Un déguerpissement tourne à l’émeute à Abidjan – mai 2010

La mairie évacuée, hier

soirinfo.com

mercredi 26 mai 2010

.Le maire convoqué par le ministre Tagro

L’affaire du « déguerpissement de la Sorbonne (60 logements) au Plateau » est en train de prendre des proportions inquiétantes. En effet, au lendemain d’un affrontement sanglant (plusieurs blessés) entre les « Sorbonnards » et les agents municipaux, le lundi 24 mai, le personnel administratif a dû quitter précipitamment les locaux de la mairie du Plateau, le mardi 25 mai 2010. Une rumeur persistante qui circulait, depuis le jour de l’affrontement, faisait état de ce que des sorbonnards et leurs alliés en colère viendraient incendier les locaux le mardi matin. « Nous avons pris au sérieux ces rumeurs et avons demandé aux agents de quitter les locaux de la mairie afin d’éviter un quelconque drame », a indiqué Tehra Sinaly, directeur des relations publiques et de la Communication de la mairie du Plateau qui était face à la presse. Quelquefois, des agents en colère menaçaient des usagers. Pis, ils ont obstrué la voie menant à la mairie du Plateau avec l’une des bennes de ramassage. Le directeur des relations publiques et de la Communication a exclu les relents politiques que certains ont voulu attribuer à cette opération : « l’opération de la mairie est essentiellement une question d’assainissement car 70% de déchets ménagers générés dans la commune sont des sachets provenant du commerce à la Sorbonne. En plus c’est un lieu sinistre de prostitution, de piraterie des œuvres musicales et pornographiques et qui sert de production de sachets d’eau de qualité douteuse. Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de maintenir le Plateau propre tant que la Sorbonne existera. » Le maire Akossi Bendjo qui devrait s’entretenir avec la presse n’a pu le faire, compte tenu d’une « injonction à se rendre au ministère de l’Intérieur ». « Le maire a été convoqué ce matin (mardi 25 mai) par le ministre de l’Intérieur (Désiré Tagro, ndlr) eu égard à ce qui s’était passé, le lundi (affrontement entre agents et sorbonnards). A son retour, il a reçu l’avocat de la mairie et s’est retiré. » Revenant sur l’absence des Forces de l’ordre à l’opération du déguerpissement du lundi dernier, Tehra Sinaly a fait des révélations : « Le maire a d’abord écrit au Commandant supérieur de la Gendarmerie pour une réquisition afin de procéder à l’opération de déguerpissement. Il a répondu que dans un premier temps, cela est du ressort de la Police et que la Gendarmerie n’intervient qu’au dernier moment et en cas de débordement. C’est ainsi que le maire a écrit en bonne et due forme au Directeur général de la Police nationale. On nous a même demandé l’arrêté municipal que nous avons transmis. Et jusqu’à ce mardi, point de Policier. En tout état de cause, le maire est un Officier de police judiciaire qui peut disposer de la Police au même titre que le Procureur, le magistrat ou le commissaire. C’est pourquoi nous avons requis un huissier pour donner un avis à la Police pour qu’elle nous donne les raisons de son absence ». Au regard de ce qui précède, il est annoncé une grande rencontre entre le maire, les populations et les dix-neuf (19) chefs de quartiers du Plateau pour arrêter une décision commune et un mot d’ordre clair. « Mais d’ores et déjà, il faut retenir que la Sorbonne ne peut plus rester au Plateau », a coupé court Tehra Sinaly. Mieux, les autorités municipales qui ont pris au sérieux la menace d’incendie, ont fait appel tôt le matin, au Commissaire Djokohi Léon (district de Police d’Adjamé) et le commissaire adjoint du premier arrondissement du Plateau pour la sécurisation des locaux de la mairie et des services annexes. Mais jusqu’à ce que nous mettions sous presse, aucun policier n’était visible dans les lieux cités haut.

