Emeute à Chlef avril 2008

لقد عقب اصدار الحكم ضد السيد يعقوبي منصر المظلومين في بلدية لاشطية بعام حبس مع وقف التنفيذ قيام الشعب باعمال شغب تضامنا معه في ظل القوانين التعسفية للكلب الوالي ولاية الشلف هذا من حق الشعب في ظل بلد البترول الذي يموت فية الشعب حسرة و ظلما و قمعا فالى متى يا ايتها البلد العزيزة المحكمة من طرف البارونات الى متى و يقولون لا للحرق

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Algérie : des députés demandent l’ouverture d’une enquête sur les émeutes de Chlef

Par samia amine le 12/05/2008 à 18:50

Moins de deux semaines après la fin des émeutes qui ont secoué la ville de Chlef, un groupe de députés de l’Assemblée nationale demande la constitution d’une commission d’enquête en vue de déterminer «la responsabilité de chacun dans ces événements», a appris toutsurlalgerie.com auprès de sources parlementaires. Appartenant à plusieurs formations politiques, ces élus ont transmis une pétition au gouvernement via laquelle ils exigent l’ouverture d’une enquête approfondie sur ces événements.

Les députés signataires estiment que ce soulèvement populaire a été provoqué par «le refus des pouvoirs publics d’appliquer une disposition de la loi de finances de 2006. Une disposition qui accorde une aide financière de l’ordre de un million de dinars aux sinistrés du séisme du 10 octobre 1980. Ces émeutes ont mis à nu les défaillances d’une gestion et la fragilité de la situation sociale dans cette wilaya».

Dans leur texte, les députés s’interrogent sur les raisons de l’annulation de cet article. «Comment un ministre ou un wali peut-il rendre caduc une disposition législative ?» Une telle décision devait être soumise au parlement, ont-ils noté. «C’est aux représentants du peuple de voter pour l’annuler ou la modification de cette disposition». Les rédacteurs de cette pétition souhaitent que l’ensemble des députés adhère à cette initiative.

Lettre-témoignage pour Chlef

Les Chroniques
Chroniques du quotidien des Algériens

Sunday, May 4th, 2008

Ma chère maman

J’ai longtemps hésité à t’écrire, de peur que tu me reproches d’être resté si longtemps loin de toi. Mais les nouvelles qui me sont parvenues par quelques amis fidèles et les comptes rendus des journaux m’ont anéanti et ont réveillé bien des souvenirs…douloureux. Car, vois-tu, ce qui «nous» arrive aujourd’hui est l’histoire de l’héritage qu’ont laissé les parents, devenu avec le poids des ans un fardeau trop lourd pour les frêles épaules de nos enfants.

Ce vendredi 10 octobre 1980, face à la fatalité du destin nous avions, grâce au soutien du reste de l’Algérie, fait courageusement notre deuil. Nous n’oublions pas combien l’Algérie entière était près de nous. Nous avions grand espoir pour reconstruire une nouvelle vie. A peine les blessures cicatrisées qu’un autre malheur nous frappait, il était l’oeuvre de tes propres enfants d’alors: «El Asnam» disparaissait. Chlef, nous disait-on, est désormais votre nouvelle identité. Ainsi, nous avons changé trois fois de nom en moins de 20 ans! Ils nous accusaient de porter un nom d’idolâtres. La terre avait tremblé parce que nous avions un nom païen: El Asnam, les idoles disaient-ils, les ignorants! Après la perte de nos frères et soeurs, après celle de nos maisons, nous avons perdu notre nom, notre âme.

Depuis, nous errons. Nous avions compris dès ce moment, que nous étions condamnés par un tribunal moyenâgeux, inquisiteur, composé de quelques illuminés de tes propres enfants. Ils se reconnaîtront. Dès les premières semaines qui avaient suivi le drame d’octobre 80, nous assistions au partage de ce qui restait du cadavre d’El Asnam. Oui, rappelle-toi combien de chefs, responsables et membres du tribunal inquisiteur, parmi tes enfants aînés traçaient les frontières de leurs futurs territoires. Comment ils s’étaient constitués en sectes.

Comment ils «mangeaient» tels des vautours, lambeau par lambeau, les restes de ton corps. Comment ils salissaient et bannissaient ceux de tes enfants qui te restaient fidèles. Parmi les fidèles, il y avait ceux qui étaient montés au front: ils créèrent l’Association «Lasnamia» en 1986. Ils s’appelaient Houari, Sayah, Chorfa Belkacem, Kouardi Bouali, Boutiba Mahiedinne, Klouch Abdelkader…et bien d’autres. Ils ne faisaient que reprendre le nom de cette Association qu’ils avaient fondé bien avant 1980.

Ils frappaient à toutes les portes pour réhabiliter le nom d’origine, El Asnam, et pour bien d’autres missions sociales et culturelles et pour…indemniser les sinistrés que nous étions, afin de ne pas demeurer éternellement dans les baraques que les autres appelaient «chalets». Vois-tu, ce qui t’arrive aujourd’hui ne date pas d’hier. Ta colère de ce dimanche 27 avril remonte à bien loin. Depuis 28 ans, pas le moindre espace de liberté, conquête sociale ou réalisation au profit de tes enfants, et il y en eut, n’a été facile. Plusieurs de tes enfants en payèrent le prix fort.

Souvent celui de leur vie. Rappelle-toi, Bachir Djellid, brillant ingénieur urbaniste assassiné au mois de Ramadhan 1994. Lui, conseiller du wali qui s’est retrouvé devant ce même tribunal sur plainte d’une grosse fortune qui a accaparé, avec la complicité de l’APC, un terrain destiné à la construction d’un temple du savoir: un lycée. La wilaya (et le wali) était devant les juges. L’Etat avait perdu devant la menace. Et nous n’avions rien fait sur le moment.

