Tibet Mars 2008

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Kim Jae-Hwan AFP ¦ Des Tibétains poursuivent un Chinois hans qu’ils se préparent à attaquer à Lhassa, le 18 mars 2008

Dans Lhassa coupé en deux

 

27 mars 2008

Geoff Dyer, du Financial Times, est l’un des 26 journalistes étrangers qui ont été autorisés à se rendre dans la capitale tibétaine dans le cadre du voyage de presse organisé par les autorités chinoises. Témoignage.

L’odeur des immeubles en feu flotte toujours dans l’air, deux semaines après les violentes émeutes dans le vieux quartier tibétain de Lhassa, où une succession de magasins et d’appartements ne sont plus que des ossatures calcinées.

Cette odeur de brûlé n’est qu’un signe parmi d’autres que les violences antichinoises qui ont secoué la vieille capitale du Tibet ont été bien plus violentes, durables et dommageables que ce que l’on avait pu penser de l’extérieur. Le quartier reste bouclé, d’importantes forces policières et militaires sont postées à tous les coins de rue, et commerces, bars et restaurants sont fermés. Cette ambiance de zone de guerre qui règne dans le vieux Lhassa offre un contraste saisissant avec l’effervescence de la ville nouvelle, dominée par les Chinois Han

Mercredi 26 mars, les autorités chinoises ont autorisé un petit groupe de journalistes à se rendre à Lhassa pour la première fois depuis les émeutes du 14 mars. Les premières heures de cette visite, le cortège a pu déambuler librement sans surveillance visible, même si peu de Tibétains étaient par ailleurs disposés à s’exprimer ouvertement sur les manifestations, les émeutes et la répression qui s’est abattue. Selon des Tibétains en exil, la Chine est parvenue depuis à bloquer le flux des informations sortant du pays. L’atmosphère répressive qui règne dans le quartier est accentuée par la présence d’importantes troupes militaires qui patrouillent sur les grands axes et effectuent des contrôles d’identité. A l’entrée des nombreuses ruelles du vieux Lhassa, la police antiémeutes empêche de passer quiconque n’est pas résident.

Si Pékin s’efforce d’attirer l’attention sur la violence des émeutes à Lhassa, les esprits sceptiques cherchent à savoir ce qui s’est passé lors des manifestations pacifiques qui ont précédé les émeutes. Le fait que les manifestations à Lhassa aient fait boule de neige et entraîné des mouvements de protestation dans de nombreuses autres villes où vivent des Tibétains (au cours desquelles 130 personnes seraient mortes, affirment des Tibétains en exil) a donné un coup de projecteur malvenu sur la politique menée par la Chine au Tibet.

Les émeutes de Lhassa ont eu lieu dans ce que l’on appelle le quartier tibétain, à l’est du centre-ville, où sont apparus ces dernières années de nombreux commerces tenus par des Hans venus de Chine. La télévision chinoise a fait des récits terribles de Hans morts dans l’incendie de leur boutique.

Dans ce quartier aujourd’hui désert, il n’est pas une rue qui n’ait un ou plusieurs immeubles calcinés. Sur nombre des édifices ayant survécu aux émeutes, un morceau de soie blanche avait été attaché aux serrures – manifestement pour que les émeutiers, sachant que le propriétaire était tibétain, épargnent le lieu.

L’un des rares commerces de la zone ouverts ce mercredi soir, une petite épicerie doublée d’une téléboutique, est tenu par un homme de la minorité coréenne de Chine qui dit s’appeler Jin Chen-man. Nombre de ses voisins, des Hans, ont tout perdu dans les violences d’il y a deux semaines. « Beaucoup vont devoir repartir simplement parce qu’ils n’ont plus les moyens de payer le loyer », explique le commerçant, venu au départ à Lhassa pour étudier l’art tibétain, avant que sa vue ne se détériore.