Le déguerpissement à la Sorbonne tourne à l’affrontement

connectionivoirienne.net

mai 25, 2010

L’opération de déguerpissement des 60 logements du Plateau, autrement dit de la « Sorbonne », le lundi 24 mai 2010, n’a pu aller à son terme. Un affrontement entre agents municipaux et « sorbonnards » en est la cause. Ayant eu vent de la démolition de leur espace, plusieurs occupants de la « Sorbonne » se sont organisés, aux environs de 6 H, pour s’y opposer, « par tous les moyens ». Munis de bois, de chevrons, de barres de fer et de machettes pour certains, ces occupants surexcités ont fait face à des agents municipaux composés, en partie, de policiers et d’agents de lutte contre l’insalubrité. La bagarre qui s’en est suivie a fait plusieurs blessés de part et d’autres. Il s’agit, du côté des agents du Plateau, de Blaoua Benoît blessé au bras et Koné Domé dont l’une des lèvres a été fendillée. Dans le rang des « Sorbonnards », on note vingt (20) blessés comme l’a annoncé Nado Clément, le premier responsable des lieux. Très remonté pour cet échec de déguerpissement, le maire Akossi Bendjo a été catégorique : « Nous allons continuer l’opération jusqu’à faire partir des 60 logements tous les occupants illégaux. » Regrettant l’absence des Forces de l’ordre, le premier magistrat du Plateau a révélé que Nado Clément a voulu attenter à sa vie : « Nous espérons que les Forces de l’ordre qui ont été saisies légalement soient présentes d’ici mardi pour que nous terminions ensemble le déguerpissement car les sorbonnards ne doivent pas exercer là.

Ils ont fait de ce lieu un No man’s land. Nado Clément est même venu à la mairie du Plateau pour me menacer avec un pistolet. C’est inadmissible. On nous a demandé de rendre nos communes propres avant la réunion de la Bad, c’est ce que nous faisons », a tenu a préciser le maire Akossi Bendjo qui a brandi l’arrêté municipal N°002/Cpl/Sg/2010 portant déguerpissement des 60 logements. Sur pied de guerre Interrogé un peu plus tard à la « Sorbonne », Nado Clément qui a été blessé au pied, a donné sa version des faits : « C’est une déclaration mensongère que le maire du Plateau a servie à l’opinion publique. C’est faux. Nous avons été effectivement à la mairie du Plateau sur invitation d’une des autorités municipales afin de trouver un compromis. Nous avons décidé de commun accord de dégager tous les commerçants aux alentours de la Sorbonne. A notre grande surprise, le maire fait débarquer ses agents pour un déguerpissement. Nous avons organisé la riposte. C’est tout. » A l’arrêté municipal N°002/Cpl/Sg/2010 qui stipule en son article 1 que « le déguerpissement des 60 logements de tous les commerçants et autres qui l’occupent de façon illégale », Nado Clément a répondu : « Cet arrêté nous a été présenté. Ceci nous a permis d’obtenir un accord avec la mairie, à la Direction de la décentralisation, au Plateau, qui relève que le déguerpissement de la Sorbonne n’interviendra qu’après toutes les élections générales. Si la mairie du Plateau décide vaille que vaille de nous déguerpir, nous allons vaille que vaille nous maintenir là », a-t-il mis en garde. Au moment où nous quittions les lieux, la « Sorbonne » gardait encore son allure de champ de bataille. Les Policiers de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs), arrivés un peu plus tard, surveillaient tous les faits et gestes des passants et des occupants de la Sorbonne.

Déguerpissement de la Sorbonne (Plateau) : Les occupants opposent une résistance farouche

Nord-Sud

mardi 25 mai 2010

L’horloge marque 7 h 03 minutes, hier matin. Nous sommes à la Sorbonne au Plateau. Des attroupements de jeunes gens tenant en main bois et barres de fer environnent les lieux. Des pierres, des bouts de bois sont rassemblés à différents carrefours. L’atmosphère lourde montre qu’un éventuel affrontement se prépare.

Quelques instants après, c’est le branle-bas. Les jeunes gens regroupés devant la Sorbonne courent dans tous les sens comme pour donner un signal. « Ils arrivent », lance un adolescent. Nous nous dirigeons vers la mairie pour en savoir davantage. Et c’est à cet instant que nous apercevons un bulldozer suivi d’une centaine de jeunes gens. Ce sont les agents de la police municipale et de la brigade de salubrité. Au même moment, les ‘’sorbonnards’’ commencent à disposer des tables, des bancs et des pneus pour barrer les voies. Les autobus qui arrivent, à cet instant précis, sont obligés de prendre une autre direction. Les deux groupes se font face. « On va brûler la mairie. On va brûler le maire également», lance un groupe de jeu?nes excités, tenant en main des pierres et des tessons de bouteilles. Tout à coup, des jets de pierres pleuvent, de part et d’autre. Le chauffeur de l’engin fait demi-tour, car des jets de pierres lui arrivent au visage. Après cinq minutes d’échauffourée, les ‘’sorbonnards’’ prennent le dessus. Ils poursuivent les agents de la mairie jusqu’à leur base. Et ils réussissent même à prendre deux otages. Ce sont Blaoua Benoît et Koné Domin, tous deux agents de la brigade de salubrité. Ils sont traînés au Q-G où ils sont battus à sang. L’offensive des sorbonnards est menée jusqu’aux portes de la mairie. C’est en ce moment que la police du district (celle d’Adjamé Fraternité Matin) arrive sur les lieux. Les policiers débarrassent le plancher pour permettre aux autobus et aux autres voitures de circuler normalement.