Nous gardions un silence complice devant l’enrichissement par le vol des biens de l’Etat par bien d’élus et responsables et requins privés. Avec un tel héritage, que peuvent faire tes petits enfants d’aujourd’hui? Le monde est ainsi, aujourd’hui, c’est le wali qui cite devant le juge un de tes enfants pour avoir osé rappeler ta plainte. Mon coeur est d’autant plus meurtri quand tes enfants éclatent leur colère sur le peu qui a été bâti patiemment à la sueur des anonymes depuis 28 ans.

Bien sûr que les dirigeants de l’Algérie qui se sont succédé depuis ces temps t’ont souvent dédaignée comme ils ont dédaigné bien d’enfants de contrées de l’Algérie profonde. Bien sûr, qu’à chacune de nos retrouvailles tu me parles et j’écoute impuissant tes plaintes: chômage, pauvreté, oisiveté, hogra, le vide, rien que le vide. Faudrait-il ajouter au vide la désolation? Inventer ton propre capharnaüm? J’ai rêvé que nous tous à Chlef et ailleurs marchions, marchions seulement, en silence. Répéter s’il le faut les marches silencieuses. Sans heurts, sans violence. Dignes, fiers.

Pour dire à tous les responsables de Chlef et de l’Algérie que nous savons. Que nous avons tellement dit, imploré, crié, payé. Pour dire que nous n’avons plus rien à dire. Que nous marchons. Simplement. Dans le sens de l’histoire. Celle commencée par nos aïeuls et que l’on doit réhabiliter.

Un jour peut-être, nous serons libres et heureux. Un jour, sûrement, nos enfants et leurs enfants vivront heureux. Nous irons le coeur léger et l’esprit reposé nous recueillir sur les tombes de notre mémoire. En attendant, pardonne-moi de n’être pas à tes côtés en ces moments douloureux, comme je te pardonne ta révolte et la comprends.

A très bientôt.

Ton enfant chéri.

M’hammedi BOUZINA

Les émeutes se sont poursuivies hier pour la 3e journée consécutive

30 avril 2008

La population de Chlef ne décolère pas

Alors qu’au niveau du chef-lieu de la wilaya le calme, certes précaire, est de retour, dans la commune de Chettia (10 km au nord de Chlef) les manifestations ont redoublé d’intensité. La ville est transformée en un véritable champ de bataille.

Chlef. De notre envoyé spécial

La wilaya de Chlef ne décolère toujours pas. Les émeutes se sont poursuivies hier encore et pour la troisième journée consécutive. Ni la visite du ministre délégué chargé des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, venu écouter les responsables de différentes associations locales, ni les appels à la raison lancés la veille par le wali et les représentants de l’association des sinistrés du séisme de 1980 n’ont réussi à calmer les esprits. Alors qu’au niveau du chef-lieu de la wilaya le calme, certes précaire, est de retour, dans la commune de Chettia (10 km au nord de Chlef) les manifestations ont redoublé d’intensité. Au moment où nous mettons sous presse, la RN9 menant vers Ténès (50 km au nord de Chlef) est toujours bloquée et les affrontements entre les manifestants et les services de sécurité se poursuivent toujours. La ville est transformée en un véritable champ de bataille. Les jeunes en colère réitèrent leur demande du départ du wali actuel qui, selon eux, « n’a rien fait pour prendre en charge leurs doléances ». « Ce sont ces interventions sur les ondes de la radio locale qui attisent la colère des jeunes », déclare un citoyen qui a requis l’anonymat. Les manifestants de Chettia, qui s’en sont également pris aux rares édifices que compte la commune, réclament la libération de tous les détenus et la satisfaction de la plateforme de revendications élaborée par l’association des sinistrés de 1980. Il s’agit en particulier de la réactivation de l’article 99 de la loi de finances 2007 qui porte sur l’octroi d’une aide financière de 1 million de dinars au profit de toutes les victimes et l’ouverture d’un dialogue sérieux avec les véritables représentants de la population.

Situation tendue

Si à Chettia la situation est explosive, la ville de Chlef est toujours sur le qui-vive. Le dispositif sécuritaire déployé depuis dimanche est toujours maintenu de crainte d’un nouvel embrasement. Devant les sièges de la wilaya, la daïra et au niveau de tous les principaux axes de la ville, des agents de police et de gendarmerie sont déployés pour dissuader les jeunes de reprendre les émeutes. On craint toujours un remake des événements de dimanche et de la veille, où d’autres édifices ont été ciblés. En plus du musée de la ville, les manifestants se sont attaqués, tard dans la soirée de lundi, au siège de la direction régionale nord de Sonelgaz. Ce dernier a été complètement saccagé et incendié. Cinq véhicules de la même direction ont été également brûlés. Située à la sortie nord de la ville de Chlef, cette direction, affirment des citoyens, prend en charge toutes les communes du nord de la wilaya (15 communes). Le climat demeure toujours tendu et la situation risque de dégénérer à nouveau, surtout avec la présentation hier après-midi à la justice des 68 détenus arrêtés dimanche. Selon Daho Ould Kablia, « 95% des personnes arrêtées ont des antécédents judiciaires et ont été appréhendés en état d’ivresse ». « Les personnes prises en flagrant délit de destruction des biens publics seront présentées à la justice », déclare-t-il, en précisant que 25 édifices publics ont été saccagés durant ces événements. On ne sait pas encore quel sort sera réservé à ces détenus. Les déclarations du ministre ne sont pas, en tout cas, venues dans le sens souhaité par les représentants des associations qui, eux, demandent la libération de tous les détenus. Les familles des personnes arrêtées et leurs proches retiennent leur souffle. La population de Chlef aussi…

Madjid Makedhi

Les émeutes continuent à Chlef

Journal chrétien

lundi 28 avril 2008

Les émeutes qui ont éclaté, dimanche, dans la ville de Chlef se sont poursuivies hier. Si en début de matinée, la situation était normale et les gens vaquaient à leurs occupations, aux environs de dix heures, des affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de sécurité ont éclaté, au centre-ville et à Boccâat Sahnoun, pour se propager, ensuite, à d’autres quartiers comme celui de Zebboudj. Les commerces ont aussitôt baissé leurs rideaux.

