Affrontements meurtriers à Bichkek – avril 2010
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Affrontements meurtriers au Kirghizstan
Europe1.fr
07 Avril 2010
Les forces de l’ordre ont tiré à la mitrailleuse sur des manifestants. L’état d’urgence est décrété.
Une cinquantaine de personnes pourraient avoir été tuées dans les affrontements entre opposants et forces de l’ordre qui ont éclaté mercredi à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, selon un membre des services de secours. L’agence de presse officielle Kabar fait quant à elle état de 17 morts et de 142 blessés.
Arrestation d’opposants
Les autorités du Kirghizstan ont décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans tout le pays mercredi après l’éclatement des violences à Bichkek. Des milliers de manifestants, dont un grand nombre sont armés de bâtons et de pierres, étaient aux abords de la présidence et sur la place centrale de la ville à quelques mètres de là. Ils réclament la démission du chef de l’Etat, Kourmanbek Bakiev.
Le procureur général, Nourlan Toursounkoulov, a annoncé l’interpellation mardi de trois chefs de l’opposition, dont l’ex-président du Parlement, Omourbek Tekebaïev, et l’ex-candidat à la présidentielle de l’opposition et ancien Premier ministre, Almazbek Atambaïev. Ils « ont été inculpés de crimes graves », a-t-il dit.
« L’OSCE appelle au calme »
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé mercredi le gouvernement et l’opposition kirghizes à chercher le dialogue pour mettre fin aux affrontements. « Il y a des problèmes politiques, économiques et sociaux anciens et profonds derrière ces affrontements, qui doivent être traités par un large dialogue politique », a déclaré son président, le Kazakh Kanat Saudabaïev.
Les dérives du président
Cette république d’Asie centrale en proie à des affrontements mortels mercredi est dirigée par Kourmanbek Bakiev, qui a pris le pouvoir en mars 2005 à l’issue d’une « révolution » émaillée de violences. Il avait promis de démocratiser le pays, d’y éradiquer la corruption et d’en assurer le développement économique.
Le président de cette ex-république soviétique a vite renoué avec les dérives du régime qu’il avait renversé en distribuant avantages économiques et postes à responsabilités aux membres de sa famille. Elu à la présidentielle en 2005 avec 889% des voix, son régime a renoué avec la fraude électorale en décembre 2007 au cours de législatives anticipées. La plupart de ses compagnons de route ont depuis rejoint l’opposition, accusant le chef de l’Etat de dérive autoritaire. Plusieurs opposants ont été emprisonnés et des médias indépendants fermés.

Kirghizstan : le Parlement aux mains des manifestants
nouvelobs.com
7 avril 2010
On dénombre au moins dix-neuf morts. Les manifestants, qui réclament la démission du président, ont également pris le contrôle du siège de la télévision.
Au moins dix-neuf personnes ont été tuées mercredi 7 avril dans des affrontements entre policiers et manifestants de l’opposition à Bichkek, capitale du Kirghizstan, selon une source au sein du ministère de la Santé de ce pays d’Asie centrale. La plupart de ces personnes ont été tuées par balles. « Du fait des troubles, le nombre des blessés à travers la république s’élève à 197, 55 en province et 142 à Bichkek », a déclaré une responsable du ministère de la Santé, indiquant que plus de 130 personnes avaient été hospitalisées et que la plupart avaient « moins de 30 ans ». Le Parlement a été envahi à Bichek par les manifestants qui ont pris le contrôle du bâtiment, et le premier étage du siège du parquet général est en feu. Les opposants sont entrés par centaines dans le siège du Parlement, situé à quelques dizaines de mètres de la présidence, elle-même assiégée par les manifestants réclamant la démission du président Kourmanbek Bakiev
« Rester fidèle à son engagement démocratique »
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lance un nouvel appel pressant à la retenue et au dialogue afin d’éviter de nouvelles effusions de sang au Kirghizstan, théâtre d’une violente crise politique, a indiqué l’ONU mercredi. Il « est choqué par les informations faisant état de morts et de blessés aujourd’hui au Kirghizstan. Il appelle une nouvelle fois tous ceux qui sont concernés à la retenue », déclare un communiqué de son service de presse.
« J’appelle toutes les parties à faire preuve de retenue et à reprendre immédiatement le dialogue entre le gouvernement et les forces d’opposition, en vue de trouver une solution pacifique », a souligné la chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton dans un communiqué. Elle a exprimé sa « profonde inquiétude » après les affrontements à Talas (nord-ouest) et dans la capitale, Bichkek, « qui ont déjà conduit à la perte de vies humaines », l’arrestation de personnalités en vue de l’opposition et des tentatives de restreindre la liberté d’expression. La constitution du Kirghizstan et la législation doivent être respectées, « en particulier les droits de la défense des personnes arrêtées », a souligné Catherine Ashton. « A ce stade crucial, le Kirghizstan doit rester fidèle à son engagement démocratique, qui a toujours été soutenu par l’UE », affirme-t-elle.
Des incertitudes sur le sort du ministre de l’Intérieur
Des affrontements ont éclaté mercredi à Bichkek entre la police et des militants de l’opposition réclamant la démission du président Kourmanbek Bakiev, alors qu’ailleurs dans le pays des manifestants prenaient d’assaut des bâtiments officiels. Le chef de l’Etat a décrété l’état d’urgence et un couvre-feu à Bichkek et dans trois régions du Kirghizistan après les heurts. Les manifestants ont pris le contrôle du siège de la télévision du Kirghizstan. Les chaînes de télévision ont suspendu les transmissions.
L’incertitude règne sur le sort du ministre de l’Intérieur, Moldomoussa Kongantiev, qui, selon plusieurs sources, a été tué lors de heurts avec des opposants. « Le ministre de l’Intérieur Moldomoussa Kongantiev est mort de ses blessures » à Talas (nord-ouest), a affirmé une source au sein du ministère de l’Intérieur qui a souhaité rester anonyme. Plusieurs médias indépendants du Kirghizstan et des ONG ont aussi annoncé que le ministre était mort. « Nous aussi avons entendu cela, et cherchons à confirmer l’information », a déclaré une source au ministère de la Santé.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rakhmatoullo Akhmedov, a démenti ces informations, ajoutant que le ministère tentait de déterminer si le ministre était aux mains des opposants. Plus tôt, des médias locaux avaient indiqué que le ministre et le premier vice-Premier ministre du Kirghizstan, Akylbek Japarov, étaient retenus en otage à Talas. Moldomoussa Kongantiev aurait été passé à tabac, selon ces sources. Les deux responsables gouvernementaux s’étaient rendus à Talas afin d’y rétablir l’ordre après que des manifestants d’opposition ont pris le contrôle mardi du siège de l’administration locale et de la police.

