Emeute à Chetaïbi octobre 2007

Chetaibi : les Émeutes: Mesures prises et des promesses

El watan

29/10/2007

Dimanche à 4h du matin des barricades, constituées de troncs d’arbres de gros blocs de pierres et de pneus, ont été dressées au niveau de certains points stratégiques : Zaouia-rond-point (ou pont Sayès) et Bahloul, rendant ainsi impossible l’accès à la ville de Chetaïbi.

Durant la journée d’hier, toutes les boutiques étaient fermées. La mairie, le bureau de poste et les établissements scolaires étaient clos, seul le personnel de l’hôpital était fidèle au poste, et ce, en prévision d’éventuelles échauffourées si les négociations se terminaient par un échec. Lors de la visite du wali et de sa délégation, les rues étaient noires de monde. Des centaines de personnes encerclaient le siège de la daïra. Vers 10h, sept représentants de la société civile ont été conviés à des pourparlers avec les autorités. Ces négociations n’ont pris fin que vers 14h. Les citoyens se sont alors réunis à l’endroit dénommé Monuments aux morts, où ils ont eu droit aux explications des négociateurs, sous une salve d’applaudissements. Il en ressort que le changement du chef de daïra ne peut être décidé qu’en haut lieu, soit le ministère de l’Intérieur. Mais les citoyens sont invités d’ores et déjà à souscrire à une pétition en ce sens, qui sera déposée au siège de l’APC. L’autre point débattu concerne l’approvisionnement en eau potable, qui se fera dorénavant à partir de la source de la fontaine romaine. Le wali a promis aussi de prendre en charge d’autres problèmes : le chômage, les coupures d’électricité, etc. L’entrée en application de ce programme commencera dans la prochaine quinzaine. La population reste tout de même prudente, car dans quelques jours va démarrer la campagne électorale. Est-ce que les problèmes soulevés ne seront-ils pas dès lors relégués aux calendes grecques ?

Mahmoud Ameur [EL WATAN – 29-10-2007]

Chetaibi – Retour au calme

El Watan

27/10/2007

Après les événements qui ont secoué la commune de Chetaïbi quatre jours durant, c’est enfin le retour au calme. La médiation initiée tard dans la soirée du mercredi entre les autorités locales et les moudjahidine a enfin porté ses fruits.

D’aucuns affirment que ce serait grâce aux efforts déployés par un colonel à la retraite entre les émeutiers et les autorités que le calme est revenu et les esprits se sont apaisés. La remise en liberté de plusieurs dizaines de jeunes manifestants détenus à la maison d’arrêt de Oued Aneb (Berrahal) a, par ailleurs, contribué considérablement à détendre l’atmosphère.

Toutefois, les citoyens ont décidé d’organiser quotidiennement des marches pacifiques en brandissant des banderoles portant leurs revendications axées principalement sur le départ du chef de daïra et celui de la brigade de gendarmerie, et sur la prise en charge de leurs préoccupations d’ordre social. Ces marches devraient cesser ce lundi, car on leur a promis la visite du wali.

Au quartier communément appelé Cité rurale, l’intervention musclée des gendarmes a choqué, voire traumatisé plus d’un. L’utilisation à outrance constatée sur les lieux des bombes lacrymogènes a engendré l’hospitalisation de plusieurs personnes âgées et de leurs enfants pour des difficultés respiratoires. L’emblème national flottait sur chaque maison. « C’est une façon de rappeler aux autorités que nous sommes toujours des Algériens et que nous aimons notre pays. Mais nous tenons à condamner énergiquement cette répression d’autant que nos revendications sont légitimes. » Ce sont les propos de plusieurs manifestants après le retour au calme.

Mahmoud Ameur [EL WATAN – 27-10-2007]

Annaba. Les émeutes se sont poursuivies hier à Chétaïbi

Liberté

26/10/2007

40 blessés, des véhicules brulés et des édifices publics saccagés.

Les émeutes, déclenchées avant-hier dans la commune de Chétaibi, se sont poursuivies en raison de l’absence de dialogue avec les autorités. Le manque de communication entre la population et les responsables locaux a amené les citoyens à poursuivre la protestation. Des éléments des brigades antiémeutes ont été dépêchés en renfort d’El-Hadjar (Annaba) et de Skikda

Ainsi, l’unique route menant au village a été coupé à l’aide de barricades à environ deux kilomètres de l’entrée de la localité. En plus, des groupes de jeunes ont pris position sur les hauteurs d’une montagne donnant sur ce tronçon, empêchant tout accès. Alors qu’au niveau des différentes rues du village, des centaines de jeunes, dont l’âge varie entre 15 et 25 ans, sont revenus à la charge pour afficher leur mécontentement vis-à-vis du silence complice des autorités locales concernant leurs revendications purement sociales soumises au secrétaire général de la wilaya, qui s’est déplacé sur les lieux en l’absence du Wali. Dès 9h, la protestation reprend de plus belles. Des pneus ont été brulés un peu partout, des poteaux électriques déracinés, des troncs d’arbre et des pierres ont été également utilisés par les jeunes en colère pour bloquer les accès aux gendarmes.

Visages camouflés par les foulards et armés de gourdins et de pierres, les émeutiers décidés à se faire entendre continuent d’exiger la présence du Wali de Annaba et le départ du chef de daira pour mettre fin à leur révolte. « Le chef de daira et son secrétaire général doivent partir. Il faudrait constituer une commission d’enquête qui se penchera sur la gestion aussi bien de la daira que de l’APC, et nos revendications sont d’ordre social doivent être prise en compte », martèlera un manifestant qui s’est dit prêt à mourir pour qu’il soit écouté. « Notre mission prioritaire est de sauvegarder les édifices publics par tous les moyens », lance un gendarme.

Parmi la population civile, on dénombre 21 blessés, dont souffre de fractures, signale-t-on au centre de santé de Chétaibi, tandis que du coté de la Gendarmerie nationale l’on déplore, selon des sources proches de ce corps, 19 blessés. Coté dégâts, nous avons constaté des véhicules brulés et certains édifices saccagés.

Cependant, le chef de daira a refusé carrément tout commentaire sur la situation jamais signalée auparavant à Chetaibi. Au moment ou nous avons quitté les lieux, la tension restait très tendue et les manifestants affirment qu’ils occuperont de nouveau les sièges si aucune mesure n’est prise, surtout celle ayant trait au départ du chef de daira.

B. Badis (LIBERTE – 25-10-2007)

~ par Alain Bertho sur 30 octobre 2007.

 
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