Elections : émeutes à Mbour, Thiès, Kaolack et Fatick – 27 janvier 2012

FAISANT EFFET BOULE DE NEIGE : La violence gagne Dakar et embrase le reste du pays

Samedi 28 Janvier 2012

 La validation de la candidature de Me Wade à la présidentielle du 26 février prochain, par le Conseil constitutionnel, a engendré des scènes de violences.(…)

Ces violences ont été beaucoup plus intenses à l’intérieur du pays, particulièrement à Mbour, Thiès, Kaolack et Fatick. À Kaolack, des jeunes du M23, à bord de motos Jakarta, ont mis la ville sens dessous dessus et ont saccagé la permanence locale du Parti démocratique sénégalais (Pds) avant de la brûler. Un même traitement qu’ils ont réservé aux locaux de la Rts inaugurés, il y a une semaine. Le véhicule du chef de la station de la Rts de Kaolack a cramé. Ce qui a installé une peur terrible chez les populations, puisque le site en feu se trouve à côté des fils électriques de hautes tensions, d’une grande banque et d’un siège de la Sonatel. D’autant plus qu’au moment où le véhicule et un arbre cramaient, les sapeurs-pompiers tardaient à arriver sur les lieux. Le feu a duré, plusieurs minutes, avant d’être maîtrisé par les sapeurs- pompiers, qui sont intervenus tardivement. Des violences qui se sont manifestées jusqu’au niveau de la route Kaffirine-Tamba et de la Transgambienne. La permanence du Pds de Diourbel n’a pas aussi échappé à la furie des jeunes en colère qui l’ont mis en feu, brûlant des pneus dans les différents endroits. À Fatick, la gouvernance et le Poste de Police ont été attaqués par les jeunes qui les ont caillassés.
La particularité des localités de Kaolack, Fatick et Diourbel, avec les Jakarta, a facilité les choses aux jeunes et rendu les choses plus compliquées pour les policiers. Ils étaient débordés par les jeunes dont la mobilité était facilitée par ces moyens de locomotion qui les prenaient de court. Les dégâts de cette expression collective de colère n’ont pas été simplement que matériels, ils ont été aussi corporels.

Guérilla à Thiès

THIÈS – Dans la ville de Thiès, les populations ont adopté la stratégie de la guérilla en se dispersant dans différents sites, afin de mener, de façon organisée, des actions. Au niveau de plusieurs quartiers et à l’entrée de la ville, des pneus ont été brûlés et des banques attaquées. Du coup, aucun véhicule en commun n’a pu accéder au centre-ville. Selon Pape Amadou Sall, responsable des jeunes du Parti socialiste (Ps) à Thiès, «les gens évitent les actions de rassemblement, pour ne pas donner aux forces de l’ordre, l’occasion de les cerner, de les contrôler et de les réprimer». En attendant la proclamation définitive de la liste des candidats à la présidentielle de 2012, les jeunes du M23 de Thiès entendent profiter de la journée d’aujourd’hui, pour s’organiser, avant de mener l’assaut final, le lendemain, dimanche. Lamine Diallo, adjoint au maire de Thiès, a déclaré : «Ce qui est clair et constant, c’est que les gens restent intransigeants par rapport à la détermination à mener les combats jusqu’au bout». Et d’ajouter : «Les Thiessois sont loin d’être des poltrons. Nous ne reculerons pas face à la répression aveugle des forces de l’ordre». À souligner que, suite aux affrontements intervenus dans la cité du Rail, l’adjoint au maire, Ibrahima Ba, a été poursuivi jusque chez lui par les policiers. N’eût été l’intervention énergique de ses voisins, le pire allait se produire.

(…)

Des jeunes enflamment les rues de Mbour

MBOUR – Dès l’annonce de la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature de Me Wade, les jeunes du M23 de Mbour ont occupé les différentes artères de la ville. Des dizaines de pneus ont été incendiées sur la route nationale. Pendant que certains s’attelaient à brûler des pneus, d’autres plaçaient des briques et d’autres matériaux sur la route, dans un désordre total. Le rond-point, situé à l’entrée de Mbour, ne désemplissait pas. Les forces de l’ordre, déchaînées, frappaient les manifestants avec des matraques et lançaient des grenades lacrymogènes. À chaque assaut des forces de l’ordre, les jeunes fuyaient pour revenir quelques instants après. Les manifestants criaient à tue-tête des slogans tels que : «Wade dégage», «On est prêt à tout», «On ne s’arrêtera pas». Mouhamadou Barro, un des responsables du M23, a déclaré : «Nous ne nous arrêterons pas tant que le Conseil constitutionnel ne revient pas sur sa décision de valider la candidature de Wade qui a démontré, encore une fois, qu’il ne respecte pas le peuple sénégalais. Il appartient au peuple de le remettre à sa place».

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CHAUDE JOURNÉE À THIÈS, HIER : La Police réprime violemment la marche du M23 local

Vendredi 27 Janvier 2012

 THIÈS – Une quinzaine d’arrestations de membres du Mouvement du 23 juin (M23) composés, principalement, d’éléments de Rewmi d’Idrissa Seck, mais aussi d’un vieux de plus de 87 ans, qui n’a ni oeil, ni pieds, Assane Konaté, des blessés, parmi lesquels le Coordonnateur des Forces vives de la nation à Thiès, Souleymane Ndiaye «Brin», un «Y en a marriste» admis à l’hôpital régional Ahmadou Sakhir Ndiéguene. C’est le bilan de la marche, hier, à Thiès, du M 23, dont nombre de membres cherchent encore à comprendre les raisons qui justifient «l’ordre du commandant urbain du Commissariat central de Thiès, qui était à la tête des opérations, de faire usage de balles à blanc et de lacrymogènes, à portée de main». C’est-à-dire, explique Pape Amadou Sall, Secrétaire général des Coordinations des Unions régionale et communale Ps de Thiès, à «4 mètres d’individus qui n’ont opposé aucune résistance». Pour M. Sall, «face à des gens qui ont les mains en l’air, rien ne justifie un tel acte». En tout cas, le constat est que, lorsque les policiers se sont dirigés vers les marcheurs, ces derniers ont, tous, levé les mains, pour montrer qu’ils n’opposaient aucune résistance. Les membres du M23 de Thiès s’étaient retrouvés, à partir de 16 heures, pour démarrer une marche. Et c’est au moment du démarrage de la marche, en possession d’une banderole pour montrer qu’ils voulaient effectuer leur marche, de la façon la plus paisible du monde que, malheureusement, les forces de l’ordre viendront, sans injonction ni quoi que ce soit, les disperser avec leurs armes. Lire la suite…

Tidiane CAMARA (Correspondant)

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~ par Alain Bertho sur 29 janvier 2012.

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