Les heurts font 17 morts au Kirghizstan
lefigaro.fr
07/04/2010
L’état d’urgence a été décrété dans ce petit pays d’Asie centrale, où le ministre de l’Intérieur a été tué par des manifestants.
Le Kirghizstan en proie au chaos. Au moins 17 personnes ont été tuées dans des affrontements entre policiers et manifestants de l’opposition à Bichkek, la capitale a indiqué une source au sein du ministère de l’Intérieur de ce pays d’Asie centrale. Le ministre de l’Intérieur, Moldomoussa Kongantiev, a par ailleurs été tué à Talas, dans le nord-ouest du pays, a indiqué la même source. En réaction aux violences, les autorités du Kirghizstan ont décrété l’état d’urgence.
Les violences opposent depuis le début de l’après-midi la police à une foule de manifestants. Ceux-ci ont tenté de pénétrer par la force dans les bâtiments de la présidence. Les forces de l’ordre ont répliqué en tirant sur la foule, en usant de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Des tireurs d’élite étaient postés sur le toit de la présidence. Des dizaines de personnes ont également été blessées.
Des centaines d’opposants ont par ailleurs réussi à prendre le contrôle du siège de la télévision du Kirghizstan à Bichkek, où aucune chaîne télévisée n’émet plus.
Le vice-premier ministre retenu en otage
Le Mouvement populaire uni, une coalition de l’opposition, avait appelé à manifester mercredi dans tout le pays contre le chef de l’Etat, Kourmanbek Bakiev, qui est notamment accusé de museler les médias indépendants et de corruption. Il était arrivé au pouvoir en mars 2005 à l’issue d’une révolution émaillée de violences en promettant de démocratiser le Kirghizstan. Depuis, la plupart de ses compagnons de route ont rejoint l’opposition, l’accusant de dérive autoritaire.
Selon les médias locaux, le premier vice-premier ministre, Akylbek Japarov, est par ailleurs retenu en otage à Talas par des manifestants d’opposition. Il s’y était rendu afin de rétablir l’ordre après que ces derniers ont pris le contrôle mardi du siège de l’administration locale et de la police. D’autres villes du pays ont aussi été le théâtre de violences, comme Naryn (centre) et Tokmok (près de Bichkek), où les opposants ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments officiels.
La Russie et les Etats-Unis, qui disposent chacun d’une base militaire dans l’ex-république soviétique, ont appelé au calme.

