Emeute du logement à Bab El Oued بلدية باب الواد – juillet 2010

Les habitants refusent d’être relogés en dehors d’Alger : Emeutes dans le quartier de Bab-El-Oued

DNA

Mercredi, 21 Juillet 2010,

Des échauffourées ont éclaté dans la soirée du mardi 20 juillet dans le quartier de Bab-el-Oued, à Alger,  a constaté un journaliste de DNA sur place. Ces échauffourées se sont poursuivies dans la matinée du mercredi 21 juillet. Les axes routiers menant vers Bouzaréah, sur les hauteurs de la capitale ainsi que vers Bab El –Oued, ont été coupés à la circulation. D’importants renforts de la police anti-émeute ont été dépêchés sur les lieux. Notre reporter fait état de l’arrestation de quatre manifestants.

Des sources policières indiquent à DNA sous couvert d’anonymat que le quartier est totalement bouclé et qu’une dizaine de policiers ont été blessés, dont certains grièvement. La colère est vite montée chez les habitants des bidonvilles de « la Carrière Jobert » et « Climat de France » sur les hauteurs du rond point « Triolet », à l’entrée de Bab El Oued, suite à des tentatives des autorités de déplacer les familles pour les reloger à Bentalha, à Birtouta et aux Eucalyptus, à une trentaine de kilomètres à l’est d’Alger. Les affrontements entre les jeunes des quartiers et les forces de l’ordre ont éclaté mardi soir vers 22 heures lorsque les forces de l’ordre ont tenté de déloger les habitants. Des bandes de jeunes armés de sabres, de couteaux et de barres de fer ont déferlé dans les rues pour saccager voitures, vitres de magasins et édifices publics. Le garage du concessionnaire Renault a été saccagé et les voitures qui s’y trouvaient ont été brulées.

Ce mercredi 21 juillet, les émeutes se sont étendues à d’autres endroits de Bab-El-Oued, l’un des quartiers les plus populaires et les plus pauvres de la capitale. On signale des affrontements sporadiques entre jeunes et membres des forces de l’ordre. En janvier dernier, le même quartier a connu des « nuits blanches » pendant plusieurs jours en raison d’affrontements entre bandes rivales.

« La carrière Jobert » qui surplombe la ville, date de l’époque coloniale. Depuis des décennies, des familles s’y sont installées en construisant des baraques de fortune au point ou le quartier est devenu un bidonville au cœur de la capitale. Ce sont ces baraquements que les autorités souhaitent raser en proposant aux habitants de les reloger en dehors d’Alger. Ce qui n’a pas été du goût de certains jeunes habitants.

Des arrestations et des blessés dans des émeutes à Alger dans le quartier de Bab-El- Oued

tsa-algerie.com

22 07 2010

Au moins quatre personnes arrêtées et une dizaine de blessés ont été enregistrés dans les émeutes qui ont secoué dans la nuit de mardi et la matinée de mercredi le quartier de Bab El Oued à Alger, a-t-on appris auprès de témoins. Plusieurs habitants des bidonvilles « carrière Jobert » et « Fontaine Fraîche » qui se sont sentis floués après avoir découvert que leurs noms ne figuraient pas sur la liste des bénéficiaires des nouveaux logements ont procédé à la fermeture de la route au niveau du carrefour du Triolet.

Munis de pierre, de couteaux et de barres de fer, ils ont saccagé plusieurs voitures et magasins ainsi que le stand du concessionnaire de véhicules « Renault ». Les échauffourées ont duré plusieurs heures avec les forces de l’ordre et les brigades anti-émeutes dépêchées en renfort sur les lieux. Selon ces sources, ces familles qu’on avait parquées à l’esplanade du stade du 5 juillet dans l’attente des listes de relogement depuis samedi n’ont pas bénéficié de logements mais en plus ont retrouvé leurs baraques rasées à leur retour.

Quelques familles seulement ont été relogées dans les sites de Baraki, Bentalha et des Eucalyptus. La situation s’est calmée dans l’après midi, mais la tension restait toujours vive, selon ces sources. Des émeutes similaires ont eu lieu l’an passé au quartier Diar-Echems à El Mouradia, toujours dans la capitale. Les autorités ont décidé depuis quelques mois de raser tous les bidonvilles d’Alger. Mais l’arrivée sans cesse de nouveaux « locataires de baraques » rend la mission délicate.

