Emeutes ouvrières à Dhaka – juillet 2010
Ouvriers du textile au Bangladesh: deuxième jour de violents affrontements
AFP
31 07 2010
DACCA — La police a tiré des balles de caoutchouc samedi pour disperser des ouvriers du textile au Bangladesh au deuxième jour d’un mouvement entamé à Dacca pour réclamer de meilleurs salaires et qui s’étend, a indiqué la police.
A Ashulia, au nord de Dacca, des combats de rues ont opposé des ouvriers du textile en colère à des forces de police anti-émeutes, alors que les syndicats du secteur ont rejeté l’offre du gouvernement de relèvement des salaires, la qualifiant « de bas de façon insultante ».
« Plus de 20.000 ouvriers ont quitté leur travail et nombre d’entre eux ont affronté la police à coups de pierres. Nous avons tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour les disperser, » a dit à l’AFP un responsable de la police Nasir Ahmed.
Les manifestants ont également brûlé des pneus, bloqué la route une importante route reliant Dacca au nord du pays, s’en sont pris à des usines et ont contraint des policiers à reculer, a rapporté un correspondant de l’AFP.
Les propriétaires d’usines ont répondu à la violence en décidant de fermer leurs portes, a ajouté Nasir Ahmed, expliquant que la violence était quelque peu retombée mais que la situation était toujours tendue.
Au moins 10.000 ouvriers ont bloqué une route au sud de Dacca à Narayanganj, selon un responsable de la police.
De violentes manifestations d’ouvriers du textile ont éclaté vendredi dans la capitale du Bangladesh après l’annonce de hausses salariales jugées décevantes.
Un comité d’urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d’industriels et de syndicalistes avait annoncé que le salaire minimum mensuel allait passer de 1.662 taka (23 dollars, un plus bas mondial)) à 3.000 taka (43 dollars) à partir du 1er novembre.
Les syndicats réclament 5.000 taka pour faire face notamment aux augmentations de prix de l’alimentation.
Selon la représentante du Forum des ouvriers du textile, qui a rejeté la hausse salariale, les ouvriers pourraient appeler à une grève nationale jusqu’à ce que le gouvernement accède à leur demande.
Les usines fabriquent notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H and M, Zara, Marks et Spencer et Carrefour.
Le secteur au Bangladesh emploie 3,5 millions de personnes.
En juin, les exportations ont battu un record en atteignant 1,72 milliard de dollars, soit la meilleure performance réalisée en quarante ans.

Bangladesh: violentes manifestations d’ouvriers du textile à Dacca
AFP
30 07 2010
DACCA — De violentes manifestations d’ouvriers du textile ont éclaté vendredi dans la capitale du Bangladesh après l’annonce de hausses salariales jugées décevantes, a-t-on appris auprès de la police qui a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.
Au moins 5.000 manifestants ont saccagé un quartier commerçant situé dans le centre de Dacca, où de nombreuses ambassades et des organisations humanitaires étrangères ont aussi leurs bureaux.
« Ils ont brisé des vitrines, pillé des magasins avant d’y mettre le feu », a déclaré le chef de la police du quartier Gulshan, Nural Alam. Au moins trois policiers ont été blessés en essayant de les contenir.
Dans un district voisin, environ 3.000 ouvriers ont attaqué la police, jeté des pierres sur les usines et bloqué l’accès à un pont autoroutier, selon le chef de la police locale, Abdur Rob.
« Les manifestations ont éclaté très vite mais elles sont maintenant sous contrôle », a-t-il affirmé, précisant que plusieurs usines de ce district avaient été sévèrement endommagées.
Selon la police, des milliers d’ouvriers ont aussi bloqué l’artère principale de Dacca, arraché des rideaux de fer protégeant des usines et vandalisé des voitures.
Mardi, le Bangladesh a annoncé une augmentation de 80% du salaire minimum de ses millions d’employés du secteur textile après des mois de violentes manifestations portant sur les conditions de travail et les salaires.
Un comité d’urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d’industriels et de syndicalistes a déclaré que le minimum salarial mensuel allait passer de 1.662 taka (23 dollars) à 3.000 taka (43 dollars) à partir du 1er novembre.
Mais si certains syndicats d’ouvriers ont accepté cette hausse, d’autres l’ont rejetée, la jugeant loin des 5.000 taka initialement demandés.