Deux enseignants tibétains boivent verre sur verre dans l’un des rares bars en activité, qui d’ailleurs ouvre ce soir ses portes pour la première fois depuis les émeutes. « En gros, on nous a obligés à rester chez nous », explique l’un des deux hommes.

Ce mercredi soir, tandis que la demi-douzaine de pâtés de maisons du vieux quartier tibétain garde des airs de zone d’hostilités, le commerce reprend déjà ses droits dans la ville nouvelle à majorité han, dans l’ouest de la capitale.

Dans la boutique Nokia, sur une rue où s’alignent boutiques et restaurants très animés, deux moines bouddhistes en robe safran testent de nouveaux modèles de téléphones portables. Une image qui ne rassurera pas les autorités chinoises : c’est d’abord par les portables qu’a circulé le mot d’ordre des manifestations de la mi-mars.

Geoff Dyer Financial Times

Emeutes dans une préfecture du sud-ouest de la Chine

2008-03-23 16:36:32

Préfecture d’Aba, Province du Sichuan, 23 mars (Xinhua) — L’ordre social est revenu à la normale dans la préfecture autonome tibétaine d’Aba de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), après des émeutes survenues dimanche dernier dans cette région où habitent des Tibétains, selon des sources locales.

Plus de la moitié des magasins des rues principales ont été rouverts samedi à Aba.

A Qiatang, le plus grand marché de produits agricoles d’Aba, des légumes et viandes variés étaient en vente. Un vendeur du nom de Liu a dit à Xinhua que l’approvisionnement du marché était revenu à la normale, plus de camions venant transporter des légumes au siège de la préfecture.

Le fonctionnaire local Kang Qingwei a indiqué que les départements gouvernementaux et les principales entreprises  » fonctionnaient normalement » et que les écoles primaires Des émeutiers ont provoqué des troubles le 16 mars à Aba, criant des slogans d' »Indépendance du Tibet », portant des pierres et des bombes de pétrole artisanales, agitant des drapeaux du  » gouvernement tibétain en exil » et attaquant des bureaux du gouvernement, commissariats, hôpitaux, écoles, magasins et marchés.

Ils ont mis le feu à des bâtiments et magasins, brûlé des véhicules, battu des civils, policiers et fonctionnaires

Times :Tourists speak of shock and fear at Tibet riots

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Western tourists emerging from Tibet yesterday described their shock and fear as they watched a “howling” mob of Tibetans stoning and beating Chinese passers-by in two days of rioting in Lhasa last week.

They said that the crowd turned on anyone and anything that looked Chinese, knocking over motorcyclists, hitting them with metal rods and setting fire to their motorcycles.

Their testimony illustrated the ferocity of the riots, which have undermined not only China’s claims to have brought peace and prosperity to Tibet but also the Dalai Lama’s longstanding creed of non-violent resistance.

“I agree that the Tibetans have their own culture, but I can’t agree with what people did. After a while, it was not about Tibetan freedom any more.”

He said that he was walking along Beijing East Road in the Tibetan quarter in Lhasa when he saw four Chinese military trucks pull up at the intersection with an alley leading to the Ramoche temple.

Mr Kenwood said that he saw someone throw a large stone at one of the trucks, smashing its windscreen, and then about 30-40 paramilitary police armed with riot shields and batons jumping out of another truck.

They blocked off the entrance to the alleyway, but were soon surrounded by a large crowd of Tibetans who began pelting them with stones, he said. He also said that he saw three boxes of stones but it was not clear who had provided them.

After a few minutes two or three of the younger Tibetans rushed at the Chinese police and they fled down the alleyway towards the Ramoche temple, he said. The crowd followed but soon turned back and began attacking Chinese shops and passers-by on Beijing East Road.

He said that he saw at least five Chinese people being attacked by the crowd, including a motorcyclist in his 20s who he thought was beaten to death. “They got him in the head with a large piece of sidewalk,” he said. “He was down on the ground and he was not moving.”

