Emeutes à Mogadiscio mai 2008

Somalie: 2e jour de manifestations contre la hausse des prix, cinq blessés

6 mai 2008

MOGADISCIO (AFP) — La police somalienne a tiré en l’air mardi à Mogadiscio pour disperser une foule de manifestants qui protestaient, pour le deuxième jour consécutif, contre la hausse du prix des denrées alimentaires, blessant au moins cinq personnes, ont rapporté des témoins.

Environ 10.000 personnes ont manifesté dans les rues de la capitale somalienne au lendemain de la mort de cinq personnes tuées par la police dans une manifestation similaire, a constaté un correspondant de l’AFP.

Dans des quartiers de la ville, la police a effectué des tirs de sommation pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient de pénétrer dans des échoppes, ont rapporté à l’AFP ces témoins.

« Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser des manifestants qui s’étaient attaqués à des voitures, blessant trois d’entre eux », a rapporté à l’AFP Abdukadir Mohamed, résident de Lafole, district du sud de la capitale.

La police a également blessé deux protestataires qui lançaient des pierres sur une patrouille, selon des témoins.

Les protestataires ont défilé notamment dans le quartier de Bakara, où se situe le principal marché de Mogadiscio.

« C’est le principal problème auquel la planète fait face (hausse des prix). Tout le monde se fiche des civils (…) et les commerçants nous font en ce moment encore plus de tort que les ennemis armés de la Somalie », a lancé à la foule un leader religieux, cheikh Mohamoud Abdulle.

« Nous ne pouvons plus ignorer ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Les manifestants protestent également contre l’hyper-inflation et les pratiques de nombreux commerçants qui imposent le dollar dans les échanges au lieu du shilling somalien, fortement dévalué.

Après avoir reçu des menaces de mort, certains commerçants de Mogadiscio ont à nouveau accepté mardi des shillings.

« Nous acceptons à nouveau les shillings somaliens, mais le taux de change par rapport au dollar a atteint des records », expliqué à l’AFP Hussein Moalim Ali, un cambiste du marché de Bakara.

Mardi, un dollar s’échangeait à 31.000 shillings, contre 25.000 shillings lundi, et environ 11.500 au début de l’année 2007.

L’ONU a averti des conséquences dramatiques de la dévaluation du shilling somalien de 100% ces 15 derniers mois et d’une inflation galopante.

Les prix des céréales ont augmenté entre 110% et 375% depuis un an en Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique ravagé par une guerre civile depuis 1991.

La situation a été exacerbée par les aléas climatiques, et des affrontements incessants et acharnés entre les forces somaliennes, soutenues par les troupes éthiopiennes, et une insurrection menée par les islamistes.

Les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé dans le monde en l’espace de trois ans selon la Banque mondiale, provoquant des émeutes en avril en Egypte et à Haïti, des manifestations dans de nombreux autres pays et des restrictions des exportations de plusieurs producteurs dont le Brésil, le Vietnam et l’Inde.

Somalie : deuxième jour d’émeutes de la faim

La police a tiré sur les manifestants à Mogadiscio

La Somalie connaît ce mardi son deuxième jour d’émeutes contre la vie chère et l’inflation. Lundi, la police a tiré à balles réelles sur les milliers de manifestants, faisant au moins un mort et plusieurs blessés. Les marcheurs dénoncent notamment que les commerçants n’acceptent pas le shilling somalien, fortement dévalué et contrefait. Pour juguler la crise, le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a annoncé la création d’une « nouvelle monnaie ».

mardi 6 mai 2008, par Awa Traoré

Les « émeutes de la faim » frappent encore Mogadiscio. Pour le deuxième jour consécutif, ce mardi, des milliers de Somaliens sont descendus dans les rues de la capitale somalienne pour contester la hausse du prix des denrées alimentaires et l’inflation. Lundi, ils étaient entre 7 000 et 20 000 à manifester pour dénoncer la vie chère. Certains d’entre eux, armés de grenades ou de pierres, se sont attaqués à des vitrines et des autobus. La police, qui est intervenue en tirant directement sur les marcheurs, aurait fait entre un et cinq morts et plusieurs blessés.

Le lendemain de ce drame, les Somaliens se sont donné rendez-vous pour une nouvelle mobilisation. Quelque 10 000 manifestants ont défilé pour les victimes de lundi et contre l’augmentation des prix. Cette fois, les forces de l’ordre ont tiré en l’air pour disperser la foule, ont rapporté des témoins. Une foule à laquelle appartenait le leader religieux cheikh Mohamoud Abdulle. « Tout le monde se fiche des civils (…) et les commerçants nous font en ce moment encore plus de tort que les ennemis armés de la Somalie », a-t-il déclaré. Une allusion à la guerre qui oppose quasiment quotidiennement des insurgés islamistes au pouvoir et à leurs alliés éthiopiens.