Au centre-ville, la situation a été maîtrisée aux environs de 12h30, mais à Boccâat Sahnoun, les heurts continuaient jusqu’en début de soirée. Malgré les arrestations opérées, des groupes de jeunes continuaient à jeter des pierres et autres projectiles en direction des gendarmes.

Dans la matinée, l’agence postale et l’ex-Souk El-Fellah appartenant, actuellement, à un privé, et situés à Haï El-Houria ont été saccagés. Il en est de même d’un dépôt de produits pharmaceutiques appartenant, également, à un privé et situé au quartier Ouled Mohamed. Dans ce dernier quartier l’annexe de l’APC a été incendiée. Des hélicoptères de la gendarmerie survolaient, hier, la ville de Chlef à basse altitude.

A signaler que des renforts de services de sécurité ont été dépêchés, au cours de la journée de dimanche, des wilayas d’Alger, Médéa et de Khémis Miliana, notamment. Jusqu’à hier aucun bilan officiel du nombre d’arrestations n’était disponible. Certaines sources avancent, cependant plus d’une centaine d’interpellations, depuis dimanche.

Dans un communiqué daté d’hier, le RCD, rapporte que dans son intervention sur les ondes de la radio locale, le wali de Chlef a déclaré que « ces graves troubles sont le fait d’un parti venu d’ailleurs et qui ne représente que lui-même ».

Se sentant vraisemblablement visé, le parti de Saïd Sadi, qui a condamné ces propos et s’en est violemment pris au wali, impute, lui, les émeutes de Chlef au « refus d’exécuter, dans la transparence, une disposition de la loi de finances 2007 octroyant une aide financière aux victimes du séisme d’octobre 1980 » et à « la répression opposée à toute vie associative autonome dénonçant l’arbitraire et les détournements de biens publics ». Le RCD « exige », enfin, la libération immédiate et sans conditions de tous les citoyens interpellés, la constitution d’une commission d’enquête sur les véritables origines de ces troubles et leur traitement ainsi qu’un audit sur la gestion de la wilaya de Chlef.

Rappelons que les émeutes avaient éclaté, dimanche, à proximité du tribunal de Chlef qui devait abriter le procès de M. Yacoubi, président de l’association des comités de quartiers en préfabriqués (sinistrés du séisme de 1980). M. Yacoubi était poursuivi pour diffamation à la suite d’une plainte du wali de Chlef. Au cours de la journée de dimanche plusieurs édifices publics ont été saccagés, incendiés et pillés.

© Le Quotidien d’Oran

Emeutes à Chlef : Chettia paralysée


29 avril

Le procès concernant les poursuites judiciaires engagées par le wali de Chlef à l’encontre de Mohamed Yacoubi, coordinateur des sinistrés d’octobre 80, a été reporté au 11 mai 2008. selon le communiqué et le rapport, remis à la presse par le représentant des sinistrés de Chlef, l’indemnisation accordée aux sinistrés du séisme 1980, voté par l’APN et mentionné sur le Journal officiel, ainsi que les terres agricole, ce qui a poussé le wali de Chlef à déposer plainte à l’encontre de M. Yacoubi. Ce procès, qui devrait y avoir lieu dimanche dernier en référé au tribunal de Chlef, n’a pas eu lieu.

Dans ce procès, rappelons-le, six avocats étaient présents pour défendre Mohamed Yacoubi bénévolement. il y avait également la présence, depuis 9 heures du matin devant le tribunal de Chlef, deux parlementaires du RCD pour épauler et assister les sinistrés de Chlef. la question qui se pose : où sont passés les élus de Chlef qui ont brillé par leur absence lors de ce procès.

Au premier jour, un monde fou s’est déplacé devant le tribunal de Chlef, pour mieux porter leur soutien à M. Yacoubi. devant cette lenteur d’attente du procès, des émeutes ont éclaté entre service d’ordre et les citoyens ; des échauffourées ont secoué toute la ville de Chlef et les accrochages entre manifestants et service de sécurité ont duré toute la journée jusqu’à minuit. plusieurs édifices publics ont été complètement saccagés, même dans la commune de Chettia, située à 12 km du chef-lieu de la wilaya, des dégâts importants ont été enregistrés. le pire a été évité. Il a fallu l’arrivée des renforts des services d’ordre des autres wilayas avoisinantes pour rétablir la situation et calmer les citoyens. devant cet état de fait, il fallait dialoguer avec sérénité et non pas par la force. En réalité, ces images nous rappellent les événements d’octobre 1988 à Chlef et un peu moins les images de la Palestine. nous ne pouvons pas énumérer tous les édifices publics saccagés et incendiés à Hay Chorfa, Hay Es-Salem, Ouled Mohamed et autres localités où les les émeutes se sont poursuivies jusqu’à une heure tardive de la soirée. il était difficile durant ces affrontements entre émeutiers et services de l’ordre de rejoindre son domicile. Signalons que le siège des P et T de Chlef a été attaqué et du matériel a été volé, la RN reliant Chlef, Chettia et Ténès a été bloquée pendant toute la journée, aux environs de 14h30, le centre-ville de Chlef était vide considéré comme un jour de grève, très tristes, ces émeutes qui ont contre l’arrestation d’une centaine de manifestants et causés plus d’une vingtaine de blessés et pourtant ce sont des revendications légitimes. Ces échauffourées ont repris, hier matin, aux environs de 10h20, c’est une ville sinistrée, les émeutes continuent de faire ravage, les magasins fermés, les bombes lacrymogènes ont été tirées pour disperser les foules qui continuent de saccager tout sur leur passage même le siège de la sûreté de wilaya a failli être attaqué. pour traverser le centre-ville de Chlef, il faut boucher le nez pour éviter le gaz lacrymogène. Les échauffourées ont repris dans la commune de Chettia avec plus d’intensité. les appels fusent de partout de la part des parents qui s’inquiétaient des leurs, les hélicoptères font leur apparition pour filmer les scènes regrettables. nous citons les édifices saccagés complètement tels les banques, les sièges d’Algérie-Télécom (territorial et recette) le musée, l’université, l’agence Djezzy, la daïra, le centre culturel à Hay Es-Salem. A Chettia, les établissements scolaires, l’agence des PTT et la direction des impôts ont reçu la visite des émeutiers