Mr Kenwood added that he spent the weekend confined to the Yak Hotel on Beijing East Road, from where he heard gunfire and teargas canisters and saw armoured personnel carriers moving through the streets.

As he left Lhasa yesterday most schools, shops and other businesses had reopened and Tibetans and Chinese were moving around the city, he said. He added that there were very few young Tibetans on the streets after the midnight deadline on Monday for rioters to surrender.

“The Tibetans weren’t smiling any more,” he said. “There were soldiers everywhere. I saw some older Tibetan ladies but there were fewer young guys wandering around.”

Claude Balsiger, a 25-year-old backpacker from Switzerland who arrived in Lhasa on March 8 and flew to Kathmandu yesterday gave a similar account of the violence. He described seeing the mob beating an old Chinese man on a bicycle. “They were howling like wolves,” he said. “That’s the point when it went insane. They started attacking anything and anyone that looked Chinese.”

He also described seeing a Canadian tourist step in to rescue a young Chinese man being attacked by the crowd. “They were kicking him in the ribs and he was bleeding from the face,” he said. “But then a white man walked up … helped him up from the ground. There was a crowd of Tibetans holding stones. He held the Chinese man close, waved his hand at the crowd and they let him lead the man to safety.”

Mr Balsiger said that Lhasa was very tense and locals were reporting as many as 100 people dead and 1,000 arrested as he left the city on Monday to spend the night at an airport hotel.

He said that there were military checkpoints every 10-15 metres, manned by young Chinese soldiers with bayonets fixed on their rifles. “They were really young and nervous. They always had their finger on the trigger – that’s what made us really nervous.”

Stephen Thompson, 41, from New Zealand, said that he arrived at the Saikang Hotel just as the riot was starting and saw the mob smash the glass front of the building. “We didn’t feel in danger but some people in the group were pretty emotional and one person was injured by a rock that hit them on the head,” he said.

Martin Camps, 55, from Germany, said that he had arrived with his wife on the train from Beijing on Friday, only to be told that he could not leave his hotel and that all attractions were shut. Hotel staff then told him to leave on Sunday, when he was driven to the airport hotel. “I think without China it would be much better there,” he said.

Tibet: des touristes décrivent des scènes de lynchage de Chinois par des Tibétains

 

De jeunes Tibétains déchaînés ont caillassé et battu des Chinois et ont mis le feu à des boutiques, avant que l’armée ne restaure le calme à Lhassa, la capitale du Tibet, ont raconté mardi des touristes qui arrivaient de la région himalayenne.

« C’était une explosion de colère des Tibétains contre les Chinois et les musulmans », a rapporté à l’AFP John Kenwood, un Canadien de 19 ans qui a décrit des scènes d’une violence extrême.

Selon le récit de M. Kenwood et d’autres touristes qui sont arrivés mardi par avion à Katmandou, la capitale du Népal, des bandes de jeunes ont battu et roué de coups des Chinois hans, accusés par les Tibétains de détruire leur culture et leur mode de vie par leur arrivée massive dans la région.

M. Kenwood affirme ainsi qu’il a vu vendredi quatre ou cinq Tibétains caillasser et frapper « sans pitié » un motocycliste chinois. « Ils ont fini par le mettre à terre, ils l’ont frappé sur la tête avec des pierres jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Je pense que ce jeune homme a été tué », relate-t-il, sans être sûr que la victime soit morte.

Le gouvernement tibétain en exil a affirmé mardi que le bilan « confirmé » du nombre de victimes des récentes violences au Tibet s’élevait à 99 morts. Pékin a assuré de son côté que « 13 civils innocents » avaient été tués et a affirmé ne pas avoir tiré de coups de feu pour mettre fin aux émeutes.

Les Tibétains « jetaient des pierres à tous ceux qui leur tombaient sous la main », ajoute M. Kenwood.

« Les jeunes agissaient et les vieux les encouragaient en criant, en hurlant comme des loups. Tous ceux qui avaient une apparence de Chinois étaient attaqués », confirme Claude Balsiger, un touriste suisse de 25 ans.

