Fête du feu : échauffourées à Téhéran – 15 mars 2011
Affrontements en divers points de Téhéran
ncr-iran.org
Mardi, 15 Mars 2011
CNRI – Dans le parc Pardissa de la capitale iranienne, sur l’autoroute Hemat, des centaines de personnes scandaient : « je tuerai, je tuerai, celui qui a tué mon frère ». Des jeunes ont brûlé des photos de Khamenei et de Khomeiny sur lesquelles étaient écrites « A bas le principe du guide suprême ». Sur le boulevard Abouzar, des jeunes ont lancé de gros pétards contre un véhicule des forces de sécurité.
Dans la rue Jeyhoun, une foule importante criait « A bas le dictateur ». Sur le trajet des rues Karoun, Azerbaïdjan et Satarkhan vers la rue Behboudi, des jeunes ont attaqué à coups de produits inflammables et de pétards un groupe de miliciens à moto qui fonçaient vers eux pour les disperser.
Dans le quartier de Salsalbil, des affrontements ont éclaté avec les agents de sécurité qui ont tiré des gaz lacrymogènes sur la population. A Mehrabad et au croisement Sabalan, les jeunes ont affronté des miliciens du Bassidj qui les avaient provoqués et les ont obligés à battre en retraite.
Depuis le début de soirée, les agents postés sur Falakeh-Dovom de Tehranpars et la place Mohseni confisquent les clés de contacts des motos pour les empêcher de circuler.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 15 mars 2011

Ce soir, les Iraniens jouent avec le feu
laregledujeu.org
ARMIN AREFI
Les Iraniens fêtent ce soir la fête populaire du Chaharshambeh suri ou mercredi de feu. Cette tradition zoroastrienne (première religion monothéiste au monde) de plus de 4000 ans, datant de l’Empire perse, célèbre la veille du dernier mercredi de l’année avant le Nouvel an iranien (21 mars prochain). À cette occasion, de nombreuses familles allument des feux de joie et sautent par dessus en musique en criant, chacun son tour, “Donne-moi ton rayonnement du printemps et reprends ton teint hivernal jaunâtre” pour mettre un terme aux souffrances de l’hiver et débuter dans la paix et la nature du printemps la nouvelle année.
Or cette fête, si elle se révèle bon enfant chez les aînés, revêt un tout autre sens chez la jeunesse iranienne, qui forme plus de 70% de la population, surtout depuis que les autorités islamiques ont tenté ces dernières années de la faire disparaître. Eux qui n’ont pas beaucoup de loisirs, profitent généralement de cette soirée pour évacuer la frustration d’une année entière, à coups de feux d’artifice, de grenades artisanales, et de déhanché oriental! Ainsi, il n’est pas rare, en s’enfonçant dans les ruelles du pays, de tomber nez à nez avec de véritables boîtes de nuit en plein air autour d’un énorme brasier.
Cette fête pré-islamique coïncide aujourd’hui avec un nouvel appel à manifester lancé par l’opposition pour réclamer la libération de Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi, et de leurs femmes, coupés du monde car en résidence surveillée depuis plus de trois semaines.
Les autorités iraniennes ont d’ailleurs mis en garde les jeunes contre toute tentative d’utilisation par la “contre-révolution” de la fête du feu. “La contre-révolution tente de s’infiltrer parmi les jeunes qui n’ont pas de motivation contre-révolutionnaire et veulent seulement mener des actions sensationnelles”, a ainsi déclaré hier le chef de la justice de Téhéran, Ali-Reza Avaei.










