Emeute à Ebolowa (Cameroun) – juin 2010

Conflit interethnique: Emeutes sanglantes à Ebolowa

lemessager

Lundi 28 juin 2010

Tout serait parti, selon des sources concordantes, de l’assassinat de Stève Bite’e, 25 ans, conducteur de mototaxi. Il est pris en course vers 21 h 30 dans la nuit du 16 au 17 juin 2010 pour le quartier « Saint –Cloue » à Ebolowa par des clients. Il embarque les trois personnes sur une même moto. Dans un bosquet, il est dépossédé de l’engin. Le jeune homme est froidement tué. Sa dépouille y est abandonnée. De ce qui reste de son corps sans vie, on peut voir un crâne fracassé, et des parties intimes mutilées. En début de semaine dernière, ses présumés assassins ont été interpellés et identifiés à Kribi. Il s’agit de deux jeunes gens issus de la communauté Bamoun (ethnie de la région de l’Ouest Cameroun), soupçonnés d’être impliqués dans plusieurs trafics d’organes humains, selon de sources policières.

C’est dans la foulée de ces évènements qu’une chaude altercation a débuté aux environs de 15 heures vendredi 25 juin 2010. Revenus de la mise en bière de la victime, un groupe de jeunes Boulous (Ethnie autochtone à laquelle le décédé appartenait), mis au courant de l’identité des présumés criminels et de leurs pratiques, a violemment pris à partie des Bamoun qu’ils jugent être des « frères » des bourreaux de Stève Bité’e. Il s’ensuit de violentes altercations puis des émeutes entre les deux communautés. Plusieurs motos sont saccagées, une vingtaine de magasins pillés, les commerces fermés. Une « ligne de front de guerre » d’environ un kilomètre de long se crée entre le centre ville où des milliers de personnes se sont agglutinées dans le fief de la communauté Bamoun au quartier « Amang. »

En nombre insuffisant, les forces de maintien de l’ordre sont rapidement débordées. Armées de machettes, gourdins, pierres et autres armes blanches, les deux communautés se sont affrontées par intermittence et d’une rare violence. Dans le camp des Bamoun, l’on déplore un mort et de nombreux blessés.

Appel au calme

Pour désamorcer la crise entre les deux communautés, le gouverneur Jules Marcellin Djiaga, a tenu une réunion de crise dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Un appel au calme a été lancé en direction des deux communautés. Cet appel n’a pas été suffisamment entendu puisque de part et d’autres, on a observé des escarmouches. Seuls des renforts de la gendarmerie et de la police représentés par un important déploiement d’hommes encore visibles jusqu’à hier dimanche, a pu maintenir le calme. Un calme du reste précaire à en croire les habitants de la ville qui disent être sur le qui-vive.

Cependant, d’autres communautés craignent d’être prises pour cible après ce regain de violence aux relents de chasse aux sorcières. Vu l’urgence et l’ampleur des dégâts, un plateau improvisé est organisé à la CRTV Sud, avec pour intervenant principal, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine d’Ebolowa, Guy Roger Zo’o Olouman. Le premier citoyen de la ville en a appelé à l’apaisement. Plusieurs leaders d’opinion ont été associés à l’opération pour prôner un message de paix. Une paix précaire règne dans la ville, eu égard aux confidences de certains responsables de la communauté Bamoun qui pensent qu’une manifestation souterraine se préparait depuis quelques jours. Les autorités tenues informées semblent ne pas le prendre trop au sérieux.

Rodrigue N. TONGUE

Affrontements sanglants à Ebolowa

quotidienmutations.info

28 Jun 2010

Le décès d’un conducteur de mototaxi a provoqué des émeutes dans la ville vendredi et samedi derniers.

Vendredi, 25 juin 2010 alors que les mises en bière se poursuivaient à l’hôpital régional d’Ebolowa, une escorte de mototaxis dont les occupants rendaient un dernier hommage à l’un des leurs découvert égorgé, est venue ajouter à l’émotion déjà perceptible des familles. Le défunt, Steve Bite’e a été découvert dans la broussaille le sexe et la langue mutilés le 17 juin 2010. Au terme de la mise en bière de leur «frère», les conducteurs de mototaxis se sont attaqués à certains membres de la communauté bamoun. A l’origine de ce mouvement qui a principalement eu pour cadres le marché central, le centre-ville et au quartier Amang, l’interpellation en début de semaine à Kribi, de deux jeunes de la communauté bamoun.

Formellement identifiés et tenus pour suspects, ils sont accusés de trafic des organes humains. C’est pour cette raison que les confrères du disparu ont entrepris d’organiser une chasse à l’homme. Armés de gourdins, ils auront semé la terreur sur leur passage affolant ainsi, les populations, qui allaient dans tous les sens. Les rixes qui en ont résulté ont suscité l’arrivée de la police qui a interpellé quelques manifestants. Dans la bousculade, le commandant du Gmi N°8, le commissaire principal Claude Guy Roger Bokoalla Tchamebanda n’a pu s’empêcher de réprimer le soulèvement. Toujours est-il qu’un bébé d’une famille bamoun est mort au cours des affrontements.