29-04-2008 Abdelkader Della

Emeutes de Chlef : Les raisons de la colère

29 Avril, 2008

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Mohamed Yakoubi, Président de l’Association des sinistrés de 1980 à Chlef explique les raisons qui ont provoqué l’explosion de la colère populaire.

Des émeutes ont secoué, dimanche, la ville de Chlef avant même le début de votre procès, prévu le même jour. Pourquoi, selon vous, la situation a-telle dégénéré ?

Les agissements des autorités locales et leurs déclarations incendiaires sur les ondes de la radio sont à l’origine de ces manifestations. Leurs décisions constituent une injustice flagrante pour les sinistrés de la wilaya de Chlef. La première décision est l’annulation de l’aide financière destinée aux sinistrés, décidée dans le cadre de la loi de finances 2007. L’annulation de cette aide est intervenue à travers l’article 75 de la loi de finances complémentaire de 2007. Une annulation que les citoyens et l’association dénoncent énergiquement car les sinistrés du séisme qui a secoué Chlef en 1980 n’ont bénéficié d’aucune indemnité. De plus, ils continuent à souffrir dans ces chalets qui ne devraient pas être utilisés au-delà de 10 ans. Ils sont complètement dégradés et l’amiante risque de nous poser d’énormes problèmes de santé. Nous sommes exposés à toutes les maladies. Quand nous avons tenté d’attirer l’attention des autorités sur la gravité de la situation, ces dernières ont fait la sourde oreille. Elles ont fermé tous les canaux d’expression et toutes les portes du dialogue. C’est un véritable autoritarisme. Nous demandons l’application de la première décision (article 99 de la loi de finances 2007), car nous sommes dans des conditions difficiles. Nous n’acceptons pas cette différenciation entre un locataire et un propriétaire. Nous sommes tous des sinistrés et là où il y a une habitation préfabriquée, c’est que la personne qui y habite est sinistrée. Nous ne sommes pas contre la construction d’une nouvelle ville, mais il faut que tout le monde soit logé.

En quelle année avez-vous créé cette association et quand avez-vous posé pour la première fois ce problème ?

Au début, des comités de quartier ont été créés par les autorités en 1986. A cette époque, on a lancé l’opération de la reconstruction de la wilaya de Chlef. Une opération qui a été suspendue pour des raisons que j’ignore. La situation est restée la même jusqu’à l’an 2000 et la venue de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour à Chlef. Ce dernier avait décidé d’octroyer une aide de 40 millions de centimes aux sinistrés. Une décision qui n’a pas été appliquée. Le wali actuel a créé en 2004 une commission présidée par lui-même pour essayer de trouver une solution au problème des chalets. Mais depuis son installation, cette commission ne s’est jamais réunie. Quand nous avons constaté que les autorités n’ont pas voulu nous associer au travail de la commission, nous avons saisi le président de la République par écrit. Le chef de l’Etat nous a écoutés et a dépêché sur les lieux trois ministres (ceux de l’Intérieur, des Finances et de l’Habitat). Ces derniers nous ont proposé des crédits que nous avons rejetés, car les gens ne peuvent pas rembourser. Nous demandons notre droit à l’indemnisation, car nous n’avons bénéficié même pas d’un mouchoir.

Algérie : deuxième journée d’émeutes à Chlef


mardi 29 avril 2008,

Edifices publics saccagés et brûlés, vitres cassées et abribus détruits…, la ville de Chlef, où se sont poursuivies hier encore les échauffourées entre des centaines de jeunes et des éléments de la police antiémeute, montre un visage triste. Une atmosphère particulière règne depuis dimanche dans cette ville, principale agglomération de la wilaya.

Surprise par les violentes émeutes de la veille, la population locale a toujours peur. « La scène m’a rappelé les événements d’octobre 1988 », déclare un témoin oculaire ayant assisté aux saccages et à la destruction des édifices publics durant toute la journée de dimanche. Les manifestations se sont poursuivies jusqu’à 22h, avant que tout le monde ne tombe dans les bras de Morphée, laissant place aux éléments de la Protection civile pour nettoyer les rues de la ville de tous les débris et projectiles utilisés par des centaines de jeunes en colère. Alors que tout le monde croyait que la tempête était passée et que la vie avait repris son cours normal, la population a été surprise hier matin par l’éclatement à nouveau des manifestations.

