Bus incendié à Grigny – avril 2010
Bus incendié et grogne à la Grande-Borne
libération
09/04/2010
Par STÉPHANIE BINET
Dans le quartier de la Grande-Borne, à Grigny (Essonne), les habitants ne décoléraient pas hier. Contre les policiers qui auraient procédé à une intervention musclée contre des jeunes circulant à moto. Et contre le groupe d’adolescents qui, mercredi vers minuit ont incendié un bus, après en avoir fait sortir le chauffeur et les deux passagers. Apparemment en représailles à l’action policière.
Mardi soir, selon la mairie de Grigny, des CRS déployés à la Grande-Borne seraient intervenus pour mettre fin à un rodéo moto. Au cours de l’intervention, une mère de famille aurait été bousculée et un jeune légèrement blessé à la main. Le lendemain, des habitants témoins de la scène ont été reçus par le maire (PCF) de la commune, Claude Vazquez, en présence du commissaire du secteur. Ce dernier a saisi le procureur afin d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur ces événements, tandis que le maire a saisi le préfet.
Peine perdue : quelques heures plus tard, le bus était attaqué. Comme à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), la semaine dernière, deux jours après un coup de filet antidrogue. D’après le syndicat policier Alliance (droite), cet incendie serait d’ailleurs une riposte à l’arrestation d’un trafiquant local. Mais, à la mairie, nul n’a entendu parler de cette arrestation… Au lendemain de la défaite de la majorité aux régionales, le chef de l’Etat avait demandé au ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, d’«intensifier les opérations coup-de-poing dans les cités sensibles».

La cité sous tension après l’incendie d’un bus
Leparisien .fr
Mercredi, à minuit, une vingtaine d’individus ont fait évacuer un bus avant de le brûler à la Grande-Borne. Les chauffeurs ont exercé leur droit de retrait hier.
09.04.2010
Hier soir, le quartier de la Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry, était sous haute surveillance policière. Dans la soirée, aucun bus ne desservait la cité. La raison : mercredi soir, peu avant minuit, un car de la compagnie Daniel-Meyer a été incendié par une vingtaine d’individus. L’incident s’est déroulé à l’arrêt de bus la Treille, qui borde les immeubles de la Grande-Borne, sur la D 445.
A 23 h 57 très précisément, des personnes armées de bâtons et de pierres ont attaqué un bus Daniel-Meyer.
Certains encagoulés sont montés à bord et ont extrait de force les deux passagers ainsi que le chauffeur. Pendant ce temps-là, trois ou quatre autres ont répandu un liquide incendiaire. Le bus a pris feu intégralement, sans faire de blessé. Hier, en signe de protestation, les chauffeurs de Daniel-Meyer ont exercé leur droit de retrait sur les lignes 3, 4 et 5. Leurs collègues du réseau Tice ont également décidé de contourner la cité hier à partir de 19 h 30.
Les trafiquants de drogue contrariés dans leur business
Cet épisode d’une rare violence, qui rappelle un autre feu de bus à la Grande-Borne en 2006, survient dans un contexte houleux. Mardi soir, à 20 heures, l’arrestation rue de l’Ellipse du jeune pilote d’un moto-cross volé, ne portant pas de casque, s’était soldée par des caillassages d’un côté et l’utilisation de flash-balls ainsi que de gaz lacrymogène de l’autre. Le tout dans un climat très tendu avec d’importants renforts policiers et des habitants choqués par les moyens déployés. Une réunion entre des habitants, des représentants de la mairie, du commissariat et de la préfecture avait bien été organisée mercredi pour calmer le jeu. Visiblement en vain.
Selon les autorités, cette intervention policière ne serait pas le seul élément déclencheur des violences de mercredi soir. Les policiers évoquent également une réaction de trafiquants de drogue, contrariés dans leur business avec les actuels travaux de désenclavement de la cité. Une route est en train d’être aménagée pour traverser la Grande-Borne, ce qui pertuberait certains trafics.
Mercredi soir, après avoir brûlé le bus, les jeunes ont d’ailleurs également vandalisé une pelleteuse de chantier. Hier matin, Jean-Claude Borel-Garin, le directeur départemental de la sécurité publique, a quadrillé la cité avec ses hommes, parlé aux habitants, tenté de calmer la situation… « Les jeunes les provoquent depuis deux jours », reconnaît ce riverain.
Le trafic des bus Daniel-Meyer devrait reprendre ce matin.

Bus incendié à la Grande-Borne: qui a mis le feu aux poudres?
libération
08/04/2010
PAR STéPHANIE BINET ET THOMAS HOFNUNG
Comme à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), la semaine dernière, un groupe d’une vingtaine de jeunes armés de bâtons et de pierres ont bloqué le bus, fait descendre le chauffeur et les deux passagers, avant d’y mettre le feu. Puis, ils ont décampé avant l’arrivée de la police. La scène s’est déroulée mercredi soir, vers minuit, dans le quartier de la Grande-Borne, à Viry-Châtillon (Essonne).
Pour le syndicat policier Alliance (droite), cette attaque est signée: il s’agirait d’une riposte à l’arrestation récente d’un trafiquant de drogue local. Ces derniers jours, la police a multiplié ce type d’opérations dans l’Essonne: à Grigny, à Montgeron et à Athis-Mons. «A chaque fois, les policiers ont été pris à partie par des bandes de voyous et ont fait l’objet de coups de feu ou de caillassages», s’alarme Alliance.
Interpellation musclée
Mais sur place, la mairie de Grigny livre une toute autre version. Les CRS seraient intervenus, mardi soir, à la Grande-Borne pour mettre fin à un rodéo moto. Dans la bousculade, quatre mères de famille, dont une femme enceinte, auraient été malmenées, et un jeune légèrement blessé à la main. Le procureur a d’ailleurs été saisi par le commisssaire de police pour faire la lumière sur ces événements.
Philippe Rio, premier adjoint au maire de Grigny, affirme n’avoir jamais entendu parler d’une quelconque arrestation liée à un trafic de drogues.
Dans la journée de mercredi, le maire de Grigny, Claude Vazquez (PCF), recevait une délégation d’habitants, en présence du commissaire du secteur et d’un délégué du préfet. Il s’agissait sans doute de désamorcer la colère dans le quartier. Mais quelques heures plus tard, le bus était incendié.
Opérations coups de poing
Toujours mercredi, cette fois en en Seine-Saint-Denis, trois policiers s’étaient lancés à la poursuite d’un homme conduisant à Montreuil une moto sans casque et sans plaque d’immatriculation. Dans un communiqué, Alliance indique que le conducteur s’est alors réfugié dans une cité voisine à Rosny-sous-Bois. «Rapidement, ces policiers étaient pris à partie par une vingtaine de voyous qui les rouaient de coups de pied et de poing.»
Ce type d’incidents se produit régulièrement dans les quartiers sensibles sans forcément être médiatisés. Mais ils pourraient bien se multiplier. Il y a une semaine, quelques jours après la défaite de la droite aux élections régionales, Nicolas Sarkozy a demandé au ministre
de l’Intérieur, Brice Hortefeux, «d’intensifier les opérations coups de poing dans les cités sensibles», en recevant les chauffeurs de bus dont les véhicules avaient été vandalisés mercredi à Tremblay-en-France.










