Voiture de police incendiée à Amiens – 19 février 2012
AMIENS Une voiture de police brûle au quartier Nord
courrier-picard.fr
dimanche 19 février 2012
Les pompiers ont maîtrisé l’incendie qui a brûlé deux voitures (photo: THOMAS DELOBELLE)
La tension est montée ce dimanche midi au nord d’Amiens. Deux voitures ont été brûlées.
Au moins deux véhicules, dontune voiture de la police municipale, ont dévorés par les flammes ce dimanche midi au quartier Nord d’Amiens.
D’après nos premières informations, une fourgonnette de la police qui se trouvait en stationnement au niveau de l’Atrium avenue de la paix a été visée.
Jets de projectiles sur la police
Des témoins disent avoir vu plusieurs jeunes gens tourner autour du véhicule peu avant son embrasement. Chargés de la police des marchés, les agents municipaux avaient stationné leur véhicule près du marché du Colvert.
Voyant leur véhicule en feu, les policiers municipaux se sont approchés et ont alors reçus divers projectiles de la part d’une quinzaine de personnes encagoulées.
Une autre voiture victime du feu
Une deuxième voiture, une Renault mégane break, qui était stationnée à proximité du véhicule des fonctionnaires de la police municipale est une victime collatérale. Elle a également été complètement ravagées par l’incendie qui s’est propagé. Lire la suite…












Dans certains quartiers le temps s’est arrêté. Les aiguilles de l’horloge ne bougent plus, le calendrier indique : Octobre 2005. Rien n’a changé ! Le chômage, l’exclusion, les discriminations… Tant de facteurs qui fragilisent la paix sociale et qui font qu’au moindre incident, les esprits et les voitures s’échauffent.
Quelques jours après l’annonce du ministre de l’Intérieur de la création de
15 zones de sécurité prioritaire, c’est l’une d’entre elles qui s’embrase : Amiens.
La création de ces zones géographiques censées concentrer les moyens de lutte contre la délinquance faisait partie des 60 propositions de François Hollande lors de la campagne présidentielle.
Un contrôle d’identité serait une fois de plus à l’origine des affrontements qui ont fait 16 blessés parmi les forces de l’ordre. Les dégâts sont nombreux : une école maternelle saccagée, un complexe sportif détruit des voitures, des bâtiments publics et des poubelles incendiés. Devant des images que TF1 qualifient de « guérillas urbaines » nous avons l’impression de revivre les émeutes de 2005 qui se sont soldé rappelez vous par 300 bâtiments dégradés, 10 000 véhicules incendiés et 130 policiers blessés. Le gouvernement a affirmé qu’il ferait preuve de « fermeté ».
Dura lex sed lex !
Que faut-il donc faire pour changer les choses
et éviter de revivre en permanence les mêmes événements ?
Premièrement, arrêtons d’attendre « la solution miracle » qui règlera les problèmes des banlieues en France. S’il elle existait, nous le saurions ! Et je ne pense pas qu’elle viendra d’un bureau d’experts politique. Le problème vient de l’intérieur, il se réglera sans doute de l’intérieur. Commençons dans un premier temps par associer tout les acteurs locaux à la réflexion. Il faut tout un village pour éduquer un jeune (proverbe africain). Il faut donc élargir le cercle de ceux qui décident. Réunir les associations qui jouent un rôle essentiel et plus particulièrement dans ses quartiers, les parents, les professeurs, les élus, les forces de l’ordre autour d’une même table.
Réconcilions les citoyens et la police afin d’en finir avec ce sentiment bizarre qu’est ce lui de « se retrouver à avoir peur de ceux qui sont censé nous protéger ». La réconciliation passera par des rencontres, des projets communs, des partenariats, des moments festifs mais Il faudra également légiférer pour réglementer les contrôles d’identités qui nuisent aux relations entre la police et les citoyens. Ce constat n’est pas que celui des simples habitants frustrés par les agissements des méchants policiers mais d’organismes reconnus comme Human Rights Watch, une des principales organisations indépendantes au monde qui se consacrent à la protection et à la défense des droits humains.
Pour avancer sur les questions d’écologies dans le passé, il a fallu s’entourer d’experts sur la question. Pourquoi ne pas se préoccuper de la question des quartiers au même titre que de l’écologie, et de la même façon ? Je ne connais que très peu de think tank qui aborde les problèmes des quartiers. Formons une élite issue de nos banlieues qui seront dans les organes de décisions de notre pays. Il n’est pas question d’une seconde Fadela Amara qui tiendra le rôle de figurante non. Commençons d’abord par avoir des élus locaux impliqués qui habitent ces quartiers.
Il faudra donc s’inviter. La chose publique est l’affaire de tous. Le jour ou les habitants des quartiers prendront conscience que c’est leurs quartiers, nous en finirons avec la violence et la dégradation des biens publics. Mais comment voulez-vous que les gens respectent la commune, les rues, les mobiliers urbains ? Ce n’est pas leur commune, c’est celle des élus. Quels rapports avons-nous avec nos rues si ce n’est des interdictions. Interdiction de tourner à droite, interdiction de stationner. Interdit surtout d’avoir la moindre initiative.
A ceux qui nous parlent sans cesse de vouloir partager les richesses, commencez donc par partager le pouvoir. La République exclue les citoyens qui ne sont pas intégrés aux sphères de décisions, d’ou la nécessité de penser et repenser une vraie politique pour les quartiers et non se contenter de multiplier les moyens policiers.
J’espère que ces émeutes serviront au moins à susciter l’envie de changer les choses auprès des habitants de ces quartiers car le vrai changement viendra d’eux.