Emeutes de Ghardaïa mars 2008

Berriane retrouve le calme

C’est grâce à la conjugaison des efforts de toutes les bonnes volontés, des notables des deux communautés et de l’administration locale, dont le wali de Ghardaïa, qui n’ont négligé aucune voie à même de ramener le calme et la sérénité, que la charmante ville de Berriane a retrouvé hier le calme dont elle n’aurait jamais dû se départir.

Nous avons fait le tour de la vieille ville, là où les violences ont atteint le summum et où la déferlante a tout emporté, biens et personnes. Magasins au rideau éventré calcinés, pillés, rues jonchées de détritus et d’objets hétéroclites noircis et salis, tel est le triste et désolant visage de la bêtise humaine. Nous avons pu aussi constater que les forces de sécurité sont toujours là, aux aguets du moindre mouvement suspect tendant à rallumer le feu. Beaucoup de citoyens se sont rapprochés de nous pour nous reprocher d’avoir accusé les Chaâmbis et les Mozabites de s’affronter. Ce qui est totalement faux, car la communauté châambie n’a aucun ancrage à Berriane et est exempte de tout reproche. Beaucoup de citoyens et de notables nous ont reproché d’avoir fait l’amalgame entre deux communautés et que nous avons été induits en erreur. Pour en revenir aux décisions prises pour tirer au clair les tenants et aboutissants de ces tragiques journées de printemps, le wali de Ghardaïa, dans un point de presse improvisé à Berriane, a déclaré que « toutes les dispositions ont été prises pour protéger les biens et les personnes. Tous ceux qui ont vu leur bien touché seront dédommagés soit par les assurances soit par une autre voie à déterminer. Aucune arrestation n’a été, pour l’instant, opérée. Mais la force restera à la loi et donc tous ceux qui ont une responsabilité, à quelque niveau que ce soit dans ces violences, aura à y répondre devant la justice. Pour ce qui est du tragique décès de Lassakeur Ali, une enquête est ouverte pour identifier et arrêter le ou les coupables ». De son côté, le maire de la ville, M. Hadjadj, réclame en revanche, à cor et à cri, l’installation permanente d’une structure de la Sûreté nationale, étonnamment inexistante dans cette grande ville traversée par la plus grande route nationale du pays, mais délaissée sur le plan sécuritaire. C’est une revendication des citoyens depuis 1990, qui se sentent délaissés par les autorités sécuritaires. La jeunesse locale est à l’abandon. « Est-ce trop demander, entend-on dire, que d’avoir quelques infrastructures sportives de proximité ? Où voulez-vous qu’on aille déverser ce surplus de vitalité si ça continue ainsi ? On a beau essayé de canaliser l’énergie de cette jeunesse, rien n’y fera si la logistique ne suit pas », nous disent des citoyens de la région. Il y a urgence en la demeure, les pouvoirs publics sont interpellés.

K. Nazim

Un mort et plusieurs blessés dans des affrontements à Ghardaïa

El Annabi

samedi 22 mars 2008.

Ghardaïa Algérie. Une simple altercation entre adolescents avec des pétards a tourné au drame, mercredi dernier, dans la commune de Beryane, située à 40 km de la wilaya de Ghardaïa.

Un mort, tué par balle et plusieurs blessés par balles aussi est le bilan de cette « simple dispute » qui s’est transformée en une véritable bataille rangée entre les jeunes de la tribu M’zab et ceux d’El-Arouch arabe, habitant Beryane. Durant ces échauffourées, des locaux commerciaux ont été incendiés et des maisons saccagées et brûlées par des inconnus qui ont profité de l’occasion pour faire intrusion dans le quartier de « Kaf Hamouda » et procéder à des actes de violence. Depuis mercredi et jusqu’à hier, les habitants de cette commune vivent la terreur avec les émeutes qui ont éclaté dans le quartier de « Kaf Hamouda » et dont les auteurs de ce théâtre de violence restent inconnus jusqu’à présent.