« Ils ont attaqué un vieil homme chinois qui passait sur sa bicyclette. Ils l’ont frappé très violemment sur la tête avec des pierres, de vieux Tibétains sont intervenus pour les arrêter », détaille-t-il.

M. Kenwood a assisté à une scène de sauvetage similaire survenue alors qu’un Chinois demandait grâce à une foule armée de pierres. « Ils lui donnaient des coups de pied dans les côtes, il avait le visage en sang », raconte-t-il. « C’est alors qu’un homme blanc est arrivé (…) et l’a aidé à se relever. Il y avait autour d’eux une foule de Tibétains, pierres à la main; il a gardé le Chinois près de lui, a fait des gestes vers la foule, et ils l’ont laissé emmener le vieil homme en sécurité ».

A l’écoute de ces récits de touristes, un porte-parole du gouvernement tibétain en exil, Thubten Samphel, a qualifié ces violences de « très tragiques ».

Les Tibétains « ont reçu pour consigne de de pas utiliser la violence dans leur combat », a-t-il dit à l’AFP par téléphone.

Les manifestations ont débuté le 10 mars, à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa en 1959.

Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine. L’armée a notamment ordonné aux touristes de rester dans leur hôtel d’où, selon leurs dires, ils ont pu entendre des coups de feu et les détonations de grenades lacrymogènes.

Lundi, les touristes étaient à nouveau autorisés à circuler mais régulièrement, ils devaient montrer leur passeport à des points de contrôle.

« Les magasins étaient complètement brûlés. Toutes les marchandises étaient dans la rue, brûlées. De nombreux bâtiments étaient vides », témoigne Serge Lachapelle, un touriste canadien.

« Le quartier musulman était complètement détruit, toutes les boutiques étaient détruites », déclare M. Kenwood.

Kim Jae-Hwan AFP ¦ Des Tibétains poursuivent un Chinois hans qu’ils se préparent à attaquer à Lhassa, le 18 mars 2008

Emeutes: Dix morts à Lhassa

JDD International 15/03/200809:50

L’agence de presse officielle Chine Nouvelle a confirmé le décès de dix personnes lors des émeutes survenues vendredi dans la capitale du Tibet, Lhassa. Selon les termes du communiqué, 580 personnes, dont trois touristes japonais, ont en outre été « secourues » par des policiers chinois armés, sans apporter d’autre précision. Les autorités chinoises ont de leur côté annoncé que les émeutiers pourraient bénéficier de leur « clémence » s’ils se rendaient d’ici lundi à minuit. Ceux-ci sont soupçonnés par les autorités d’avoir incendié des écoles, des hôpitaux, des magasins et des maisons… ainsi que d’avoir tué dix personnes. La télévision chinoise a de son côté diffusé des images de scènes étayant ces accusations. Des informations et des images… »officielles ».

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Tibet: au moins dix morts à Lhassa quadrillé par l’armée

AFP 15 mars 2008

PEKIN (AFP) — Les émeutes anti-chinoises de vendredi à Lhassa ont fait au moins 10 morts dans une ville désormais aux mains de l’armée au moment où la Chine est sous les projecteurs avant les jeux Olympiques.

Le gouvernement tibétain en exil confirme « environ 30 morts » dans les violences au Tibet et dispose d’informations non confirmées faisant état de « plus de cent morts », a déclaré samedi à l’AFP un haut responsable de ce gouvernement.

Quel que soit le bilan définitif, il s’agit des manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis 1989 qui s’étaient soldées par des dizaines de morts.

« Les victimes sont toutes des civils innocents et elles sont mortes carbonisées », a indiqué un responsable du gouvernement régional du Tibet, cité par l’agence Chine Nouvelle.

Parmi les morts, figurent deux employés d’hôtel et deux commerçants, a ajouté le responsable.