Exigences

De même l’on déplore de dizaines de motos broyées et leurs conducteurs lynchés. Dans ce bilan, l’on signale plusieurs boutiques saccagées au marché central et de nombreux blessés dans les deux camps. Le décès de Stève Bite’e, 25 ans, originaire de Nkong Edjom, près de Nko’étyé et froidement assassiné dans la nuit du 16 au 17 juin 2010, est le déclencheur des émeutes de vendredi dernier. Les manifestations se sont poursuivies samedi matin. L’opposition la plus violente a eu lieu à l’entrée des quartiers Amang, malgré la présence des forces anti-émeutes dépêchées nuitamment de Yaoundé en renfort.
A la tombée de la nuit samedi dernier, il était quasi impossible de circuler au centre-ville d’Ebolowa où les affrontements faisaient rage en dépit de la présence des forces de sécurité. Les quelques infortunés interpellés dans la masse ont été libérés sous la menace des «frères» du défunt qui ont tenté d’abandonner le corps au commandant du Gmi N°8, si la police ne cédait pas à leur exigence.

Samedi matin, des populations des deux communautés ont barré la route d’Ambam avant de se soumettre mutuellement à une épreuve de jet de pierres. le chef René Désiré Effa, président régional du forum des chefs traditionnels du Sud, a d’ailleurs reçu une pierre en plein visage dans sa tentative de calmer les protagonistes. Des informations recueillies auprès des responsables de la communauté bamoun révèlent que le préfet de la Mvila, Bernard Marie Mba a été saisi de la gravité de la situation. Le gouverneur du Sud, Jules Marcellin Ndjaga a tenu une réunion de crise samedi soir et a appelé les deux communautés au calme. Seulement, un important déploiement des forces de maintien de l’ordre reste visible dans la ville. Tard hier soir, les affrontements avaient repris et la route de Yaoundé barrée alors que les Bamouns avaient commencé de quitter Ebolowa.

Un affrontement inter ethnique fait un mort au Cameroun

Africa Info

26 06 2010

La douloureuse scène s’est produite le 25 juin à Ebolowa chef lieu de la région du sud où les communautés bamoun et boulou se sont mortellement affrontées.

Les émeutes ont débuté hier, 25 juin, aux environs de 15h (heure locale), suite à une vive altercation entre un groupe de jeunes boulous de retour de la mise en bière de leur frère Stève Bite’e, 25 ans, moto-taximan, froidement assassiné dans la nuit du 16 au 17 juin dernier, et abandonné dans un bosquet, le crâne fracassé, et sans ses parties intimes. En début de semaine, les présumés assassins ont été appréhendés du côté de Kribi, et identifiés. Il s’agit de deux jeunes gens de la communauté bamoun, accusés d’être impliqués dans le trafic des organes humains.

Informés sur l’identité des présumés criminels, les émeutes débutent entre les deux communautés. Motos détruites, boutiques pillées, commerces fermés, les forces de maintien de l’ordre en sous effectifs, n’ont pas pu contrôler la situation. Un front de guerre de 700 m de long se crée entre le centre ville où des dizaines de milliers de personnes sont amassées, et le fief de la communauté bamoun au quartier Amang.

Armées de machettes, gourdins, pierres et autres armes blanches, les deux communautés se sont affrontées par intermittence et d’une violence incroyable. Dans les deux camps, l’on déplore un mort et de nombreux blessés dans un bilan provisoire.

Le gouverneur a tenu une réunion de crise dans la nuit d’hier et a appelé les deux communautés au calme. Seulement, un important déploiement des forces de maintien de l’ordre est visible dans la ville depuis ce matin.

Informations

Ebolowa, Chef-lieu de la Province du Sud, Chef-lieu du Département de la MVILA est une ville située au cœur de la forêt équatoriale. Elle est reliée à Yaoundé, Capitale politique du Cameroun par un axe routier bitumé de 168 km, aux frontières Gabonaise et Equato-Guinéenne par un axe de 120 km, et à l’Océan Atlantique (KRIBI) par deux axes non revêtus, un de 160 km via AkomII et un autre de 180 km par Lolodorf.

~ par Alain Bertho sur 28 juin 2010.

5 Réponses to “Emeute à Ebolowa (Cameroun) – juin 2010”

  1. début de la guerre civile qui atteindra son apogée en 2011; si rien n’est fait.
    tribalisme et jalousie.

  2. le sud du cameroun est un problème pour l’unité nationale. là bas, il n y a pas de justice légale lorsque survient un drame qui touche l’un de fes fils. les choses de droit se règlent à la machette et au gourdin. ils savent que les frères au pouvoir à ydé les protègent. j’ai peur pour l’après Paul BIYA car les rancoeurs contenues risquent d’exploser

  3. Les boulou sont les plus hospitaliers au cameroun.Dans les villes et villages on retrouve presque toutes les composantes ethniques du pays.Chose rare en pays Bamoun;unité nationale signifie aussi un boulou vivant dans un village Bamoun sans inquiétude.

  4. je ne comprends pas une chose:a cause des Bamoun , on chasse les camerounais en Guinnee equato.Arrivee à kyé-ossi, il y’a altercation entre les ntoumou et les bamoun.Ceux ci replient à ebolowa, la suite de l’affaire on la connait. IL n’ya pas de fumee sans feu.

  5. Quelques uns des commentaires me semblent bien proches de ce qu’ici (en france ) on entend chez les Le Pen et leurs semblables Ce n’est pas brillant

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