Affrontements à Antananarivo – mai 2010
Affaire FIGN – Mouvement des ecclésiastiques : 3 morts suite aux affrontements armés
madagascar-tribune.com
vendredi 21 mai 2010
La connexion entre l’affaire FIGN des 500 millions d’Ariary et les manifestations de contestation du pouvoir encouragées par le mouvement des ecclésiastiques ce jeudi 20 mai au Mausolée d’Avaratr’Ambohitsaina a provoqué des affrontements armés qui ont coûté la vie à deux éléments des forces de l’ordre ; un du camp des assaillants conduit par le colonel Ravalomananana Richard et un autre du camp des mutins de la FIGN. Un autre cas de décès a été enregistré parmi les civils pro-mouvement des ecclésiastiques. On compte aussi de nombreux blessés, une douzaine en tout parmi les forces de l’ordre et chez les civils.
Au final, les forces fidèles au gouvernement actuel ont remporté relativement aisément une victoire face à des mutins dont le nombre actif se situait à environ 25. La majorité des éléments du camp de la FIGN s’était de fait ralliée à la position du général Viennot Zafera, qui soutenait depuis plusieurs semaines que les hommes de son camp devaient rester dans le cadre du respect de la hiérarchie. Le chef de corps s’opposait ainsi à son chef des opérations, le lieutenant colonel Raymond Randrianjafy qui prônait pour sa part le renforcement par les gendarmes des manifestations de l’opposition, suite au manque de suivi sur l’affaire des 500 millions d’Ariary qui auraient dû revenir aux hommes de la FIGN.
Très tôt le matin, alors que la Radio Fahazavana appelait incessamment la population à venir au Mausolée national renforcer la cause des éléments de la FIGN, un chapiteau et des chaises pouvaient être vus dans les périmètres de ce Mausolée, pour accueillir le culte qu’avait annoncé le mouvement des ecclésiastiques Hetsiky ny mpitondra fivavahana. Une foule de civils sympathisants de ce mouvement ralliait les lieux, manifestant son enthousiasme sur la présence des éléments mutins de la FIGN. Les barrages qui avaient étaient érigés la veille refaisaient leur apparition sur la route longeant le Mausolée.
Aux alentours de 8 h 30, le général Viennot Zafera arrivait sur les lieux, sans armes ni troupes autre que deux gardes du corps, pour protester contre cette situation. Il désordonnait bruyamment les chaises installées par les organisateurs et avait une altercation verbale avec un pasteur en déclarant que si ces événements avaient un rapport quelconque avec la religion, il se félicitait de ne pas prier et ne respectait pas la religion. Il quittait les lieux sous la hostilité de la foule, en déclarant à la presse qu’il reviendrait avec ses hommes.
Lorsque deux véhicules de l’EmmoReg ont commencé à s’approcher des barrages vers 9 heures 50, les hommes de la FIGN procédaient à des premiers tirs de sommation, obligeant les militaires à bord des dits véhicules à se mettre à l’abri.
Une heure plus tard, les échanges de coups de feu augmentaient fortement en intensité, alors que des manifestants civils du côté des FIGN acclamaient les tirs ou poursuivaient les chants religieux. Plusieurs personnes, civiles et militaires, étaient blessées. Un élément du FIS était tué, cependant les éléments menés par le colonel Richard Ravalomanana progressaient vers le mausolée.
Peu avant midi, le général Augustin Manankay diffusait un communiqué au nom du commandement de la gendarmerie qualifiant de minoritaire l’action des mutins et annonçant que ces actes seraient punis selon les règlements militaires. Une accalmie relative s’installait peu après.
Après ces affrontements armés ponctués des tirs de roquettes et de jets de gaz lacrymogènes, les mutins se sont repliés dans le camp de la FIGN, suivis des dirigeants et des organisateurs du rassemblement religieux qui n’a pu véritablement débuter que dans l’enceinte de ce camp de la FIGN. De son côté, le colonel Richard Ravalomanana affirmait que des négociations en vue d’une reddition des mutins était en cours, ce qui était démenti du coté des mutins. La radio nationale diffusait des appels invitant les civils, dont les familles des gendarmes, à quitter les lieux.
Le Pasteur Valisoa, un des leaders du mouvement des ecclésiastiques, sortait du camp, et était arrêté.
Vers 16 heures, les tirs reprenaient. Aux alentours de 17 h 30, les mutins avaient disparu. Les forces de l’ordre conduites par le colonel Richard Ravalomanana ont investi un camp militaire apparemment vide. Toute la foule qui s’y était réfugiée le temps d’un culte et d’une tentative de retour au mausolée, avait déserté les lieux. Les éléments du lieutenant colonel mutin, Raymond Randrianjafy, étaient introuvables, sauf l’un d’eux arrêté encore en possession de son arme.
Le colonel Richard Ravalomanana et le Premier ministre, à la fois ministre de la Défense nationale, ont fait comprendre que des avis de recherche seront lancés contre ces mutins. Ils ont aussi, avec le Commandement de la Gendarmerie nationale, demandé en quelque sorte la « reddition » des éléments de la FIGN, ou plutôt pour ne pas déformer les propos, le rassemblement ce jour des non partisans de Raymond Randrianjafy au camp Ratsimandrava ce vendredi 21 mai, sans arme.
Les autorités militaires et gouvernementales, et notamment le Premier ministre Camille Vital, ont condamné les manipulations politiques derrière ces événements et réitéré leur détermination à faire régner l’ordre et la discipline à tous les niveaux, sans état d’âme comme elles disent. Elles séviront sur tout ce qui bouge, diront les autres.