« Nouvelle monnaie »

Depuis un an, le prix des céréales fortement augmenté, avec des étiquettes affichant de plus 110% à plus 375%. Le kilo de blé vaut ainsi aujourd’hui 18 cents d’euro contre 7 cents en janvier. Quant au sac de riz, il valait 16,7 euros il y a quatre mois, contre 30,6 euros actuellement. C’est dans ce contexte que les commerçants suscitent la colère des clients potentiels en privilégiant les transactions en dollars américains et en refusant de prendre les anciens billets de mille shillings somaliens – une monnaie dont les billets sont largement contrefaits et qui a presque perdu la moitié de sa valeur en quinze mois.

La situation n’est pas près de s’arranger, si l’on en croit les menaces de sécheresse. De quoi craindre que d’autres affamés rejoignent les quelque 2,6 millions de Somaliens dépendant de l’aide alimentaire des Nations Unies. Depuis janvier, ce nombre aurait d’ailleurs déjà augmenté de 40%. Afin de juguler la crise, le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a déclaré lundi, à Paris, qu’il prévoyait la création d’une « nouvelle monnaie ». La France a quant à elle annoncé qu’elle doublerait son aide alimentaire à la Somalie, qui passera à 7 millions d’euros en 2008.

Nouvelles émeutes de la faim à Mogadiscio

mardi 6 mai 2008

Des habitants de Mogadiscio sont descendus dans les rues de la capitale somalienne pour dénoncer pour la deuxième journée consécutive leurs difficultés à acheter de la nourriture.

Selon des témoins, des centaines de jeunes gens ont érigé des barrages en travers des rues et incendié des pneus. Des pierres ont également été lancées contre des voitures circulant dans Mogadiscio.

Les effets de la crise mondiale sur les prix de la nourriture se doublent en Somalie du refus des commerçants d’accepter de vieux billets de banque, dont un grand nombre sont contrefaits par des faux-monnayeurs.

« J’ai faim et pourtant je ne peux même m’acheter à manger », témoignait mardi Abdifatah Hussein, 25 ans, une liasse de billets de banque à la main. « J’ai peur que nous nous mettions à nous entre-dévorer. Nous n’arrêterons pas de manifester tant que les commerçants n’accepteront pas nos billets », poursuivait-il.

De nombreux vendeurs refusent ces billets, qui ont pourtant toujours cours légal, et exigent d’être payés en dollars, ou en billets libellés en nouveaux shillings somaliens.

Une réunion de crise s’est tenue mardi à Mogadiscio entre les autorités locales et des représentants des commerçants pour tenter d’apaiser la colère des habitants.

Lundi, de précédentes émeutes avaient fait un mort.

Abdi Sheikh et Abdi Mohamed, version française Henri-Pierre André

Des habitants de Mogadiscio sont descendus dans les rues de la capitale somalienne pour dénoncer pour la deuxième journée consécutive leurs difficultés à acheter de la nourriture. Photo prise le 6 mai 2008/REUTERS/Mowlid Abdi

En Somalie, la répression des « émeutes de la faim » fait plusieurs victimes

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 05.05.08

Alors que des milliers de Somaliens manifestaient, lundi 5 mai, dans les rues de Mogadiscio contre le prix des denrées alimentaires et l’inflation – parfois violemment, avec jets de pierres et bris de vitrines –, les forces de sécurité somaliennes ont ouvert le feu sur la foule, tuant entre une et cinq personnes, selon les sources, et faisant plusieurs blessés.

Depuis le matin, entre 7 000 et 20 000 personnes protestaient dans les rues de la capitale contre l’hyper-inflation et les pratiques de nombreux commerçants qui imposent le dollar dans les échanges au lieu du shilling somalien, dont le cours a été pratiquement divisé par deux depuis un an. Une dévaluation spectaculaire qui serait en partie liée à l’abondance de billets contrefaits. « Les commerçants ont refusé les vieux billets. Les prix de la nourriture sont élevés et nous n’avons rien à manger. Nous manifesterons jusqu’à ce que les commerçants acceptent nos billets et nous vendent de la nourriture », a déclaré un des manifestants.

