Expulsion : émeute à Cotonou – 15 novembre 2011

Emeute suite aux opérations de déguerpissement : Des pierres, du sang, et des coups de feu à Zongo

actubenin.com

16 novembre 2011

Zongo…La réputation n’a pas changé. Quartier du 5ème arrondissement de Cotonou réputé pour sa légendaire hostilité aux forces de l’ordre et à l’assainissement a été hier mardi, le théâtre de violents affrontements entre agents républicains et populations, rappelant du coup une scène d’Intifada dont ce coin singulier de la capitale économique est coutumier depuis fort longtemps.

On se croirait véritablement dans les rues de Jérusalem où des soulèvements des habitants éclatent souvent pour s’opposer à des opérations de ratissage. Ainsi, face aux kalachnikovs et engins lourds, les populations réagissent par des jets de pierres. Quelque temps après, c’est l’accalmie mais au bout de plusieurs minutes, les affrontements reprennent. C‘est ce que Zongo a été hier tout au long de la journée. Des échauffourées intermittentes ont bouleversé la vie quotidienne des usagers. Les habitants et particulièrement les riverains de la voie principale longeant ce quartier, ont décidé de manifester leur colère en s’opposant aux opérations de déguerpissement entreprises par les autorités municipales pour changer l’image de la capitale économique. Selon nos informations, à peine ont-ils aperçu le bulldozer de la mairie accompagné d’une équipe d’agents de sécurité municipaux et du commissariat central de Cotonou, qu’ils les ont cueillis à froid, par des projectiles. Qui pour lancer des pierres, d’autres des gourdins ou tout autre objet, sur lequel ils se jetaient. Une réaction digne d’une défiance vis-à-vis des forces de l’ordre et de la mairie de Cotonou à laquelle on ne pouvait ne pas s’attendre. Si ailleurs l’opération « ville propre » n’a pas donné lieu à des violences, tout le monde savait que Zongo allait opposer une résistance qui risque de déboucher en affrontements sanglants. Les faits l’ont prouvé hier. Pendant que le soulèvement prenait corps, les forces de sécurité présentes sur les lieux demandaient du renfort qui ne tarde pas à venir. Un contingent de la Compagnie républicaine de sécurité arrive. Bien avertis, les éléments organisent aussitôt la charge. Contenus dans leur offensive, les manifestants baissent les bras. Sans doute le temps de voir ce qui va se passer par la suite. Lire la suite…

~ par Alain Bertho sur 17 novembre 2011.

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