De nombreuses boutiques ont brûlé vendredi dans le coeur historique de la capitale du Tibet pendant des manifestations organisées par des moines bouddhistes, célébrant depuis le début de la semaine le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l’exil du dalaï lama.

Plus de 160 incendies ont officiellement été répertoriés, dont 45 d’ampleur importante.

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Selon les autorités chinoises, les exactions ont été menées par des « casseurs », des « saboteurs ».

Deux chaînes de la télévision nationale, celle d’informations et celle destinée à l’international, ont diffusé samedi des images des émeutes.

On peut y voir une foule de manifestants, parmi lesquels des moines, s’en prendre à des commerces, les saccager ou y mettre le feu.

« Le peuple du Tibet est révolté par cela et condamne fermement ce mouvement qui est voué à l’échec », selon la voix off du reportage diffusé sur la chaîne internationale.

Un commerçant chinois de Lhassa, joint samedi par téléphone par l’AFP, a affirmé que des moines avaient agressé des Chinois avec des couteaux.

« Des policiers ont été blessés, mais les moines ont également attaqué des gens de la rue », a-t-il raconté.

Le gouvernement régional affirme que les forces de l’ordre n’ont pas tiré de coups de feu contre les manifestants mais ont procédé à des tirs de sommation.

Selon les autorités, aucun étranger n’a été blessé lors de ces manifestations « fomentées par le dalaï lama et sa clique ».

« Le complot des séparatistes va échouer », a martelé Qiang Ba, président de la région sous contrôle chinois depuis 1951.

« Les séparatistes, nous les combattrons fermement avec la loi », a ajouté le dirigeant.

Les autorités policières et judiciaires du Tibet ont appelé à l’arrêt des troubles et promis la clémence aux émeutiers de Lhassa s’ils se rendaient avant lundi minuit (16h00 GMT).

Samedi, Lhassa était calme et quadrillée par les forces de l’ordre, selon des témoins .

« Il y a beaucoup de policiers armés et des soldats dans le rues. J’ai vu des chars et des véhicules de patrouille », a indiqué ce témoin chinois, sous couvert de l’anonymat.

« Les forces de l’ordre bloquent les rues et contrôlent les véhicules, mais les voitures sont très rares, il n’y a pas de taxis, c’est exceptionnel », a ajouté au téléphone cet employé d’une école secondaire.

Une réceptionniste d’hôtel a affirmé que les employés et les clients n’avaient pas le droit de sortir, la police bloquant les issues: « Depuis hier la police nous a dit qu’on ne pouvait pas sortir ».

Pour un homme d’affaires chinois, qui possède une petite boutique dans le coeur historique où ont éclaté les émeutes, « cela ressemble à la loi martiale ».

« Nous avons peur, nous restons cloîtrés chez nous, il y a tellement de policiers et de soldats qui patrouillent dans les rues », a-t-il expliqué.

Les autorités chinoises ont affirmé que la loi martiale n’était pas en vigueur à Lhassa.

Mais l’accès du Tibet aux voyageurs étrangers en Chine est désormais impossible, selon plusieurs tour-opérateurs chinois.

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Ces violences interviennent à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin et placent le gouvernement chinois , déjà sous pression sur le terrain des droits de l’homme, dans une situation délicate.

Vendredi, les Etats-Unis et l’Union Européenne avaient fait part de leur inquiétude et appelé la Chine à la « retenue » dans cette crise.

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Le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil Samdhong Rinpoché a demandé samedi à la Chine d’agir avec « compassion » et « sagesse ».

Le gouvernement tibétain en exil a aussi appelé à une enquête de l’ONU sur les violences, qu’il a qualifiées de « violations des droits de l’Homme ».