Echauffourées à Abidjan

Les Echos

25/05/10

Des heurts ont éclaté hier matin à Abidjan lors d’une opération avortée destinée à déloger les occupants de la « Sorbonne », haut lieu de la contestation antifrançaise et vaste marché informel en plein coeur du quartier des affaires. Ces affrontements, à coups notamment de jets de pierres, ont opposé une centaine de « sorbonnards » favorables au président Laurent Gbagbo et quelques dizaines d’agents de la police municipale du quartier du Plateau, dirigé par l’opposition. Les deux camps ont eu à déplorer quelques blessés, avant que l’arrivée sur place de la police nationale ne ramène le calme en fin de matinée.

Déguerpissement de la Sorbonne-Plateau : L’opération tourne à l’affrontement

L’expression

mardi 25 mai 2010

Les envoyés de Akossi Bendjo qui devaient faire le “nettoyage” de la Sorbonne, ont été abandonnés par les forces de l’ordre avant d’avoir goûté à la “repression” des locataires des lieux.

Intifada au Plateau. Des ‘‘sorbonnards’’ armés de machettes, gourdins et barres de fer d’un côté et de l’autre des agents de la mairie du Plateau se lançant des projectiles. Un choc qui s’est soldé par des blessés dont deux agents municipaux. Un autre agent tombé dans les filets des sorbonnards supplie ses bourreaux de ne pas le tuer. La voie menant de cet espace de “la voix libérée” à la mairie du Plateau ressemblait, hier, à un véritable champ de bataille avec des barricades posées un peu partout. C’était la débandade dans le quartier des affaires. Comment en est-on arrivé là. Le déguerpissement de l’espace surnommé la Sorbonne au cœur du Plateau était prévu le 29 mai. Mais, le premier magistrat de la commune, Noël Akossi Bendjo, qui a certainement voulu prendre les Sorbonnards au dépourvu, a anticipé l’opération. C’était mal connaître les occupants des lieux qui, ayant eu l’information, ont constitué un front pour faire échec à la mairie. Selon la municipalité, le déguerpissement devait se dérouler avant 5 h du matin, encadré par les forces de l’ordre. Une circulaire du maire avait été adressée à l’autorité compétente en la matière. Mais, hier, point de flic sur le site où, selon des conseillers du maire, ils étaient pourtant attendus. Après une longue attente, des agents du service sécurité et de salubrité de la mairie décident de faire le ménage. A 7h, ils donnent l’assaut. Forte d’une centaine d’agents, l’équipe entame sa progression vers sa cible, avec pour seule arme, un Caterpillar. Les sorbonnards, sur le qui-vive, déclenchent la contre-attaque. Ils repoussent les hommes de Bendjo par des jets de pierres et de bouteilles remplies de sable. Les agents municipaux comprennent qu’ils ont à faire à des hommes déterminés à défendre, par tous les moyens, leur « territoire ». Ils décident alors de se replier vers leur base. Les sorbonnards repoussent les ‘‘assaillants’’ jusqu’aux portes de la mairie. La police arrive sur les lieux des affrontements aux environs de 8 h. Non pas pour prêter main forte à l’autorité, mais plutôt elle prend position aux alentours de la Sorbonne. Interrogé, un membre de la communication de la mairie a indiqué que les forces de l’ordre ont pris fait et cause pour les sorbonnards. Deux agents municipaux, notamment Koné Domin et Blaya Benoît ont été pris en otage, blessés à coups de poignard, avant d’être relâchés. Vers 10 h, le calme revient. Akossi Bendjo anime une conférence de presse dans les locaux annexes de la mairie pour faire le point de cette opération qui a échoué. Mais le maire n’est pas un homme à baisser les bras. Il confie à la presse sa détermination à poursuivre l’opération ‘‘commune propre’’. « Nous allons pousser jusqu’à ce qu’ils partent », a dit le maire qui s’explique difficilement l’absence des forces de l’ordre. « La Sorbonne, a-t-il promis, doit être rasée avant l’ouverture des assises de la Bad. ». Bendjo s’est, par ailleurs, indigné que Nado Clément soit allé le dimanche à la mairie pour le menacer avec une arme à feu.

~ par Alain Bertho sur 26 Mai 2010.

Une Réponse to “Un déguerpissement tourne à l’émeute à Abidjan – mai 2010”

  1. chers frère soeurs s’ils vous plaits vivons ensembles en paix et la paroler de dieu benisse la cote d’ivoire nous sommes tout Aficais je vous aimes

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