Tunisie : la révolte sur Internet – janvier 2011

thalasolidaire.over-blog.com

***

nawaat.org

>>nawaat-youtube<<

 

Tunisie: « On assiste à une cyber-révolte »

youphil.com

Julie Schneider

12/01/2011

Karim Bitar, spécialiste du monde arabe à l’Institut des relations Internationales et Stratégiques (Iris), revient sur la crise tunisienne.

Youphil: Que se passe-t-il en Tunisie?

Karim Bitar: L’exaspération des jeunes est née du manque d’opportunités professionnelles pour les diplômés de l’enseignement supérieur. Mais ils n’ont pas accès à l’emploi, comme le montre le fort taux de chômage. D’ailleurs, l’élément déclencheur des émeutes est très emblématique: un jeune diplômé a tenté de s’immoler par le feu parce qu’il ne pouvait même pas vendre des légumes.

Ces affrontements sont le fruit d’une accumulation de frustrations, depuis plusieurs années, qui sont liées à plusieurs facteurs, comme l’absence de liberté politique. Or, la jeunesse tunisienne a besoin de liberté. Cette génération est de plus en plus instruite, a accès à Internet… Contrairement à leurs parents, ces jeunes ne sont plus prêts à accepter de bafouer leur liberté pour la stabilité. Il y avait une sorte d’accord tacite entre le peuple et le président Ben Ali à ce sujet. Il semble être remis en question.

Derrière les revendications sociales et économiques, il y a un besoin de liberté et une volonté de participer à la vie politique. Ils ont le sentiment que le pouvoir est confisqué par une oligarchie et quelques familles proches du pouvoir.

Youphil: Ces éléments ne sont pas nouveaux, pourquoi la jeunesse se révolte-t-elle maintenant?

K.B.: C’est là qu’est toute la question. Les dernières manifestations de cette ampleur ont eu lieu en 1984, lors des émeutes du pain. Les Tunisiens se rebellaient alors contre le coût de la vie et la cherté, comme maintenant. Ils ont bien tenté de lancer un mouvement en mai dernier, mais cela n’a pas pris.

Aujourd’hui, il y a un événement conjoncturel supplémentaire: la crise économique mondiale. La Tunisie, comme beaucoup de pays, est soumise à une politique économique restrictive. Ces évènements sont à relier avec ceux qui se passent en ce moment en Egypte et en Algérie. Les jeunes se révoltent face à un pouvoir confisqué par un petit groupe de personnes et par des présidents âgés et peu ouverts sur les nouvelles générations.

Autre élément, la plupart des régimes autoritaires ont profité de la guerre globale contre le terrorisme pour verrouiller encore plus leur société, avec l’aval de l’Occident. Ce dernier a longtemps fait preuve d’indulgence envers ces régimes par crainte de la montée de l’intégrisme. Mais pour la France, c’est particulièrement délicat, parce qu’il y a souvent des accusations d’ingérence, surtout en Algérie.

Youphil: En quoi les manifestations en Algérie et en Tunisie sont-elles différentes?

K.B.: Le point commun entre ces deux mouvements est l’exaspération de la jeunesse. Mais en Algérie, le pays est suffisamment riche pour assurer une vie décente à ses ressortissants, du fait de la rente pétrolière, alors qu’en Tunisie, il n’y a pas de ressources naturelles. Or, il n’y a eu aucune redistribution.

En outre, la liberté de la presse est moins importante en Tunisie qu’en Algérie. L’accès des jeunes à l’enseignement supérieur n’a alors fait que renforcer ces frustrations. En Tunisie, les jeunes ne vont pas se contenter de concessions sur les plans sociaux et économiques. Ils veulent le pain et la liberté.

Youphil: Internet joue une place importante dans ces manifestations. Une nouvelle forme de contestation est-elle en train d’apparaître?

K.B.: Exactement. De nombreux sites Internet et de blogs sont bannis en Tunisie par le gouvernement. La jeunesse a riposté en attaquant des sites Internet gouvernementaux (à travers le groupe de hackers, Anonymous, ndlr). On assiste à une cyber-révolte. Il me semble que Facebook est maintenant déconnecté pour la plupart des Tunisiens. Lire la suite…

 

Sidi Bouzid ou la révolte tunisienne organisée sur Facebook

tempsreel.nouvelobs.com

5 01 2011

Les récents troubles au sein du régime de Ben Ali soulignent l’importance des réseaux sociaux comme l’outil indispensable de l’opposant dans un pays où l’information est verrouillée.

Les récents troubles sociaux en Tunisie, en particulier dans la région de Sidi Bouzid (centre- est, à 240km de Tunis), ont mis en lumière l’importance d’Internet et des réseaux sociaux dans un pays en proie à une importante censure.

Largement réprimés par les forces de l’ordre, les mouvements de contestation du régime du président Zine el Abidine Ben Ali ont déjà fait un mort et de nombreux blessés. Malgré une censure omniprésente, les manifestants ont su tirer parti de la puissance d’Internet pour s’organiser.

« Tout est passé par Facebook« , raconte une Tunisienne à Nouvelobs.com. Ces dernières semaines, les internautes tunisiens ont été pris dans un tourbillon d’informations, en postant sur Facebook toutes les vidéos ou articles en lien avec les événements de Sidi Bouzid. Le slogan « Partager nous sauvera » s’est érigé en règle.

« En Tunisie, Internet est devenu le seul moyen pour se révolter », poursuit la jeune femme. Une situation qui rappelle l’Iran et ses manifestations post-électorales de 2009, largement reprises sur Twitter.

La Tunisie, « ennemi d’Internet »

Lire la suite…

(Boris Manenti – Nouvelobs.com)

Pages Facebook

~ par Alain Bertho sur 5 janvier 2011.

Laisser un commentaire