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A burning car sits on a street in the Tibetan capital Lhasa after violent protests break out on 14 March, 2008. Demonstrations this week against Chinese rule escalated following three days of protests by monks in Lhasa, which have spread to monasteries in rural Tibet and outside the province. AFP

China Clamps Down on Tibetan Protests As Many Deaths, Injuries Reported

RFA 2008.03.14

View a slideshow on protests in Tibet

KATHMANDU—Chinese authorities have locked down the Tibetan capital, Lhasa, after mounting anti-Chinese protests turned violent and an unknown number of people were killed and injured when Chinese forces fired on rioting crowds.

Sources in Lhasa said in separate interviews that residents had been warned to stay indoors after the worst unrest in Tibet in two decades. Authorities meanwhile offered leniency to protesters who surrender to authorities by midnight Monday.

China‘s official Xinhua news agency said 10 people, including two hotel employees and two shop owners, had been burned to death. But unofficial estimates, from witnesses and exiled Tibetan groups, set the death toll higher.

Those family members whose relatives were among those killed took their bodies away.

Tibetan witness in Lhasa

Witnesses reported seeing a number of dead bodies in and around Lhasa, but an exact toll was impossible to gather.

One Tibetan source reported seeing scores of bodies after Chinese forces fired on a crowd outside the Jokhang monastery in Lhasa, although that number couldn’t be independently confirmed. “We Tibetans had no weapons to fight back. When the Tibetans were gathered in front of Jokhang, the Chinese fired at us. I have personally seen more 100 Tibetans killed when the Chinese fired at the Tibetan crowd,” the man told RFA’s Tibetan service.

Young Tibetans among the dead

“Many of those killed were young Tibetans, both boys and girls. Many girls were killed too. Some of the Tibetans were killed by Chinese Muslims and then the Tibetans destroyed their mosque,” he said. “The Tibetans who participated in the protests were from the whole Lhasa area. When I looked back, all the Chinese shops were destroyed. I think not one Chinese shop is intact in the Barkhor area. All kinds of stuff were piled up on the main road and burned. Many vehicles were burned and destroyed.”

Relatives of the slain protesters “collected all the dead bodies in front of Jokhang and offered prayers and scarves. Those family members whose relatives were among those killed took their bodies away. None of my family members was among the killed, but I was almost killed too, and many bodies looked familiar,” he said.

Another witness said: “We saw two dead at Ramoche temple, two in the garden, two at the Ganden printing house, and those Tibetans who went to take food to prisoners in Drapchi prison saw 26 Tibetans shot after they were brought in on a black vehicle. There could be about 80 dead, or more, but there is too much commotion here to give an exact number.”

I…appeal to the Chinese leadership to stop using force and address the long-simmering resentment of the Tibetan people through dialogue with the Tibetan people. I also urge my fellow Tibetans not to resort to violence.

The Dalai Lama

“Several buildings owned by Chinese immigrants and Chinese Muslim immigrants were set on fire,” the witness said. “All those shops owned by Chinese were ransacked and burned. Tibetan shop owners were told to mark their shops with scarves.”

Buddhist monks march in Xiahe, Gansu Province on March 14, 2008. AFP

A Tibetan witness said late Friday: “The Chinese authorities deployed all military in the Lhasa area and sent tanks. There could be several hundred tanks and they were shooting into the crowds. They also fired several rounds of tear-gas.”

Other Tibetans reported seeing military vehicles but whether they were tanks or armored personnel carriers was unclear. Residents said Lhasa was under martial law, with protests erupting in other provinces, but officials couldn’t be reached for confirmation.

Another source said Ramoche monastery, which has about 110 resident monks, was badly damaged after Tibetans were found running in the area carrying photos of the Dalai Lama and shouting “Independence for Tibet.’”

‘Very messy’ situation

Local police stopped them, but the crowd—including monks and youths—joined in and attacked police. “The local police didn’t dare take them on, and then the army was called in with tanks,” the source said.

The same source said four monks from Ganden monastery had set themselves on fire in protest.