Retour sur une deuxième journée mouvementée… Il est presque 8h. Il y a peu de circulation automobile. Des dizaines de personnes vaquent à leurs occupations et rien n’indique que la situation allait dégénérer à nouveau dans la ville. Les policiers dépêchés sur les lieux sont postés à proximité des institutions officielles (sièges de l’APC, de la daïra et de la wilaya). Les émeutes ont repris à 10h30. Rassemblés dans différents coins de la rue principale de la ville, des dizaines de jeunes se sont attaqués aux policiers qui tentaient de les empêcher de s’approcher des institutions publiques. Au jet de pierres des émeutiers, les policiers ripostaient par des gaz lacrymogènes. La situation a duré plusieurs heures. « Nous n’arrêterons pas avant le départ du wali », déclarent des jeunes surchauffés. D’autres échauffourées ont également éclaté dans la ville de Chettia (à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya) qui a été durement touchée par les manifestations de dimanche. Des manifestations qui se sont soldées par l’arrestation de plusieurs dizaines de jeunes (500, selon les responsables de l’association des sinistrés) et 60 selon des sources policières. Le wali de Chlef, Mohamed Ghazi, a parlé de la libération d’une centaine de personnes et du maintien d’un certain nombre en détention.

Zerhouni et la suppression de l’aide financière

Tout le monde ici s’accorde à dire qu’à l’origine de ces événements il y a, en particulier, l’annulation de l’aide financière accordée aux victimes du séisme de 1980 dans le cadre de la loi de finances 2007. En effet, l’article 99 de cette loi accorde aux sinistrés une aide de 1 million de dinars et 1 million de dinars supplémentaire sous forme de crédit avec des taux d’intérêt bonifiés ne dépassant pas 2%. Cette aide a été annulée et la mauvaise surprise a été annoncée aux Chélifiens par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, à l’issue de la visite effectuée dans la wilaya par le président de la République en 2007. « Zehouni a fait exploser une bombe. De quel droit décide-t-il d’annuler l’aide ? », lance Mohamed Yakoubi. Les citoyens de la ville de Chlef et ceux de Chettia, deuxième commune de la wilaya avec 100 000 habitants, ne seront satisfaits que par l’obtention de ladite aide. « Nous ne voulons que l’application de la loi. Pourquoi a-t-on annulé cette aide qui est un droit légitime ? », déclare Ahmed, 60 ans, retraité, que nous avons rencontré devant le siège de la poste de Chettia, brûlé la veille par les manifestants. « Les services de sécurité n’ont déployé aucun effort pour empêcher les émeutiers de saccager cette poste », affirme avec beaucoup de regrets Ouardas Sedik, receveur au niveau de la poste de Chettia.

Outre le problème du chômage qui, selon la population locale, est à l’origine de cette colère, les jeunes refusent également de quitter leur habitation préfabriquée. Les autorités ne sont pas en mesure d’accorder à chaque famille un logement. « Nous sommes plus 7 familles à habiter un seul chalet. Si on nous donne un seul logement, comment devrions-nous faire ? », s’interroge Kamel, 40 ans, employé à Sonelgaz. Des milliards de dinars partis en fumée Devant la poursuite des événements, les autorités locales n’arrivent toujours pas à évaluer les dégâts matériels. Ils sont sans nul doute énormes et se chiffreront en milliards de dinars. En plus du siège de la poste, plusieurs autres édifices ont été détruits. Il s’agit notamment du centre de formation professionnelle, du siège de la Banque extérieure d’Algérie, du siège d’Algérie Télécom, du musée de la ville de Chlef…

Madjid Makedhi, pour El Watan

Algérie entre émeutes et Hargas : Chlef entre en éruption

28 Avril, 2008

Voir Réactions

La coupe était pleine de longue date mais il a fallu le procès en diffamation engagé contre le président de la Coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980, suite à ses déclarations sur le dossier du préfabriqué, pour qu’elle déborde. Le feu à pris aux poudres et la ville de Chlef et ses environs proches − des véritables poches de misère telle que la commune voisine de Chettia, considérée comme l’un des grands bidonvilles de la région−, sont entrés en éruption, juste au matin de ce procès inique contre le représentant des sinistrés qui avait osé réclamer le versement de l’aide publique promise par l’Etat, évaluée à 100 millions de centimes par famille, votée par l’APN il y a déjà une année… mais annulée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Revenant sur les éléments déclencheurs de ces émeutes, les correspondants de presse locaux rappellent des signaux d’alarmes lancés une semaine auparavant par des protestations pacifiques. Le dispositif policier déployé la veille du procès du représentant des sinistrés ajouté à la fermeture des voies d’accès menant au tribunal a été ressenti par la population comme une nouvelle provocation. « Quant au procès, il a été reporté au 11 mai prochain », écrit le journaliste du Soir d’Algérie, qui relate ainsi les événements : « Dès 9h du matin, la ville de Chlef s’est transformée en un véritable champ de bataille : pneus brûlés, voitures saccagées. Des manifestants, la plupart des jeunes, ont exprimé leur ire contre les autorités locales de Chlef, à leur tête le wali.(…)

Une masse humaine, déchaînée, excédée, a déferlé dans les principales artères de la ville : boulevard Ben-Badis, en passant par la direction régionale d’Algérie Télécom, le lycée Salem, jusqu’au nouveau siège de la daïra. Selon des témoins oculaires, les protestataires ne maîtrisant plus leur colère et bravant la chaleur, ont saccagé véhicules, édifices et tout ce qu’ils trouvaient sur leur chemin. Un important dispositif de sécurité a été installé pour endiguer le mouvement de révolte qui nous renvoie à un certain 5 Octobre 1988. Les forces antiémeutes durent utiliser leur attirail : des bombes lacrymogènes contre les émeutiers qui ne décoléraient pas en ripostant de plus belle. Des camions «moustaches » arrosaient d’eau chaude la marée humaine. (…)

Ainsi, et selon des informations recueillies en fin d’après-midi, le bilan des dégâts est lourd. Plusieurs voitures brûlées, le centre d’un opérateur de téléphonie mobile, la BEA, la poste, la daïra et d’autres bâtiments ont été saccagés par une jeunesse incontrôlable. Des blessés, il y en a eu de part et d’autre. Le siège de la wilaya a été épargné puisque les brigades anti-émeutes appelées en renfort ont réussi à repousser les manifestants vers le boulevard Ben-Badis. La riposte aurait gagné d’autres quartiers situés en dehors du centre-ville, comme haï Bensouna, nous dit-on. La RN4 reliant Alger et Oran, à hauteur de l’université, et celle reliant Chlef et Ténès ont été bloquées par les émeutiers à l’aide de pneus brûlés et autres objets de fortune. C’est aux environs de 17h que la ville retrouvera un calme précaire. Pour beaucoup, la révolte des Chelfis d’hier est à inscrire dans les annales de l’histoire.