Le mois dernier, des centaines de milliers d’employés avaient fermé une usine clé de l’exportation textile qui fabrique notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H et M ou encore Marks et Spencer.
Selon la représentante du Forum des ouvriers du textile, qui a rejeté la hausse salariale, les ouvriers pourraient appeler à une grève nationale jusqu’à ce que le gouvernement accède à leur demande.
« Le gouvernement a simplement fait ce que les propriétaires des usines veulent. Cette offre n’est pas acceptable », a déclaré Mosherafa Mishu. Selon elle, au moins 50 manifestants ont été blessés et plus de 100 arrêtés.
L’industrie textile au Bangladesh emploie 3,5 millions de personnes.
En juin, les exportations ont battu un record en atteignant 1,72 milliard de dollars, soit la meilleure performance réalisée en quarante ans.
Dhaka garment workers in violent protests over low pay
guardian.co.uk
Several injured and scores arrested in Bangladeshi capital as ‘inadequate’ rise in minimum wage prompts angry riots
Friday 30 July 201
Thousands of garment workers rioted in central Dhaka today after protests against low pay turned violent.
The protesters overturned vehicles, burned tyres, smashed shop windows and blocked traffic in the Bangladeshi capital’s Mahakhali and Gulshan districts. Several people were injured with scores detained.
The protests were prompted by a government announcement that monthly minimum wages for the country’s millions of garment workers would rise by about 80%. Union leaders say the raise is inadequate and does not match the high cost of living.
« We can’t accept this raise, » said Moshrefa Mishu, leader of the Garments Workers Unity Forum. « This is still very poor compared with the high cost of living. It’s a betrayal. »
Major high street retailers including Wal-Mart, Tesco, H&M, Zara, Carrefour, Gap, Metro, JCPenney, Marks & Spencer, Kohl’s and Levi Strauss all import clothes in bulk from Bangladesh, which has some of the lowest labour costs in the world.
Although workers and labour rights groups had pressed for a monthly wage of 5,000 takas (£46), the new official minimum wage has been set at 3,000 takas a month. The previous monthly wage was set at 1,662 takas.
« We have tried our best to meet the demands of the workers, » said labour minister Khandaker Mosharraf Hossain said, when announcing the new wages after months of talks with factory owners.
Bangladesh’s garment exports, mainly to the US and Europe, earn more than $12bn (£7.6bn) a year, nearly 80%of the country’s export income. The country has more than 4,000 factories employing between two and three million workers. Most of these are women, with many are working in hazardous conditions.
A report released last month by the International Trade Union Confederation (ITUC) in Vienna said Bangladeshi garment workers were the « world’s most poorly paid », and that their exploitation was « on the rise ».
The report cited a survey by the Bangladesh Factory Inspection Department, which showed that almost 15% of employers did not pay their workers on time. Many other factory owners did not pay overtime, while several continued to pay less than the minimum wage.
Mohammad Sohel, 21, a worker from Tejgaon, said: « I have been in service for the past eight years and have never protested before, despite the difficulties in living with such low pay. My pay is only 3,500 takas and my rent is 2,300 takas. What do I have after paying for somewhere to live? »
Another worker, Putul Begum, said: « We work to survive but … commodity prices are going up and we cannot even arrange basic needs with our meagre income. »
Campaigners in the UK calculated a living wage in Bangladesh at £98 a month. They claim western retailers could pay increased wages without raising prices.
« This would allow workers and their families to afford nutritious food, an education and healthcare, » said Dominic Eagleton of ActionAid.

« The extra amounts needed are tiny – just 6p on a T-shirt, or 12p on a pair of jeans from Bangladesh. Retailers can afford to pay a living wage without hiking prices in shops. »
The manufacturers say they are being squeezed by a slump in prices on the international market because of the global economic crisis. This, combined with higher production costs due to an energy crisis and poor infrastructure, are pushing them to the edge, they say.
Abdus Salam Murshedy, former president of Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association, said many factory owners would be forced to close.
« The import cost of cotton and other raw materials have increased, » he added.
The garment industry accounts for about 40% of Bangladesh’s total industrial workforce. Low levels of unionisation and organisation have meant protests are chaotic and difficult for the police to predict and break up. Raids by protesters on well-known factories are frequent occurrences. Owners have hired their own gangs to protect their production lines.
In June, about 700 garment factories in a major industrial hub near Dhaka were shut for two days, after violent protests by tens of thousands of workers. Local journalists said the protests were expected to continue.