IMPACT PLUS VIF DE LA CRISE MONDIALE

Quelque 2,6 millions de Somaliens ont actuellement besoin d’aide pour se nourrir. Un nombre qui a augmenté de 40 % depuis janvier, selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’ONU s’est récemment inquiétée des conséquences dramatiques de la dévaluation du shilling somalien de 100 % ces quinze derniers mois et d’une inflation galopante. La Somalie est en guerre civile depuis 1991, et sa capitale est le théâtre de combats quasi quotidiens entre des insurgés islamistes et les forces gouvernementales. Aujourd’hui, le pays n’a plus d’institutions centralisées, notamment de banque centrale capable de réguler la masse monétaire en circulation.

Cette particularité rend encore plus vif l’impact de la flambée des cours mondiaux de l’alimentation dans ce pays, où plusieurs « émeutes de la faim » ont déjà éclaté au cours des six derniers mois. Les prix des céréales y ont augmenté de 110 % à 375 % depuis un an. Depuis janvier, à Mogadiscio, le prix du kilo de farine de maïs est passé de 12 cents à 25 cents, le prix d’un sac de 50 kilos de riz de 26 dollars à 47,50 dollars.

Nouvelles émeutes de la faim meurtrières en Somalie

5 mai 2008

Au moins cinq personnes ont été tuées à Mogadiscio lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants. Ces derniers protestaient contre le prix des denrées alimentaires et l’inflation.

Les émeutes sont attisées par la baisse de 50% du cours du shilling somalien par rapport au dollar depuis la fin de la dictature en 1991 suivie d’une guerre civile qui perdure.

Une situation elle-même aggravée par l’abondance de faux billets comme l’explique ce manifestant : « Nous protestons contre le gouvernement somalien et les commerçants qui refusent les vieux billets. Les prix de la nourriture sont élevés et nous n’avons rien à manger. Nous manifesterons jusqu’à ce que les commerçants acceptent nos billets et nous vendent de la nourriture ».

En six mois, le prix des céréales a quasiment triplé. L’Onu alimente déjà plus de 2,6 millions de somaliens et la crainte d’une nouvelle sècheresse inquiète.

Somalie: cinq morts dans des émeutes contre la hausse des prix alimentaires

5 mai 2008

MOGADISCIO (AFP) — Au moins cinq personnes ont été tuées lundi à Mogadiscio lorsque les forces de sécurité somaliennes ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants protestant violemment contre la hausse des prix des denrées alimentaires.

C’est la première fois que des violences ont lieu en Somalie sur la hausse des denrées alimentaires qui ont pratiquement doublé dans le monde en trois ans selon la Banque mondiale, provoquant des émeutes meutrières en avril en Egypte et à Haïti et des manifestations dans de nombreux autres pays.

Environ 20.000 manifestants, selon des témoins, ont fait éclaté leur colère lundi, brisant des vitrines d’échoppes, brûlant des pneux, bloquant des rues, dans la capitale somalienne déjà ravagée par des combats entre des insurgés islamistes et les forces gouvernementales dans ce pays en guerre civile depuis 1991.

Au moins cinq personnes ont été tuées lundi dans ces violences, qui ont dégénéré quand la police a ouvert le feu sur les manifestants pour répliquer à l’explosion de grenades lancées par des inconnus et à des scènes de pillage.

Les manifestants protestaient également contre l’hyper-inflation et les pratiques de nombreux commerçants qui imposent le dollar dans les échanges au lieu du shilling somalien, fortement dévalué.

« La police a ouvert le feu lorsque des civils avançaient vers un commissariat de police. Ils ont tué deux manifestants dans le quartier de Dharkiley » (sud), a rapporté un témoin, Farah Mohamed Abdi.

« Alors que la foule manifestait (…), une grenade a explosé près d’un barrage de la police. Les policiers ont répliqué (en tirant), tuant deux civils et dispersant la foule », a ajouté un autre habitant, Osman Mukhtar, originaire du quartier de Waberi (sud).

Une personne a également été tuée lorsque la police a ouvert le feu sur la foule dans le quartier K4.

« Nous ne voulons pas de ces commerçants cruels », scandaient plusieurs manifestants.

« S’ils refusent de baisser les prix de la nourriture, nous allons commencer à piller les magasins pour survivre (…) nous allons continuer à manifester jusqu’à qu’ils (commerçants) acceptent le shilling somalien », a lancé un autre manifestant, Hassan Said.

« Nous demandons aux marchands d’arrêter leur pratiques commerciales sans scrupules. Ils refusent d’accepter les shillings somaliens et demandent des dollars. Ne sommes-nous pas Somaliens? Le dollar est-il notre monnaie? La réponse est non », a lancé un manifestant, Hussein Mohamed Ali.

Actuellement, un dollar s’échange à 25.000 shillings contre environ 4.000 en 1991, au moment de la chute du président Mohamed Siad Barre, qui a plongé le pays dans la guerre civile.