Meriem Benmehdi (avec N.Y du Soir d’Algérie)

Les sinistrés du séisme de 1980 en colère. Heurts dans la ville de Chlef

Les poursuites engagées contre le président de la coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980 pour ses déclarations sur le dossier du préfabriqué ont été le facteur déclenchant d’un mécontentement généralisé qui a fini par éclater dans la rue.

Chlef. De notre bureau

Le procès intenté contre lui par le wali de Chlef et qui devait se tenir hier a été reporté au 11 mai prochain suite aux événements qui ont secoué la région. Des émeutes ont donc secoué hier toute la ville de Chlef et ses environs, entraînant le saccage de certains édifices publics, tels que l’agence de la BEA, la recette principale de la poste, un laboratoire d’analyses médicales, le siège de la direction régionale d’Algérie Télécom, la gare ferroviaire, les sièges des directions de la formation professionnelle, de l’industrie et des mines, ainsi que le centre de services Djezzy et d’autres banques privées. Les manifestants ont tenté de s’attaquer aussi aux sièges de la wilaya, de la daïra et de l’APC de Chlef, mais ils en ont été empêchés par les forces antiémeute déployées devant ces institutions dès les premières heures de la matinée. De même, les feux de signalisation ont été arrachés et les abribus transformés en barricades. Les troubles se sont étendus par la suite aux cités environnantes et à la commune voisine de Chettia qui est considérée comme l’un des grands bidonvilles de la région. Là aussi, l’on signale des dégâts matériels causés à des structures publiques, et la route nationale reliant Chlef à Tenès, via cette agglomération, est restée bloquée pendant toute la journée d’hier. L’ampleur de la révolte était telle que le centre de Chlef s’est totalement vidé de ses occupants et donnait l’aspect d’une ville morte. Pratiquement toutes les administrations ont fermé leurs portes et les transports publics contraints de rebrousser chemin. Jusqu’en fin d’après-midi, la tension était encore perceptible et l’on craignait une reprise des manifestations. Selon des informations non confirmées, 60 personnes auraient été arrêtées par les services de sécurité. Pour beaucoup, le marasme social, la hogra et la carence manifeste des responsables locaux quant à la prise en charge des préoccupations majeures des citoyens sont venus se greffer au mal aigu que vivent les milliers de sinistrés depuis le violent séisme d’il y a 28 ans. « Non seulement on nous a privés injustement de l’aide financière qui nous était attribuée dans la loi de finances de 2007, pour améliorer l’état de nos constructions, mais en plus on s’est acharné contre les rares voix qui voulaient défendre, par la voie de la sagesse et du dialogue, nos revendications légitimes », nous ont indiqué des pères de famille rencontrés après ces événements. Cette déclaration résume l’avis général des populations qui occupent les 20 000 baraques construites au lendemain de cette catastrophe naturelle. « Comment peut-on annuler tout un dispositif de la loi de finances, approuvé par le Parlement et signé par le président de la République ? », s’interrogent-ils, tout en montrant du doigt le wali de Chlef et les élus locaux qui n’ont pas daigné, d’après eux, se pencher sérieusement sur ce dossier. « Au contraire, ils ont persisté à nous tourner le dos et à gérer cette question sensible et délicate par la manipulation, la ruse, les intimidations et la fuite en avant », ajoutent-ils encore. Mais il n’y a pas que les sinistrés d’El Asnam qui se plaignent de leur sort, les jeunes au chômage sont de plus en plus nombreux à dénoncer la « marginalisation, l’exclusion et l’absence de toute perspective en matière d’embauche ». « Les jeunes sont livrés à eux-mêmes et tous les dispositifs de soutien à l’emploi de cette catégorie de la population ont été déviés de leur objectif principal. De plus, les responsables locaux sont insensibles à notre détresse et ne font rien pour améliorer notre situation », indiquent certains d’entre eux. Il faut savoir que la population occupée à travers la wilaya n’est que de 270 000 personnes, sur un total d’un million d’habitants. On est loin, très loin même du taux de chômage officiel de 12%, d’autant que les investissements créateurs d’emplois se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant, la wilaya a bénéficié d’une somme faramineuse au titre des différents plans de développement, soit une manne de 226 milliards de dinars qui, selon les habitants, n’a pas eu l’effet escompté sur leur quotidien et n’est pas utilisée à bon escient. « Voyez l’état des routes, la montée du chômage et des maux sociaux, la saleté qui envahit nos villes, et vous avez une idée sur la situation qui prévaut dans notre région martyre », soulignent en résumé les Chélifiens.

A. Yechkour

Émeutes à Chlef : une affaire de préfabriqué dégénère

Liberté-Algérie

Par : Ahmed Chenaoui

28 avril 2008

Des centaines d’arrestations, des dizaines de blessés parmi les manifestants et les services de sécurité, des édifices publics et des véhicules de particuliers saccagés et autres dégâts enregistrés, tel est le bilan des échauffourées qui ont eu lieu hier durant plusieurs heures de la journée entre les éléments de la brigade antiémeutes et des groupes de manifestants à Chlef. Cela s’est produit à partir de 10h lorsque des centaines de jeunes ont été empêchés de se rapprocher du siège du tribunal de Chlef où devait se dérouler le procès — après avoir été reporté la semaine dernière — du représentant de la coordination des sinistrés des différents quartiers et localités de la wilaya, M. Mohamed Yacoubi.