Selon ce qui a été rapporté dans le communiqué de la fédération du FFS de Ghardaïa, tout a commencé par une simple confrontation entre adolescents et jeunes du quartier qui se jetaient des pétards et autres produits pyrotechniques dans la soirée de la fête du Mawlid. Ce jeu entre jeunes a vite dégénéré et les pétards ont cédé la place aux pierres et ce fut une véritable bataille rangée entre les deux tribus. Le lendemain, jeudi, le quartier semblait reprendre son calme lorsque des émeutes plus violentes et plus étendues éclatèrent de nouveau, à 22h, causant d’autres dégâts matériels et d’autres locaux commerciaux ont été incendiés. « Nous avons entendu plusieurs coups de feu tirés par des extrémistes inconnus du quartiers Kaf Hamouda. C’est ainsi que le dénommé Laâsaker Ali a été tué et que d’autres personnes ont été gravement blessées par balles », indique le communiqué du FFS. « L’évolution des événements ressemblait beaucoup à ceux qui ont éclaté en 1990 », cite le communiqué.

Malgré l’intervention de la brigade anti-émeute et des élus locaux pour calmer ces jeunes, la situation n’a fait qu’empirer et n’a pas pu être maîtrisée, selon les signataires du communiqué. Face à cette situation tragique, la fédération du FFS a condamné fermement ces actes de violence et demande l’ouverture d’une enquête en toute urgence pour dévoiler la vérité sur ces événements et d’autres qui se répètent dans cette wilaya, dans le seul but de semer la violence entre les tribus ». La fédération demande également la poursuite des auteurs de cette violence qui menace sérieusement la stabilité et la sécurité du pays ».

De tels événements risquent, craint la fédération, « d’avoir des conséquences graves dans le futur et répandre la haine entre ces deux tribus ».

Emeutes à BERRIANE sur fond de querelle partisane


22 Mars 2008

La commune de Berriane, à 40km du chef-lieu de la wilaya de Ghardaïa, a été, dans la nuit de jeudi à vendredi, le théâtre de violentes altercations. Selon la section du FFS (Front des forces socialistes) à Ghardaïa, qui nous a fait parvenir hier un communiqué, ces événements, ayant opposé deux tribus rivales, se sont soldés par un mort et plusieurs personnes blessées. Tout a commencé dans la soirée du mercredi dernier, par un simple jeu de gamins qui échangeaient des tirs de pétards. Ce jeu «innocent» n’a pas tardé à s’amplifier et à devenir d’autant plus dangereux qu’il a réveillé les démons de deux tribus bellicistes. Selon le communiqué de le section du FFS à Ghardaïa, le conflit s’est aggravé après que «des éléments inconnus eurent infiltré les émeutiers, provoquant ainsi une débandade générale». Dans le communiqué transmis hier à notre rédaction, ladite section estime que les choses ont pris une tournure périlleuse avec «l’absence totale et criante des représentant de l’Etat». Dans le même communiqué, la section du FFS à Ghardaïa relève que «une heure après le début des émeutes, les forces de l’ordre se sont déplacées sur les lieux, mais elles n’avaient pas daigné lever le petit doigt, se contentant uniquement de défendre les différentes institutions de l’Etat». «Les forces de l’ordre ne sont intervenues que six heures après le début des sanglants évènements» estime, la section du FFS à Ghardaïa. «Les émeutiers ont même saccagé, pillé et brûlé, les locaux de commerce de la commune de Berriane» lit-on encore dans le communiqué signé par le représentant du Front des forces socialistes à Ghardaïa, Fakhr Kamel-Eddine. Dans sa missive, le FFS ne va pas sans mettre à l’index les autorités locales qui n’ont pas, selon lui, intervenu à temps afin d’arrêter des événements qui allaient, quelques heures plus tard, tourner au drame. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a, de son côté, dépêché une délégation composée de cinq membres. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le RCD indique avoir instruit «les membres de sa délégation, à leur départ d’Alger, de tout mettre en oeuvre pour aider au retour au calme et de la sérénité dans la ville de Berriane et d’apporter soutien et assistance aux efforts déployés par le président de l’APC de cette ville et par ses adjoints depuis le début des événements, afin de calmer les esprits et d’éviter l’escalade».

Hakim KATEB

 

~ par Alain Bertho sur 23 mars 2008.

 
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