Depuis, ce pays pauvre de la Corne de l’Afrique n’a plus d’institutions centralisées, y compris de banque centrale capable de réguler la masse monétaire en circulation.

Quelque 2,6 millions de Somaliens ont besoin d’aide pour se nourrir et leur nombre a augmenté de 40% depuis janvier, selon les chiffres recueillis par la Food Security Analysis Unit, qui dépend de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’ONU a averti des conséquences dramatiques de la dévaluation du shilling somalien de 100% ces 15 derniers mois et d’une inflation galopante.

Les prix des céréales ont augmenté entre 110% et 375% depuis un an en Somalie.

La situation a été exacerbée par des affrontements incessants ainsi que par une situation climatique difficile où la saison des pluies s’étendant habituellement d’avril à juin a pris du retard.

Des milliers de Somaliens dans les rues de Mogadiscio, deux morts

MOGADISCIO, Somalie — Des soldats somaliens ont ouvert le feu et fait au moins deux morts lundi à Mogadiscio lors d’un violent mouvement de protestation contre les prix élevés des denrées alimentaires, ont rapporté des témoins.

D’après le Dr Dahir Dhere, un homme blessé durant les émeutes est mort lors de son transfert vers une salle d’opération du principal hôpital de la ville.

Abdinur Farah, l’un des manifestants, a de son côté expliqué que les soldats avaient ouvert le feu et blessé son oncle qui se trouvait en sa compagnie. Il est « mort avant que nous puissions l’emmener à l’hôpital », -t-il dit.

Un journaliste de l’Associated Press présent sur place avait un peu plus tôt déclaré que plusieurs personnes avaient été blessées dans ces émeutes.

Les émeutiers parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants ont lancé des pierres, brisant les vitres des voitures et des autobus. Ils ont ensuite dirigé leur colère contre les commerçants, notamment sur le marché Bakara, le principal marché de la capitale.

Des centaines d’échoppes et de restaurants du sud de Mogadiscio ont baissé leurs rideaux par crainte de dégâts et de pillages.

Emeutes de la faim » sanglantes à Mogadiscio

France24

Lundi 05 mai 2008

Les forces de sécurité somaliennes ont tiré sur la foule qui manifestait dans les rues de Mogadiscio contre l’augmentation des prix de la nourriture. Bilan de ces nouvelles « émeutes de la faim » : au moins cinq morts.

MOGADISCIO, 5 mai (Reuters) – Des milliers de Somaliens ont manifesté lundi dans les rues de Mogadiscio contre les difficultés auxquelles ils se heurtent pour acheter de la nourriture.

Selon des habitants, les marchands refusent les vieux billets de banque encore en circulation en Somalie.

« Les commerçant ont refusé les vieux billets. Les prix de la nourriture sont élevés et nous n’avons rien à manger. Nous manifesterons jusqu’à ce que les commerçants acceptent nos billets et nous vendent de la nourriture », a déclaré à Reuters un des manifestants, Hussein Abdikadir.

Le cours du shilling somalien a été pratiquement divisé par deux face au dollar depuis un an – il est aujourd’hui à 34.000 pour un dollar – et sa dévaluation spectaculaire serait en partie liée à l’abondance de billets contrefaits par des faux-monnayeurs.

Cette particularité rend encore plus vif l’impact de la flambée des cours mondiaux de l’alimentation en Somalie, où plusieurs « émeutes de la faim » ont éclaté au cours des six derniers mois.

SOMALIE

2 morts lors d’une violente manifestation à Mogadiscio

05.05.2008

Lors d’une violente manifestation contre le prix élevé des denrées alimentaires, des soldats somaliens ont ouvert le feu et fait au moins deux morts dans la capitale.

Près du marché Bakara à Mogadiscio, le 5 mai 2008. (Reuters)

Des soldats somaliens ont ouvert le feu et fait au moins deux morts lundi 5 mai à Mogadiscio lors d’une violente manifestation contre les prix élevés des denrées alimentaires, ont rapporté des témoins.
Un journaliste de l’Associated Press présent sur place avait un peu plus tôt déclaré que plusieurs personnes avaient été blessées dans cette émeute. Les émeutiers parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants ont lancé des pierres, brisant les vitres des voitures et des autobus. Ils ont ensuite dirigé leur colère contre les commerçants, notamment sur le marché Bakara, le principal marché de la capitale.Des centaines d’échoppes et de restaurants du sud de Mogadiscio ont baissé leurs rideaux par crainte de dégâts et de pillages. (Avec AP)

~ par Alain Bertho sur 5 mai 2008.

 
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