“C’est en guise de solidarité avec les militants de cette coordination que nous sommes venus nombreux pour assister à ce procès. Nous voulons mettre un terme à ce préfabriqué qui a trop duré, et qui envenime entièrement la vie familiale de chacun de nous”, lancent de nombreux citoyens qui observaient un sit-in juste avant le déclenchement des émeutes en question, entre les deux parties.

Déjà tôt le matin, la ville a été totalement barricadée et un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place à travers l’ensemble du chef-lieu de la commune, particulièrement au niveau de ses principaux boulevards et artères, qui étaient le théâtre de toutes formes de violence durant presque toute la journée.

Une fois repoussés loin dudit tribunal, les manifestants ripostaient immédiatement à l’offensive des policiers et commençaient alors à jeter toutes sortes de pierres et d’objets en leur direction. Cette opération a duré plusieurs heures avant qu’elle ne s’élargisse par la suite et touche ainsi d’autres endroits du centre-ville.

Poursuivis toujours par les mêmes éléments de la brigade antiémeutes, les manifestants n’ont trouvé mieux que de s’acharner sur tout ce qui se trouvait devant eux, et ce, malgré l’utilisation des grenades lacromygènes par les policiers lors de leurs interventions.

Au centre-ville, les manifestants ont lancé des pierres en direction des façades vitrées des sièges d’Algérie Poste, d’Algérie Télécom, du CPA, du musée Abdelmadjid-Meziane, de la banque du Golfe Arabe, les détruisant de fond en comble. Même certaines voitures stationnées le long des chaussées n’ont pas échappé aux actes de violence et ont été sérieusement endommagées. D’ailleurs tout comme les barrières de protection et les lampadaires de la nouvelle trémie se trouvant à la sortie ouest du centre-ville.

Quant au siège du bureau de poste de Haï Bensouna, il a été également incendié par les manifestants qui n’ont pas hésité à saccager le siège de la faculté de droit de l’université Hassiba-Ben-Bouali. Durant toute la journée d’hier, les sirènes des ambulances, transportant des blessés et celles des véhicules de police, n’ont pas arrêté de retentir au moment où l’ensemble des employés étaient cloîtrés à l’intérieur de leurs bureaux de peur d’être touchés par les émeutiers. Outre cela, ceux-ci ont bloqué certaines routes de la ville au moyen de pneus enflammés.

Une centaine d’arrestations et des dizaines de blessés

28 Avril 2008

L’étincelle a eu lieu lorsque les forces de l’ordre allaient procéder à la démolition des constructions illicites.

Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs édifices publics ont été saccagés. Une centaine d’arrestations. Des dizaines de blessés. La ville de Chlef a vécu, hier, une journée mouvementée. De violents troubles ont éclaté dans la matinée d’hier entre manifestants et forces de l’ordre. Tout a commencé vers 11h lorsqu’un attroupement s’est formé devant le tribunal où devait avoir lieu le procès du président de la coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980, Mohamed Yacoubi, poursuivi en justice par le wali de Chlef pour détournement.

Ils ont notamment dénoncé l’annulation de l’aide financière contenue dans la loi de finances 2007 et réclament son maintien pour l’éradication progressive des constructions préfabriquées. L’affaire a été reportée au 11 mai prochain. L’étincelle a eu lieu lorsque les forces de l’ordre allaient procéder à la démolition des constructions illicites. Les émeutiers voulaient s’y opposer tant qu’ils n’auraient pas bénéficié de logements.

Dans leur colère, les manifestants s’en sont pris aux édifices publics. C’est ainsi que le siège de la Banque extérieure d’Algérie a été détruit et dévasté. Les documents ainsi que le matériel informatique ont été brûlés. On parle même d’argent volé.

Dans leur furie, les émeutiers se sont attaqués aux sièges d’Algérie Télécom et de la Cnep. La bibliothèque municipale a été incendiée. Des véhicules ont été saccagés. La Recette principale d’Algérie Poste a été dérobée. Les dégâts auraient pu être plus importants, n’était l’intervention des forces de l’ordre qui ont usé de bombes lacrymogènes. Selon des sources, une centaine de personnes ont été arrêtées.

Des dizaines de blessés sont à déplorer. La ville de Chlef ressemblait hier à un champ de bataille. Les commerces ont baissé rideau par crainte de subir la foudre des mécontents. Les choses risquaient de dégénérer à tout moment. Certes, à l’heure où nous mettons sous presse, la situation est maîtrisée à Chlef mais demeure sur un brasier au niveau des autres localités.

El Bouali DJILALI

Des édifices publics incendiés et d’autres saccagés Emeutes à Chlef

par Abbad Miloud Et H.Barti

De violentes émeutes ont éclaté, hier, dans la ville de Chlef où plusieurs édifices publics ont été saccagés, incendiés et pillés. Les actes de violence se sont ensuite propagés à la commune voisine de Chettia.

Les échauffourées entre forces de l’ordre et des centaines de jeunes qui se sont poursuivies jusqu’à une heure tardive de la journée d’hier dans certains quartiers de la commune de Chlef se sont soldées par des dizaines de blessés, de part et d’autre, dont certains ont été admis à l’hôpital dans un état qualifié de «grave» et plusieurs arrestations parmi les émeutiers.

C’est aux alentours du tribunal de Chlef où devait s’ouvrir le procès de M. Yaakoubi, président de l’association des comités de quartiers en préfabriqué – ce dernier est poursuivi pour diffamation à la suite d’une plainte déposée par le wali- , que les troubles ont commencé. Une foule dense s’est rassemblée devant le tribunal pour tenter de suivre le procès, en présence d’un important dispositif sécuritaire. La tension était déjà perceptible mais rien ne présageait à ce moment précis à ce que des heurts aussi violents allaient éclater. En effet, aux environs de 10h30, et d’une manière aussi brutale que subite, des jets de pierres ont commencé à pleuvoir sur les forces de l’ordre. Des dizaines de personnes, principalement des jeunes, ont en effet commencé à lancer des pierres et des projectiles de toutes sortes en direction des policiers en faction devant le tribunal. Une panique s’en est suivie, où des automobilistes roulaient en sens interdit et des passants couraient dans toutes les directions pour fuir les violences.

