18 policiers, 128 véhicules saccagés et une cinquantaine d’arrestations.

Selon des sources locales, interrogées mardi par toutsurlalgerie.com, le siège de l’Echo d’Oran, à El Barki, abritant trois autres titres appartenant au président du MCO, a échappé de peu en début de soirée de lundi à un saccage, et ce grâce à l’intervention des forces de sécurité, lesquelles ont arrêté une vingtaine d’assaillants. Durant toute la journée de mardi, plusieurs endroits d’Oran restaient quadrillés et des véhicules des forces anti-émeutes patrouillaient dans les carrefours stratégiques de la ville. Dans l’après midi des actes de vandalisme ont été signalés sur le route d’Arzew.

Ces violences interviennent dans un contexte de fin de championnat houleux. Vendredi dernier, des bagarres avaient éclaté à Kouba, dans la banlieue d’Alger entre les supporters de l’équipe locale et ceux d’El Harrach. D’autres villes ont connu également des scènes de violences, à l’issue de matches de football.

Selon de nombreux spécialistes, ces violences expriment le désarroi social de la jeunesse, laquelle trouve dans les stades son seul canal d’expression. Pour contenir ces dérives, certains responsables du football algérien proposent un Championnat à blanc. Mais l’idée semble pas à faire l’unanimité.

~ par Alain Bertho sur 27 mai 2008.

4 Réponses to “Emeutes à Oran mai 2008”

  1. IL S AGIS D UN CHIFRE 8 MISTERIEUX ENTRE OCTOBRE 1988 ET MAI 1968 CES QU IL YA TOUJOUR LA MOITIER DU CHEMAIN A REBROUSER POUR ARIVER A 2008 SANS AVOIR UN LANGUAGE PROTO SOFISTE COMME CELUI DE L OFFICIEL D ALGER L OFFICIEUSE MAIS LES BRIGADES MEURTRIERE DE TOUS LES TEMPS RESIDE TOUJOUR ACTIVE SUR TOUTE LES COTES PROCHE DE SECCA VIOUDA ..B.S-GHAS-ERZEW ORA… ECST BRIGADES DES PASSEUR ET D ECLEREURE D ENTRE EUX MEME UN OFFICIER POMPIER CONNU AVEC LE SURNOM DE KRIKRA OU HDIDWNE DE LA PLAGE DES PUIS B.S..ET AUTRE CE N EST QU UN PETIT MENBRE LE HDIDWANE MAIS IL RAPPORTE TROP A LA CAISSE DES PASSEURE ….. LES MAINS PLAINNE POUR LES INNOCENTS ….

  2. dépréssion aprée l’autre cette fois c’est celle des pompiers du désert les pompiers passeures de harragas qui vons faire une manif pour protester contre tous ces controles laprochaine c laisser nous travaillez ..comme passeure à bas pris notre chef c dadou boucif le capitaine harrague vive le ché gui krikra

  3. vive algeria

  4. vive oran et vive chlef tahyaaa wled cha3bbbbb

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