At Labrang—a major monastery in Gansu province—monks led a protest of at least 1,000 people on Friday, witnesses said. Military and police forces stopped the crowd before they could reach the prefecture government building. The crowd was carrying Tibetan flags and shouting “Long live the Dalai Lama” and “Free Tibet,” witnesses told RFA’s Tibetan service.

Witnesses earlier said paramilitary forces fired on rioting Tibetan protesters in Lhasa, killing at least two people, as Tibetans torched cars and shops and anti-Chinese demonstrators surged through the streets of the regional capital.

Witnesses who spoke to RFA’s Tibetan service reported seeing two bodies in the central Barkhor area of Lhasa. “There was shooting and death,” another Tibetan source told RFA’s Mandarin service, adding, “It’s not convenient to speak on the phone.”

Simultaneous protests

“Now the local Tibetans are protesting in the Barkhor area,” a third Tibetan source said, referring to a central area in Lhasa. “They ransacked Chinese shops and the police fired live ammunition into the crowd. No one is allowed to move around in Lhasa now.”

The rioting began around 10 a.m. Friday and by early evening Lhasa roads were blocked, stranding workers inside their office buildings, sources said.

A Han Chinese resident of Lhasa said cars and shops had been torched, while another said the situation was “very messy.”

When I looked back, all the Chinese shops were destroyed. I think not one Chinese shop is intact in the Barkhor area. All kinds of stuff were piled up on the main road and burned. Many vehicles were burned and destroyed.

Tibetan witness

Tibetan sources in the city said the protesters were burning and smashing Chinese shops and anything Chinese as they moved through the city, leaving thick black smoke billowing over Lhasa.

Protesters were running through the streets with traditional white scarves in their hands, shouting “Free Tibet,” sources said. The protests swelled to a peak early Friday amid a reduced police presence on the streets.

A third Han Chinese resident said a curfew took effect at around 1 p.m. The protests tailed off around 3:30 p.m., when large numbers of paramilitary People’s Armed Police (PAP) were mobilized, residents said.

Rioting and ransacking

The crowd was joined by monks from the Ramoche monastery. It then proceeded to smash or burn any property with real or perceived Chinese connections, including a well-known restaurant, Tashi Delek, whose Tibetan owners are believed to be pro-China.

“Protests occurred simultaneously at several locations,” one witness said. “Hundreds of protesters were marching in several directions, including in the Barkhor area and Rangshong Jong road.”

“At one level it appeared to be a orchestrated protest, and at the same time it appeared to be very random and spontaneous, with masses of people emboldened by the relative lack of police presence on the scene,” the witness said. “So more and more Tibetans joined the frantic crowds en route. This was the biggest protest so far in Lhasa.”

Tensions in the Tibetan capital have escalated in recent days as the city’s three biggest monasteries were sealed off by thousands of armed police. Police fired tear-gas to disperse a crowd of several hundred protesting monks near Lhasa on Tuesday.

The protests began March 10 when hundreds of monks staged a rare demonstration on the 49th anniversary of a 1959 uprising crushed by the Chinese People’s Liberation Army. The Dalai Lama, now 72, subsequently fled into exile in northern India.

The United States, Britain, and European governments voiced concern, with the U.S. ambassador in Beijing urging authorities to act “with restraint.”

Calls for restraint

The Dalai Lama, whom the Chinese authorities blamed for instigating the protests, called the clashes the result of “brute force” by China to keep Tibetan under control for more than a half-century.

“I therefore appeal to the Chinese leadership to stop using force and address the long-simmering resentment of the Tibetan people through dialogue with the Tibetan people,” he said in a statement issued from his base in India. “I also urge my fellow Tibetans not to resort to violence.”

Original reporting in Uke, Amdo, and Kham by RFA’s Tibetan service. Additional reporting by RFA’s Mandarin service. Tibetan service director: Jigme Ngapo. Translated by Karma Dorjee and Palden Gyal. Edited and produced in English by Sarah Jackson-Han.

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~ par Alain Bertho sur 25 mars 2008.

 
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