Les choses ne s’arrêteront pas à ce stade. Les troubles se propageront petit à petit à toute la ville en passant par le centre-ville où les forces de l’ordre riposteront en lançant des bombes lacrymogènes en direction des émeutiers. Plusieurs édifices publics et privés ont été pris à partie. Ce fut le cas du musée régional situé à Haï Arroudj, de la direction régionale d’Algérie Télécom, du siège du cadastre, du nouveau siège de la direction de la formation professionnelle, situé à la cité «Vergère», de la direction régionale de la CNEP, de la faculté de droit et des sciences administratives et de la poste centrale, dont les sièges ont été saccagés à divers degrés de même que la station d’essence située sur la route d’Oran.

D’autres édifices ont subi des dégâts encore plus graves. Ils ont été incendiés à l’instar du nouveau siège de la direction des mines et de l’industrie (DMI), de l’annexe de l’APC située au quartier Bocca Sahnoun, de l’agence BEA et du jardin public et de loisirs de la ville. Même des véhicules privés qui étaient stationnés n’ont pas échappé à la destruction. D’autres édifices ont par ailleurs subi des dégâts d’une moindre gravité, avec des vitres cassées et des portes défoncées.

La commune de Chettia n’a de son côté pas échappé aux violences où des sources concordantes font état de la destruction d’un CEM et d’un lycée. Même les camions de la protection civile ont essuyé des jets de pierres comme en témoignaient les pare-brise casés. Un calme relatif est revenu graduellement au centre-ville, mais dans d’autres quartiers comme Bocca Sahnoun et Zeboudji, les violences ont continué jusqu’à une heure tardive.

Personne parmi les officiels qu’on a pu contacter hier n’était en mesure d’évaluer même approximativement les dégâts occasionnés aux édifices ciblés. A noter enfin que le procès du président de l’association des comités de quartiers en préfabriqué a été reporté pour la deuxième fois à la date du 11 mai prochain.

Chlef sous haute tension

La ville de Chlef a été hier le théâtre d’une émeute que les habitants n’avaient jamais connue auparavant. Il était 11 heures, quand des centaines de jeunes ont envahi la rue, pour protester contre le procès du coordinateur de wilaya des sinistrés de Chlef, traduit en justice sur plainte du wali, M. Mohamed El Ghazi. Des édifices publics incendiés, saccagés, et certains pillés. La colère populaire a atteint son paroxysme, hier à l’issue du procès du coordinateur de

Les émeutiers s’en sont pris à tout ce qui se trouvait sur leur passage, en lançant toutes sortes de projectiles sur des véhicules, des taxis et des édifices publics.

Des actes de vandalisme ont été commis et des sommes d’argent qualifiées d’importantes ont été volées de la CNEP, la Grande poste, le CPA, la BEA, les deux centres de téléphonie mobile Djezzy, Nedjma et la Direction d’Algérie Télécom. Vers 13h, la ville de Chlef était complètement paralysée.

Aucun magasin n’était ouvert, seuls les éléments des services de sécurité sillonnaient les rues du centre-ville, après avoir pris la situation en main. Par contre, nous avons appris de sources sûres, que les émeutes se sont propagées à la périphérie et dans la commune de Chettia, 9 km au nord de la wilaya, où de violents affrontements ont eu lieu entre les émeutiers et les forces de l’ordre. L’après-midi, l’Université Hassiba Ben Bouali et tous les établissements scolaires de Chlef ont été fermés.

Rappelons que le coordinateur des sinistrés, comparaissait devant la justice, sur plainte du wali, qui l’accusait d’avoir incité les occupants des baraques à se soulever contre les autorités et à boycotter toutes les élections.

Le coordinateur des sinistrés a déclaré qu’il n’était pas question que les locataires des baraques quittent leurs habitations, qu’ils étaient sur le même pied d’égalité que les propriétaires de ces baraques, et qu’ils réclamaient eux aussi la même somme d’argent destinée aux locataires des baraques qui ont ajouté qu’ils préfèrent rester dans leurs baraques plutôt que d’aller habiter dans les appartements d’immeubles.

Signalons que le procès du coordinateur devait avoir lieu dimanche dernier, mais il a été reporté à hier. Juste après les délibérations, nous avons appris qu’il venait d’être reporté une nouvelle fois au 11 mai prochain. Notons que des dizaines de blessés des deux côtés et des centaines d’arrestations ont été enregistrés.

Les affrontements se sont poursuivis pendant longtemps. A l’heure où nous mettons sous presse, il a été signalé que le bureau de poste de haï Bensounna et la nouvelle bibliothèque, inaugurée récemment, ont été incendiées par les émeutiers. Haï Zebboudj, situé au centre-ville de Chlef, est quadrillé par les éléments de l’Armée nationale populaire.

Azzedine

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~ par Alain Bertho sur 28 avril 2008.

2 Réponses to “Emeute à Chlef avril 2008”

  1. ان هذة المشاهد ماسات وليست بي موضهرات انا بنت من ولية اشلف ونحبها بزاف انا حالي في فيرنسا يعني في غربا ولكم ياسفوني رايت هذة المشاهد الله يهديكم

  2. horpheline a l age de 13ans mes parents mère et père décédé au séisme d el asnam le 10/10/1980 mon père étais enseignant au cfpa on a rien reçu ni capital decè ni logement ni indemnisation que faire?

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