Routes barrées et voitures brûlées à Bab el-Oued, Diar el-Kef et fontAine-Fraîche : Le relogement provoque des émeutes à Alger

liberte-algerie.com

22 07 2010-

Le quartier de La Boucheraye, Fontaine-Fraîche et Diar El-Kef, situé dans la commune de Oued Koriche (daïra de Bab El-Oued) à Alger, a été, durant le nuit de mardi à mercredi, le théâtre d’affrontements entre des jeunes habitants et les forces antiémeutes.

Bab El-Oued a repris hier après-midi son calme. Les citoyens vaquaient à leurs occupations et la circulation était plus ou moins fluide dans ce quartier connu pour ses grands encombrements. Les restes des voitures calcinées, des pneus brûlés et les traces de fumée bariolant les murs des magasins et habitations indiquent que ce quartier était le théâtre d’une nuit d’enfer. “L’horreur a commencé vers 23h30 dans la nuit de mardi à mercredi”, nous dira une victime, rencontrée au quartier Saïd-Touati (Bab El-Oued) où les manifestants s’étaient réfugiés.

“J’étais avec ma famille lorsque les forces de l’ordre ont tenté de bloquer l’accès à nos  anciennes baraques du côté du quartier de La Boucheraye (Fontaine-Fraîche). Nous avons été tabassés, femmes, enfants et vieux, puis dispersés au gaz lacrymogène”, raconte-t-elle. Dépités par la non-prise en charge de leurs revendications liées au relogement, les jeunes, moins jeunes et même des vieux se sont révoltés pour exprimer leur ras-le-bol d’une situation sociale qui perdure depuis plusieurs années. Selon la version des émeutiers, seulement quelques familles habitant des baraquements ont été transférées vers des habitations décentes et le reste a été emmené dans des “camps”.

En effet, la wilaya d’Alger a évité, dès le départ, d’annoncer la couleur aux familles des bidonvilles concernés (Diar El-Kef, Fontaine-Fraîche, La Boucheraye d’Oued Koriche) pour cette huitième opération de relogement. Les responsables chargés de cette opération ont fait sortir les habitants de leurs baraques pour les transporter au parking du stade
5-Juillet où ils ont passé la nuit, avec meubles et bagages à bord de camions que la wilaya a loués pour la circonstance avant de les placer dans un site du côté du quartier des Eucalyptus (commune de Bourouba) depuis dimanche dernier.

En même temps, les services de la wilaya ont procédé à la destruction de leurs baraques afin d’empêcher tout retour des familles à leurs anciennes habitations. Une fois là-bas, selon les émeutiers, les familles ont découvert que ce n’était pas tout le monde qui devait bénéficier d’un logement. La liste ayant été déjà préparée et des dizaines de familles qui ont eu des décisions d’attribution de logement ont vu leur nom retiré de la liste sous prétexte qu’ils avaient déjà des biens immobiliers.