Madagascar : deux tués dans des tirs entre forces de sécurité
AFP
19 05 2010
ANTANANARIVO — Les forces de sécurité malgaches avaient maté jeudi soir la rébellion de mutins du corps d’élite de la gendarmerie, au terme d’une journée de violents affrontements qui ont fait au moins deux morts au coeur de la capitale.
Le principal échange de tirs est intervenu vers 10H45 (07H45 GMT) lorsque les forces de sécurité (armée et gendarmerie) sont allées démanteler les barrages d’éléments de la Force d’intervention de la gendarmerie nationale (FIGN). Ces derniers avaient entamé mercredi soir un mouvement de contestation, notamment contre leur hiérarchie.
Les échanges de tirs, intenses pendant une heure, ont nettement diminué vers midi. En fin d’après-midi, les forces de sécurité ont donné l’assaut à la caserne où étaient retranchés les mutins, qui ont pris la fuite.
« On a terminé l’assaut », a expliqué à l’AFP le commandant des forces de sécurité à la tête des opérations contre les mutins, le colonel Richard Ravalomanana.
« Il n’y a pas de prisonniers. Les autres (les mutins) se sont enfuis. Les forces régulières occupent » la base des FIGN, la caserne de Fort Duchesne, sur une colline située à environ 2 km du centre-ville, a-t-il ajouté.
Trois civils et deux membres des forces de sécurité sous son commandement ont été blessés, a précisé le colonel.
« Il y a deux morts », un gendarme de la FIGN et soldat loyaliste, a indiqué dans la soirée au cours d’une conférence de presse le Premier ministre et ministre des Forces armées, Camille Vital, revêtu pour l’occasion d’un treillis militaire.
« Face à la mutinerie d?une partie des éléments de la FIGN poussée par quelques éléments dits religieux, les forces armées ont dû se résoudre à un assaut du camp de gendarmerie de Fort-Duschesne où se sont retranchés des éléments rebelles », a expliqué M. Vital.
« La situation est maîtrisée et toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la sécurité dans la capitale et ses environs sont en vigueur », a-t-il assuré, dénonçant « avec véhémence les ingérences et manipulations ourdies par des politiques hostiles » au régime en place.
Des éléments des FIGN avaient mercredi soir érigé des barrages filtrants à proximité de leur caserne. La revendication principale des mutins porte sur une affaire d’argent au sein de la gendarmerie.
Le président évincé Marc Ravalomanana a reconnu publiquement avoir versé 500 millions d’ariary (près de 190.000 euros) début 2009 à la hiérarchie de la gendarmerie. M. Ravalomanana était alors confronté au mouvement populaire de son rival Andry Rajoelina qui devait conduire à sa destitution.
Les mutins reprochent à leur ancien numéro 2, le général Bruno Razafindrakoto, devenu commandant de la gendarmerie nationale peu après la prise du pouvoir par M. Rajoelina (mars 2009), de ne pas avoir redistribué cet argent.
Par ailleurs, les mutins entendaient assurer la protection jeudi à proximité de leur caserne d’un rassemblement interdit du « Mouvement des ecclésiastiques », de pasteurs protestants favorables à M. Ravalomanana.
Les forces de sécurité s’étaient déployées en nombre dans la matinée pour démanteler ces barrages. Une dizaine de camions et cinq pick-up militaires étaient visibles non loin de l’endroit où se sont produits les tirs.
« On n’a jamais voulu attaquer. Ils ont commencé à nous tirer dessus. On a riposté seulement 30 minutes après quand on a décidé de progresser vers le camp », a affirmé le colonel Ravalomanana, évaluant le nombre des « mutins » à « une vingtaine, 30 au maximum ».
Madagascar est plongée dans une crise depuis fin 2008. Elle a conduit à l’éviction en mars 2009 de M. Ravalomanana et à son remplacement par M. Rajoelina, alors soutenu par l’armée.
Début mai, M. Rajoelina n’a pu obtenir un soutien clair des forces de sécurité pour mettre en place un gouvernement « neutre » accordant plusieurs postes à des militaires.
Affrontements armés à Antananarivo
courrierinternational.com
20.05.2010
Le 20 mai, une manifestation de militaires et de civils à Antananarivo a donné lieu à de violents échanges de tirs avec les forces mixtes de maintien de l’ordre. On dénombre au moins trois blessés dont un civil et un mort atteint par balle à la tête parmi les forces de l’ordre, selon Le Courrier de Madagascar. La manifestation avait été annoncée la veille par un officier de Force d’intervention de la Gendarmerie nationale (FIGN) basée à Fort-Duchesne dans la capitale malgache, « pour exprimer la lassitude des éléments de la FIGN à l’égard des dirigeants et des plus hauts chefs de la Gendarmerie » explique Madagascar-Tribune.com. Un mécontement lié à un scandale relatif au détournement de 500 millions d’ariray [190 000 euros] par les plus hauts dirigeants de la gendarmerie. Les éléments de la FIGN ont donné rendez-vous à la population tananarivienne et notamment « à tous ceux qui sont dans le désespoir par rapport aux comportements des dirigeants et leur ont assuré protection contre toute velléité de répression ». L’appel à manifestation aurait été suivi par des partisans du Mouvement des ecclésiastiques qui s’oppose régulièrement aux agissements de la Haute Autorité de la Transtion.











Affrontement utile pour protégé ceux qui ont reçu les 500 million d’ariary. c’est claire et nette. Le reste c’est du cinema