Affrontements entre des manifestants et la police kirghize à Bichkek
liberation.fr
07/04/2010
La police anti-émeutes kirghize affrontait mercredi plusieurs centaines de manifestants près du siège de l’opposition à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les policiers ont tiré des grenades assourdissantes et pulvérisé les manifestants – au nombre de 400 au moins – de gaz lacrymogènes. En réponse, les manifestants ont jeté des pierres et endommagé les véhicules des forces de l’ordre à l’aide de bâtons.
Selon le correspondant de l’AFP, la police battait en retraite, en escaladant les murs et en se réfugiant dans les bâtiments aux alentours.
Le Mouvement populaire uni, une coalition de l’opposition, avait appelé lundi à des manifestations dans tout le pays contre le président Kourmanbek Bakiev.
L’opposition kirghize a multiplié les manifestations et les déclarations antigouvernementales ces derniers mois, accusant le régime de Kourmanbek Bakiev de chercher à museler les médias indépendants, ainsi que de corruption.
Le président Bakiev a pris le pouvoir il y a cinq ans à l’issue d’une révolution émaillée de violences en promettant de démocratiser le Kirghizstan. Depuis, la plupart de ses compagnons de route ont rejoint l’opposition, accusant le chef de l’Etat de dérive autoritaire et de népotisme.
(Source AFP)

Kyrgyz Revolution Leaves Legacy of Oppression
The Associated Press
26 March 2010
BISHKEK, Kyrgyzstan — On the anniversary of the uprising that toppled Kyrgyzstan’s’s hardline leader, the same revolutionaries who came to power promising a new era of freedom announced they have given up on Western-style democracy.
Five years ago this week, about 1,000 angry protesters laid waste to Kyrgyzstan’s presidential compound, ousting President Askar Akayev and bringing hopes of a fresh start.
But as in Ukraine and Georgia, where peaceful revolutions raised similar hopes, dreams of sweeping change have soured. Many worry that this struggling Central Asian nation is rapidly plummeting into full-blown authoritarianism.
« The world is actively discussing the shortcomings of a model of democracy based on elections and human rights, » Kyrgyz President Kurmanbek Bakiyev told a national assembly Tuesday. « There is no certainty that such a model is suitable for all countries and peoples. »
Kyrgyzstan lacks the copious oil and gas reserves of its neighbors, but its strategic location has made it the object of lively interest from Russia and the United States, which both maintain bases here.
Attention from these eager suitors has done little, however, to improve the country’s economic health, and many people are gloomy about Kyrgyzstan’s future.
« All the talented and educated people are leaving the country, » said Aisha Maratova, a 39-year-old music teacher in the capital, Bishkek. « Kyrgyzstan was once respected as a democratic state — now it has an international image of a corrupt and backward country. »
Bakiyev — the opposition leader who spearheaded the Tulip Revolution of March 24, 2005 — was hailed as a reformer when he was appointed caretaker president that day following the sacking of Akayev’s office.
Emerging from the parliament, Bakiyev told a cheering crowd assembled in a central square of the capital that « freedom has finally come to us. »
Since then, Bakiyev has tightened his grip on power at the expense of the very liberties he promised.
In recent years, government opponents have faced physical intimidation, threats and legal prosecution. Last summer, Bakiyev was elected to a second term as president in an election described as fraudulent by international election observers.
Independent reporters and political analysts critical of the government have been subjected to vicious beatings. And in recent weeks, the U.S. government-funded Radio Free Europe/Radio Liberty’s Kyrgyz radio service has been taken off the air, while prominent Central Asia-focused web sites have been made inaccessible.
Kyrgyz authorities deny they are trying to silence dissent, but experts are skeptical.
« The Tulip Revolution marked a negative turning point in the democratic development of Central Asia, » said Alexander Cooley, a political scientist at Columbia University.
Some hoped Kyrgyzstan’s revolt would help bring democracy and the rule of law to other former Soviet countries, but the opposite may have been the case.
« In countries such as Kazakhstan, Uzbekistan, Belarus and Azerbaijan, alarmed governments equated democratization with regime change and clamped down on the activities of domestic civil society, externally sponsored non-governmental organizations and their media, » Cooley said.

Initially, the Tulip Revolution stoked expectations that the country might move Westward. Those hopes evaporated last year, when Bakiyev ordered the United States to vacate the Manas air base on the same day that Russia pledged billions of dollars in aid and loans.
Moscow appeared victorious in its apparent effort to squeeze the United States out of a region it views as its own fiefdom. But within months, the Kyrgyz again turned the tables, agreeing to allow the Americans to stay in exchange for higher rent for Manas.
All the diplomatic double game seems to have achieved is to anger Kyrgyzstan’s most steadfast allies.
« Relations with Russia have never been as bad as under the Bakiyev regime, » said Bishkek-based analyst Alexander Knyazev.