“Ma famille habite le quartier de Fontaine-Fraîche depuis 1951. Nous avons été classés sinistrés de La Casbah depuis l’époque coloniale et nous n’avons jamais bénéficié de logements. Certes, moi j’ai eu un logement AADL mais mon frère et ma mère n’ont rien eu. Ils n’ont qu’à faire une enquête pour découvrir les familles qui ont bénéficié d’un logement auparavant”, nous dira M. T., Fatah. Ses voisines viennent le rejoindre, les unes après les autres, pour faire part de ce qu’elles ont vécu durant la nuit du mardi à mercredi. “Ils nous ont parqués dans un camp de concentration au milieu de nul part à côté des Eucalyptus, loin des regards des estivants. Des enfants et des femmes se sont retrouvés hospitalisés pour insolation après quatre jours. Les émeutes étaient prévisibles, aucune personne ne supporterait cette humiliation. Nous sommes tous des Algériens et nous avons droit au logement, si ce n’est pas le cas, ils auraient dû nous laisser dans nos baraques”, nous dira M. Azouz. Abandonnées dans la rue, les centaines de familles ont fini par perdre patience. Ils ont décidé de repartir dans leur quartier d’origine et prendre d’assaut le siège de l’APC. Arrivés dans ce quartier, la route leur a été bloquée. L’intervention des forces antiémeutes, quelques minutes plus tard, a mis le feu aux poudres. Les familles se sont alors dirigées vers leur ancien quartier (Boucheraye, Fontaine-Fraîche et Diar El-Kaf) où ils ont squatté la voie publique, bloquant ainsi la circulation en mettant le feu à des pneus et en brûlant des voitures. Des jeunes, dont l’âge varie entre 15 et 25 ans, faisaient face aux forces de police et ont continué leur révolte jusqu’à mercredi vers 3h du matin. Résultat : des dizaines de blessés dont des policiers et plusieurs interpellations opérées parmi les émeutiers. Les affrontements ont repris le lendemain matin vers de 11h30, mais cela a duré seulement une heure. Perchés sur la colline, ils lançaient leurs projectiles sur les forces de l’ordre sans crainte de représailles. Le chemin menant vers le Triollet (Bab El-Oued) a été fermé à la circulation. Les affrontements ont transformé les alentours de ce quartier en un véritable champ de bataille où de nombreux dégâts ont été enregistrés. Rien n’a été épargné. Un “ghetto” que les services de sécurité n’ont pu atteindre malgré leur impressionnant renfort. Les émeutiers, de leur côté, refusent de céder leur droit au logement et demandent au président de la République d’intervenir.

DES CITOYENS MÉCONTENTS BLOQUENT L’AUTOROUTE À ALGER : La loi des bidonvilles et le droit au logement

lexpressiondz.com

21 Juillet 2010

Le jeu du chat et de la souris se poursuit entre l’administration et les squatteurs des baraques.

Sans toit, sans destination, sans nourriture et sans assistance, une centaine de familles trouvent refuge aux abords de l’autoroute à Baraki, Alger. Personnes âgées, enfants, jeunes des deux sexes, ne trouvent que l’ombre des arbres comme abri. En effet, des dizaines de familles se sont retrouvées, ces deux derniers jours, «abandonnées» en pleine autoroute dans l’axe situé au niveau de Baraki. Pour faire entendre leur voix, des dizaines de jeunes ont fermé hier l’autoroute, dans ses deux sens, et ce, à l’aide de pneus brûlés, de blocs en béton, de cailloux et de troncs d’arbres. Le couloir réservé aux urgences, est occupé par des dizaines de camions chargés du déménagement des familles. L’autoroute était complètement paralysée dans la matinée d’hier.

Les automobilistes ont souffert le martyre sous une chaleur qui avoisinait les 40°C. Comment en est-on arrivé-là? Le logement! Toujours et encore le logement. Mais…il y a toujours un petit mais. A l’aube de lundi dernier, des responsables de la mairie de Bab Ezzouar et les services de l’habitat de la wilaya d’Alger, avaient entamé l’opération de relogement des familles habitant le bidonville El Djazira. Tous les habitants ont plié bagages à destination de leurs nouvelles habitations au niveau du site de Baraki. Une fois sur site, des voix s’élèvent pour dénoncer leur «exclusion» de la liste des bénéficiaires. «Ce sont les services de l’APC de Bab Ezzouar qui nous ont déménagés. Nous nous considérons donc, concernés au même titre que les autres. A la grande surprise, plusieurs noms de famille, y compris le mien, ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires», a déclaré Merbah, âgé d’une quarantaine d’années. Et de s’interroger, le front en sueur:

«Avec quels paramètres a-t-on arrêté la liste des bénéficiaires? Nous sommes tous des habitants de ce bidonville, non?Pourquoi certains ont bénéficié de logements, alors que d’autres ont été exclus?». Si ces questions taraudent l’esprit de Merbah et «ses voisins», l’administration par contre semble avoir des réponses à toutes les préoccupations des citoyens. Les responsables de l’opération avancent qu’ils ont agi à la suite d’une étude «approfondie qui a été établie sur la base de plusieurs visites inopinées afin de s’assurer de la situation réelle des familles qui occupaient les baraques». Mohamed Smaïl, directeur de l’habitat de la wilaya d’Alger, apporte des éclaircissements concernant les familles non relogées. D’emblée, il précise: «Aucune famille ne sera lésée. L’Etat ne lèsera aucun citoyen de ses droits», a-t-il déclaré dans une communication téléphonique avec L’Expression. Et d’ajouter: «Il se peut que des familles soient oubliées mais elles seront toutes relogées sans aucun problème.» M.Smaïl revient d’ailleurs, sur le cas des habitants de la cité d’El Djazira avançant deux raisons pour lesquelles ces familles n’ont pas été relogées. «Plusieurs familles n’ont pas constitué les dossiers qui leur étaient demandés. Depuis plusieurs semaines les services concernés leur demandent, vainement, des dossiers. Il y a toujours des papiers qui manquent», a t-il expliqué. Et de préciser que cette catégorie de gens seront rétablis dans leur droit une fois que leurs dossiers seront complets. «Quelques familles n’ont pas été relogées, mais elle ne sont pas exclues de la liste».

M.Smaïl précise que des commissions de daïra travaillent en collaboration avec la wilaya d’Alger pour traiter tous les dossiers. «Une fois tous les dossiers étudiés, on procèdera au relogement de ceux qui le méritent». Sur sa lancée, le responsable de cette opération au niveau d’Alger, affirme que les services de la wilaya travaillent jour et nuit pour assurer la transparence dans le déroulement de cette opération. L’autre argument avancé par M.Smaïl est lié au dernier recensement effectué dans cette cité. Selon la même source, l’opération de relogement concerne uniquement les familles qui ont été prises en considération dans l’opération de distribution partant des statistiques de 2007. «Pour nous, seuls ceux qui ont été recensés avant 2007, sont concernés par cette opération», a-t-il affirmé. Et d’indiquer qu’une trentaine de familles sont venues à la cité après 2007 et qu’il existe plusieurs baraques fermées que les propriétaires utilisent de façon spéculative. Ainsi de nombreuses familles ne savent plus déjà quel sera leur sort. «La baraque que j’habitais avec ma famille est complètement rasée. Le logement! je n’en ai pas bénéficié. Je ne sais plus où je vais me retrouver avec ma petite famille!», s’est inquiété un père de famille. Cette inquiétude exprimée par ce citoyen, constitue un moindre souci pour l’administration. «Les squatteurs n’auront qu’à retourner là d’où ils sont venus», répond M.Smaïl.

Et d’être plus précis. «Ceux qui sont venus après 2007 et ceux qui ne présentent pas de bons dossiers complets n’ont qu’à repartir d’où ils sont venus».

Sur un ton rassurant, ce responsable a promis que l’opération de relogement se fera dans une transparence totale et ceux qui méritent d’être relogés, «ils le seront bel et bien»… Il est clair, que pour les nouveaux venus à la cité El Djazira ils n’ont pour seul choix que d’opter pour un autre bidonville ou repartir d’où ils sont venus, car leurs baraques ont été rasées et les abords de l’autoroute n’ont jamais constitué un abri.

~ par Alain Bertho sur 22 juillet 2010.

Une Réponse to “Emeute du logement à Bab El Oued بلدية باب الواد – juillet 2010”

  1. je me demande pourquoi les habitants des bidonvilles ont le droit d’etre reloger dans des maisons neuves tandis que les anciennes familles qui vivent comme des sardines dans des f1 et f2 a bab el oued, ou les gens qui sont obliger de louer des appartements pour se marié ou preferent l’exil dans d’autre villes algeriennes n’ont pas le droit, ou plutot ne sont pas pris en consideration par les autorités local, exemple ; je suis un jeune marié et j’ai du louer un appartement que le proprietaire l’a eu par le social, je paye 15000 DA avance 2 ans, j’ai deux freres aussi qui sont locataire dans d’autres villes d’algerie) pourquoi on doit subir cette malediction tandis que d’autre arriviste ont le droit de beneficier d’un nouvelle logement

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